Articles - 1979
Une « Star » nommée Dorothée
OK ! – 1979
Tous les téléspectateurs connaissent Dorothée, la malicieuse speakerine d'Antenne 2. Mais oui, vous savez bien, celle qui plisse toujours les yeux en fixant la caméra... Car Dorothée est myope et se refuse à porter des lunettes! Aujourd'hui, elle est passée du petit au grand écran en devenant l'héroïne du dernier film de François Truffaut, « L'amour en fuite ». OK! vous en dit plus...
C'est un peu le hasard qui lui a ouvert cette nouvelle carrière. Tout a commencé à Honfleur quand Truffaut tournait «La chambre verte». Beaucoup de scènes se déroulaient la nuit, et pour meubler ses après-midi, le réalisateur regardait la télévision. C'est là qu'il a remarqué Dorothée. « J'ai trouvé qu'elle se débrouillait très bien avec les enfants, raconte François Truffaut; de plus elle a un côté espiègle qui en faisait la partenaire idéale pour Jean-Pierre Léaud ». Quand Dorothée se voit proposer le rôle, elle n'hésite pas une seconde. « J'ai dit oui à Truffaut, sans lire le scénario », avoue la jeune animatrice qui voulait devenir comédienne.
De son vrai nom Frédérique Hoschédé, Dorothée avait déjà voulu à 19 ans se lancer dans le théâtre..
C'est en passant un concours à Versailles qu'elle se fait remarquer par Jacqueline Joubert, productrice d'émissions enfantines. Mais on est en 1973 et l'éclatement de l'ORTF met Dorothée au chômage. Mais elle ne tarde pas à revenir à la TV, comme speakerine, puis pour animer le mercredi après-midi sur Antenne 2. La suite, vous la connaissez.
Patricia WALBECQUE
Dorothée : sous le signe du hasard
Télé magazine – 3 mars 1979
COGNACQ-JAY. La grève de la télévision bat son plein. Deux policiers gelés et trempés à l'entrée montent la garde. Une fois ce premier barrage franchi reste à affronter le « contrôle » de la maison. Il est indispensable de montrer « patte blanche » si l'on veut éviter d'être refoulé sans pitié. Je triomphe victorieusement de ce second obstacle et me dirige vers le but de mon voyage : la régie finale d'Antenne 2, où m'attend Dorothée. Elle est déjà là, en compagnie de quelques autres personnes réquisitionnées, comme elle, dans le cadre du fameux « programme minimum ».
Elle se lève, vient vers moi, et je me dis que décidément la télévision a bien évolué depuis quelques années. Pantalon violet, cuissardes, long pull à col roulé dans des dégradés de mauve, l'air très jeune, très vif. Un bref flashback me fait entrevoir Catherine Langeais, Jacqueline Caurat... Que ce temps me semble (heureusement) loin !
« Je ne le dis plus »
Dorothée me conduit dans le studio voisin, celui où elle enregistre. Pour l'heure, il fait un peu fouillis : des fils, des spots abandonnés, un écran qui diffuse imperturbablement la mire avec : « Reprise des programmes à 19 h 20 ». Sur l'invitation de Dorothée, je m'assieds... dans le fauteuil de la speakerine. Et j'attaque.
« Je suppose que je peux vous demander votre âge » ; dis-je, me rappelant vaguement que « ça ne se fait pas ». La réponse vient, surprenante : « Oui, vingt-cinq ans, mais après j'arrête, je ne le dis plus. » Pour un peu, moi qui en ai trente-deux, je me sentirais bonne pour la casse. Ah ! Ces jeunes...
Je la prie de me parler de ses débuts. Ça l'embête, ça se voit. « Encore ! » me répond-elle, ais elle s'exécute, finalement de bonne grâce. « J'ai fait des études classiques, le bac, une licence d'anglais. Comme il faut bien faire quelque chose après la fac, je comptais me diriger vers le tourisme. Ça permet de voyager, de voir des gens. La décoration d'intérieur m'aurait plu aussi, mais là, il fallait des maths, et ça ne m'intéresse pas. »
Mais comment passe-t-on d'une licence d'anglais au métier d'animatrice-présentatrice ? (C'est le terme consacré, il n'y a plus de « speakerine ».) « Par hasard. Personne ne devient présentatrice par vocation. C'est un concours de circonstances. » Pour elle, le hasard prit la forme de Jacqueline Joubert. Depuis sa plus tendre enfance, Dorothée jouait, en amateur, dans les pièces de fin d'année montées par son lycée.
Cette année-là, un concours entre lycées avait lieu au théâtre Montensier, à Versailles. Non seulement Dorothée fut primée, mais elle éveilla l'intérêt de Jacqueline Joubert, qui assistait à la représentation. Un an plus tard, alors qu'elle s'occupait des émissions pour la jeunesse, elle fit appel à Dorothée.
« J'ai passé un concours, et c'est moi qui ai été choisie pour animer quatre heures d'émissions en direct avec des gamins. C'était en 1973. » Depuis, les émissions avec les gamins, comme elle dit, se sont succédées. « Oui, j'aime bien les enfants. Je ne crois pas qu'on puisse faire une émission avec eux si on ne les aime pas. Ce n'est pas pour l'argent parce que les émissions pour la jeunesse ne bénéficient pas d'un gros budget. »
On peut aussi la voir ainsi dans une émission de Christophe Izard, « Les visiteurs du mercredi ». Cela marchait bien, mais la télévision étant régie par l'administration, l'émission s'arrêta un mauvais jour, et Dorothée se retrouva au chômage. Quelques mois, puis on la revit dans l'émission d'Henri Kubnik « Réponse à tout ». Encore un an, et re-chômage. Dur cette fois. « J'y suis restée huit mois, sans indemnité, je n'avais pas assez travaillé. J'ai dû faire du secrétariat pour vivre. Heureusement, j'étais chez des gens charmants, mais j'avais du mal à supporter les horaires. »
Et puis, de nouveau, la chance. A2 recherche une présentatrice. Et Dorothée, qui a horreur des concours, en passe, encore, un. Et, une fois de plus, elle triomphe des autres candidates. Les critères de choix, elle ne les connaît pas, mais elle prend ce qui est désormais son métier très au sérieux : « On ne se rend pas compte du travail que cela représente, on a toujours l'impression que c'est très facile de présenter une émission mais c'est faux. Et puis, à A2, nous écrivons nous-mêmes nos textes. Moi, j'ai une trame précise, et j'improvise à partir de là. Cela demande souvent une véritable gymnastique : on n’a parfois aucune information sur les émissions. On écrit théoriquement des textes de la longueur qu'on veut, mais il y a aussi les impératifs techniques. On est parfois obligé de condenser en dix secondes un texte qu'on avait prévu sur trente. »
Manifestement, Dorothée se passionne pour son métier. Ce qui lui plaît, c'est le direct, le risque : pour ses textes-annonces, mais aussi pour « Récré A2 », l'émission pour enfants qu'elle présente tous les mercredis. C'est d'ailleurs en la voyant parler avec les enfants, qui ne sont pas des interlocuteurs faciles, que François Truffaut a eu l'idée de faire appel à elle pour être la partenaire de Jean-Pierre Léaud dans « L'Amour en fuite ». Il a été séduit par ses facultés d'improvisation, par son physique un peu garçonnier qui équilibrait le côté féminin du personnage de Léaud.
« Le cinéma, c'est une autre approche, différente de la télévision. Mais heureusement, avec Truffaut, on ne répète pas, on enregistre tout de suite, comme pour le direct. Si ce n'est pas bon, on recommence. De toute façon, le personnage de Sabine me ressemble beaucoup. On a le même côté autoritaire. » Autoritaire, sûre d'elle, Dorothée l'est sans aucun doute, du moins en apparence.
Politique de l'autruche
Pour l'instant, elle n'a pas de projet, elle se laisse vivre. « La politique de l'autruche », dit-elle. Plus exactement, elle fait confiance au hasard, qui lui a été favorable jusqu'à présent. « Au besoin, je lui donnerai un coup de pouce », précise-t-elle en souriant. Pour le cinéma, elle attend. « C'était presque trop beau de commencer avec Truffaut. Il faudrait que la suite soit à la hauteur. »
Quant à la télévision, elle continue : « Pour l'instant il n'est pas question que j'arrête. » Son seul regret : « Je ne reçois pas de demandes en mariage comme les autres présentatrices. » Cela prouve que son style est à part. « Les lettres que je reçois sont plutôt des demandes d'amitié. On veut me prendre comme confidente. » Si elle en est touchée, elle n'apprécie pas toujours ceux qui essayent de forcer le mur de sa vie privée. Elle tient à la préserver. Elle vit heureuse entre sa mère, son frère, ses deux chiennes, avec deux adorables grands-mères à proximité : Dorothée a le sens de la famille.
Marie PUJOL
Dorothée, vedette sur petit et grand écran
Télé Bonne soirée – 12 avril 1979
« J'ai senti que le public croirait au couple que Dorothée formait avec Jean-Pierre Léaud. » François Truffaut ne s'était pas trompé en choisissant, pour être la vedette féminine de son dernier film « L'amour en fuite », la petite speakerine des émissions pour la jeunesse sur l'A 2. Car son talent naissant a été reconnu par tous. « Avec Truffaut, tout paraît facile, dit Dorothée. Il me disait ce qu'il fallait faire, et je le faisais. Je n'ai pas eu l'impression de jouer la comédie. J'ai parlé comme dans la vie ». Sabine, ce personnage drôle, tendre, mais qui sait ce qu'il veut est d'ailleurs tout le portrait, à la ville, de Dorothée, 25 ans, dont le véritable prénom est Frédérique. C'est à ses débuts à la TV, en 1973, qu'elle s'était ainsi rebaptisée pour animer les après-midi jeunesse avec la marionnette Blablatus. Ce « coup de chance » que lui a donné François Truffaut, Dorothée espère que ce ne sera pas le dernier. Car elle veut véritablement devenir comédienne à temps plein. « Mais je reste lucide, ajoute-t-elle. Je ne sais pas si j'en suis capable. Et, finalement, je préférerais ne plus tourner au cinéma que de rater ce que j'entreprendrais ».
… Et Dorothée pour Truffaut

Télé Poche - 1979
Le cinéma va-t-il nous ravir Dorothée ? Sûrement pas. Toutefois, la speakerine d'A2 nous a confié "qu'elle ne dirait sans doute pas non si on lui proposait un nouveau rôle".
L’amour en fuite

Genève – 10 mai 1979
marge. Son cinéma nous touche car c'est celui du cœur, des sentiments, de la tendresse. Derrière la caméra, on sent la présence d'un homme préoccupé, sensible qui nous communique sa recherche, ses angoisses. L'amour en fuite débute par le divorce d'Antoine Doinel et de Christine. A 33 ans, Doinel n'a pas beaucoup changé ; il est toujours instable, inquiet et en train d'essayer de retenir l'amour en fuite. Il vit une liaison mouvementée avec une disquaire de 25 ans, Sabine, dont il est tombé amoureux d'une manière tout à fait insolite.
Au cours des rencontres avec certaines de ses anciennes amies, Antoine va revivre quelques périodes de son existence. Et c'est extraordinaire de voir sur l'écran les souvenirs de Doinel, puisque tous ces épisodes ont été tournés avec les mêmes comédiens qui avaient l'âge réel de leur personnage. On revoir des scènes des « 400 coups », de « L'amour à 20 ans », de « Baisers volés » et de « Domicile conjugal ».
Je crois que cette expérience d'une vie filmée en plusieurs étapes est absolument unique dans le cinéma. Cette complicité qui s'est installée entre Jean-Pierre Léaud et Truffaut, à qui il ressemble vaguement et dont il a peu à peu fait sienne la façon de parler et certaines autres attitudes très troublantes. Il y a encore dans la distribution Marie-France Pisier (Colette), qui a hérité d'un rôle difficile mais qui s'en sort très bien, Claude Jade, Dani et Lucin Bertheau, monsieur Lucien, qui a une es belle scène avec Jean-Pierre Léaud Et puis, il y a Dorothée, e débutante qui éclate avec ce premier rôle.
François Truffaut a découvert Dorothée à la télévision, alors qu'elle présentait une émission l'après-midi qui s'appelait « Dorothée et ses amis ». Il a été séduit par son air mutin et ses yeux rieurs. « J'ai été emballée par cette proposition et j'ai immédiatement accepté, sans même lire le scénario. Truffaut est un metteur en scène fantastique, chaleureux et profondément humain, tout se passe naturellement et l'on n'a même pas l'impression que c'est du cinéma. »
Dans le film, c'est Sabine ; elle aime Antoine Doinel, mais sous sa tendresse, son humour se cache une farouche volonté. « C’est un personnage qui s'approche beaucoup de moi ; Sabine est une femme nouvelle, moderne, Je suis moi-même quelqu'un d'assez énergique. »
« Comme toutes les petites filles, j'ai rêvé de devenir comédienne. J'avais fait un peu de théâtre amateur, mais c'est tout. Je me suis bien adaptée à l'ambiance des plateaux, qui est totalement différente de celle de la télévision. »
Malgré le succès du film et les éloges de la critique, Dorothée garde la tête froide et n'est pas prête à croire que c'est arrivé. « Ce n'est pas tout de faire une bonne interprétation, et je dois énormément à Truffaut. »
Dorothée tout l’été sur A2
Télé Journal n°238 – 16 juin 1979
Elle aime la nature, le vélo, le tennis, la danse... et le football (ainsi que vous pouvez le constater sur notre couverture). Dorothée, la ravissante speakerine d'A2, révélation du dernier film de François Truffaut, « L'amour en fuite », adore pédaler dans le Bois de Boulogne pour se détendre entre deux émissions. Elle en a bien besoin : animatrice depuis septembre 78 de « Récré A 2 », elle paye souvent de sa personne, à la plus grande joie des petits téléspectateurs, et n'hésite pas à se déguiser, à jouer (sa chute en patins à roulettes lui a laissé un cuisant souvenir), voire à animer des bagarres de tarte à la crème. Efforts récompensés : elle présentera les programmes tout l'été sur A 2 et dès septembre prochain, « Récré A2 » durera tout l'après-midi du mercredi. Quant au cinéma, il y a un projet sous roche, mais, discrète, elle ne veut pas encore en parler.
Reportage Bérangère Etcheverry-Vattier
Photo Louis Candéla
Dorothée autrement qu’à la TV

Elle n°1753 – Août 1979
Dans ce numéro, deux célèbres présentatrices de la télévision, Denise Fabre et Dorothée ont accepté de jouer avec nous au petit jeu de la garde-robe. C'est amusant et cela donne des idées.
Brèves
Divers journaux - 1979
1 - Dorothée s’est vu remettre le Galet d’or de la révélation télévisuelle de l’année des mains de Mireille Mathieu en novembre 1979.
2 - "DISNEY DIMANCHE" : tel est le nom de la nouvelle émission télévisée, présentée par Dorothée et William Leymergie, sur Antenne 2. Le robot V.I.N. Cent, vedette de la toute dernière superproduction Disney : « Le trou noir », est présent, lui aussi, aux côtés de Dorothée.














