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La récré de Dorothée

VSD – 1er avril 1982

Un peu à l'étroit dans leur lucarne, les speakerines de télévision ont toujours voulu prouver qu'elles n'étaient pas que des femmes-troncs... ainsi Jacqueline Caurat s'est-elle consacrée à une émission philatélique, Jacqueline Huet à l'accordéon et Denise Fabre (tout récemment) à la chanson ! Quant à Dorothée, après un passage sur les plateaux de cinéma (L'Amour en fuite, de François Truffaut, et Pile ou Face, de Robert Enrico), elle s'est orientée vers les spectacles pour enfants. Elle récidive jusqu'au 9 avril (à 14 h 30) sur la scène de l'Olympia, avec une nouvelle revue musicale intitulée Tambour battant. Entourée de six comédiens, Dorothée interprétera les plus connues des chan- sons traditionnelles françaises, de Frère Jacques à Meunier tu dors... Voilà une récréation idéale pour les vacances scolaires, en même temps qu'un intermède paisible pour Dorothée, qui échappe ainsi quelques heures par jour aux eaux troubles de la télévision... A la claire fontaine...


Dorothée à l'Olympia
La speakerine-comédienne-chanteuse Dorothée revient sur la scène de l'Olympia, pour les vacances de Pâques, avec un nouveau spectacle : Dorothée tambour battant. Olympia, 28 bd des Capucines, Paris
1er, 2, 3, 7, 8 et 9 avril, 14 h 30 et 17 h.


Dorothée modeste

Télé semaine n°21 – 17 avril 1982

ON l'a revue il y a peu de temps dans un autre rôle que celui de présentatrice, un vrai rôle celui-là, au cinéma, dans le film de François Truffaut, « L'amour en fuite ». Chanteuse, danseuse, comédienne, Dorothée demeure néanmoins fidèle au petit écran. « Je n'ai aucune sécurité dans mon métier, dit-elle. J'ai déjà connu le chômage, dix- huit mois en tout. Il faut se dire tous les jours que la gloire s'acquiert à titre précaire et révocable. Et je ne suis pas différente des autres ».
Prudence, donc, et modestie... Car, à l'en croire, sa carrière serait un peu le fruit du hasard. On m'a appelé, on m'a téléphoné, on m'a demandé si je voulais bien. Jamais elle ne dira je suis allée voir tel producteur, tel musicien... Et c'est peut-être vrai, après tout.
1979, 1980 et 1981 ont été marqué au coin de « Dorothée au pays des chansons ». Elle se repose un peu de ce disque, devenu livre, puis comédie musicale avec quinze musiciens et onze danseurs. Une expérience intéressante, mais usante. « Les enfants, dit-elle, sont un public très dur, très exigeant et qui n'a peur de rien ! » Néanmoins, elle les adore toujours, parce qu'avec eux, elle ne cherche pas ses mots : « je ne bêtifie pas non plus. Je ne veux surtout rien leur apprendre et je suis assez triste de voir, dans notre monde moderne, combien les enfants vieillissent vite. Moi, ce que j'aime, c'est les faire rire, avec un esprit finalement tarte à la crème ».
Dorothée-la-chance a-t-elle abandonné le cinéma ou bien est-ce le contraire ? Il est vrai qu'elle n'a pas eu grand temps pour se pencher sur cette question ces trois dernières années. Mais comme toujours, elle répond avec une franchise désarmante.
«Lorsque François Truffaut lui propose un rôle dans « L'amour, en fuite », elle accepte, « parce qu'on ne refuse pas Truffaut ». Mais, le film terminé, elle n'est pas enthousiaste : « franchement, je déteste me voir. Je pense toujours que j'aurais pu mieux faire. Pour ce film, j'étais sur un nuage. Je ne posais pas de questions et j'étais tellement occupée à rassurer mon partenaire, Jean- Pierre Léaud, que je n'avais pas le temps de penser à moi ».
Pour son second film, « Pile ou face », dirigé par Robert Enrico, elle fut un peu effrayée par Philippe Noiret, mais se prit de passion pour « le métier ». « Je passais mon temps à regarder autour de moi. J'ai beaucoup appris dans ce film. Nous avons tourné durant un mois à Bordeaux, où acteurs et techniciens ne se sont pas quittés. Nous vivions dans le même hôtel. On se retrouvait encore le soir. C'était la vraie vie de cinéma telle que je la souhaitais ». Dorothée s'est aussi mise aux claquettes et au rock acrobatique avant de partir aux Etats-Unis où on la dit au mieux avec l’entreprise Walt Disney.
Elle a donc beaucoup de cordes à son arc et refuse de faire un choix définitif entre ses diverses activités. Elle veut tout faire. A moins qu'elle ne soit pas très acharnée à courir après la réussite personnelle parce qu'elle entend réussir sa vie privée ?
Mais sur ce point, elle ne dira, rien. Dorothée. Qui malgré ses allures désinvoltes est une jeune femme souvent angoissée a décidé de construire un mur de béton autour de sa vie privée. Respectons sa discrétion.


Cl. G.


Dorothée : La star des tout petits

Le coopérateur de France – 2 mai 1982

Au cinéma, elle a tourné avec François Truffaut (« L’amour en fuite ») et avec Robert Enrico (« pile ou face »). A la télévision, elle est speakerine, présentatrice de « récré a2 » et de « Disney dimanche ». Mais, en plus, elle chante pour les enfants. Avec un succès fulgurant : son dernier 45t. « Rox et Rouky » (d’après le film de Walt Disney) s’est d’ores et déjà vendu à près d’un million d’exemplaires.

Dorothée, sur la scène de l’Olympia, une après-midi de vacances scolaires, il faut l’avoir vu pour le croire : l’ambiance ressemble davantage à celle d’un concert de rock qu’à une matinée enfantine, un véritable « Woodstock » pour enfants. A l’entracte, les vendeurs de chocolats glacés sont au bord de la dépression nerveuse.

Le prétexte du spectacle : une comédie musicale toute simple avec un beau prince, une ravissante princesse et une horrible sorcière, au cours de laquelle Dorothée chante les comptines françaises les plus traditionnelles comme « Meunier tu dors », « au clair de la lune » ou « Frère Jacques ». Dans la salle, l’atmosphère s’électrise. « Il a triché ? » interroge Dorothée en désignant Jacky-Jack, l’horrible épouvantail « Tri-cheur ! Tri-cheur ! » Hurlent deux milles petites voix en délire.

« C’est une froussarde Dorothée ! » provoque son compère.

« C’est toi ! C’est toi ! » Protestent quatre mille petits pieds qui martèlent le plancher de l’Olympia qui en a vu d’autres…

Pour les éducateurs qui accompagnent les enfants, la « journée infernale » ne se terminera qu’avec la fin du spectacle.

Dorothée est radieuse et ne paraît même pas fatiguée. « Les enfants, c’est mon public, naturel », dit-elle. « Et puis, il n’y a pas beaucoup d’artistes qui s’occupent d’eux ». Concurrente de Chantal Goya ? « Invention de journaliste ! », réplique Dorothée. « Ce que je fais est différent. Chantal Goya ne demande pas la même participation de son public et ne chante pas de chanson traditionnelle. Or, ce côté « Souvenir, souvenir » de mon spectacle m’amuse beaucoup ».

Cet été, Dorothée fera des tournées sur les plages françaises. Son grand rêve : faire un film pour enfants. « Ce serait l’aboutissement logique de mon travail pour eux », explique-t-elle. Avis aux producteurs…

Beaucoup de fraîcheur, une énorme gentillesse, du dynamisme à revendre… Dorothée, c’est la nouvelle « star » des enfants. Et depuis peu une professionnelle de spectacle à part entière.

Philippe Dumont


Vif succès pour Dorothée à Rallye vendredi après-midi

Cible – 5 mai 1982

Vendredi après-midi, RALLYE offrait un magnifique spectacle en la présence de DOROTHÉE, très célèbre animatrice de Récré A.2 et interprète de nombreuses chansons enfantines. Les très nombreux jeunes spectateurs qui se pressaient autour du podium dressé à cette occasion dans le magasin RALLYE étaient émerveillés d'entendre leurs chansons favorites, certains juchés sur les épaules des parents tant il y avait de monde.
Bien sûr, DOROTHÉE interpréta quelques-uns de ses succès : « Tchou Tchou le petit train », « Claire Fontaine », « Rox et Rouky », etc...
Tous les enfants purent approcher leur idole qui dédicaçait ses disques. Le spectacle fut présenté par la dynamique équipe de Robert Sauger R.J.S. qui animait le magasin RALLYE. Une agréable après-midi dont les enfants se souviendront grâce à l'hypermarché RALLYE de Lucé et à son directeur M. LE BARILLIER et à toute son équipe.


Cabu retrouve sa planche

Le Républicain Lorrain – 6 mai 1982

On tournait, mercredi 8 avril, en direct de l'Olympia, l'émission hebdomadaire d'Antenne 2 « Récré A2 ». La salle était envahie par les enfants comme à l'accoutumée. Ce direct avait pourtant quelque chose d'exceptionnel. Au programme, des extraits du spectacle « Dorothée au pays des enfants » avec pour vedette, Dorothée, la speakerine d'Antenne 2 et aussi un dessinateur qui racontait en images l'histoire d'une chrysalide paresseuse ne voulant pas devenir papillon.
Ce dessinateur c'est Jean Cabu, de retour après ses démêlés avec la direction de la chaîne et surtout Jacques Martin. Cabu, on l'avait déjà revu le premier samedi d'avril au cours de l'émission Bravo de Pierre Douglas sur Antenne 2 à 22 heures. Après une mise « au piquet » de quelques semaines, il reprend sa collaboration à Récré A2 et à « L'invité du jeudi ».
Jusqu'alors le dessinateur humoristique égratignait par ses dessins les personnalités de l'émission « L'invité du jeudi ». Le romancier Roger Peyrefitte et le général Bigeard s'étaient montrés furieux à l'antenne. Son croquis du révérend père Bruckberger lui a valu des lettres indignées de téléspectateurs. Il n'avait pas non plus hésité à croquer Jacques Chancel et Jacques Martin (déjà) sur une double page de Charlie-Hebdo intitulée « Les nouveaux curés de la télé » ... Chancel a d'ailleurs tellement ri qu'il a immédiatement réclamé à Cabu l'original du dessin. Mais lorsque le 16 mars, Dominique Torres, journaliste d'Antenne 2 Midi présente le premier numéro de Charlie-Matin, la caméra s'attarde sur une bande dessinée satirique de Cabu à propos de l'émission « Dimanche-Martin » que produit Jacques Martin. Cette fois-ci c'en est trop. Furieux, Jacques Martin alerte la direction : « C'est Cabu ou moi ».
L'exclusion définitive s'est transformée en suspension pour Cabu, puni de son impertinence. Jacques Martin continue son émission dominicale mais aurait-il perdu de sa tolérance et de son humour du temps de « La Lorgnette » ?


LE GRAND DUDUCHE
Cabu, c'est un des précurseurs de l'humour noir « bête et méchant » puisqu'il collabore dès 1960 à Hara-Kiri. Ce sera ensuite Pilote trois ans plus tard et enfin Charlie-Hebdo en 1969. A quarante et quelques années, il est l'auteur d'une dizaine d'albums de bandes dessinées autour d'un personnage clé : le grand Duduche.
Ce grand Duduche, c'est un peu Cabu lui-même, croqué sur papier. Personnage très tendre et très doux bien différent de ses coups de crayons acides. En septembre 1978, sur une idée de William Leymergie débute une émission où les enfants et le dessinateur imaginent ensemble le scénario d'une histoire. Après un an de dessins réalisés en direct, un album est né « Maraboud'Ficelle », édité chez Dargaud. Cet album reste la première tentative réussie de bande dessinée collective, réalisée grâce à la télévision.
Cabu continuera donc sa collaboration et se félicite du mariage TV-Dessin. « Le dessin passe bien à la télé. La télévision oblige à faire un effort de clarté et de simplicité. Les enfants sont toujours spontanés et aiment assez l'humour noir », déclare-t-il. Toujours selon lui, les dessinateurs ne pensent pas assez à la télévision et la télévision pas assez aux dessinateurs. D'ailleurs avec ses amis Cavanna, Gotlieb et Reiser, il aimerait faire une émission comme il existait il y a quelques années « Tac au Tac ». Tout est bien qui finit bien. Jacques Martin retrouve l'antenne toute amertume disparue et Cabu, sa planche à dessin.


Stop Secrets

OK ! – 10 mai 1982

Dorothée a triomphé durant les vacances de Pâques à l'Olympia, où elle a ravi les jeunes et les moins jeunes. Car, entre ses activités musicales, télévisées et cinématographiques, elle a réussi à séduire tous les publics. Alors pour vous, pour votre petite sœur et pour vos parents, elle nous livre cette semaine tous ses secrets.


- Je suis archi-superstitieuse. Je croise les doigts, je touche du bois, je refuse de passer sous une échelle...
- J'ai eu mon permis de conduire à la troisième tentative.
- J'ai fait mes premiers pas sur scène à quatre ans.
- J'adore faire des farces au téléphone en prenant une voix de grand-mère. Ma mère elle-même ne me reconnaît jamais.
- J'ai toujours une brosse à dents dans mon sac. Dès que j'ai mangé, je me lave les dents.
- Je suis née un 14 juillet.
- J'essaye de m'arrêter de fumer. C'est dur !
- Je ne prends que des petits déjeuners anglais.
- J'adore jouer au flipper.
- Je suis terriblement désordonnée. Je perds tout.
- J'ai le hoquet dès que je bois du Coca-Cola.
- Contrairement à ce que tout le monde pense, je ne suis pas myope. Je vois parfaitement sans lunettes.
- On m'a déjà volé mon sac à main.
- J'ai une amie anglaise que je considère comme ma sœur.
- Je rêve de m'habiller chic et, pourtant, je suis toujours en jean.
- J'ai pleuré trois fois en voyant « Rox et Rouky ».
- J'aimerais bien passer une journée entière à dormir.
- Je mens très mal.
- Mon chien s'appelle Roxan, son diminutif est Rox et mes amis, évidemment, m'ont surnommée Rouky.
- Adolescente, je rêvais de faire un métier dans le tourisme.
- Sur un coup de tête, j'ai décidé d'aller passer une journée à Londres avec mon frère.
- Ma mère me surnomme « Proserpine » et parfois « Proserpe »
- J'ai toujours des tas de bonbons dans mes poches.
- Je ne fais aucun régime
- J'ai dix fois plus le trac lorsque je passe à la radio qu'à la télévision.
- J'ai peur des araignées mais j'aime bien les souris.
- La ratatouille est mon plat favori.
- J'adore partir en tournée et voyager en car avec les musiciens.

Son chien s'appelle Rox, bien sûr... Cet adorable Yorkshire est son plus fidèle compagnon


Dorothée n’a pas oublié sa maman

Le Parisien – 5 juin 1982

AVANT de retrouver ses petits amis, dimanche après-midi, pour son spectacle « Tambour battant » (comédie musicale basée sur des rondes traditionnelles enfantines) donné dans le cadre du gala ouvert à tous les Parisiens au Parc de l'avenue de Choisy, Dorothée n'a pas failli à cette tendre coutume...
Bientôt, elle va fêter son disque de platine (vente à un million d'exemplaires) de « Rox et Rouky », avant de partir en tournée cet été.


Dorothée sans frontières

VSD – 17 juin 1982

En enregistrant le mois prochain son dernier titre, « Hou la menteuse », en italien, en espagnol et en anglais, Dorothée devient la première chanteuse pour enfants à tenter de réussir une carrière internationale. Possédant une licence d'anglais et ayant appris l'espagnol à l'école, elle se contente, afin de compléter sa formation, de prendre des cours accélérés d'italien.


Georges Guétary veut engager Dorothée

France-Soir – 29 juin 1982

DEPUIS quelques jours Georges Guétary croise les doigts et répète à l’envi : « Pourvu qu'elle dise oui ! » Elle, c'est Dorothée, et sa réponse concerne la prochaine opérette « Hourra ! Papa », de Jacques Demarny et Jo Moutet dans laquelle Georges Guétary lui a réservé un rôle en or : celui de l'institutrice qui saura toucher son cœur de veuf et père de neuf enfants.
« Depuis que je l'ai vue à l'Olympia mener une revue pour et avec des enfants j'ai pensé à elle pour le personnage. Elle danse, elle chante et sa jeunesse sera le lien indispensable entre moi, le papa-poule, et mes enfants qui ont entre 7 et 16 ans. Au moment où elle donnait son spectacle nous n'avions pas encore de salle et ne pouvions lui faire de proposition sérieuse. Mais maintenant nous avons un toit : celui de « l'Eldorado. »
Cet ancien music-hall, Dranem en fut l'une des vedettes, est encore aujourd'hui une salle de cinéma, mais Jean Méjean, l'actuel directeur du Casino de Paris, a décidé de la transformer en music-hall et théâtre lyrique.
Pour Georges Guétary, l'ouverture, en octobre, de l'Eldorado représente la survie de l'opérette : « Notre dernier bastion était le Châtelet. Depuis qu'il a été transformé en Théâtre Musical de Paris, nous sommes sans lieu d'expression car la Gaité lyrique est depuis cinq ans toujours fermée et le théâtre de la Renaissance, où la télévision a filmé « Les aventures à Monte-Carlo », n'est pas toujours libre. Il conviendrait donc que les pouvoirs publics accordent une aide pour tenir ouverte une salle en permanence car il y a en France une très large audience pour l'opérette. »