Articles - 1982 - Page 4
- La coqueluche des enfants n'a pas le temps d'être maman
- Dorothée : « J’appartiens aux enfants »
- Une opérette pour Dorothée ?
- « Pile ou face » sur A2 (20hr40)
- Pile ou face (mardi)
- A quoi rêvent les speakerines ?
- Dorothée au royaume de Diguedondaine
- Dorothée au royaume de Diguedondaine
- Les gosses sont fous d’elle
- Dorothée prête à pourfendre la fée Carabosse
- « Grâce à la télévision, je me lance dans la comédie musicale »
La coqueluche des enfants n'a pas le temps d'être maman
Paris Match n°1730 - 23 Juillet 1982
Grâce à la chanson "Rox et Rouky" (un million d'exemplaires), Dorothée est devenue l'idole de tous les petits Français.
« Je ne veux pas chanter ! » Ainsi parlait Dorothée alias Frédérique Hoschedé quand elle a débuté comme présentatrice à la télé. C'était il y dix ans. Dorothée avait à peine vingt ans et son propos dénotait l'imprévoyance de la jeune femme. « Seules les brutes ne changent jamais d'avis, dit-elle, Grâce au ciel, j'ai mûri. » Aussi, quand on lui a proposé d'enregistrer « Rox et Rouky », la chanson du dernier Walt Disney, a-t-elle accepté de l'interpréter. « Je n'avais aucune illusion, se souvient-elle. J'étais convaincue que ce serait un « bide ». Dorothée manquait de flair féminin et se trompait : « Rox et Rouky » s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires et son dernier enregistrement, « La Valise », un 45 tours sorti il y a seulement 15 jours, a déjà atteint le score de 200 000 exemplaires ! Ce triomphe de Dorothée a une explication : après Chantal Goya, elle est devenue l'idole du premier âge, cette clientèle imposante de fans qui se situent entre 4 et 12 ans, qui suit toutes ses émissions à la télé, qui est charmée par le visage espiègle et le sourire malicieux de la jeune vedette aux cheveux longs et raides et à la frange en tapis brosse. « Avec Chantal, explique-t-elle, nous ne sommes pas en concurrence. Nous avons le même public mais non le même répertoire. Elle chante des musiques douces. Moi, j'interprète des mélodies gaies. Seul point commun : elle et moi aimons les enfants qui nous le rendent bien. Ils nous considèrent comme leurs grandes sœurs et nous écrivent abondamment pour nous demander conseil. »
" Je vais souvent au Jardin d'Acclimatation pour observer les enfants. Lorsqu'ils me reconnaissent, c'est la ruée."
Pourquoi plaît-elle tant aux jeunes générations ? Les psychologues fournissent une réponse. La voix de Dorothée a un timbre juvénile que les enfants perçoivent parfaitement. L'enfance est un univers composé de sons et de tonalités différents de ceux des adultes. C'est la raison pour laquelle un petit garçon ou une petite fille peuvent ne pas entendre une grande personne parler tout près d'eux, mais enregistrer une voix enfantine même très lointaine. Paradoxe : Dorothée qui aime tant les enfants n'est toujours pas maman. « Au fond de moi-même, j'ai toujours désiré un enfant. Seulement, il faut avoir le temps de s'en occuper, Et ce moment n'est pas venu. Celui qui partage ma vie le comprend. C'est : mon métier d'abord ! » Métro. Boulot. Dodo. Comment vit-elle ? « Comme une cigale, répond-elle puisque je chante et danse. Je ne suis pas motivée par l'argent. Je dépense tout ce que je gagne. Je n'ai ni bijou, ni voiture. Je vis au ras du sol, dans un grand studio aux murs blancs tapissés de dessins de Cabu. Pour tout meuble, des piles de livres et de disques. Mon seul luxe, des coussins et quelques bibelots. J'aime l'espace. Mes seules folies : les vêtements, les sacs à main et les bons restaurants. Par chance, je peux tout me permettre car je n'ai pas de problème de ligne. »
" Les enfants me parlent comme à une grande soeur. Les plus timides s'accrochent à mon bras, les plus audacieux me demandent d'ouvrir ma valise ou mon petit panier."
ARTICLE : Jean-Claude Zana
PHOTOS : Michelle De Rouville
Dorothée : « J’appartiens aux enfants »

Confidences – 23 juillet 1982
Dorothée se consacre entièrement aux enfants qui la retrouvent sur le petit écran comme sur scène. Son succès, elle le doit aussi à la sincérité et l'amour qu'elle porte à son métier. Pour vous, elle se confie à D. Friocourt.
Dorothée fait la joie des enfants. Et ces enfants qui forment un jeune public de deux à dix ans, savent combler de bonheur celle qui chante et qui joue avec eux, par toute la tendresse et l'affection si chaleureuse qu'ils expriment spontanément et sans retenue.
- « Les enfants forment un public très difficile et passionnant. Si, au départ, quelque chose leur déplaît dans le spectacle, ils le font aussitôt savoir ils se lèvent et s'en vont. A l'inverse, quand ils sont contents, ils en redemandent et agissent avec vous. »
Petit public spontané, rieur et aussi très exigeant :
- « Quand je mets les pieds sur une scène, je ne sais jamais comment ils vont réagir. Je suis morte de trac et je tremble des pieds à la tête ! Je crois que les enfants le sentent aussi. Ce que j'aime le plus faire avec eux : des bêtises ! Et je les aime tels qu'ils sont. »
Le rideau qui tombe, marquant la fin du spectacle, n'est jamais pour tous ceux qui sont venus chanter avec Dorothée, la fin de la fête :
- « Le rideau baissé, tout continue ! Les enfants sont chez eux et ils envahissent la scène. Ils m'embrassent et m'apportent des fleurs. Pour moi, c'est une très belle récompense. Même si je suis fatiguée après le spectacle, ils sont tellement gentils que je ne fais aucun effort pour rester auprès d'eux. Quand on leur donne quelque chose, ils en rendent mille fois plus. J'ai toujours été débordée de cadeaux : ils m'apportent de petits colliers, des boucles d'oreilles qu'ils ont fabriquées eux-mêmes. Ils font tout avec les moyens du bord, ils font des dessins avec des trombones, des coquillages ou des nouilles séchées. Ce sont leurs cadeaux. Je reçois beaucoup de dessins. J'y suis d'ailleurs très souvent représentée, je m'inquiète sur mon physique ! »
Un jour, Dorothée rencontre dans la rue une petite fille qui marchait devant sa mère :
- « Tout à coup elle s'arrête, me regarde, se précipite en hurlant dans les bras de sa mère. Je lui demande ce qui lui arrive et elle me répond en pleurant : « Tu es là devant moi, mais alors, tu es sortie de la télé et plus jamais tu ne reviendras à la télé... »
Dorothée sourit et dit : « Je leur appartiens ». C'est ce que cet autre petit garçon de quatre ans avait voulu lui dire :
- « Il était venu me voir aux studios de la télévision. Il a tout regardé autour de lui avec une grande attention. Arrive la coupure du repas et nous nous apprêtons à partir. « Ah, non ! pas toi ! tu restes ici, me dit-il, tu peux faire ce que tu veux mais tu n'as pas le droit de sortir, tu vis là. »
Pour Dorothée, touchée et émue par tous ces enfants, capables à la fois de tant de générosité et d'exigences, la sincérité est essentielle.
- « Si jamais un jour je ne me sentais plus sincère dans ce que je fais, alors j'arrêterais. »
D.F.
Une opérette pour Dorothée ?

Télé Magazine – 7 août 1982
DOROTHEE sera-t-elle la protagoniste de Georges Guetary dans l'opérette « Hourra papa », qu'il veut monter à l’Eldorado ? Elle n'a pas encore donné sa réponse pour ce rôle d'une institutrice qui séduira un veuf avec neuf enfants à charge... Mais le chanteur, lui, en rêve.
« Depuis que je l'ai vue à l'Olympia mener une revue pour et avec des enfants, j'ai pensé à elle pour le personnage. Elle danse, elle chante et sa jeunesse sera le lien indispensable entre moi, le papa poule, et mes enfants qui ont entre 7 et 16 ans ».
Lyrique
Ainsi la carrière de « l'amie publique numéro un des tout petits » semble s'orienter dans une voie qu'elle n'avait pas prévue l'art lyrique. Elle abandonne provisoirement le cinéma, ou elle a brillé dans deux films, « L'amour en fuite » et « Pile ou face », car elle a été déçue par le peu d'intérêt des scénarios qu'on lui a offert par la suite.
Rien ne semblait cependant la destiner au chant ; certes elle a été élevée dans une ambiance musicale, mais elle a davantage travaillé le piano que sa voix. Et elle rêve surtout, elle qui fait de la danse depuis ses plus jeunes années, d'être la partenaire de Fred Astaire.
Son destin et les enfants, qu'elle a séduit avec ses chansons fraîches et gaies, en ont décidé autrement. De « Dorothée au pays des chansons » à « Tambour battant », où elle interprétait une vingtaine de refrains populaires, elle est devenue une millionnaire du disque. Le dernier sorti, « Rox et Rouky », qu'elle avait cependant hésité à enregistrer, a passé le cap du million d'exemplaires. Il faut toujours qu'elle remue, qu'elle bouge, remue, « peut-être parce que je suis née un 14 juillet, plaisante-t-elle, un jour où il y à de la joie, de la danse et des pétards... ».
« De toutes façons, dit-elle, je ne veux pas décevoir les enfants ils sont très exigeants et tiennent à leur univers. Je veux les étonner. Ils ont une certaine image de moi ».
Elle qui dit avoir toujours fait confiance au hasard en ce qui concerne sa carrière, doit reconnaître que celui-ci l'a bien servi. Encore fallait-il qu'elle ait quelques dons à mettre en avant. Et qu'elle les cultive, qu'elle fait discrètement, mais sérieusement.
Très réservée, Dorothée reçoit chaque jour un courrier extrêmement abondant. Mais malgré son charme, il comprend très peu de lettres d'amour. Plutôt des demandes d'amitié, ce qui la touche beaucoup et lui prouve qu'elle a une place à part parmi les présentatrices. Et puis, bien sûr, ce sont surtout les enfants qui s'adressent à elle.
Cependant, Dorothée dit qu'elle n'est pas pressée d'avoir elle-même une enfant. Il est vrai qu'elle a tellement d'occupations !
Cl. G.
« Pile ou face » sur A2 (20hr40)
France-Soir – 14 septembre 1982
« Pile ou face » avait fait l'objet pour sa sortie en août 1980 d'une avant-première « France-Soir » en présence du metteur en scène Robert Enrico et des acteurs Philippe Noiret, Michel Serrault et Dorothée dont c'était le deuxième film.
Robert Enrico, photographié ici avec Dorothée le soir de la Première a entrepris depuis un film inspiré de l'ouvrage de Martin Gray « Au nom de tous les miens » dont il tirera aussi une série de six heures pour la télévision.
Pile ou face (mardi)

Télé poche – 8 septembre 1982
Enfin, un film récent jamais diffusé. Un jeu subtil du chat et de la souris entre le flic Philippe Noiret et le présumé coupable Michel Serrault. Dorothée arbitre la rencontre des deux géants dans ce divertissement policier de qualité.
A quoi rêvent les speakerines ?

Le Figaro – 27 octobre 1982
« Célébrité : l'avantage d'être connu de ceux que vous ne connaissez pas » (Chamfort). Voilà une formule qui illustre parfaitement la popularité des présentatrices de programmes. Femmes-enfants, femmes fatales ou gamines délurées, poudrées et peinturlurées, elles sont toutes devenues speakerines sans vocation et par hasard.
Ces drôles de dames ont empreinté des chemins détournés avant d'apparaître sur le petit écran. Comédienne (Patricia Lesieur), danseuse (Carole Varenne), étudiantes (Élisabeth Tordjman, Fabienne Egal, Évelyne Dhéliat), animatrice de radio (Catheryne Ceylac), présentatrices d'émissions télévisées (Dorothée, Virginie Crespeau), mannequin (Denise Fabre), elles sont toutes d'accord pour reconnaître l'intérêt de leur métier. « L'école du direct réclame de la rigueur et de la discipline », affirme Denise Fabre.
« Nous faisons la même chose que les journalistes et que les attachés de presse, poursuit Evelyne Dhéliat : donner des informations autres que celles que les téléspectateurs ont sous la main. »
« Nous devons faire un énorme travail de documentation, visionner des émissions, rédiger nous-mêmes nos annonces en fonction du temps d'antenne », explique Fabienne Egal. Cette dernière se félicite d'ailleurs d'avoir passé une maîtrise d'espagnol et d'avoir suivi des cours d'italien et de russe « afin de ne pas écorcher les noms étrangers ».
Ce professionnalisme n'empêche ni les fautes de français ni les coquilles en tout genre, ni les hésitations et les répétitions qui font le charme de nos présentatrices.
Rivées à leur chaîne par des contrats renouvelables tous les mois, tous les six mois et enfin tous les ans, elles risquent des avertissements et même le renvoi, « de quoi rajeunir les troupes », s'amuse Virginia Crespeau. Mais elles bénéficient d'un emploi du temps souple, de mises en disponibilité et de possibilités de cumul d'émissions et d'annonces de programmes.
Nos speakerines fourmillent d'idées et déposent nombre de sujets d'émissions, le plus souvent refusés. C'est normal que l'on ait des projets au sein d'une même chaîne, explique Virginia Crespeau. Il faut se reconvertir, ce n'est pas bon d'être présentatrice passé un certain âge. »
Radio, cinéma, théâtre, édition, chanson, journalisme, relations publiques, voilà à quoi rêvent les speakerines. Course à l'argent ? Pas toujours. A la célébrité ? Assurément. Même quand elles ont la chance d'Evelyne Dhéliat qui coproduit « La maison de TF 1 » (samedi, TF 1, 11 heures à 13 heures), de Fabienne Egal qui anime ‘Les pieds au mur » (mercredi, TF 1, 15 h 55 à 18 h 25) ou de Dorothée qui présente « Récré A 2 » (mercredi, A2, 15 h 05 à 17 h 10), elles vont vendre ailleurs leurs talents.
La tête sur les épaules, opportuniste avec le sourire, la génération montante joue cartes sur table. « La télévision, c'est un excellent tremplin pour acquérir de l'assurance et des relations », commente Élisabeth Tordjman, qui ne manque pas de sex-appeal pour convaincre. Après avoir joué les aviatrices pour Claude Chebel, à France-Inter, Patricia Lesieur, qui cultive une certaine ressemblance avec Catherine Deneuve, reconnaît : « A la télévision, on a l'avantage d'être vue en permanence, ce qui provoque les occasions. Carole Varenne, qui ne rêve que de monter sur les planches pour y interpréter ses chansons, renchérit : « La télévision, ça permet d'élargir ses connaissances et ses relations, mais ça ne m'a pas encore grillé le cerveau. »
Dorothée cache un arrivisme forcené derrière un physique d'adolescente naïve. Après avoir tourné pour François Truffaut « L'Amour en fuite » et pour Robert Enrico « Pile ou Face », elle se lance à fond dans la chanson, managée par un fou de marketing, Jean-Luc Azoulay.
Les anciennes qui n'ont pas cessé de cumuler les activités les plus diverses marquent plus de réserve. Évelyne Leclerc résout aisément le problème du pluralisme : « Faire de la radio, des interviews, des reportages, c'est le même métier que celui d'animatrice. » Denise Fabre, ravie d'avoir fait la une de Paris-Match ou de Jours de France, après avoir interviewé pendant trois ans, sur Europe 1, des hommes politiques et des artistes, présenté le samedi après-midi de TF 1, écrit pour France-Soir, enregistré un disque pour le Mundial, fondé le Club international des présentateurs de télévision et publié deux guides pratiques, déclare, le plus calmement du monde : « C'est une erreur et c'est malhonnête de se servir de ce métier comme d'un tremplin pour autre chose. »
Fabienne Egal lui répond avec son franc-parler : « Une speakerine, c'est commercial, ça se vend. Il faut savoir se servir de toutes les occasions qui se présentent ou les provoquer pour ne pas finir avec... l'accordéon, dit-elle, avec un clin d'œil, pour une émission coproduite par une speakerine des années soixante » !
Motus et bouches cousues
Derrière leurs sourires de commande, nos charmantes speakerines sont âpres au gain. Mais, par crainte des jalousies et des critiques, Impossible de savoir qui gagne quoi. Pas de grille de salaires et des contrats variables, à la tête du client. Ces rétributions confidentielles et Individuelles qui oscitant, en fait, entre 10 000 et 15 000 F, dépendent des primes (coiffure at habillement), des tarifs de jour et de nuit, du nombre d'heures de passage à l'antenne, des cumuls d'émissions et... de l'ancienneté.
Dorothée au royaume de Diguedondaine

France-Soir – 13 décembre 1982
Mais oui c'est Dorothée. L'amie de « Récré A2 » qui a disparu de l'antenne le 8 décembre est en fait allée rejoindre un royaume enchanté (sous un chapiteau au Champ-de-Mars), celui de « Diguedondaine » où elle est apparue accompagnée de son ami, l'épouvantail Jacky Jack (photo). Dorothée nous invite à « Diguedondaine » pour passer les fêtes avec elle. Elle a même convaincu Jean-Pierre Foucault de la recevoir, en compagnie de ses nouveaux complices à l'« Académie des Neuf », tous les jours du 20 au 24 décembre: des vedettes comme Carlos, Annie Cordy, Paul Préboist, Gérard Lenorman et Christine Delaroche ont promis de venir lui prêter main forte. Mais ce n'est que le 29 décembre que nous découvrirons la véritable surprise que nous a réservée Dorothée, en direct dans « Récré A2 ».
G.V.
Photo F.S. (F. Latreille).
Dorothée au royaume de Diguedondaine

France-Soir – 15 décembre 1982
L'autre petite fée des bambins français est Dorothée. Elle les amuse à la télévision lors de Récré A2 et, à partir du 30 décembre, elle va à nouveau les faire rêver sur une scène installée au Champ-de-Mars par la mairie de Paris. Dorothée évoluera au royaume de Diguedondaine où ne poussent pas moins de 500 sapins. Les habitants de ce pays seront le roi Dagobert, le prince Alain, Jacky Jack - un sympathique éventail -, le magicien Corbierus - le ménestrel officiel du royaume - et la méchante sorcière Carabosse. Dorothée sera bien sûr obligée de la combattre et elle le fera avec l'aide de ses petits admirateurs.
Au Champ-de-Mars, jusqu'au 3 janvier. Entrée gratuite.
Les gosses sont fous d’elle
Le soir illustré – 23 décembre 1982
La petite présentatrice des programmes d'Antenne 2 a gravi les échelons du succès avec une rapidité foudroyante : devenue comédienne, chanteuse et animatrice-vedette à la télévision, elle est aujourd'hui considérée comme la rivale numéro un de Chantal Goya…
Pendant longtemps, cette femme au physique filiforme se contenta d'être la speakerine pardon, la présentatrice la plus sympathique d'Antenne 2. Bien sûr, Dorothée avait parfois tendance à bredouiller, mais elle le faisait toujours avec talent. Et ses petits sourires mutins (les méchants diraient je-m'en-fichistes...) arrivaient à faire passer à peu près n'importe quelle gaffe. On sentait bien que cette fille-là était une nature, qu'elle ne se contenterait pas éternellement d'un emploi aussi statique. Et, de fait, Dorothée nous mijotait quelque chose...
En 1978, c'est la première rencontre avec le show-business : elle tourne « L'Amour en fuite » de François Truffaut, avec Jean-Pierre Léaud pour partenaire. Le film n'obtient pas un énorme succès public, mais les critiques n'ont pas manqué de faire remarquer le jeu naturel, spontané, de cette déjà célèbre débutante. Quelques semaines plus tard, « Doro » enregistre un album, « Dorothée au pays de la chanson », conte fantastique qui emmène les moins de dix ans dans le pays de leurs rêves. Cette fois, le succès se trouve au rendez-vous : les gosses se ruent sur ce 33-tours et lui assurent une vente record totalement inespérée. Il faut dire que, entre-temps, cette surdouée aux yeux noisette, a reçu la responsabilité de deux heures de direct hebdomadaires avec « Récré A2 mercredi » :
- J'ai choisi le public considéré comme le plus difficile, celui des enfants. Difficile, peut-être. Mais aussi très spontané, toujours prêt à nous dire ce qui va et qui ne leur plaît pas. Nous recevons un courrier abondant et, dans la mesure du possible, j'essaie de tenir compte des suggestions des spectateurs.
Des spectateurs qui se recrutent également dans la catégorie « troisième âge », qui semble apprécier beaucoup « Récré A2 » ...
Dorothée trouvera encore le temps de figurer dans un autre film, « Pile ou face », diffusé récemment par la R.T.B.F. Cette fois, les choses deviennent plus sérieuses : elle donne la réplique à deux grands noms du cinéma français, Philippe Noiret (le flic entête) et Michel Serrault (le suspect trop malin). Mais elle gagnera là ses galons de comédienne, n'hésitant pas, au passage, à dévoiler les aspects les plus charmants de son anatomie.
Désormais lancée sur la voie royale du succès, Dorothée enregistrera un deuxième disque avec toute l'équipe de « Récré A2 » (Dorothée et ses amis chantent), dans lequel elle interprète les indicatifs des émissions favorites des gosses la presse spécialisée la désigne comme la plus sérieuse rivale de Chantal Goya !
Au printemps 1981 arrive la consécration: un passage à l'Olympia, où des milliers d'enfants viendront l'applaudir. Entourée d'une vingtaine de musiciens et danseurs, Dorothée jouera sur scène les « showwomen » à l'américaine, se déguisant, chantant, bondissant avec une facilité époustouflante.
Accélérons... Cette année, elle a confirmé son immense popularité en faisant un nouveau malheur à l'Olympia, avec sa comédie musicale intitulée « Dorothée tambour battant » qui se joue à guichets fermés. Au même moment sortait la chanson « Rox et Rouky », bientôt reprise sur un album où les « moins dix » retrouvaient d'autres succès comme « Tchou, Tchou, le petit train », et « Dors mon petit ange ».
« Doro » n'a jamais, contrairement à certaines de ses concurrentes, joué la carte de la mièvrerie : si ses chansons sont évidemment écrites en fonction du public des enfants, elles ne donnent pas nécessairement dans le rose bonbon ou dans l'optimisme à tout prix. Dorothée prend soin de glisser dans ses textes une pointe d'ironie (« Le Robot »), voire un clin d'œil réservé aux adultes. Ainsi, la pochette de son troisième disque a été illustrée par Cabu le père du contestataire « Grand Duduche » - chez qui la gentillesse n'a pas toujours été la qualité dominante...
En cette fin d'année, Dorothée ne sait plus où donner de la tête : après avoir été l'invitée de la R.T.B.F. et de « Lollipop » en octobre, elle apparaît ces jours-ci dans l'émission « Diguedondaine » (avec la complicité de l'épouvantail Jacky Jack) et, chaque midi du 20 au 24 décembre, à l'« Académie des Neuf » d'Antenne 2, avec Paul Préboist, Annie Cordy, Gérard Le-norman, Christine Delaroche... Ouf! Mais cette femme-spectacle décidément infatigable vient également de lancer son nouveau disque, « Dorothée chante Noël »,
sur lequel on retrouve la plupart des grands tubes traditionnels : « Vive le vent », « Mon beau sapin », « Noël blanc », « Douce nuit »... habilement remis au goût du jour.
Des projets ? Ce n'est certes pas ce qui manque à cette jeune - elle n'a pas encore trente ans - ambitieuse une grande tournée à travers la France pendant tout l'été, un film dont elle sera (enfin !) la vedette, une nouvelle comédie musicale, deux ou trois émissions de télévision. Bref, il y a du pain sur la planche. Sollicitée de partout, Dorothée n'a cependant pas attrapé la grosse tête. D'ailleurs, les gosses ne le lui pardonneraient pas : lorsque l'on incarne la joie et la fantaisie, il faut savoir garder, quelque part au fond de soi, une part de son enfance...
MICHEL MARTEAU.
Dorothée prête à pourfendre la fée Carabosse
France-Soir – 28 décembre 1982
Fanfan la tulipe, fée, Pierrot ou dame Tartine : ce sont les métamorphoses de la jolie Dorothée dans le beau pays de Diguedondaine. C'est ainsi, d'ailleurs que les jeunes téléspectateurs de « Récré A2 » découvriront leur animatrice préférée, demain mercredi dans des aventures passionnantes que les petits Parisiens pourront suivre du 30 décembre au 3 janvier sous le chapiteau du Champ-de-Mars.
Si Dorothée se transforme ainsi, c'est pour lutter contre le danger qui menace le pays de Diguedondaine sous les traits d'une affreuse fée Carabosse. Dorothée viendra à bout de tous les périls. La méchante fée veut-elle la faire dévorer par un ogre ? Dorothée en dame Tartine gavera le géant jusqu'à le faire renoncer ; Pierrot, elle fera pleurer un crocodile, et Fanfan la tulipe, elle vaincra le brigand.
Photos : Jean Laborie
« Grâce à la télévision, je me lance dans la comédie musicale »

Renaissance du bassin / Journal de Dunkerque – 31 décembre 1982
Star de la télévision, Dorothée ne se contente plus d'animer Récré A 2 ou de présenter les programmes. Elle chante aussi beaucoup et ses disques battent des records de vente. Pour l'année 82, elle a reçu un disque d'or et deux disques de platine dont un pour « Hou, la menteuse » que les enfants connaissent par cœur.
Encouragée par de tels résultats elle a décidé d'enregistrer 150 chansons traditionnelles. « Fleur d'épine », « Aux marches du palais », Pirouette, cacahuète », "Ne pleure pas Jeannette », sont déjà sortis en livres-disques, joliment illustrés avec partition musicale pour les apprentis musiciens. Mais Dorothée se révèle vraiment dans la comédie musicale :
« La télévision m'a permis de monter et jouer deux comédies musicales, « Dorothée au pays des chansons » et « Dorothée tambour battant ». Créées spécialement pour le petit écran, ces comédies ont aussi connu un beau succès sur scène, ce qui m'a donné envie de récidiver et d'écrire même mon premier scénario. Ainsi est né « Dorothée au pays de Diguedondaine » où je chante, danse, me déguise en Dame Tartine ou Fanfan la Tulipe », avec mon ami Jacky. Nous présentons cette nouvelle comédie musicale, en direct, à la fin de l'année dans « Récré A 2 ».
Bien que la chanson l'accapare beaucoup. Dorothée ne pense pas une seconde abandonner la télévision où elle a beaucoup de satisfactions : « Grâce aux enfants qui suivent « Récré A 2 », je reste jeune et vraie. Avec eux, je peux m'exprimer naturellement, sans conventions. J'ai de très bonnes relations avec eux et je réponds parfois avec beaucoup de retard à leurs nombreuses lettres. »
Dorothée a fait aussi des débuts remarqués au cinéma et elle a eu la chance de tourner avec deux grands metteurs en scène François Truffaut et Robert Enrico : « Depuis, plus rien, nous confie Dorothée. J'ai l'impression que l'on me reproche d'avoir tourné avec les meilleurs alors que les autres metteurs en scène m'intéressent, à condition qu'ils ne me proposent pas d'interpréter mon propre rôle. Pour l'instant, je ne suis pas en manque de cinéma, étant assez occupée par ailleurs, mais je serais bien sûr très heureuse d'en refaire ».
En attendant Dorothée apprend l'italien, l'espagnol et l'allemand, trois langues dans lesquelles elle va enregistrer ses chansons et pense à une comédie musicale en film où elle pourrait exprimer ses multiples possibilités.















