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Les méga-stars de la chanson mioche

1984

Dorothée, Goya, Goya et Dorothée, bonnet blanc et blanc bonnet ? Nous avons posé les mêmes questions à ces deux stars de la chanson mioche Super-nunuches ou super-pros ? En tout cas, elles sont super-gentilles.


Quel est votre vrai nom ?
Chantal Goya : Chantal de Guerre. Un nom de bataille !
Dorothée : Frédérique Hoschédé


D'où vient votre pseudo ?
Chantal Goya : Quand on s'est connu avec Jean-Jacques (Debout), il m'a dit que je ressemblais à une petite fille d'un tableau de Goya
Dorothée : Frédérique est un prénom androgyne et je ne voulais pas m'appeler Martine ou Catherine, c'était trop banal. Dorothée, on l'a trouvé ensemble avec Jacqueline Joubert il y a de cela treize ans. Maintenant, l'autre prénom, le vrai, sert uniquement pour les factures.


On vous imagine vivant dans une chambre d'enfant avec plein d'animaux en peluche. C'est le cas ?
Chantal Goya : Pas du tout. Les peluches de mes rêves, je les ai sur scène. Dans ma chambre, il y a des tableaux du XIX -ème représentant des enfants, beaucoup de livres sur la danse, l'opéra et le théâtre et deux fauteuils en cuir. C'est tout.
Dorothée : Oui, j'entends déjà les ricanements à son Age quand même ! Mais je m'en moque, j'adore les peluches et ma mère est pareil.


Quel âge avez-vous ?
Chantal Goya : trente-neuf ans. Je suis toujours ravie de le dire car j'ai la chance de faire beaucoup plus jeune. Et puis j'ai de grands enfants (dix-huit et dix-neuf ans), je ne peux pas mentir, on a vite fait de compter
Dorothée : trente-deux ans.


Quand vous serez vieille, vous continuerez ?
Chantal Goya : Bien sûr ! Et tant pis pour ceux qui rêvent de me voir arrêter. J'aurai un petit chapeau noir avec une voilette, un élégant tailleur et je serai la mamie volante qui fera rigoler les enfants.
Dorothée : Si les enfants me mettent à la porte, s'ils me disent : On ne veut plus de toi, je ferai autre chose. Quoi ? Je n'en sais rien. Mais j'ai tout de même envie d'être une grand-mère indigne. Déjà, je ne peux pas vraiment jouer les ados et les jeunes mères de famille ne me tentent pas alors je ferai peut-être une carrière « dans les vieilles »


Les critiques ne sont pas toujours très tendres avec vous. Est-ce que ça vous blesse ?
Chantal Goya : J'ai, en effet, des articles d'une violence incroyable, mais ça m'est égal. Je fais ce travail pour les enfants, pas pour la presse. Cela dit, je ne comprends pas pourquoi les journalistes sont aussi durs avec moi. Qu'est-ce que je leur ai fait ? Je comprends mieux que des parents ne m'aiment pas Parfois, je me dis : Hou, là, là, Supporter Goya toute la journée sur le tourne-disque de ses enfants il y a de quoi devenir allergique
Dorothée : Quand il y a des petites piques méchantes, bien sûr ça me fait de la peine. Cela dit, si mes spectacles ou mes disques plaisent aux enfants, aux parents et aux grands-parents, pour moi, c'est le principal. Et les enfants sont superbes. Quand ils n'aiment pas, ils partent Mais quand ça leur plait, ils plongent...


Comment expliquez-vous votre succès auprès des enfants ?
Chantal Goya : Je ne sais pas vraiment. Ça a démarré en flèche du jour au lendemain. Mon premier disque, après une apparition à la télé, a été vendu à un million d'exemplaires. Peut-être m'aiment-ils parce que je leur ressemble J'ai un timbre de voix proche du leur, je danse comme eux. Et puis, ils me croient irréelle. Pour eux, je m'appelle Chantalgoya, en un seul mot et quand j'ai fini le spectacle, ils croient que je retourne dans la forêt avec le lapin
Dorothée : Je ne l'explique pas. Je ne me prends pas au sérieux mais je fais mon travail sérieusement.


Melle Dorothée ne fait rien pour Noël ? Hou, Ia menteuse l Feuilleton télé, spectacle gratuit et super « Récré A2 »

Sweet Goya et Felix le chef, son dernier tube. Jusqu'au 30 mars elle sillonne la France avec le mystérieux voyage de Marie-Rose, chouette ! Rien pour les Parisiens cette année, Ouin, Ouin !


Dorothée : 4 millions de disques vendus

1984

Elle s'appelle Frédérique Hoschédé; elle aurait pu s'appeler Marianne, car elle a vu le jour un 14 juillet, mais son public ne la connaît que sous le nom de... Dorothée. Avec son visage espiègle et son allure de jeune femme restée (en apparence!) petite fille, elle a conquis d'un coup de baguette magique l'auditoire le plus difficile à satisfaire les enfants. Dans leur petit monde, une star est née.. et ce sont eux qui l'ont voulue. Une de plus, serions-nous tentés de dire? Pas du tout, car Dorothée n'a pas attendu longtemps avant de prouver qu'elle pouvait exister à part entière et non se contenter d'être la simple réplique d'une vedette déjà confirmée. Les mauvaises langues n'ont évidemment pas tardé à l'associer à Chantal Goya. Ce dont elle se défend farouchement: « Nos spectacles se sont succédé et pas concurrencés. C'était prévu et bien comme ça ». Sont-elles d'ailleurs trop de deux pour amuser les enfants? Demandez aux intéressés !!! De plus, Dorothée explique avec un brin de fierté, qu'elle a vendu l'an passé plus de disque que sa « rivale » (environ quatre millions d'exemplaires, 33 et 45 tours confondus). Dorothée naît donc le jour anniversaire de la Révolution française, à la clinique des « Belles-feuilles » en plein cœur de Paris. « On m'avait programmée quelques jours plus tard mais ma mère avait eu si peur des pétards qu'on lançait au dehors que je suis arrivée soudain, comme la prise de la Bastille !!! ». Bonne élève, bien qu'un peu dissipée, Dorothée aurait pu suivre la trace de son père, ingénieur, ou de son frère, chercheur au C.N.R.S... « Je ne pensais pas faire de la télévision. J'envisageais plutôt une carrière dans le tourisme ». Mais le destin en décide autrement le jour où la bonne fée apparaît... Elle a pour nom Jacqueline Joubert, ex-speakerine et aujourd'hui responsable du département jeunesse d'Antenne 2. Et lorsque celle-ci se penche sur le berceau de celle qui n'est encore que Frédérique, la petite fille est déjà une adolescente s'exerçant au théâtre amateur entre deux révisions du bac philo. « Jacqueline m'a remarquée et je me suis vite retrouvée sur un plateau de télévision pour présenter une émission enfantine ». Mais c'est bientôt l'éclatement de I'O.R.T.F., ses grands bouleversements et, pour Dorothée, le chômage, avec en prime, la sentence d'un supérieur qui ressemble maintenant à un véritable gag: « Mademoiselle, à mon avis, vous n'êtes pas faite pour animer des émissions pour les enfants. Il faut changer de métier au plus vite ». Dorothée ne révèlera bien évidemment jamais l'auteur de cette déclaration; elle n'a pas le goût de la vengeance, «...et puis, tout le monde a droit à l'erreur !!! ». Après un bref passage par le secrétariat, « j'avais une idée très personnelle du classement, ils ont mis du temps à s'en remettre ! », elle passe, sur les conseils de Jacqueline Joubert, un concours de speakerine sur Antenne 2. Retenue. La suite, on la connaît... Aujourd'hui, sa vie est régie par le petit écran : « Ma famille, c'est la télévision, le plateau de « Récré A2 ». C'est passionnant. J'ai le public le plus exigeant qui soit. Si ce que nous leur présentons ne les intéresse plus, ils s'en vont... ». Pour « eux », Dorothée sait tout faire changer, danser, grimacer, raconter des histoires... Une vraie femme-orchestre !!! Une qualité qu'elle confirma d'ailleurs avec ses débuts inattendus au cinéma, il y a quelque temps: mais, après « L'amour en fête », de François Truffaut, et « Pile ou face », aux côtés de Philippe Noiret et Michel Serrault, elle prit quelques « distances » avec le septième art. « Je me suis laissée piéger dans ce dernier film (elle y apparaît en effet en costume d'Eve). Je n'avais pas d'expérience. Ce rôle ne correspondait pas du tout à mon image. Je m'en suis rendu compte... mais trop tard. Aujourd'hui, je ne risque plus de connaître pareille mésaventure ». Côté jardin, « Do », comme l'appellent ses amis, reste très secrète : « Je vis comme une cigale puisque je chante et je danse! Je ne suis pas motivée par l'argent. Je dépense tout ce que je gagne. Je n'ai ni bijoux, ni voiture. Je vis au ras du sol, dans un grand studio près de la Porte Maillot, aux murs blancs tapissés de dessins de Cabu, voilà... ». Vous n'en saurez pas plus, semble-t-elle dire. Idem pour le prince charmant qui partage sa vie: on sait simplement qu'il est photographe... et qu'il a les yeux bleus !!! Côté cœur, elle n'a d'ailleurs pas de souci à se faire puisqu'elle reçoit tous les jours des centaines de demandes en mariage (moyenne d'âge des prétendants: 9 ans !). Quoi qu'il en soit, une poupée de chair a aujourd'hui réussi à se frayer une place dans le cœur des enfants, entre Goldorak et ses confrères les robots. Rien que pour cela, Dorothée, un grand bravo...

Sylvie MAQUELLE


L’enfant prodigue de Dorothée

Grand public - 1984

DOROTHEE aime tellement Roxan qu'elle ne supporte pas de le savoir loin d'elle. Alors, il est là, tout le temps, tout près. Sur le bureau quand elle écrit, sur le plateau quand elle chante et danse, dans la cabine où elle enregistre ses disques. C'est de lui qu'il s'agit dans « Mon petit chien Copain, câlin... », la chanson que Dorothée a écrite pour lui : un sympathique yorkshire de trois ans, aux longs poils noir et feu, timide parfois et joueur...
Ses jouets préférés sont ceux qui font beaucoup de bruit...
Surtout la nuit, dit Dorothée avec un sourire dans la voix, je ne m'en sors plus...
« Le plus gros défaut de Roxan, ajoute-t-elle, c'est qu'il déteste la laisse. En général, ça n'a pas d'importance, car il ne s'éloigne jamais. Mais un jour, je ne sais pas ce qui s'est passé, il y avait beaucoup de monde. Il a disparu. C'était affreux. Je l'ai appelé et cherché pendant quatre heures dans tout le quartier. Impossible de le retrouver ! Le pire, c'est que plein de gens l'avaient vu courir dans tous les sens et même se glisser sous les voitures... Il ne s'était pas laissé attraper. Je suis allée au commissariat de police, puis je suis rentrée chez moi, effondrée. Crise de nerfs, personne ne pouvait me consoler. Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit ! Et le pire, c'est que le lendemain matin je devais être à la première heure aux studios, pour enregistrer une émission. Je ne tenais pas debout... J'étais encore sur le plateau, quand quelqu'un est venu me dire que Roxan était retrouvé... C'était le délire.
J'ai sauté dans un taxi. Quand je suis arrivée chez la dame qui l'avait recueilli le matin même, il dormait sur un banc, épuisé. Elle avait aperçu de loin une petite boule de poils, toute tremblante. Il était tout mouillé de pluie, et elle l'avait ramené chez elle pour le sécher et téléphoner au commissariat... C'est le superbe colley de cette dame qui avait apporté un à un ses joujoux à Roxan pour le consoler...
J'étais bouleversée, l'inquiétude, plus la fatigue, je pleurais de joie. Ça me paraissait miraculeux de le retrouver...
Mon fugitif est resté très marqué par cette histoire, poursuit Dorothée. Pendant quelque temps il est resté absolument collé à moi ! Me suivant à tous les pas. Dormant sur mon lit, ce qu'il ne faisait jamais avant et il avait des vrais cauchemars de petit chien. Il pleurait et aboyait et sursautait dans son sommeil !
Maintenant, il a dû oublier un peu, tout est rentré dans l'ordre. Il ne pleure plus en dormant, il ronfle ! C'est même incroyable qu'une toute petite « chose » comme ça puisse faire autant de bruit... Regardez-le ! On dirait un sauvageon. Toujours tout ébouriffé ! Mes amis disent qu'il est coiffé comme moi ! »
Pour ceux qui connaissent la Dorothée aux cheveux sagement tirés en arrière de « Récré A2 » et de ses spectacles: sachez que dans la vie, Dorothée et Roxan ont horreur et des barrettes et des élastiques dans les cheveux...
A force d'avoir été vu à la télévision, où les amis de Dorothée le font entrer sur le plateau à chaque « Ce n'est qu'un au-revoir», Roxan est devenu célèbre...
« Un jour, s'étonne Dorothée, j'étais dans un café, et un Monsieur qui observait Roxan depuis un moment, s'est exclamé : « Mais je connais ce chien ! Ah oui, je l'ai vu à la télé, c'est le chien de Dorothée… » Moi, ajoute-t-elle, il ne m'avait même pas reconnue ! »
Il était temps que Grand Public consacre quelques lignes à une telle célébrité du petit écran... et à sa maîtresse, tout de même !


Elena Adam


La maman de Dorothée

- Confidences - 1984

Aujourd'hui, comme le plus souvent possible, Dorothée a retrouvé sa mère, Jacqueline. Elles s'entendent à merveille, complices, amies...

- Entre nous, dit Dorothée, il y a bien sûr le lien très fort mère-fille, avec un grand respect, mais aussi le côté copain. Ma mère est beaucoup plus jeune d'esprit que moi qui suis un peu rétro...

- Mais non, lui répond sa mère, la différence d'âge joue! C'est vrai, ajoute-t-elle en souriant, le caractère de ma fille est plutôt entier, par forcément facile mais ça lui permet d'avoir du mordant. Quand elle était petite, elle ne faisait pas beaucoup de bêtises, ou, quand elle en faisait, elle s'arrangeait pour qu'on ne le sache pas! C'était une enfant sage, très classique, mais aussi une rigolote, très gaie et très vivante. Le seul gros problème que j'aie eu avec elle: elle était anorexique.

- Je suis née anorexique, j'ai grandi ainsi et je continue à l'être. Je ne mangeais pas parce que ça m'ennuyait et ça m'ennuie toujours! Comme à table, je refusais de manger, je devais aller à la cuisine finir mon assiette. J'attendais que ça passe, mais l'assiette ne se vidait pas toute seule : une fois, j'en ai vidé le contenu derrière un radiateur ! Après, j'ai compris que c'était aussi bien dans la poubelle. Ma mère m'a éduquée de façon très sévère mais je n'ai jamais reçue une gifle, mes parents n'ont jamais porté la main sur moi. Je me rends compte que cette éducation très stricte me sert énormément et a fait de moi celle que je suis.

- Très jeune, reprend sa mère, Dorothée montrait nettement des dispositions pour ce qu'elle fait actuellement. Je n'aurais pas imaginé qu'elle serait ce qu'elle est mais je savais qu'une vie de routine ne lui conviendra pas. Nous avions pensé au tourisme pour elle. Je ne l’ai jamais forcée à faire quoi que ce soit et je ne lui ai rien interdit non plus.

- Mais, grâce à ma mère, j'ai pu sauter le pas pour entrer à la télévision. Au moment de passer ma première audition, la panique m'a retenue. Mais ma mère, pour la première fois de ma vie, m'a vraiment obligée à y aller !

- Je ne l'aide pas dans au travail, elle n'a plus besoin moi, mais je suis là.

Dorothée regarde sa mère avec beaucoup de tendresse, elle ajoute :

-Si on me demandait de partir travailler à l'étranger j'hésiterais. Je crois même que je refuserais parce que je ne voudrais pas être éloignée des miens, de ma mère. Pour nous, la famille est extrêmement importante. 

On peut s'étonner alors que Dorothée n'ait pas encore songé à fonder sa propre famille. A cela, elle répond tout à fait sérieusement :

-Je ne pense pour l'instant qu'à mon travail. Pour moi c'est impensable d'avoir un bébé maintenant, car, si j’ai un bébé, adieu le travail !...


Les drôles de vacances de Dorothée

Confidences  - 1984

Aujourd'hui riches et célèbres, les vedettes de la chanson, du cinéma de la télévision n'ont pas oublié les vacances passées en famille lorsqu'elles étaient enfants. Pour vous elles racontent. Dorothée, l'amie des enfants, se rappelle l'époque où elle avait leur âge.

Par Christine RICHARD


C'est en prenant thé et tartines que Dorothée nous parle de ses vacances. Chez l'animatrice préférée de nos enfants, les papilles gustatives jouent un grand rôle. Ce sont elles, en effet, qui, tout au long de l'entretien, guideront sa mémoire. Dorothée voit-elle à peine le jour, que déjà elle part en vacances. Elle vient au monde un 14 juillet et aussitôt sa famille l'emmène en Bretagne. Tous les étés, jusqu'à l'âge de 15 ans, Dorothée passera toutes ses vacances dans la maison de sa tante, près de Quiberon. C'était une véritable expédition.


- Nous descendions en train, ma grand-mère, mon frère et le chien. Le voyage durait 7 heures en comptant la correspondance. Nous avions une cousine garde-barrière à Avrey, les deux minutes d'arrêt se transformaient en dix minutes d'embrassades. J'adorais le pique-nique dans le train, aussi ma grand-mère emportait-elle toujours une valise de victuailles. Au retour c'était encore pire. Nous ramenions des huîtres, du beurre, des andouillettes comme si à Paris, nous n'allions rien trouver à manger. J'avais horreur de partir, de quitter mes habitudes mais une fois là-bas je ne voulais plus revenir.

Dorothée retrouvait chaque année les mêmes enfants, ils se sont vus grandir. Elle jouait déjà les grandes soeurs en gardant les bébés des amies de sa mère. Les petits l'attiraient davantage que les enfants de son âge. Entre deux gorgées de thé, Dorothée se remémore le déjeuner dominical:
Tous les dimanches le menu était le même : lapin aux pruneaux, far breton. Je déteste les deux aujourd'hui. Mais ce qui me comblait de bonheur c'était le goûter. Au retour de la plage, frigorifiés, un énorme bol de café au lait brûlant nous attendait avec de gigantesques tartines grillées au feu de bois. Ma tante faisait une confiture comme je n'en ai plus jamais retrouvée depuis. Les distractions? La plage le matin, la plage l'après-midi. La petite fille y pêchait des crevettes avec son père.

- Cette plage me paraissait immense, mais plus je grandissais plus elle rétrécissait. Quand je l'ai revue, tout dernièrement, elle était carrément minuscule. En réalité, Dorothée était une petite fille peu sociable, très timide qui se tenait toujours à l'écart des autres. Les plages bretonnes sont remplies de petits clubs proposant une multitude de jeux aux enfants.
L'animatrice de "Récré A2" attendait qu'il n'y ait plus per- sonne le soir pour enfin profiter des balançoires.
- Une année, un concours du club faisait gagner des chocos B.N. N'ayant pas participé, j'étais bien évidemment la seule sans gâteau. J'ai piqué une crise de nerfs, dont ma mère se souvient encore. Elle s'est vue dans l'obligation d'aller m'en acheter tout de suite chez l'épicier, tant j'étais en rage. On a du mal à le croire, mais Dorothée faisait fuir tous les petits copains de son âge. Pourtant, à cette époque, la petite fille ressemblait plus à un bébé joufflu qu'à une chipie. On le comprend mieux toutefois quand on sait qu'elle donnait des coups de pelle en fer à tous ceux qui ne lui étaient pas sympathiques!...
De ces vacances familiales, elle se souvient du cimetière. On y allait tous les dimanches pour jardiner sur la tombe de mon oncle. Cela n'avait rien de triste, c'était simplement fataliste. J'étais aussi une fervente de la messe car je faisais partie de la chorale.
De 14 à 20 ans, Dorothée part invariablement tous les étés en Angleterre, dans la campagne à Woking, toujours dans la même famille.
C'est pratiquement ma deuxième famille. Leur fille était ma correspondante, elle est devenue ma meilleure amie. Je ne parlais pas un traitre mot d'anglais, aussi je m'exprimais par onomatopées. C'est devenu un code entre nous qui nous amuse encore chaque fois que nous nous revoyons. Je me suis fait énormément d'amis en Angleterre, plus qu'en France.
C'est là-bas que j'ai commencé à me maquiller. Nous étions invitées à toutes les garden-parties. Je ne dansais pas, préférant m'occuper du barbecue. Le contraire aurait étonné ceux qui connaissent bien sa gourmandise. Ces vacances loin des parents n'étaient pas placés sous le signe "à nous les petits Anglais"..
Le flirt ne l'intéressait absolument pas. En revanche, elle se souvient avec délice de l'heure du thé.
- Une demi-heure avant 5 heures, sans montre je sentais que c'était l'heure du goûter. Pour moi, l'Angleterre, c'est la découverte des sandwiches dont je raffolais. Pour le reste, nos loisirs étaient ceux des jeunes filles de bonne famille. Les vacances aujourd'hui, pour l'égérie de tous les petits? Elles sont inexistantes en raison de son emploi du temps et impossibles en raison de sa popularité. L'été dernier, nous étions en tournée avec Jacky dans le Midi. La location d'un pédalo, pensions-nous, devrait nous permettre de nous baigner tranquillement loin des rives. Or, soudain nous avons été entourés d'une armada de gamins venus à la nage, le papier et le stylo entre les dents. Résultat une heure d'autographes même au milieu de la Méditerranée. En fait, quand on a la chance de faire mon métier, on a pas besoin de prendre des vacances. Je m'amuse toute l'année avec "Récré A 2" et mes chansons.
Cet été, Dorothée part en Argentine pour une mission spéciale. Le programme n'est pas de tout repos 10 jours de séjour, 10 avions. Départ tous les matins à 6 heures, jamais couchée avant minuit. Et la température officielle y sera de moins cinq degrés.
Le croiriez-vous ? Ce qui semble le plus préoccuper l'éternelle petite fille, ce n'est pas tant la température hivernale, ni l'heure matinale à laquelle elle devra se lever. Non! Ce sont les moeurs des Argentins: ces gens-là savent-ils seulement respecter l'heure du thé ?


Les enfants et la télévision

Télé Star - 1984

Que souhaitent-ils ? Nous avons interrogé 500 enfants de 6 à 12 ans. Ils se sont exprimés spontanément. Ainsi que leurs parents. Pour la première fois, un sondage sur les enfants et la télévision ne s'est pas voulu directif mais «ouvert», comme disent les professionnels. Le résultat: un instantané. Un constat plein d'enseignements. Nous avons demandé à Evelyne Sullerot, sociologue et membre du Conseil économique et social, de tirer les conclusions de cette enquête exclusive.

Mention assez bien
PAR EVELYNE SULLEROT


Depuis l'âge où on les mettait sur le pot devant le poste: « Ecoute, regarde, et tais-toi!», ils ont été abreuvés d'images. On a dit qu'ils avaient trois parents: un père, une mère et la télévision. On a dit qu'ils avaient deux écoles: la classe et la télévision. On a dit qu'ils avaient le sommeil per- turbé, des digestions difficiles, des cauchemars, qu'ils ne savaient plus jouer tout seul, et encore moins lire à cause de la télévision. Que n'a-t-on pas dit des enfants de la télé! Le mérite de cette enquête, c'est d'avoir considéré les enfants comme un public à satisfaire, au lieu de discuter sans fin des effets de la télévision sur eux. On s'aperçoit à la lire que, pour les professionnels qui font les programmes, le public des enfants pose des problèmes redoutables. En effet, ce n'est pas tout à fait un public libre, qu'on attire simplement en lui offrant ce qui lui plaît: pour toucher les enfants, il faut savoir d'abord convaincre les parents, passer par le filtre des parents. Plus de 7 parents sur 10 affirment ne pas autoriser leurs enfants à regarder certains programmes, et les enfants confirment. Tout particulièrement, les parents surveillent les plus grands, les 8-12 ans, et leur défendent les films réservés aux adultes; ils montent la garde plus sévèrement pour les filles (83%) que pour les garçons (76%). Pour l'écrasante majorité des parents qui imposent un tri parmi les émissions, ce qui ne doit pas être regardé par les enfants, c'est notre fiction pour grandes personnes, malsaine pour les petits. Mais, tout de même, on reste surpris que 29% des parents n'exercent aucune censure et n'interdisent aucune émission à leurs enfants. Ainsi, plus d'un enfant sur trois de 10 à 12 ans regarde ce qu'il veut quand il veut. Certes, ces 10-12 ans sont traités plus libéralement que les 6-9 ans, et les garçons plus que les filles. Mais ce sont avec eux, les plus grands et les garçons, qu'il naît, semble-t-il, le plus de discussions, car ce sont eux qui sont le plus fréquemment (53% des cas) punis par la privation de télévision. Les parents ne filtrent pas seulement les émissions: ils contrôlent également (57%) le moment où l'enfant peut ou non regarder la télévision. Voilà une autre caractéristique bien particulière à ce public enfantin: il n'est pas disponible tout le temps, loin de là. Il a ses jours et ses heures. Les téléspectateurs qui vont à l'école primaire ont des problèmes d'horaires très stricts. Et ils doivent se coucher tôt quand « il y a école le lendemain » Donc, pas d'émissions tardives ces soirs-là. Pourront-ils regarder la télévision du matin entre 7 et 9 heures? Un non massif des parents (94%), qui ont bien raison. Leurs plages d'écoute leur donnent-elles satisfaction? Après la classe jusqu'au dîner, 60% des 6 à 9 ans regardent la télé au moins une ou deux fois par semaine. Grosso-modo, les parents estiment satisfaisante, pour ces tranches horaires, la dose de programmes pour jeunes. Les 10-12 ans suivent plutôt le journal de 20 heures (les garçons - 53% - bien plus que les filles - 37% -) et, surtout, regardent le programme du soir: 77% (!) quand il n'y a pas classe le lendemain. C'est là que les choses ne vont plus: une majorité de parents estiment que, le mardi soir et le samedi soir, il n'y a pas assez de programmes qui conviennent aux enfants. Les enfants eux-mêmes ne sont que 39% à trouver, le mardi soir, des émissions qui leur plaisent. Le mercredi après-midi (jour des enfants par excellence) et le dimanche après-midi, parents et enfants sont plutôt satisfaits. Mais le samedi après-midi, à nouveau, 44,3% se plaignent du manque d'émissions pour enfants. Dernière et importante constatation qui montre combien il est difficile de satisfaire les jeunes téléspectateurs: les enfants ne forment pas une audience homogène, mais des publics différents. Même en se limitant aux écoliers de 6 à 12 ans, ce sondage révèle des réactions très dissemblables selon les âges.


Des publics différents selon les âges
Les 6-7 ans plébiscitent les dessins animés (94,7%). Ils en veulent davantage. Leurs héros sont les Schtroumpfs, Candy, Snoopy, etc. La présentatrice qu'ils aiment? Dorothée (55%). Aucun ne songe à nommer Michel Drucker. Ils souhaiteraient qu'il y ait moins de science-fiction, moins de policiers, moins de chansons. Quant à la publicité qui les frappe, c'est celle qui présente des produits pour eux: jouets, friandises. Combien différents apparaissent les 10 12 ans! Ils veulent plus de films d'aventures, de policiers, de programmes sur la nature. Leurs héros préférés sont des vedettes de cinéma ou de séries. Un sur trois aime bien Dorothée, mais les autres ne pensent pas à la nommer ou dispersent leurs suffrages. En fin de compte, les uns et les autres trouvent leur satisfaction avec «Récré A2» qui fait un superbe score, nommée comme émission préférée par 55% des enfants. Mais ce ne sont pas les mêmes séquences qui plaisent aux 7 ans et aux 12 ans. Il est bien normal qu'entre 6 et 12 ans, les goûts changent. Il est plus étonnant de constater combien filles et garçons réagissent différemment : une majorité de garçons voudraient davantage de science-fiction et une fille sur deux en voudrait moins... Les uns et les autres se moquent pas mal de savoir si c'est leur nature féminine ou masculine, ou s'ils ont été conditionnés par leur entourage – mais le fait est qu'ils n'ont pas les mêmes goûts. Le petit écran, qui ne fait pas de différence entre les enfants selon la profession des parents, ou selon qu'ils habitent une grande ville ou un village, divise nettement petites filles et petits garçons. Plaire aux parents, aux petits, aux moyens, aux filles, aux garçons, à certaines heures et certains jours alors que des adultes et des personnes âgées attendent autre chose c'est la quadrature du cercle... La télévision n'y arrive pas trop mal, sauf le mardi soir et le samedi soir, où parents et enfants aimeraient regarder ensemble, en famille. Certes, il y a bien les dauphins du commandant Cousteau, mais pas toute l'année!


E.S.


Les vœux enchantés de Dorothée

Le Parisien – 2 janvier 1984

Que cette année 1984 soit heureuse pour vous et vos familles, amis lecteurs du « Parisien ». Afin que nos vœux aient toute chance d'être exaucés, nous avons choisi, pour vous le dire, une ambassadrice de charme et de talent, Dorothée, à qui le destin semble ne rien refuser pour ses dix ans de télévision. En ce moment, entourée de ses principaux partenaires (notre photo), dans la « forêt enchantée » installée au Champ-de-Mars par la Mairie de Paris, A 2 et Europe 1, elle ravit chaque jour 8 000 jeunes spectateurs de trois à douze ans avec la comédie musicale "Pour faire une chanson".
Son show de Noël a totalisé le double d'écoute des émissions des autres chaînes et, en un an, elle a vendu quatre millions de disques...

Jacques Pessis


Le temps des cadeaux

Télé poche – 4 janvier 1984

Je trouve qu'ils n'étaient pas mal du tout les programmes que nous proposait la télévision pour les fêtes de Noël et de fin d'année. Et c'est un huit sur dix que j'attribue volontiers aux trois chaînes réunies. Parmi les émissions les plus réussies, citons « Les tilleuls de Lautenbach » (FR3), « Noël arc-en-ciel » (TF1), « Les animaux du monde » (TF1), « La Pavlova » (A2), « La soirée Peter Brook» (A2), « Coco Boy » (TF1), « Les Discos d'or 83 » (TF1), «S.O.S. Charlots » et « Réveillon aux Champs-Elysées » (A2)...
Parmi les émissions marquantes, j'attribuerai une mention très particulière au show Dorothée (notre photo) et à ce « Récré A2 » du 24 décembre, qui nous proposait la vie de Jésus et un merveilleux dessin animé, « Snowman ».
Au chapitre des grandes séries, « Marco Polo » et « Fabien de la Drôme » sur A2 et « La chambre des dames » sur TF1, séries dont nous reparlerons. La palme semble revenir d'ores et déjà à « Fabien de la Drôme », ce western sur fond de Révolution française, une belle histoire remarquablement servie par l'interprétation et la réalisation.
Gros succès rayon cinéma avec « La boum », « Hollywood, Hollywood », l'hommage à « Fred » Tex Avery, « La ruée vers l'or »... sans parler des rétrospectives qui nous ont rendu Raimu à l'occasion du centenaire de sa naissance, ni de la série des « Sissi », malheureusement programmée l'après-midi.
Merci donc à la télévision, toutes chaînes confondues, pour cette année si bien commencée avec ce vœu, inspiré du souhait célèbre de la mère d'un empereur : « Pourvu que ça dure ! ».


René PETIOT


Dorothée, la star des enfants qui plait aussi aux grands

Télé Poche – 25 janvier 1984

Une nouvelle star est née. Ce sont les enfants qui l'ont voulue: Dorothée, l'animatrice de leur «Récré A2 » tous les mercredis, leur Récré à eux... Elle sait tout faire Dorothée : chanter, danser, jouer la comédie, faire des grimaces, et sa première qualité, c'est la bonne humeur. Alors, rien d'étonnant à ce que l'on s'arrache ses disques (ils se vendent tous à plus d'un million d'exemplaires). Le palmarès laisse rêveur : « Rox et Rouky » (disque d'or), « Hou la menteuse », « La chanson des Schtroumpfs » (disques de platine), et « Pour faire une chanson » (disque d'or). Avec ce tout dernier succès, Dorothée a élargi son public à celui de la famille toute entière. C'était le clou de son show de Noël, une émission qui a réuni les meilleures critiques. Une mère lui a raconté que son petit garçon refusait d'aller se coucher et pleurait devant son téléviseur pour qu'elle reste avec lui. Alors que faire ? Revenir, Dorothée. Elle l'a fait tout récemment, mais cette fois sur scène, dans le spectacle présenté par la Mairie de Paris. Elle était avec son ami Jacky. Tous les jours, du 21 décembre au 4 janvier, 3 000 enfants à chaque fois... Ça fait du monde tout ça pour une toute jeune femme, toute menue, mais tout en énergie que nous avons rencontrée chez elle, dans son septième ciel, près de la Porte Maillot, afin qu'elle ne garde pas plus longtemps le halo de mystère qui entoure sa vie. Mais, ne rien dévoiler d'elle-même, n'est-ce pas l'attribut n° 1 de la star?


UN salon « cosy » aux murs blancs. Quelques gravures anciennes, des croquis de Cabu mais nulle trace des Schtroumpfs ni de Rouky. Seul Rox, le Yorkshire, est là pour mettre de l'animation. Surtout quand sa maîtresse virevolte, aérienne, du téléphone au Chesterfield rouge. Rouge comme le long pull qui l'habille, rouge comme ses bottes. Dorothée a l'allure très juvénile, mais elle n'a rien d'une petite fille irresponsable. Première constatation. Bénédicte, son attachée de presse et Jean-Luc Azoulay, son producteur, sont là. On règle au téléphone un gala à Lyon. Dorothée nous montre son château mais garde une oreille sur son emploi du temps du lendemain. Elle s'excuse...


MA FAMILLE : LA TELEVISION
- Il ne faut pas regarder la moquette. J'ai pris cet appartement il y a deux ans et je n'y suis jamais. Ma famille c'est la télévision, le plateau de « Récré A2 ». C'est passionnant. J'ai le public le plus exigeant qui soit. Si ce que nous leur présentons (dessins animés ou jeux) ne les intéresse pas ils s'en vont. Ils n'ont pas de complexes. Ils sont nature. Ils jouent le jeu à fond. Comme Dorothée, depuis ses débuts, puisqu'il faut bien en reparler...


DOROTHEE FIRST
1970, l'année où elle passe son bac. Jacqueline Joubert la découvre dans un cours de théâtre. Elle lui fait animer « Les mercredis de la jeunesse ». Mais, cinq ans plus tard, éclatement de l'O.R.T.F. Dorothée est remerciée. Après une période d'oubli, sa bonne fée (Jacqueline Joubert) vient la rechercher pour « Récré A2 » et c'est le grand départ... Un autre coup de baguette magique, dans sa carrière, celui de François Truffaut.
- Comment j'ai fait du cinéma? Mais tout simplement grâce à la chance. Un soir, Truffaut regarde la télévision. Il me voit. Il m'engage pour « L'amour en fuite ». Merveilleux, non? Truffaut travaille toujours comme ça, devant la télévision. Il a découvert Fanny Ardant dans « Les dames de la Côte». Mais quel trac pour le premier tour de manivelle. Truffaut me l'a enlevé en me disant « Allez, en piste Dorothée First ! »

« Dorothée First », un joli surnom, et qui lui va bien. A propos de « First », pense-t-elle être la concurrente directe de Chantal Goya ? Nos spectacles se sont succédés et pas concurrencés. C'était prévu, et bien comme ça ». Inutile d'insister et comprenez comme moi : « Nous ne sommes pas trop de deux pour amuser les enfants ». Il valait mieux la quitter en lui parlant de son projet immédiat : « Prendre des vacances, enfin ! » Sans Rox, le Yorkshire, (il sera confié à sa mère). Sans Prince Charmant non plus ? Pas de réponse. Dorothée, la star qui monte, garde son secret.


Reportage: Danielle TESI
Photos: Jean-Marie MAZEAU


Dorothée : « Je veux avoir un enfant »

Télé 7 Jours – 28 janvier 1984

« Hou la menteuse, elle est amoureuse », chante Dorothée. Mais si la nouvelle star de la télé, consacrée par son show de Noël sur Antenne 2 n’est pas du tout menteuse, elle est bel et bien amoureuse ! « Mon fiancé est photographe. A quand la noce ? Vous verrez bien… » Bien calée au fond d’un canapé multicolore, dans son petit appartement, Dorothée ne rêve plus d’un cœur, mais d’une chaumière. « Je l’imagine anglaise, style maison de poupée. L’ennui, c’est qu’il faudrait la chercher près de Paris ou en province, et je déteste ça. »

Pour celle que les enfants ont mis au même rang que Chantal Goya et qui explique volontiers qu’elle a vendu cette année plus de disques que sa « rivale », une vie sans enfants ne peut être une vie : « Le moment n’est pas encore venu, mais je veux avoir un enfant. Je me vois à la fois mère poule et très sévère sur le plan de l’éducation. Et puis, lorsque je serai mère, je m’occuperai totalement de mon enfant. Adieu « Récré A2 », disques, chansons, copains… Ça sera un choix, mais je ne suis pas encore mûre pour ce choix.»

Dorothée a 30 ans, depuis le l4 juillet dernier. « Il serait peut-être temps de vivre, non ? » dit-elle en riant, espiègle et décontractée comme toujours. Est-elle en train de devenir adulte, de prendre, comme on dit, de l’épaisseur ? « Ah, ça n’est pas vraiment le mot juste ! J’étais un bébé qui mangeait à peine. Je faisais le désespoir de mes parents. D’ailleurs, j’ai toujours un appétit d’oiseau. Lorsque je vais au restaurant, je chipote dans mon assiette. Alors, ne me parlez pas de déjeuners d’affaires. Je préfère les thés d’affaires… »

Les affaires, Dorothée est bien obligée d’en faire et d’en parler. Elle est devenue une valeur sûre du tout-télé, très cotée à la bourse du show-business, bien secondée par un producteur-imprésario, Jean-Luc Azoulay, et sa carrière peut se résumer en quelques chiffres. Un million de spectateurs pour sa tournée de quarante-huit galas, l’été dernier, avec le podium de Radio Monte-Carlo, et 150.000 Parisiens qui ont visité sa « Forêt enchantée», spectacle qu’elle vient de donner au Champ de Mars. Avec les disques vendus, quatre millions selon son producteur, cela fait beaucoup, beaucoup d’argent. Les enfants qu’elle aime tant seraient-ils devenus sa mine d’or ? « Je ne vois pas ça ainsi. L’argent n‘est pas ma motivation. Une mine d’or, peut-être, mais malgré moi. Une mine ça s’exploite. Mais ça peut fermer à tout moment. Je n’exploite rien, ni personne. C’est vrai que je gagne de l’argent. »

Alors cigale ou fourmi? « Les deux, j’invite mes copains, je leur fais des cadeaux, j’achète des fringues, des babioles, des petits bijoux sans valeur et avec ce qui reste, eh bien on verra, j’achèterai peut-être ma chaumière… Je commence à vivre. Je fais tout en retard. Je n’ai conquis ma liberté qu’à 26 ans. Vous savez, j’ai reçu une éducation très stricte. »

On en revient à la famille sans qui Dorothée ne pourrait pas être heureuse et pour laquelle elle ne sacrifie rien. « Il y eu mon père d’abord. Il était très soucieux pour mon avenir. Mais, en souvenir du passé, – il avait souhaité se lancer dans le spectacle – il m’a laissée libre, jugeant même que faire de la scène et de la télé guérirait ma timidité maladive. Maintenant, il a disparu et la famille s’est encore plus resserrée. Nous nous protégeons,peut-être trop. »

Quand on rencontre Dorothée, Eugénie, sa grand-mère, n’est jamais très loin : « A 83 ans, elle a gardé un côté foldingue dont j’ai hérité. Elle est toujours de bonne humeur. Moi pas ! » Et puis, il y a Jacqueline, la maman de Dorothée, jamais très loin, elle non plus. « C’est une de mes complices… Quand on a des problèmes, on se téléphone et on se dit tout. Allô Maman Bobo ?… C’est tout à fait ça. Bref, je n’ai pas coupé le cordon ombilical. »

Et le fiancé de Dorothée dans tout ça ? Dorothée pouffe comme une gamine… « Oh lui, c’est lui… » et Dorothée n’en dit pas plus, préférant nous présenter son frère François, son aîné de sept ans, documentaliste au CNRS. « Il est célibataire comme moi. Nous nous voyons souvent. Je suis toujours sa petite sœur. » Et bien sûr, la petite sœur de millions de téléspectateurs.

Lise Genet


Dorothée en vacances au Méridien

Week-end – 29 janvier 1984

Dorothée, animatrice entre autres de « Récré A2 » et de « Disney dimanche », à la télévision française, a choisi l'île Maurice pour les premières vacances qu'elle s'est octroyées
depuis deux ans. Bien connue, surtout des enfants pour les programmes qu'elle anime à leur intention sur Antenne 2, Dorothée a présenté, sur cette même chaîne, l'émission du réveillon du 31 décembre, émission qui a eu le meilleur indice d'écoute en France, à cette occasion.
Dorothée a passé une quinzaine de jours à l'hôtel Méridien, au Morne en compagnie de son ami et collègue, Patrick, photographe d’Antenne 2. Des vacances, consacrées exclusivement aux baignades, parties de pêche et bains de soleil. Dorothée quitte Maurice aujourd'hui pour retrouver le petit écran à Paris, dès cette semaine. Soulignons que Dorothée est devenue depuis peu, productrice de ses émissions et que, outre la télévision, elle s'est déjà
essayée à la chanson, au spectacle (comédie musicale "Dorothée au pays des enfants" à l'Olympia en 1981) et au cinéma (avec François Truffaut dans "L'Amour en fuite").
Mais ses interlocuteurs préférés restent les enfants. 'J'adore les enfants et je leur parle d'égal à égal comme si c'étaient des adultes sans qu'ils en soient... Ce que j'aime, c'est les faire rire, avec un esprit finalement très tarte à la crème', devait-elle d'ail- leurs déclarer à un magazine de télévision.