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Des galons pour Dorothée

Paris Normandie – 13 Mars 1985

Dans deux semaines, les centres aérés, garderies et autres lieux traditionnellement fréquentés le mercredi par nos chères têtes blondes en mal d’activités récréatives, risquent fort de connaitre une sérieuse concurrence et d’enregistrer une non moins sérieuse désaffection ! Antenne 2 en sera la cause, puisque le 27 mars prochain, sera donné le coup d’envoi des programmes matinaux de «Récré a2 », qui, chaque mercredi, de 10 heures à midi, réuniront les fans d’Albator, et les inconditionnels de Dorothée.

Un lancement dont l’annonce faite ne grande pompe, avant-hier après-midi, par Jean Claude Heberlé, PDG d’Antenne 2, traduit le souci permanent d’innovation d’une chaine, dont l’objectif, dans un avenir plus ou moins proche, est d’occuper le petit écran vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et qui prolonge tout naturellement l’expérience concluante de « Télématin », et celle, lancée il y a un an maintenant, de la diffusion d’émissions pour les enfants à l’heure des croissants et du chocolat du dimanche matin.

Ne innovation qui récompense aussi les efforts menés depuis sept ans par Jacqueline Joubert- l’ancienne speakerine des débuts de la Radio Télévision Française, responsable du département jeunesse d’Antenne 2- pour faire des programmes destinés aux enfants- longtemps parents pauvres du petit écran- des émission à part entière. Un objectif parfaitement atteint puisque les plus récents sondages ont montré que dans un foyer sur trois, la jeunesse était branchée sur « récré a2 »…

Un résultat normal, commente Jean Claude Heberlé, quand on connaît les efforts entrepris par la chaîne pour créer des produits de qualité et surtout des produits français qui, dans le domaine du dessin animé en particulier, sont en passe de supplanter les productions américaines et japonaises qui triomphaient jusque-là.

Les enfants n’ont d’ailleurs pas été les seuls à être sensibles à la qualité de ces programmes qui leur sont destinés puisqu’en en l’espace de trois ans les émissions de « Récré A2 » ne comptent plus les récompenses internationales qui leur furent décernées par des jurys composés de professionnels adultes. L’honneur suprême revenant à « Téléchat », qui vient d’être nominé pour les Emi Awards, l’équivalent des Oscars du cinéma pour les émissions de télévision.

Quand à Dorothée, ses programmes du mercredi matin  –  « Judo boy », « les Viratatoums », vingt-six nouveaux épisodes d’Albator, et Buster Keaton ; les émissions de l’après-midi ne débuteront désormais qu’à 15hr15  –  seront en quelque sorte son bâton de maréchal, puisqu’elle en assurera seule la présentation. Reconnaissance officielle et triomphale d’un succès populaire déjà confirmé par la vente de huit millions de disques et la remise d’un disque de platine et d’un disque d’or.

« Je suis très touchée et très émue par ces nouvelles responsabilités. Les enfants vont être contents car ils me demandaient depuis longtemps le Récré A2 du mercredi matin. Désormais, je vais pouvoir être plus proche d’eux, établir avec eux un dialogue plus précis et plus intimiste. »

F. BERDEAUX


Jacqueline Joubert : « Distraire et cultiver avec ma chère Dorothée »

France soir – 14 mars 1985

Quelle importance attachez-vous à la présentation de « Récré A2 » ?

Une importance énorme. La présentation, c’est l’image de marque de l’émission. L’équipe, que j’ai formée en 1978, est composée de jeunes qui représenteront tous un personnage. Ni instituteurs, ni parents, ni grands frères ou grandes sœurs. Il y a Jacky, le fou, le benêt qui dit des choses insensés ; Alain, le prince charmant ; Marie, le titi parisien ; Véronique qui me fait penser un peu à la Charlotte de Werther ; Petit Bernard, que nous mettons un peu à toutes les sauces ; Charlotte, le lutin vif-argent et bien sûr ma chère Dorothée. Avec François Corbier, qui compose les chansons, François Arrignon, Patricia Chalon, une psychologue et Christian, un ancien professeur de lettres qui signent des textes, ils ont en commun de prendre les enfants au sérieux, de les respecter et d’être leurs complices. Je les ai prévenus : si vous vous servez de « Récré a2 », comme d’un tremplin, alors partez. Ils travaillent en faux direct, c’est-à-dire dans les conditions du direct, parce que j’en avais assez de les envoyez au casse-pipe.


- Comment déjouer vous la concurrence de TF1 le mercredi après-midi ?

- Je ne m’en préoccupe pas. Les productrices de « Vitamine », ont fait présenter leur émission par une vedette, très bien. « Récré A2 » est la petite dernière, nous avons commencé nos émissions pour la jeunesse après TF1 et FR3, et nous avons voulu nous différencier des autres chaînes. Pour « Récré A2 », nos indices d’écoute oscillent toujours entre 17 et 22%. Ils sont particulièrement forts le lundi, le jeudi et le vendredi. Et puis maintenant, il y a la télé-enfant du mercredi matin entre 10 heures et 12 heures dès le 27 mars. C’était un besoin.


- Ne pensez-vous donc pas que la concurrence de « Vitamine » joue le mercredi ?

- Non, je pense que le mercredi, l’indice d’écoute est moins fort parce que les enfants sortent beaucoup ce jour-là : ils font du sport.


- Quelle est la part de productions françaises et d’achats étrangers dans vos émissions ?

- La vapeur s’est renversée, nous avons davantage de productions françaises. Environ une proportion de 60% françaises et 40% étrangères. Nous préparons d’ailleurs une première dans l’histoire de la télévision : nous montrerons une série de 26 minutes en dessins animés qui s’intitulent « Les mondes engloutis », une production entièrement française. Mais de toute façon, je ne pense pas qu’il faille vivre en autarcie complète.


- Vous avez diffusé « Goldorak », on a souvent reproché la violence de dessin animé japonais ?

- Il y a violence et violence. Je crois que la violence dans un dessin animé n’est pas la même que dans un film.


- Comment concevez-vous vos programmes, et quel est le but poursuivi depuis le début ?

- Je conçois mes programmes en pensant aux enfants qui regardent seuls la télévision. Je fais très attention à ce que les programmes soient simples, très clairs, compréhensibles sans l’aide d’un parent. Mais simplicité ne rime pas avec abêtissement. Pour chaque sujet, je demande à un spécialiste de l’expliquer. Ainsi, une émission comme « Sido et Rémi », sur la musique intéresse aussi bien les adultes que les enfants. Mon but : informer, distraire et cultiver les enfants. Sans oublier que la télévision est un spectacle avant tout.


Dorothée veut s’amuser avec les enfants

Humanité dimanche – 23 mars 1985

A partir du 27 mars, la grille des programmes d'Antenne 2 va s'étoffer le mercredi. Deux heures d'émission supplémentaires, le matin, en direction des enfants, animées, naturellement, par Dorothée. Et si Récréa 2 se retrouve amputé d'une heure l'après-midi, Dorothée gagne quand même une heure pour « s'amuser avec les gamins ».


Comme on peut l'imaginer, Dorothée est exactement à la ville ce qu'elle est au petit écran : espiègle, drôle, naturelle, toutes qualités qui en font, comme certains l'ont définie, la chérie des trois/douze ans ». Sa popularité auprès des gamins (« Pour moi, dit-elle, le mot gamin est un mot gentil, qui n'a pas un sens négatif. ») n'est pas à démontrer. Elle lui vaudra même l'honneur d'entrer à la fin du mois au musée Grévin.
Cette heure de travail supplémentaire, le mercredi, ne l'effraie nullement. « D'abord, je ne travaille pas : je m'amuse. Ensuite, ce sera différent. Ce qui est bien, c'est que je serai toute seule. Je ne me déguiserai pas, il n'y aura pas de gag, pas de thème, c'est ce que j'aurai envie de faire ce jour-là. Je vais pouvoir parler vraiment aux gamins, comme on faisait avant. Le matin, ce sera le côté intimiste de Récréa 2, et l'après-midi, tarte à la crème, la folie. » Dorothée est arrivée un peu par hasard à la télévision. Remarquée par Jacqueline Joubert, lors d'un concours de troupes de théâtre amateur, elle entre en 1973 à I'ORTF pour présenter les premiers Mercredi de la jeunesse. Après l'éclatement des chaînes, on juge qu'elle n'est pas faite pour animer les émissions pour enfants, et, après un an de chômage, elle se présente avec succès au concours de speakerines. Elle a attrapé depuis longtemps le virus de la télévision. C'est une nouvelle fois Jacqueline Joubert qui la prend avec elle, quand elle est nommée responsable du service de la jeunesse sur Antenne 2, en 1978. Ensemble, avec une petite équipe, elles créent Récréa 2 avec trois bouts de ficelle. Et depuis elle n'a jamais manqué le rendez-vous. En treize ans, Dorothée a pu se faire une grande idée du rôle qu'elle joue auprès des enfants. Passionnée, elle en parle avec beaucoup de fougue, et une grande lucidité. « C'est vrai que l'on fait un peu de la garderie. Mais on est un service public, et on est là pour aider les gens. Je sais qu'il y a des mamans qui sont contentes qu'il y ait Récréa 2, parce que ça leur permet de faire des choses qu'elles ne pourraient pas faire autrement. Mais j'ai posé la question aux enfants, à propos du mercredi matin. Et ils m'ont dit : c'est bien, parce que l'après-midi on va au judo, à la danse, au piano et on ne voyait pas l'émission. Mais il ne faut pas que ça empêche les enfants de rester avec les parents... De toute façon, un enfant ne regarde pas la télévision comme ça sans arrêt. Et ça, c'est bien... Il peut y avoir aussi le côté « la télévision qui peut vous empêcher d'avoir l'esprit créatif ». Mais, dans Récréa 2, on a une émission qui s'appelle Latulu et Lireli, qui est un concours à partir de livres. On a remarqué que les enfants lisaient de plus en plus, un peu grâce à ça peut-être. Et ils gagnent des livres, donc, ils les lisent, et ils réapprennent à lire. Il y a aussi Sido et Rémi, sur la musique classique, qui n'est vraiment pas ennuyeux et très éducatif, et aussi quelque chose sur l'actualité théâtrale pour les enfants. On a fait un jour un concours sur la poésie. La poésie en 1984... je me suis dit, on va se faire avoir. Mais on a reçu un nombre de lettres incroyable. J'étais contente parce que je me suis dit : ils n'ont pas oublié ça. Le côté rêve, imagination. C'était mon angoisse numéro un... Nous nous sommes toujours dit que nous ne sommes pas là pour remplacer les éducateurs. Nous sommes là pour distraire les gamins, parce que ce n'est pas l'école. Mais quand on peut leur apprendre des petites choses qui peuvent ouvrir sur quelque chose, là on est content. Et les éducateurs s'emparent quelquefois de ce qu'on fait. J'ai reçu des dossiers énormes faits en classe. Récréa 2 fait maintenant partie du programme éducatif »
Une question se pose quand on voit apparaître Dorothée à la télévision jusqu'à quand fera-t-elle ce qu'elle fait ? On a pu la voir dans un film « Pile ou face », de Robert Enrico, avec Michel Serrault et Philippe Noiret. Le cinéma l'intéresse, mais il n'est pas question pour elle de songer à une reconversion. Ce qui la passionne, c'est la télévision, et elle souhaite faire durer ce plaisir le plus longtemps possible. Cela dit, elle ne veut pas non plus devenir une Mamie Goya ».
« Je sais qu'il y a un moment où on sait que l'on doit s'arrêter, ou ne pas s'arrêter. J'essaie de ne jamais refaire les mêmes choses. Chaque fois, j'essaie de monter un peu plus. Quand je m'apercevrai que je ne suis plus sincère, j'arrêterai net. Mais si ça continue, s'il n'y a pas de problème de sincérité, de crédibilité, quitte à m'arrêter un moment, après avoir été la copine, je veux bien devenir la grand-mère des enfants. Mais je suis un peu comme l'autruche. Je subis l'événement. Je ne le provoque pas. »


Propos recueillis par Gérard RAFFORT


SOS garderie

Le Figaro – 27 mars 1985

Dorothée, douze ans de télévision, mais, dit-elle, « j'ai plutôt le genre sale gamine... »
Dorothée s'installe sur l'écran matinal pour distiller aux tout-petits ses bonnes paroles et ses chansons.


Nouvelles tentatives de la part d'A 2 pour alimenter la télévision du matin boudée par les téléspectateurs après les informations du petit déjeuner, le feuilleton « au kilomètre », voici A 2 penchée sur le berceau des tout-petits pour un Récré A 2 Matin, chaque mercredi de dix heures à midi. C'est toujours Dorothée, la grande prêtresse du premier âge qui distillera ses bonnes paroles, chansons, dessins animés et films de Buster Keaton. Les décors seront sous le signe de la rigueur.

« Il n'y aura pas, comme pour le mercredi après-midi qui continue toujours, des décors et des costumes. Ce sera beaucoup plus intimiste car je parlerai aux enfants, répondrai à leurs questions, à leur courrier, selon l'humeur du jour. »


L'après-midi s'en trouvera légèrement transformée avec, en début d'après-midi, un film tous publics (aujourd'hui La Guerre des mondes de Byron Haskin) suivi d'un Récré A 2 raccourci. Dorothée évoque elle-même l'aspect « garderie » de cette matinée enfantine :

« Les parents pourront laisser les enfants devant le petit écran entre les dessins animés et les films muets. Par ailleurs, les enfants qui ont des occupations l'après-midi (cours de musique ou groupe sportif) pourront regarder leurs dessins animés le matin. »
Peu de moyens financiers, le choix de l'enregistrement de préférence au direct qui coûte plus cher et la reprise d'une même animatrice, voilà une preuve nouvelle de l'imagination débordante de la télévision matinale vue par la lorgnette d'A 2 qui rêve d'un petit écran à l'américaine sans oser s'en donner les moyens.

C.F.


Dorothée : « Vive la récré du matin »

Le Parisien – 27 mars 1985

A Antenne 2, tout le monde s'en va, paraît-il. Dorothée, elle, reste. Plus que jamais. A partir de ce matin, elle va présenter tous les mercredis, de 10 heures à 12 heures, une nouvelle émission qui constitue pour la jeunesse, la première tentative de programmes ininterrompus de 7 heures à minuit. Une formule beaucoup intimiste que le « Récré A2 » de l'après-midi puisque Dorothée, seule face aux caméras, entre les dessins animés et les chansons, répondra en priorité aux jeunes téléspectateurs qui, à raison de cinq cents lettres par jour, lui témoignent de leur affection. « On me pose souvent les mêmes questions, les enfants me parlent de leur vie quotidienne, de leurs animaux en me demandant des nouvelles de mon chien Roxan, c'est pourquoi ce matin, je vais le présenter à l'écran. Il sera mon premier invité et en même temps je demanderai aux téléspectateurs de me proposer une liste des invités qu'ils souhaitent me voir recevoir. Passionnée de B.D., Dorothée en profitera pour réaliser chaque mercredi, la critique de sa bande dessinée préférée de la semaine en ajoutant des commentaires selon son feeling. « Dans toutes les séquences, je souhaite avant tout exprimer ce que je ressens sur l'instant. Mes habitudes de présentatrice vont être bien utiles ainsi que les trucs nécessaires lorsqu'on se retrouve seule face à l'écran. D'abord, je ne serai pas seule, j'aurai tous les enfants devant moi. »

Jacques PESSIS


La guerre des boutons

Sud-Ouest – 27 mars 1985

Dorothée chaque mercredi entre 10 et 12 sur A 2 : la concurrence est sévère, entre les chaînes, dans le domaine des émissions enfantines


Être privé de télévision vient en seconde position (après les coups tout de même !) parmi les punitions les plus cruelles > infligées par les parents. C'est dire l'importance du petit écran dans la vie des enfants, qui les occupe en moyenne deux heures à deux heures et demie quotidiennement et trois à quatre heures les jours de congé (1). Pour séduire cette jeune classe, les trois chaînes nationales rivalisent d'imagination. Dernière trouvaille : ouvrir l'antenne le matin. FR 3 a pris les devants le 27 janvier en proposant le dimanche, de 9 heures à 10 heures, « Debout les enfants (une aubaine pour les parents qui peuvent enfin faire la grasse matinée tranquilles !).
Aujourd'hui, Antenne 2 en fait autant : la célèbre Dorothée-vedette des émissions enfantines (elle vient d'entrer au musée Grévin !) officiera de 10 heures à 12 heures chaque mercredi matin (2).


LA LOI DE LA CONCURRENCE
C'est que la concurrence est vive avec la diffusion de nombre d'émissions dans la même tranche horaire. Ainsi, le mercredi après-midi, « Récré A 2 », longtemps numéro un (l'indice d'écoute oscille toujours entre 17 et 20 %), est désormais talonnée de près par Vitamine, de TF1 ; et même rejointe.
Pour faire face, FR 3 a fait appel à des valeurs sûres : Mickey, Zorro et Donald Duck. Le Disney Channel proposé chaque samedi soir, de 20 heures à 22 heures, fait un malheur (19% d’écoute ; « Champs-Elysées », à la même heure sur A 2, tourne autour de 20-22 %). Ce recours à la production américaine a d'ailleurs valu quelques sarcasmes à Serge Moati, directeur général de FR 3. Il est vrai qu'en d'autres temps il s'était fait l'ardent défenseur de la création originale et nationale contre l'invasion des produits étrangers... Mais chacun sait que le dessin animé, plébiscité - encore et toujours - par les jeunes téléspectateurs, est un succès garanti. La politique des chaînes est conditionnée par la concurrence, reconnaît Jacques Mousseau, responsable de l'unité jeunesse » à TF 1. Celle-ci nous conduit tous à privilégier davantage le côté distractif. De fait, les enfants ne doivent pas avoir le sentiment de se retrouver dans une salle de classe. Nous nous efforçons donc de les distraire le plus intelligemment possible, par des émissions vives, modernes et de bon goût. En ce sens, la concurrence est stimulante. Stimulante peut-être mais souvent excessive. C'est en tout cas l'avis formulé dans un rapport daté de 1982 et destiné à Mme Georgina Dufoix, qui prône au contraire une harmonisation des programmes entre les différentes sociétés, de manière à proposer à chaque tranche d'âge des émissions spécifiques, et relève que les tout-petits (dès l'âge de deux ans l'enfant est déjà un téléspectateur) sont souvent négligés.


LES COMPTINES DE MAMY NOVA
Certes, le jeune public est de- venu exigeant. Pas question de fourguer des séquences qui les font bâiller. D'ailleurs, parmi tous les programmes, les plus suivis sont sans conteste les spots publicitaires, si bien que, dans les maternelles, les nouvelles comptines ne s'inspirent plus que de maman Mousseline et mamy Nova. Courts, elliptiques, répétitifs, les spots retiennent l'attention, d'autant qu'ils sont généralement bien faits. A prix d'or... Et c'est là que le bât blesse. Car une émission de qualité pour enfants exige, outre du talent, plus de temps et de moyens (en particulier pour les décors) qu'une émission pour adultes. Longtemps, on a déploré la pénurie d'argent pour expliquer la misère de la production française. Celle-ci serait pourtant majoritaire à l’antenne : Nous avons réussi à renverser la vapeur », assure Jacqueline Joubert, responsable du service jeunesse à Antenne 2, qui annonce 60 % d'émissions françaises contre 40% d'étrangères. Idem à TF 1 où le rapport serait de 70 %-30% (la chaîne consacre 10 millions de francs à l'achat de séries hors Hexagone). Cas spécial : FR 3, où le budget création est quasiment réduit à zéro en raison de la décentralisation (les régions proposent douze programmes aux enfants le mercredi après-midi) et de l'option « dessins animés prise par Serge Moati (7,2 millions investis dans cette direction). Au grand regret d'Hélène Fatou qui, pendant dix ans, a produit de nombreuses émissions de qualité et qui, faute de mieux, rediffuse actuellement ses stocks, dont « Il était une fois l'homme » à partir d'avril.


AMÉRICAINS ET JAPONAIS
« Aujourd'hui, constate Jacques Mousseau, nous avons les moyens de faire des émissions de qualité destinées aux jeunes Français ; la pénurie concerne plutôt la production lourde, exportable, les feuilletons, par exemple, mettant des jeunes en scène. Là, nous avons effectivement du retard par rapport aux Anglais ou aux Allemands. »
De fait, on élimine ce qui coûte cher : la fiction et le dessin animé. Sur 350 heures annuelles environ de dessins animés diffusés sur les trois chaînes, 5% seulement sont d'origine française (rapport pré- cité). D'où la course aux meilleures séries étrangères, les Américains et les Japonais étant à cet égard les plus gros fournisseurs (3). Antenne 2, cependant (qui estime son budget jeunesse à 7 ou 8 % du budget programmes, moyens techniques compris), a sur ce chapitre une avance sur ses deux concurrents, qui s'est lancée avec l'aide du ministère de la culture dans la production de grandes séries de dessins animés, « Clémentine» (diffusion en octobre) et les Mondes engloutis » (diffusion en septembre) – dont de nombreux pays étrangers se sont portés acquéreurs (dix-sept pays sont preneurs des « Mondes engloutis »).
Informer, éduquer sans être ennuyeux est, certes, le défi que tentent de relever, avec plus ou moins de bonheur, les trois chaînes, chacune revendiquant une image de marque: exigeante », dit-on chez Hélène Fatou; populaire de qualité », assure-t-on du côté de TF 1; « de qualité avec en plus un petit côté show », estime-t-on à Antenne 2.
La télé apprend-elle pour autant quelque chose? Jean Piveteau, auteur de « l'Extase de la télévision (INSEP Editions), est des plus sceptiques : Elle donne une teinture de tout. Elle fonctionne sur l'émotion. Elle n'apprend rien au sens où l'on entend par apprendre, maîtriser les faits. En plus, elle accentue les différences sociales.


« LA FAUTE DES PARENTS »
Tous les responsables d'émissions, en tout cas, font front lorsqu'on évoque les critiques les plus fréquentes adressées au petit écran comme l'encouragement à la passivité : et Jacques Mousseau de citer les 25 000 lettres reçues après « Croque-vacances » (trois semaines seulement de diffusion) pour demander des fiches de bricolage. Et Jacqueline Joubert de signaler le souci pédagogique des émissions Latulu et lireli consacrées aux livres ou Sido et Rémi à la musique, les 40 000 poèmes suscités par le concours de poésie, ou encore les vingt projets de dessins animés parvenus à Antenne 2 dans le cadre du concours Anima'A 2 dont treize ont été retenus, montés et diffusés (parmi lesquels un projet d'enfants du village d'Asasp, dans le Sud-Ouest, sur Henri IV) (4). Une opération qui sera renouvelée en septembre.
Quant à la télévisionite aiguë dont serait victime ce jeune public (1 000 heures par an pour le petit écran contre 800 à l'école dans le secondaire), Hélène Fatou refuse d'endosser cette responsabilité. « Si les enfants regardent trop la télévision, c'est la faute des parents. Mon rôle est de proposer les meilleures émissions possibles. A chacun son boulot. » Et quand on sait, en plus, que seuls 2,2% des parents jettent un coup d'œil sur les émissions destinées à leur progéniture, évidemment...


MICHELE DURCY


(1) Contrairement à l'idée répandue, ce sont les enfants de mère au foyer (et non de mère au travail) qui sont les plus assidus.
(2) Déjà le dessin animé programmé dans Télématin serait très apprécié des familles. Il aurait la vertu de faire sortir les enfants plus rapidement de leur lit afin de ne pas le manquer.
(3) A titre d'exemple, sur les 198 heures de dessins animés prévus sur Antenne 2 en 1985, 143 viennent de l'étranger, dont 60 du Japon, 51 des Etats-Unis et 32 des autres pays.
(4) Notre édition du jeudi 21 mars.


Dorothée : "Oui, j'ai très peur"

France-Soir - 27 mars 1985

Grande première sur Antenne 2 mercredi. La chaîne qui songe à diffuser des programmes non stop a pensé aux enfants, et c'est bien naturel puisque c'est leur jour. Qui dit enfants sur la 2 dit , évidemment, l'étonnante Dorothée, leur complice de divertissement.

A la veille de "Récré A2 matin", Dorothée était plutôt traqueuse :

"Comme à chaque fois que l'on se renouvelle. J'ai peur. Mais quel plaisir d'essayer de donner autre chose aux enfants!"

Dorothée ne parle pas toujours des enfants quand elle désigne son auditoire. Elle s"adresse avant tout aux téléspectateurs : 

"Les parents et les grands-parents s'intéressent aussi à ce que nous faisons et ils veulent savoir de quoi relève le spectacle que nous offrons à leur progéniture"

Différent du "Récré A2" traditionnel et de l'émission quotidienne, le "Spécial matin" (de 10hr à 12hr tous les mercredis) sera, selon Dorothée plus intimiste.

"Je vais servir de relais entre la télévision et les téléspectateurs. ainsi vais-je m'efforcer de répondre concrètement aux demandes que l'on m'adresse par courrier. Si les enfants veulent un invité précis. Je tâcherai de le leur apporter sur le plateau"

Pour la toute première fois, c'est le gentil yorkshire de Dorothée qui remplira les fonctions d'invité d'honneur.

"Les enfants me parlent beaucoup de leurs animaux et ils s'intéressent aussi à Roxan. Celui ci est venu participer, mais il n'a pas vraiment apprécié. Il a eu un peu chaud!"

Au lieu de grandes parties de bonne humeur, des sketchs avec Jacky, Ariane, Cabu et les autres, c'est d'abord un dialogue que Dorothée établira avec ses petits amis.

"je n'ai pas beaucoup de temps entre les dessins animés, juste un plateau de quelques minutes ou il devra se passer un maximum de choses."

Plus question de se chamailler avec Jacky ou de discuter la longueur de son nez avec le gentil dessinateur Cabu.

"C'est drôle, tous les enfants m'écrivent en me disant : "Cabu exagère".

Eux ils m'envoient des dessins de moi ou mon nez en trompette est encore bien plus en l'air!"

Toutes ces considérations à propos de son physique font bien rire Dorothée qui avant d'être une petite star, pense à s'amuser "comme un enfant". C'est après tout son physique original qui doit séduire les petits :

"Je ne suis ni leur soeur, ,ni leur petite maman, mais une copine qui entre et ressort du poste"

Comme eux, elle écoute tout, va voir beaucoup de films et fait travailler son imagination. Elle dépasse aussi le cadre du petit écran, puisqu'elle est la voix off d'un film produit par George Lucas : "L'aventure des Ewoks"

"Nous avons proposé une chanson à Lucas. Il a dit oui."

Le disque marche très bien. Quand ça lui chante, Dorothée a beaucoup d'audace...

Catherine DELMAS


Dorothée marraine 1985 de la foire du Trône

Le Parisien – 30 mars 1985

Inauguration cet après-midi à 16 heures de la foire du Trône en présence de Jack Lang, ministre de la Culture, de Paul Pernin, député-maire du XIIe arrondissement et de Dorothée, marraine 1985 de la foire. Pour son 1 028° anniversaire, cette dernière, qui se déroule maintenant sur la pelouse de Reuilly, au Bois de Boulogne, est placée sous le signe de l'électronique et présente de nombreuses attractions nouvelles, jusqu'au 27 mai prochain. D'autre part, samedi et dimanche ainsi que les 20 et 21 avril, seront avec la Société protectrice des animaux des journées d'adoption pour des centaines de chats et chiens, en attente d'une nouvelle famille.


Un trône qui fait tourner la tête

Le Parisien – 1er avril 1985

Il y avait foule, samedi après-midi, à la Foire du Trône lors de son inauguration par Paul Pernin, le député-maire du XIIe arrondissement, et la chanteuse Dorothée, marraine 1985 de la Foire. Un événement qui a donné lieu à une balade de deux heures parmi les différents stands et attractions de cette grande fête populaire. Était aussi bien entendu présentée, « Esméralda », la reine des forains de France, en la personne de Valérie Bouvier qui arborait un brillant diadème dans ses cheveux. Elle était entourée de Catherine, la mascotte de tous les forains de France, et de Véronique, la reine de la Fête des Loges. Mur de la mort, double looping, grande roue, mais aussi lutteurs, manèges et, stands de tir : il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges. Au total, huit kilomètres d'attractions pour que « la fête ait droit de cité dans notre capitale », ainsi que l'a rappelé M. Pernin à l'occasion de cette inauguration.
Mais toutes ces étonnantes attractions sont le fruit d'un travail acharné de la part de forains qui ne cessent de renouveler et de perfectionner les attractions qu'ils présentent en utilisant les moyens techniques les plus modernes. Ainsi, la Foire du Trône 1985, placée sous le signe de la jeunesse, est aussi la fête de l'électronique et de nombreuses nouveautés y attendent les visiteurs. Rappelons également la présence de la Société protectrice des animaux qui vous propose d'adopter chats et chiens en quête d'un nouveau foyer. Un stand qui a reçu ce week-end de nombreux visiteurs. Cette opération sera renouvelée les samedi et dimanche 20 et 21 avril entre 14 heures à 17 h 30. Vous pourrez aussi obtenir des renseignements et des conseils pratiques concernant les animaux familiers que vous avez déjà. L'an dernier, la Foire du Trône a reçu plus de cinq millions de visiteurs, un chiffre qui, grâce aux efforts de chacun, forains et organisateurs, pourrait bien être battu cette année.


P. B.


Jacqueline Joubert : « Tous les enfants sont mes enfants »

Télé 7 jours – 30 mars 1985

Celle qui fut l'une des premières speakerines de la télévision ne manque jamais une occasion d'aller chercher sa petite-fille, Emma, à la sortie de l'école pour lui offrir des pâtisseries et des livres. A tous les autres, devenue la bonne fée de « Récré A 2 », elle donne de merveilleuses émissions.

Il est quatre heures et demie de l'après-midi et Jacqueline Joubert est venue chercher Emma, sa petite-fille, à la sortie de l'école. Elle est très fière Emma qui a huit ans. Ah ! si ses camarades savaient qu'ils ont devant eux le maître d'œuvre de « Récré A 2 », l'émission préférée - les sondages d'audience le prouvent - de nos chers bambins, qui vient de leur offrir le plus beau des cadeaux : une télé du matin rien que pour eux, chaque mercredi.

« Pour s'adresser aux enfants, dit Jacqueline, il ne faut surtout pas adopter un
langage spécial et se mettre à bêtifier. La seule différence avec leurs aînés, c'est qu'ils n'ont pas de références. A nous de leur en donner ». Et de se souvenir de son expérience de mère de famille : « Je n'avais qu'un fils, Antoine - il a maintenant trente et un ans et vient de quitter Canal Plus, mais comme il avait toute une bande de copains, la maison était toujours pleine d'enfants et le réfrigérateur bourré de jus de fruits. Désormais, j'ai Emma. J'adore les enfants, ils sont directs, spontanés, curieux de tout, ils foncent sans se soucier des barrières. Tous les enfants sont mes enfants. Avec eux, je n'ai jamais été déçue. »


Anniversaires et fêtes
Jacqueline adore les enfants, ça se voit, ça se comprend quand on rencontre, et c'est sans doute le secret du succès de « Récré A 2 » : « Depuis 1977, je me suis avant tout efforcée d'informer, distraire et cultiver. Avec mon équipe de « Récré A 2 », nous ne sommes pas là pour donner des leçons aux petits - notre public, ce sont les enfants jusqu'à douze ans -, mais pour leur présenter des spectacles, tout en leur livrant de petites informations sur la musique, la peinture, le cinéma et les livres. La lecture, c'est une chose à laquelle je tiens beaucoup. A huit ans, ma petite-fille Emma lit « Le Vieil Homme et la Mer », d'Hemingway. Dans ma famille, il n'y a jamais eu d'interdit. A Neuilly, aux portes de Paris où j'habite depuis trente et un ans, il y a un des meilleurs libraires de France, M. Pain. Il connaît tout, s'intéresse à tout. Quand Antoine était petit, je lui avais ouvert un compte chez lui. Il pouvait choisir ce qu'il voulait, étant entendu que les livres chers étaient réservés aux anniversaires ou aux fêtes. »
Les enfants, Jacqueline leur consacre vraiment sa vie et ne cesse de dénicher ce qui pourra leur plaire. Elle passe ses journées à visionner des séries, des dessins animés et recevoir des réalisateurs. Un jour, le dessinateur Topor vient lui présenter un épisode de « Téléchat ». Séduite par Groucha, Lola et leurs complices, elle décide qu'A 2 coproduira la série. Elle avait du flair puisque « Téléchat » a reçu, cette année, la médaille d'argent au Festival de New York et a été nominée – ce qui est rare pour une production francophone – aux Emmy Awards.
Et puis comment parler de « Récré A 2 » sans parler de Dorothée, la grande amie des enfants, qui a déjà vendu plus de huit millions de disques. Dorothée est encore une découverte de Jacqueline Joubert : « Je l'ai vue pour la première fois il y a douze ans, en 1973. Elle s'appelait Frédérique et elle était venue faire un essai chez Christophe Izard alors qu'elle préparait une licence d'anglais. Je suis tombée en extase. Ses cheveux formaient un casque noir, elle avait dix kilos de plus et, surtout, une qualité : elle ne savait rien faire au départ, mais elle parlait juste. C'est à ce moment-là que je l'ai baptisée Dorothée. Puis je l'ai perdue de vue jusqu'au jour où, en 1975, une jeune femme ravissante et méconnaissable entre dans mon bureau. C'était ma Dorothée qui, après avoir repris son vrai nom et s'être trompée de voie, me revenait sous les traits d'une cover-girl, ultra maquillée et des cheveux courts. Je lui ai dit : « Tu vas commencer par aller te débarbouiller, puis tu vas apprendre à chanter et à travailler et tu reviendras me voir ». Ce qu'elle a fait en 1978. Dorothée a une façon particulière de s'adresser aux enfants, elle sait les faire rêver et si bien se déguiser. Je considère Dorothée comme ma fille puisque je n'ai qu'un fils. Elle est la grande amie d'Emma. La télévision est une grande famille », ajoute celle qui en fut la première speakerine.
Il y a trente-cinq ans, le 3 mai 1949, cette fine et blonde comédienne de vingt-huit ans aux yeux verts fut choisie parmi 199 candidates pour avoir su présenter sans trébucher les noms des artistes composant la distribution d'une émission imaginaire : il y avait Ludmila Tcherina, Borah Minevitch, Pierre Tchernia, Rimsky Korsakov, Tchaikovski, Moussorgsky. Mais elle ne se contenta bientôt plus de présenter les émissions des autres. Et proposa ses propres rendez-vous. C'est au cours de l'un d'eux qu'elle rencontre Georges de Caunes qu'elle épouse en 1953 ; depuis, elle a divorcé.
« Devenue productrice, c'est la première fois où j'ai eu vraiment peur. Pour moi, c'était un changement radical de statut. Je passais du rôle de saltimbanque à celui de géomètre. Moi qui avais toujours couru après un sou pour en faire vingt, pour boucler mes émissions, il allait falloir que je trouve dix-neuf sous pour les autres. Je ne regrette jamais rien même si, petite, je voulais devenir danseuse et entrer à l'Opéra. »


Tapisserie et tricot
Jacqueline Joubert est toujours aussi rayonnante, aussi souriante que quand elle présentait « La Joie de vivre ». Emma, sa petite- fille, l'appelle « Grand-mère Chic ». « Elle m'a dit l'autre jour qu'elle était très contente parce qu'elle avait le même petit nez que moi. Nous nous entendons très bien. Dans ma maison de Neuilly, où j'habite avec ma mère qui a maintenant quatre-vingt-quinze ans, j'ai réaménagé la chambre d'Antoine pour Emma. Emma vient quand elle le désire. C'est une petite fille merveilleuse. Elle lit, elle dessine, je lui ai appris à faire de la tapisserie, à tricoter, tout l'enchante. Elle est heureuse parce que je l'ai inscrite au Racing où je joue au tennis dès que je le peux. Elle apprécie beaucoup mes poulets grillés et, comme son père, Antoine, mon « crabe express » du crabe avec une sauce mi-mayonnaise, mi-ketchup, servie dans un verre à pied. Antoine, petit, ne dînait pas avec nous et n'avait donc pas droit au verre à pied. Maintenant, je me rattrape... »

Isabelle CAUCHOIS
Photo Michel Croizard


"Le gâteau préféré d'Emma, c'est le Mont Blanc", dit Jacqueline Joubert, photographiée (à gauche) avec son fils, Antoine de Caunes, en 1960. Il avait six ans...


LE RETOUR D'ALBATOR
Parmi les nouvelles séries proposées par les enfants d’« Albator » et une nouvelle série de gags de Buster Keaton. Mais ce n'est qu'à partir de septembre que seront diffusées les grandes séries coproduites par A2 - que Jacqueline Joubert a mises sur pied : « M. Démo » ou l'initiation à l'instruction civique sur le Shadoks, Jacques Rouxel ; « Les Voyages mode humoristique, réalisé par le père des de l'Albatros », une série sur l'histoire des grands voiliers ; « Les Mondes engloutis », une série française de dessins animés racontant l'histoire d'un peuple enfoui sous la mer et menacé par un catacylsme. Pour septembre encore, une série de dix émissions « L'École en bateau » ou le journal de bord de deux jeunes professeurs et de leur douzaine d'élèves embarqués par un tour de Méditerranée. Réalisation signée Georges de Caunes...