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Dorothée et Emmanuelle à Hollywood : "Nous préparons la rentrée"

Télé 7 Jours – 1er Août 1987

A Los Angeles, où elle cherchait de nouveaux dessins animés et de nouvelles séries pour ses émissions de TF1, la fée des enfants a pris le temps de rendre visite à notre correspondante Isabelle Caron.

Celle qui est au sommet du Top 50 avec sa chanson « Rien que toi pour m'endormir » l'accompagnait.


Le long de la plage de Venice, Dorothée poursuit Emmanuelle dans l'eau froide du Pacifique. On dirait deux étudiantes en vacances. Pourtant, celles-ci sont plutôt studieuses. Un quart d'heure auparavant, Dorothée se trouvait dans le bureau de Lou Scheimer, le directeur de Filmation Studio, une des plus grandes usines à dessins animés du monde, où ont été réalisés « Les Maîtres de l'univers », « T'as le bonjour d'Albert » et bien d'autres séries à succès. « || m'a proposé de créer un dessin animé dont je serais l'héroïne et qui s'appellerait tout simplement « Dorothée ». Une bonne idée, non ? »
En quittant Antenne 2 pour TF1, Dorothée est devenue, en effet, non seulement la productrice de plusieurs centaines d'heures d'émissions, mais aussi conseillère pour la jeunesse auprès de la direction de la chaîne. « Sans oublier les créations françaises, nous
avons besoin d'acheter de nombreux dessins animés, des feuilletons, et pour traiter ces affaires-là, le téléphone c'est bien mais, rencontrer les gens, c'est mieux. J'arrive de New York et me voici à Los Angeles. C'est très instructif. Lou Scheimer nous a fait visiter ses ateliers, de même que Joe Barbera, qui dirige les célèbres studios Hanna Barbera, et qui nous a présenté de nouveaux épisodes des « Schtroumpfs ».
Emmanuelle sourit. Elle arrive de la Guadeloupe, où elle est allée chanter « Rien que toi pour m'endormir », pour l'émission de FR3, « Les Discos d'Or ». « Jean- Luc Azoulay, ajoute-t-elle, qui est le producteur de Dorothée, mais aussi le mien, m'a offert ces quelques jours de détente à Los Angeles. Comme Dorothée, je prépare la rentrée et elle sera chaude... Après quelques galas à travers la France, j'enregistre un nouveau disque dont je ne connais pas encore le titre, mais qui sortira en septembre. »

A ce moment-là, Dorothée aura commencé son marathon sur TF1 : « Je démarre le 2 septembre mes six cents heures d'émissions annuelles. Le mercredi, je serai en direct trois heures le matin et deux heures et demie l'après-midi, en compagnie de Jacky, qui aura également une demi-heure en solo, « Jacky Show ». Ce n'est pas tout. Je produis une émission d'une heure le samedi dans laquelle, en principe, je n'apparaîtrai pas, et de deux heures le dimanche matin, plutôt consacrées à la famille. Ma plus grande surprise : « Les Aventures de Dorothée », un feuilleton qui sera tourné à Paris et en province, et dont je serai bien sûr l'héroïne. Ça pourrait bien ressembler à « Starsky et Hutch » ou «Wonder Woman », mais sans trucages, cascades ou gadgets. C'est trop cher pour l'instant. Mes partenaires seront les autres présentateurs de mes émissions, mais aussi des comédiens, des chanteurs... Il faut que ça bouge! »
En faisant son marché aux États-Unis, Dorothée souhaitait acheter des séries dans la veine de « Supercopter » et de « Super Jaimie », mais le super ne court pas les studios et elle attend d'en visionner de nouvelles pour choisir. Dorothée déguste un super hot dog tandis qu'Emmanuelle s'attaque à un hamburger plus modeste. Sage, Emmanuelle, qui raille un peu son producteur : « Il vient d'acheter une montre qui prend le pouls et une mini télé portative avec un écran de cinq centimètres. Il nous oblige à l'attendre des heures dans les magasins alors qu'on a plutôt envie de se choisir des robes ! ».


Eternel dilemme féminin que Dorothée a vite résolu en courant de boutique en boutique pour acheter plusieurs paires de bottes de cow-boy et des jeans: « C'est moins cher ici. En prêt-à-porter, les vêtements américains sont, en général, mieux finis, mais il faut que je me raisonne. De toutes façons, dans mes émissions, j'adore me déguiser et changer souvent de tenues. »
Des vaguelettes roulent à nos pieds. Emmanuelle fredonne « Rien que toi pour m'endormir »,  tandis que Dorothée enchaîne avec « Maman » et m'apprend qu'à Paris, au Zénith, puis en tournée en France, des milliers d'enfants ont repris cette chanson en choeur avec elle : « Je suis allée pendant six mois à leur rencontre et je leur ai demandé de me dire ce qu'ils attendaient des émissions de télévision. Ils m'ont aussi beaucoup écrit et ce sont eux qui me guident dans mes choix. Je veux donner encore plus à ceux qui n'ont que la télévision comme distraction. Tous les enfants ne peuvent pas faire du judo, apprendre la danse, le piano. Le mercredi, le samedi et le dimanche, il leur reste la télévision. Leurs parents n'ont pas les moyens et nous sommes là pour les distraire sans bêtifier... ».
Les enfants, Dorothée en parle avec tendresse et amour comme si elle-même était maman : « Mais je le suis de tous ceux qui me regardent et à qui je dédie mes vacances... ».

Isabelle CARON
Photos Michel Croizard


Dorothée monte en grade sur TF1

Le soir Marseille – 10 août 1987

Renvoyée comme une mauvaise élève... après quatorze ans de travail brillant sur Antenne 2. Dorothée ne comprend pas pourquoi sa « maman » de télévision, Jacqueline Joubert, a interrompu son émission « Récré A2 ». D'autres animateurs et journalistes d'Antenne 2 ont déjà annoncé leur départ vers d'autres chaînes, mais ils n'ont pas été renvoyés pour autant sur le champ. Injustice envers Dorothée, mais elle n'est pas du genre à se lamenter sur son sort qui est, par ailleurs, fort enviable. En effet, TF1 a engagé Dorothée pour une triple mission conseillère pour la jeunesse auprès de la direction de la chaîne, animatrice de 600 heures de programmes par an et productrice. Alors Dorothée, contente ?
« Oui, très contente, avec un seul regret : ne pas avoir pu dire au revoir à mes amis de « Récré A2 ». Mais je les retrouverai sur TF1. Vous savez, pour les enfants, je change de numéro et cela n'a pas grande importance pour eux ».


- Pourquoi avez-vous quitté Antenne 2 qui a fait votre succès ?
- Je travaillais dans de très mauvaises conditions. Je ne suis pas partie en claquant la porte, j'ai discuté avec la chaîne en demandant plus de moyens, mais on ne m'a rien offert de plus.


- Sur TF1, vous allez aussi doubler votre salaire ?
- Je pourrais inviter mes amis au restaurant, ce qui n'était pas le cas auparavant, mais je suis surtout ravie d'avoir plus d'argent pour bien faire mes émissions. Mon but n'a jamais été de me faire de l'argent.


Déjà, Dorothée prépare la rentrée et n'a pas le temps de souffler, après sa tournée triomphale en province où elle a chanté devant 250.000 spectateurs. Réussite complète pour celle qui est devenue la star n°1 des enfants et a vendu pas moins de 9 millions de disques.

« La scène est vraiment ma récompense. Je vois enfin les enfants auxquels je m'adresse sur le petit écran, et ils me répondent. Cette année, je leur ai proposé un vrai concert rock et j'ai pensé à ceux qui les accompagnent. Je ferai de même dès la rentrée pour élargir mon public aux adolescents le mercredi après-midi et à la famille le dimanche matin. Je vais partir aux Etats-Unis acheter des dessins animés (réalisés pour la plupart au Japon) et commencer le tournage d'une série avec mon complice Jacky. Pour moi, c'était important de reformer un duo avec lui, déjà très au point sur scène ».
Dorothée proposera aussi, trois fois par an, de super shows à 20 h. 30 sur T.F.1 dans le style du « Show de Noël » présenté en 83 et qui avait battu des records d'audience. De grands shows familiaux avec des vedettes de la scène et de l'écran. Le premier en septembre. Pas de répit pour Dorothée qui travaille tout le temps. Les vacances ? Cela l'ennuie. Fonder une famille. Pas prête : « J'ai 34 ans mais je ne me sens pas prête pour fonder une famille. J'ai plein d'enfants et je n'en vois que le bon côté »


Christine HIQUET


Dorothée rêve de donner ma réplique à une girafe

France Soir – 17 août 1987

DOROTHÉE vient tout juste de rentrer de Venice (Californie) et s'apprête à investir son « loft » des Buttes-Chaumont. TF1 a vu grand pour la rentrée de l'animatrice le 2 septembre : bureau, salle de rédaction, salon et même cuisine !
« J'ouvrirai la matinée avec un nouveau partenaire, le docteur Klein. Nous avons de grands projets communs : un éléphant et une girafe. Le plafond des Buttes est assez haut... »
Changement de décor l'après-midi. Le « Club Dorothée » accueillera une centaine d'enfants en direct au studio 7. Une rue féérique et une scène de spectacle seront l'univers de ce rendez-vous hebdomadaire où Dorothée, tout en racontant ses propres aventures (une fiction originale) a l'intention de parler sport, poésie, musique.
« Il y aura aussi une séquence pour sensibiliser les enfants aux problèmes des enfants déshérités ou handicapés : "On pense à toi" ».
Dorothée pense aussi à ses dimanches : « Ils vont être à la fois humoristique et familial avec des cartoons et des sketches. » L'animatrice reprendra en la développant une idée de « Ça cartoon » (Canal+) : « Je m'intègre à des dessins animés de la grande époque, grâce à des trucages vidéo. » Donner la réplique à Bugs Bunny, Tom et Jerry, ou Sylvestre le chat ne lui fait pas peur !

Dorothée s'offre encore le luxe d'une grasse matinée... mais retrouve dès cette semaine les plateaux de télé.

Photo FRANCE-SOIR
(Lucien Jaquinot)


Dorothée : "Tout marche comme sur des roulettes"

Le Parisien - 18 août 1987

Mme la conseillère prépare un disque un feuilleton et ses huit heures d'antenne sur TF 1

En Californie, elle vient d'aller recruter elle-même les futures stars du petit écran. Personnages animés que son nouveau statut de productrice et de conseillère à la présidence l'autorise à choisir. Hier, heureuse sur A 2, Dorothée semble radieuse sur TF 1 malgré des responsabilités et un planning d’autant plus difficile qu'elle ne renonce à rien de ce qui a fait sa gloire.
« CLUB Dorothée », « Dorothée matin », « Dorothée dimanche >... Au total, huit heures par semaine et un contrat de trois ans... De toute évidence, malgré son changement de chaîne, la nouvelle responsable des émissions pour la jeunesse de TF 1 n'a pas encore l'overdose du petit écran. « Vous plaisantez, s'indigne presque Dorothée, je fais un métier que j'adore, je n'y subis aucune contrainte et j'y évolue avec mes amis... que demander de plus ? Rien, sauf peut-être de changer de temps en temps de cadre et de responsabilités pour éviter la routine. C'est ce que je viens de faire. Tout marche vraiment comme sur des roulettes. »
Écureuil mutin, souriant sautillant, l'idole la moins sophistiquée des enfants semble avoir trouvé des piles encore plus efficaces que celles de Tapie. Après cinq mois de tournée et huit jours en Californie strictement consacrés à la recherche de futurs programmes : « Pour l'instant, on utilise les stocks mais, après, je veux faire découvrir de nouveaux personnages. Elle semble plus tonique que jamais, cumulant la préparation de ses émissions avec le tournage d'un feuilleton qui leur servira de fil rouge et l'enregistrement d'un nouvel album : J'ai prévu quelques jours de vacances en juillet 1988 mais, d'ici là, il faut créer l'ambiance, prouver aux gens que, s'il y a des bureaux d'un côté de la cloison, c'est pour faire la fête de l'autre. Pas besoin pour cela de look ni de vedette. Carlos ou Renaud, peut-être, Beaucoup de simplicité, des enregistrements publics et souvent décentralisés, un esprit d'équipe, pour ne pas dire de famille, et je n'ai aucune raison d’angoisser ! »


Façon sixties
Et puis, bien sûr, il y aura des chansons, mais là, plus question de parler « jeunesse ». Dorothée refuse qu'on fasse catégories : « La chanson pour enfants, cela n'existe pas ! Les gamins, ils écoutent, ils aiment ou pas, c'est tout. A six ans, ils connaissent « Madonna » par cœur. Moi, je fais du rock accessible, un peu façon sixties. Il ne leur est pas plus réservé qu'à leurs parents. »
Et notre écureuil de poser énergiquement ses ballerines sur le bord d'une des tables de
travail de sa maison de production. Dorothée, c'est cela, la grâce et la détermination. Un bulldozer déguisé en mouette. C'est pour cela que l'Amérique lui fait de l'œil. Mais là, elle tiendra bon : « Je n'ai pas le rêve américain. J'aime la France et ma conquête de l'Ouest s'arrêtera en Bretagne. »


Alain MOREL


Son équipe : Jacky. Patrick Simpson Jones, François Corbier, Ariane Carletti...
Ses rendez-vous à partir du 2 septembre :
Le mercredi, de 9 heures à 11 h 30 : « Dorothée matin ». En direct : des dessins animés, des rubriques à animaux, jeux, nouvelles de la semaine, actualités.
Le mercredi, de 15 heures à 17 h 30 : en direct et en public ; « Club Dorothée ». Un invité vedette, une séquence de sports, des jeux et une super série « les Aventures de Dorothée ». Pour commencer : « Tant qu'on a un ami », cinq fois quinze minutes.
Le mercredi de 17 h 30 à 18 heures : pour les dix-seize ans : « le Jacky show ».
Le dimanche, de 9 heures à 11 heures : « Dorothée dimanche », une émission enregistrée avec, de 9 heures à 9 h 30 ; cinq dessins animés. De 9 h 30 à 10 h 30 : « Tarzan ». De 10 h 30 à 11 heures : « Pas de pitié pour les croissants », sketches et variétés.

Dorothée et Jacky à la conquête des parents

France-Soir magazine TV – 22 août 1987

Même Roxan, le yorkshire, aura sa place dans les nouveaux décors du mercredi. Le matin, une salle de rédaction familiale avec deux amis des débuts sur la première chaîne (1973) : le Dr Klein, vétérinaire, et Patrick Simspon Jones, qui tiendra la page sportive. L'après-midi, enregistré en public, nous réserve aussi la surprise d'un feuilleton que Dorothée a commencé à tourner le 20 août.


« N'en parlons plus. » La rupture, les coups bas, les déclarations à l'emporte-pièce, Dorothée préfère tout oublier. Brutalement interdite d'Antenne 2, en juin dernier pour avoir eu l'honnêteté d'évoquer un contrat avec TF1, elle balaie aujourd'hui sa rancœur d'un aimable éclat de rire. « Je regrette seulement de ne pas avoir pu faire mes adieux au public. C'était la moindre des courtoisies. »
Mais la disparition de cette petite fille bien élevée (qui fume en cachette, « mon seul secret ») n'aura pas gâché les vacances de ses admirateurs. Bien avant que la presse s'en fasse l'écho, radio-récréation répandait la nouvelle : Dorothée reviendrait. Plus longtemps, plus souvent. Qu'importait la chaîne, puisque les parents pourraient, cette fois, la regarder. En lieu et place des émissions religieuses, le dimanche matin.
Grande prêtresse des productions pour enfants (elle est conseillère auprès de la direction de TF1, « de façon à veiller à une certaine unité de ton »), reine du mercredi (cinq heures de direct hebdomadaire), Dorothée occupera aussi l'antenne des petits déjeuners dominicaux. Une série de sketches, Tarzan et des dessins animés inédits qu'elle vient d'aller choisir à Los Angeles. Une émission tout public. « On ne s'adresse pas qu'aux enfants », traduit Jacky, le compère de Dorothée.
Tout à la joie de retrouver « la seule femme qu'il aime d'amitié », piaffant d'aise, il oublierait presque de parler. Et c'est Dorothée qui est obligée de raconter ses projets, sa digression hors du monde des enfants. Une émission de variétés de trente minutes, à l'intention des adolescents, un peu comme ce « Platine 45 » qui fit de lui aussi un transfuge d'A2. Cette fois il l'a intitulé « Le Jacky Show ». « Jacky Show », « Dorothée Matin », « Club Dorothée », « Dorothée Dimanche » : une forme de culte de la personnalité ? Sûrement pas. Les responsables des programmes de TF1 se sont simplement aperçus que les enfants n'avaient jamais parlé de « Récré A2 » ou de « Vitamine ». A ce langage ils ont toujours préféré deux mots tout simples, universels, œcuméniques : Dorothée, Jacky.

Jacky a accompagné Dorothée pour sa tournée dans quarante-deux villes de France, et les enfants les ont persuadés de décentraliser leurs émissions.


Dorothée ne transformera pas les enfants en singes savants

France soir – 28 août 1987

Les grandes manœuvres de la rentrée ont commencé sur la Une. Réunie au grand complet, sur son nouveau plateau, l'équipe de Dorothée chahute entre deux prises de vues. Déchaînée, pour ne pas dire survoltée, « la bande à Do » (diminutif de Dorothée), composée de Jacky, Patrick Simpson Jones, François Corbier, Ariane Carletti, prépare d'arrache-pied les mercredis de nos petites têtes blondes. Mercredi 2 septembre, ce sera le grand jour. La première. De 9 heures à 11 h 30 et de 15 heures à 17 h 30, Dorothée et son staff investiront en force le petit écran. L'imagination aidant, les rubriques devraient se succéder à un train d'enfer. Le nouveau décor est un « loft » dans lequel tout ce petit monde évoluera de la cuisine au bureau de Dorothée, en passant par la salle de rédaction et le coin des invités.


Au doigt et à l'œil

Oublié, effacé, le départ mouvementé d'Antenne 2, aujourd'hui, il n'y en a définitivement qu'une... c'est Dorothée. Les enfants, évidemment, seront rois. Seuls juges, puisque tous les rendez-vous sont préparés à leur intention.
« On leur obéira au doigt et à l'œil. Seul le verdict importera. Nous tiendrons compte de toutes les lettres (plus de mille par jour) qu'ils nous enverront. Si un des rendez-vous ne plaisait pas, on pourra le supprimer rapidement. Aujourd'hui, les jeunes sont au courant de tout, des problèmes en Iran comme du SIDA. Il ne faut surtout pas les prendre pour plus naïfs qu'ils ne sont, ils ne nous le pardonneraient pas. Je ne veux pas en faire des petits singes savants. »
Les enfants sont la vraie préoccupation de Dorothée. Pour eux, elle a décidé de ne rien laisser au hasard, d'être perfectionniste. « Avec eux, on ne peut pas tricher. C'est un public extrêmement difficile à contenter. Ils nous jugent. S'ils aiment l'émission, ils seront fidèles, sinon... »
Bref Dorothée se surpasse. L'accueil triomphal qu'a reçu sa dernière tournée l'a définitivement convaincue : « Les enfants adorent être étonnés. Les voir s'émerveiller c'est fabuleux. A-t-on le droit de les décevoir après ça ? »
Que nos marmots se rassurent, leur mercredi après-midi est entre de bonnes mains, la grande copine veille à tout. Et pour preuve de toute l'affection qu'elle leur porte, elle les accueillera pour la première fois cette année sur le plateau de l'émission. « Le drame c'est de ne pas pouvoir tous les faire venir. Mais on essaiera de leur faire passer un bon moment. »


Du rythme

La nouvelle formule enchaînera plusieurs sketches. Le petit déjeuner ouvrira la matinée, puis se succéderont une séquence animaux avec le docteur Klein, un clip musée, le courrier, le défi, des jeux, les nouvelles, des dessins. « Les dessins animés viendront entrecouper les différentes séances. Il y aura Candy, qui nous a été réclamée à cor et à cri aussi bien par les petits que leurs mamans, Goldorak, Bioman... »
L'après-midi, la fête repartira de plus belle. Outre les aventures de Dorothée et un rendez-vous sportif, le Jacky Show sera le passage obligé des mercredis. Plus ébouriffés que jamais, avec sa gouaille d'éternel adolescent tombé du lit, Jacky annonce la couleur : « L'émission s'adressera aux 14/16 ans. Je veux faire quelque chose dans le style golf Drouot, néo sixties. Le décor sera complètement fou, une Cadillac rose 1959 sera accrochée au plafond. Jacques Rouveyrolis, qui s'était occupé de l'éclairage du spectacle de Dorothée au Zénith, fera les lumières. Il y aura trois podiums et du rythme. Je ferai des trucs complètement délirants. Je présenterai les invités pendu au plafond ou alors j'interviewerai David et Jonathan déguisé en rabbin. »


L'amitié pour faire rire

Bonjour l’ambiance ! Premiers invités du Jacky Show : Vanessa Paradis, Gold, un clip de Niagara... Tout fier de préciser qu'il est lui aussi producteur, Jacky (que l'on pourra aussi retrouver tous les samedis après-midi sur Sky Rock) explique qu'il se prêtera à un gag au cours
duquel il recevra un seau d'eau sur la tête. Les enfants devront écrire pour trouver, tous les mercredis, l'heure où il recevra « sa douche ». Nouveau venu, Patrick Simpson Jones, bronzage impeccable, sourire à la Sabatier, jouera le BCBG de la troupe. Il assurera le rendez-vous sportif « un grand sportif sera présent sur le plateau », les nouvelles « exclusivement les bonnes » et une séquence consacrée aux handicapés «je pense à toi ».
Entre deux éclats de rire, Dorothée parvient à placer un mot pour parler de « Pas de pitié pour les croissants », l'émission du dimanche matin qui, elle, prendra une connotation plus familiale. Les animateurs de la chaîne seront tour à tour invités. Sont attendus Yves Mourousi, Jean-Pierre Foucault, Christophe Dechavanne.
« Nous sommes une bonne équipe de copains, explique Dorothée, pour le mot de la fin. Nous allons jouer sur notre amitié et la faire partager aux téléspectateurs. On se moquera les uns des autres. Tout sera bon pour distraire et faire rire. »


Catherine RAMBERT

Photo : Lucien Jacquinot


Dorothée : "Je veux faire gagner plein de cadeaux"

Télé poche - 31 Août 1987

TF1 joue la carte jeunesse avec « l’amie des enfants ». Pour eux, Dorothée est allée faire son shopping de dessins animés aux Etats-Unis. Elle a fait construire un nouveau studio. Elle a enregistré un feuilleton dont elle est l’héroïne. Et elle prépare des tonnes de surprises.

« J'ai changé de chaîne ? Et alors ! Les enfants s'en Fichent. Ce sont les rois des zappeurs. Le numéro de la chaîne, ils s'en moquent éperdument. Ils ne regardent que ce qui les intéresse. Ils connaissent l'équipe. Ce n'est pas parce que j'ai davantage de responsabilités que, pour eux, j'ai changé ! »

Voilà qui est parlé, madame la productrice ! La p'tite fille a bien grandi. De « simple » animatrice, Dorothée est devenue « conseillère pour la jeunesse » auprès de la direction de TF1. « Je déteste les carcans. Avec mon équipe, si un jour on s'aperçoit qu'un dessin animé ou une rubrique ne plaît pas, on la change immédiatement ! C'est l'avantage de ma fonction. J'ai toujours mis mon nez partout. Je ne peux pas faire une émission en étant dirigée par les autres. »

Ses nouvelles fonctions à peine officialisées, Dorothée a sauté dans le premier avion pour les États-Unis. Pour faire son « shopping » dans les maisons de production et rencontrer tous les responsables des compagnies de dessins animés. « Nous avons 600 heures de programmes à remplir. Il en faut donc énormément. Pour le moment, la France n'a pas une industrie d'animation suffisamment développée pour y faire face. » Fans de Candy et Goldorak, réjouissez-vous ! Elle a racheté l'intégralité de ces deux dessins animés et pris des options sur beaucoup d'autres. Elle veut ce qu'il y a de mieux ! Au pays des cow-boys, Dorothée intrigue et fascine. Mis à part Pee-Wee, la star de la chaîne CBS, son équivalent n'existe pas là-bas. Les Yankees ont même essayé de nous « piquer » notre Dorothée nationale. « Je n'ai pas le rêve américain. Je veux bien travailler avec eux, mais pas m'expatrier. Je suis bien chez moi. »

Mais des idées de coproductions flottent quand même dans l'air... En France, l'amie des enfants n'a pas non plus épargné sa peine ! Forte de sa nouvelle autorité, elle a fait construire un studio d'où une centaine de jeunes téléspectateurs peuvent assister en direct aux émissions. Dorothée sait exactement ce qu'ils souhaitent voir. Dans leur courrier, ils n'hésitent absolument pas à lui prodiguer quelques-conseils ! « Au cours de ma tournée, j'ai parlé avec des tas de gamins. J'ai discuté avec eux des programmes. Et eux, ils te disent franchement ce qui ne va pas. Cela permet de ne pas s'encroûter. L'idée d'un feuilleton mettant en scène toute l'équipe les a enthousiasmés. C'est eux qui ont décidé de son titre : Les aventures de Dorothée »

Tiens, tiens, un feuilleton vidéo ! Serait-ce un appel aux réalisateurs ? « Ah non, pas du tout ! C'est seulement un truc rigolo que j'avais envie de faire. J'aime m'amuser. Nous avons écrit nous-mêmes nos dialogues, le script, etc. Avec toute l'équipe, on s'est fait plaisir avec du "sur mesure" ! »

L'équipe ? C'est « sa » bande de copains. Ses amis. Jacky s'est de nouveau joint à eux. « Quand il est parti, cela a provoqué un scandale. Les enfants n'étaient pas contents. » Deux petits nouveaux font également partie de la grande famille de Dorothée : Gédébé (qui remplace Cabu resté sur A2) et Patrick Simpson-Jones.

Dorothée n’a qu'un seul objectif : divertir ! « Nous voulons que les enfants s'amusent. Nous proposons quelques rubriques de caractère éducatif, mais ce n'est pas l'essentiel. Ils sont déjà à l'école toute la semaine, on ne va pas leur en redonner les jours de congé. Nous ne voulons pas les abêtir non plus. » Des rubriques telles que « On pense à toi » auront, par exemple, le mérite de leur faire découvrir la vie des enfants déshérités. « Sans misérabilisme. Nous voulons leur montrer la vie de leurs copains handicapés, ou du tiers-monde. Qu'ils sachent que cela existe. Qu'ils correspondent avec eux et sympathisent. »

Voilà pour le côté sérieux. Le rire et la fête seront aussi présents grâce aux jeux. Dorothée en promet beaucoup. « Je veux leur faire gagner facilement plein de cadeaux ! » Une véritable bonne fée ! « Ah non, je ne suis ni une fée, ni une maman, ni une grande sœur. Je ne remplace personne. Je suis seulement l'amie des enfants. C'est plus dur, mais plus intéressant ! »

Mirella LEPETIT


Carte Kiwi : la SNCF frappe fort!

Télé Magazine - 1987

Ce sont plus de 13 millions d'enfants de moins de 16 ans et 8 millions de familles qui sont concernés... Grâce à la carte Kiwi (350 F par an), un enfant accompagné de 1 à 4 personnes, sans lien obligatoire de parenté, permettra à tous de voyager à moitié prix (et même d'emmener gratuitement un animal domestique) et ce 340 jours par an... Le génial kiwi a pour marraine... Dorothée, une fée aussi magique que la carte !


Jouez avec la carte Kiwi

Télé Poche - 1987

Dorothée, Jacky et Patrick Simpson Jones présentent la carte Kiwi SNCF qui permet aux moins de 16 ans et à leurs accompagnateurs de voyager à tarif réduit. Avec un jeu permettant de gagner un voyage à Disneyland. N'oubliez pas de regarder Dorothée, le mercredi vers 16 h 15, jusqu'au 26 décembre.


Voyagez avec la carte Kiwi

Jeune et jolie - 1987

La carte Kiwi, c'est pour les enfants de moins de 16 ans et les personnes qui les accompagnent (de 1 à 4 personnes) des voyages SNCF à moitié prix, 340 jours par an en première comme en deuxième classe. Et de nombreux autres avantages. Son prix : 350 F par an. En vente dès maintenant dans les gares et agences de voyages. Ne manquez pas le grand jeu Kiwi qui dure jusqu'au 16 décembre sur TF1 dans l'émission « Club Dorothée » vers 16 h 15. Vous pourrez gagner toutes les semaines des week-ends aux sports d'hiver et des montres. Le 23 décembre, finale avec tirage du premier prix : un voyage à Disneyworld pour un enfant et 4 personnes. Alors tous à vos téléviseurs avec Dorothée et la carte Kiwi !


Dorothée – Elle s’installe sur TF1

1987

Tous ceux qui ont des enfants le savent bien : il y a un véritable phénomène Dorothée. Ses émissions pour la jeunesse battent des records d'audience, ses spectacles sont vus par des foules immenses, ses disques se vendent toujours davantage. Dorothée, elle, sourit, toujours de son air mutin. Mais, en parfaite professionnelle qu'elle est, elle a préparé avec minutie son passage sur TF1.
En 1974, une jeune animatrice faisait ses débuts dans « Les visiteurs du mercredi » sur TF1. A la fin de la saison, on la remerciait poliment, lui faisant savoir qu'elle n'était pas
douée pour animer des émissions destinées à la jeunesse. Il lui faudra attendre deux ans pour retrouver son jeune public grâce à Jacqueline Joubert. Au printemps dernier, alors que toutes les chaînes de télévision étaient bouleversées, on a appris que Dorothée rejoignait TF1 avec le titre de « Conseillère auprès de la Direction pour la jeunesse ».


Des duos avec Carlos
« Cela a pu sembler bizarre, nous dit-elle, que je quitte Antenne 2, mais j'ai voulu avoir de nouvelles possibilités techniques. Je ne veux plus faire des émissions avec des bouts de ficelle ! Je travaillais grâce à la gentillesse des techniciens. « Télé-matin » se terminait à neuf heures et nous entrions dans le studio pendant le générique de fin. On plaçait vite le micro et c'était à nous ! On commençait ainsi une émission de trois heures en direct.
On changeait l'équipe technique pendant le premier dessin animé. C'est drôle un moment de travailler ainsi, mais lorsqu'on sait que les enfants changent de chaîne très facilement, il faut sans cesse se renouveler. La Une m'a offert un grand studio. Nous pourrons aussi sortir de Paris et enregistrer dans telle ou telle ville, ce que je voulais faire depuis longtemps. »
Dorothée retrouvera donc les enfants trois heures le mercredi matin, avec des invités qui lui permettront de varier ses programmes. Des duos avec Carlos sont déjà prévus. L'après-midi, elle retrouvera enfin son vieux complice Jacky avec qui elle réalisera de mini-spectacles. Jacky gardera l'antenne en fin d'après-midi pour parler de variétés aux adolescents. Le plus souvent possible, l'émission sera réalisée en direct : chose que de nombreuses lettres d'enfants réclamaient. Le samedi matin, Dorothée retrouvera ses jeunes amis, ainsi que le dimanche : « Ce sera plutôt une émission destinée à la famille. J'imagine les parents la regarder de leurs lits, après que leurs enfants leur ont apporté le petit déjeuner. Il y aura des sketches et des dessins animés plus adultes. La télé peut être une ouverture au dialogue entre parents et enfants. Et j'animerai aussi au moins trois grandes émissions de divertissement par an. Ce seront des shows pour la famille, avec des chansons, des gags, des variétés, des choses surprenantes ! »


La découverte de la scène
C'est grâce à la télévision que Dorothée a découvert le plaisir du spectacle. Depuis qu'en 1981 elle passa à l'Olympia pour la première fois dans une comédie musicale, elle n'a cessé de perfectionner son show, qu'elle veut destiné à tous. Le succès rencontré cet hiver lui prouve qu'elle a eu raison : le Zénith a affiché complet pendant les vacances de Noël, et plus de deux cent cinquante mille personnes se sont déplacées lors d'une grande tournée à travers la France.
C'est que Dorothée a parfaitement compris que ses auditeurs, même les plus jeunes, vivent dans une ambiance musicale colorée de rock'n'roll et que l'ordinateur fait aussi partie de leur environnement. Si l'on ajoute de bien classiques seaux d'eau sur le pauvre Jacky, on a là un mélange qui ravit tout le monde !
« Le spectacle, c'est quelque chose de fascinant. Le dernier soir, j'ai pleuré sur scène tellement j'étais émue de l'accueil des gosses et de leurs parents. Cela faisait deux week-ends qu'ils me disaient « alors, c'est vrai, tu retrouves Jacky ? ». Mais l'an prochain, je ne pourrai pas présenter un nouveau spectacle. Celui-ci a vécu six mois, ce qui est énorme. En revanche, avec toute mon équipe, nous avons tourné un feuilleton, Les aventures de Dorothée, et je sortirai aussi un nouveau disque. »
En quelques années, Dorothée est devenue une des plus grosses vendeuses de disques. La liste de ses succès est impressionnante : Rox et Rouky, Pour faire une chanson, Les schtroumpfs, Qu'il est bête, Les Ewoks, Monsieur l'ordinateur, Maman, sans oublier bien sûr le plus grand de tous, Ouh ! La menteuse. En tout, plus de neuf millions de disques vendus. N'oublions pas de nombreuses récompenses, Disques d'or, Disques de platine et une des prestigieuses Victoires de la Musique.
Pourtant, Dorothée tient toujours à se présenter comme une « chanteuse de variétés populaires ». Et les albums qu'elle enregistre ne sont pas destinés uniquement aux enfants, même si, comme elle s'en aperçoit lors de ses spectacles, ces derniers sont plus sensibles aux rocks qu'aux mélodies plus douces.
« Depuis que je m'occupe d'émissions pour enfants, je constate qu'ils ont énormément changé : ils connaissent beaucoup plus de choses, sur la politique, par exemple, ou sur des problèmes de société comme le Sida. Ils savent se servir d'un magnétoscope. J'ai vu des enfants de huit mois qui savaient reconnaître les voix à la télévision. Nous étions beaucoup plus protégés de la vie quotidienne, eux, ils sont en plein dedans. Je me demande s'ils ne perdent pas un peu de rêve et d'imagination. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il est impossible de les bluffer ! »
Alors qu'une nouvelle page de sa carrière débute, Dorothée ne peut s'empêcher d'être attristée de la manière dont elle a dû quitter A 2 : « J'ai été interdite d'antenne le jour où j'ai signé sur la Une ! Cela m'a peiné, car d'autres animateurs, Bouvard ou Dechavanne ont pu rester jusqu'à la fin de leur contrat. La détérioration de mes relations avec Jacqueline Joubert m'a attristée. Je n'ai même pas pu dire au revoir aux gamins à l’antenne ! Mais nous allons commencer quelque chose de nouveau. Il faut toujours innover ! »


Dominique Labarrière


Portrait – Dorothée

Abricot n°5 - 1987

Par Margaux Arthur

Dorothée, star incontestée des enfants, ne se positionne ni en maîtresse ni en maman, mais en amie. Dans l'entretien qu'elle nous a accordé, elle explique pourquoi, à son sens, le livre et la télévision sont complémentaires.


M.A.: Deux Olympia, un Zénith, neuf millions de disques vendus, une popularité à son apogée : où en êtes- vous?
DOROTHÉE : Je suis sur un escalier. Ma vie est un escalier dont chaque marche a été, et sera, une étape. Toutes ces étapes m'ont appris quelque chose, même celle du chômage. En quelque sorte, ma carrière s'est imposée à moi. Il a juste fallu beaucoup travailler.

M.A.: Et l'échelle, où va-t-elle ?
DOROTHÉE: Je n'ai pas dit « échelle », j'ai dit « escalier ». Sur une échelle, il y a un moment où ça devient casse-gueule. L'escalier peut s'arrêter, peut continuer, je ne sais pas. Pour le moment, je travaille.


M.A.: La télévision devient omniprésente pour nos enfants. Considérez-vous cela comme un bien ?
DOROTHÉE : Je crois que les enfants dosent plus leurs loisirs qu'on ne le pense : ils jouent dehors, font du sport, apprennent le piano ou la danse. La TV est moins magique pour eux. Ils font la part des choses.


M.A.: Et la lecture?
DOROTHÉE: Il est très important que les parents fassent lire leurs enfants : c'est par le livre que l'on rêve, que l'imaginaire se développe. Tous les gosses se promènent avec des bouquins, maintenant. Les parents incitent à la lecture. A la télé, c'est difficile de parler des livres, et pourtant j'essaie au maximum. Surtout quand je vois le nombre de fautes d'orthographe dans mon courrier...


M.A.: Allez-vous être « nouveau parent » ?
DOROTHÉE : Je ne sais pas. Je n'ai jamais rien planifié, ni ma carrière, ni mes vacances, ni un enfant. Quand il sera là, je verrai bien si je peux continuer à travailler ou s'il faut que je m'arrête.


M.A.: Comment choisissez-vous les dessins animés?
DOROTHÉE : D'abord, le courrier me guide. J'ai reçu des dizaines de milliers de lettres qui demandaient Goldorak et Candy. Même les mères demandaient Candy ! Il faut satisfaire ces demandes. Ensuite, mon goût personnel. J'adore les Mini-Pouss et je les ai achetés. Le marché du dessin animé est très réduit. On ne trouve presque pas de longues séries, qui permettent aux enfants de s'y habituer et de les aimer.


M.A.: Vous achetez donc ce que vous trouvez?
DOROTHÉE : Non non, je sélectionne tout de même.


M.A.: Ces milliers de lettres que j'ai vues dans l'entrée, vous les lisez?
DOROTHÉE : Oui, je lis mon courrier le soir. J'adore ça. Je fond à chaque fois qu'une petite fille me dit : « Je t'aime. »


M.A.: Et les garçons?
DOROTHÉE : Ils ne me le disent pas. Ou moins. Mais il y a des jeunes de 15-16 ans qui m'écrivent. Ils m'ont connue quand j'ai débuté et m'ont suivie. Je reste toujours une amie pour eux et c'est ça qui est bien.