Articles - 1987 - Page 7
- Dorothée et Jacky racontent leurs plus beaux Noëls
- La marchande de rêve
- J’ai rencontré le père Noël
- Dorothée était le père Noël !
- Dorothée se moque de ses rivales d’A2. Elles répondent !
- Le royaume secret de Dorothée
- Malice au pays des merveilles
- Un show TV pour les fêtes
- Les battements de cœur secret de Dorothée
- Noël : suivez le guide
Dorothée et Jacky racontent leurs plus beaux Noëls
Télé Poche - 14 Décembre 1987
Le supercadeau que TF1 offre pour Noël à ses jeunes téléspectateurs, c'est le grand « Dorothée Show » du 26 Décembre au soir. Avec son éternel complice Jacky, elle l'a mijoté durant plus d'un mois. Car Noël, pour les deux amis des enfants, a toujours été important. Hier comme aujourd'hui. Ecoutez-les.
- Quel est ton plus beau souvenir de Noël ?
Dorothée : A la maison, quand j'étais enfant, tous les Noëls se ressemblaient. C'était une fête de famille à six (mes parents, mon frère et mes deux grands-mères). Il n'y avait jamais de réveillon.
Jacky : Mes plus beaux Noëls, ce sont ceux de ma fille. Elle avait deux ans pour son premier. Là, je me suis rendu compte que j'étais un vrai papa... Noël.
- As-tu toujours célébré cette fête ?
Dorothée : Quand j'étais enfant, oui. Mais depuis dix ans, c'est fini. C'est l'époque de l'année où l'on travaille le plus avec toute l'équipe. Je suis là pour donner un peu de chaleur à ceux qui n'ont personne avec qui célébrer les fêtes de fin d'année, c'est une façon à moi de leur faire un cadeau de Noël. Je pense aux personnes âgées dans les hôpitaux et aux petits enfants qui sont seuls. Pour moi, Noël est une fête de famille par excellence. Je la remplace un peu pour ceux qui n'en ont pas.
Jacky : Oui, en fait, nous ne l'avons jamais célébrée au sens religieux du terme puisque je suis juif. Mais nous avons toujours décoré le sapin, fait un repas de famille. C'est la seule fête qui fasse vraiment rêver et qui célèbre la famille. Je suis très attaché à la famille. J'ai peur que la tradition familiale ne disparaisse.
- As-tu longtemps cru au Père Noël ?
Dorothée : Non, jamais. Ma mère m'en avait parlé et me l'avait présenté comme un personnage de légende. Les cadeaux étaient remis le 25 au matin, mais sans histoire de cheminée !
Jacky : J'y ai cru jusqu'à six ans. Je lui écrivais consciencieusement une lettre que j'allais réelement poster avec ma mère. Cette année, ma fille a trois ans, je l'ai aidée à écrire sa lettre au Père Noël.
- Que commandais-tu ?
Dorothée : Rien car je n'écrivais pas au Père Noël. Je préferais avoir la surprise. Comme ça, on n'est jamais déçu.
Jacky : Des Tincky Toys, des petites voitures de collection. Je continue toujours, d'ailleurs. A cinq ans, j'ai eu une panoplie d'agent de police. Aujourd'hui, ça me fait rire d'avoir commandé ce truc. J'adorais aussi les trains éléctriques. Une véritable passion. J'en ai d'ailleurs offert un à ma fille, mais c'est moi qui joue avec. Elle, elle veut une poupée qu'on habille et qu'on coiffe.
- Comment préparais-tu Noël ?
Dorothée : Je décorais le sapin, c'est tout !
Jacky : Je faisais des découpages, je les coloriais avant de les accrocher dans le sapin. Ma fille commence à faire la même chose.
- Quel a été ton Noël le plus insolite ?
Dorothée : Le premier Noël dont je me souvienne est celui de mes quatre ans. Cela avait mal commencé. J'avais une angine doublée d'une otite. Au lieu d'être sur mon 31 comme toutes les petites filles, j'étais emmitouflées dans une robe de chambre jaune en velours côtelé ! Je l'ai encore ! Il paraît que j'avais une pêche d'enfer malgré la fièvre. J'ai emprunté le couloir à la recherche des cadeaux. J'ai fait le clown toute la soirée. J'ai chanté avec mon père. C'est lui qui m'a appris à chanter. Le lendemain, j'étais ratatinée, bien sûr.
Jacky : Je l'ai passé au Yémen en 1974 (j'avais 24 ans). C'est un pays où l'alcool est interdit. On a fêté Noël au Perrier. Là-bas, c'est une denrée rare et ça coûte le prix du champagne. Alors, bulle pour bulle. On en avait tellement ras-le-bol de boire du thé. On a voulu prendre un super-repas dans le plus beau restaurant. Résulat, on an fait un dîner européen nul !
- Comment vas-tu fêter Noël cette année ?
Dorothée : En février, avec toute l'équipe, on se fait tous les ans un réveillon au restaurant. On se souhaite bon Noël et une bonne année en même temps. Au début, les clients ont l'air un peu surpris. Et puis, ils trinquent avec nous en nous offrant leurs bons voeux. J'ai horreur des fêtes à dates fixes sur commande. Le 25 Décembre, j'échange malgré tout avec ma famille et mes amis des petits paquets. C'est très symbolique. Histoire de dire qu'on a un beau paquet à ouvrir.
Jacky : En famille, comme tous les ans. Avec ma femme, ma fille, mes parents, mes filleuls Killian (7 ans) et Fanny (9 ans) et leurs parents. Cette année, le réveillon se passe chez moi. Je vais m'occuper de tout. Faire une belle table de fête. Avec une nappe blanche, de beaux couverts, du houx, du gui. Et je préparerai le dîner, je suis classique.
« Do » donne le la pour les fêtes
Elle court, elle court, Dorothée. Pour vous gâter. Sur la Une, ses programmes des fêtes commencent le jour même des vacances scolaires. « Dès le 21 Décembre et jusqu'au 2 Janvier, on ouvre à 9h en semaine et à 8h30 le samedi. Et ça c'est exceptionnel. »
Bien sûr, le jour de Noël sera spécial. Les inconditionnels de « Do » vont se régaler avec la diffusion intégrales des « Aventures de Dorothée ».
Mais les réjouissances ne s'arrêtent pas là. Dorothée a pensé aux lendemains de fête. « Le show du 26 sera vraiment une occasion de se réunir en famille devant la télé »Les invités y sont nombreux. Et les idées folles, folles, folles. Lio, Emmanuelle et Valy seront déguisées en bébés. Jean-Pierre Foucault jouera les P.-D.G., Alain Decaux, les profs, et Fréderic Mittérrand, les réalisateurs fous. Il y aura également une chorale de speakerine.
Si le 1er Janvier 1988 commence avec un « Spécial Jacky Show », Dorothée assure que ce sera la fête toute l'année. « Je suis allée aux USA cet été et j'ai pris des accords avec des productions de dessins animés. » Il y a de la surprise et de l'inédit dans l'air !
Mme la Responsable
Dès qu'elle est arrivée sur la chaîne, Dorothée a occupé des fonctions officielles. « En août, j'étais conseillère pour les émissions de la jeunesse. En Novembre, TF1 m'a nommée responsable de l'unité jeunesse de la chaîne. »
Elle est ravie car le titre impressionnant lui permet d'avoir son mot à dire sur le choix des émissions. Et son mot, c'est en fait le vôtre car Dorothée suit à la lettre les avis, les demandes et les goûts mentionnés dans le courrier que vous lui adressez. « Je suis l'intermédiaire entre les enfants et la direction. Il y a même des parents qui ont écrit pour réclamer Candy et Goldorak. N'hésitez pas à m'écrire ! »
La marchande de rêve
Télé Star - 14 décembre 1987
Train d'enfer pour l'animatrice de TF1. Émissions, disques, galas et surtout son « Dorothée show » du lendemain de Noël. Nouvelle responsable du département jeunesse de sa chaîne, elle n'oublie pas son public : les millions d'enfants qui l'adorent.
Elle court, Dorothée. Pas après les téléspectateurs qui l'ont rattrapée sur TF1 (13 % d'audience contre 6% pour A2). Un mètre soixante-deux, quarante-six kilos, la frange mouillée, elle adore les déguisements sauf la barbe du père Noël auquel elle n'a jamais cru ni à quatre ans, ni à trente-quatre (c'est-à-dire aujourd'hui). « Je dois ma réussite à des hasards, des opportunités et beaucoup de travail. » Ce train d'enfer s'explique : outre deux émissions hebdomadaires et des galas, elle prépare « Dorothée show » (programmé le 26 décembre) qu'elle souhaite le reflet de son époque : « On ne montrera pas de sapins illuminés. Pas de père Noël. Trop de Français sont démunis. »
Minois menu, queue de cheval, nez qui pointe (croqué par Cabu), sourire d'adulte de quatre ans, et regard qui prend le temps de s'émerveiller, elle donne du rêve, sa profession de foi, guidée par sa passion qui la maintien en forme et la nourrit. Et cet entrepôt en brique rouge - le 233 - des studios de France, à la Plaine-Saint-Denis, devient sa seconde maison, son royaume (sept cents mètres carrés de studio et trois cents mètres carrés de bureaux), au même titre qu'Universal Films était l'usine à magie des stars hollywoodiennes dans les années cinquante. Dorothée, elle, fabrique six cents heures de programmes pour la jeunesse. Chef exemplaire à la tête de trente collaborateurs, elle ne peut se permettre, confie-t-elle, d'être de mauvaise humeur. « Les autres prendraient le pas. » Sa mère, « Maman Dorothée », surnom qu'on lui donne au marché de Bourg-la-Reine, se souvient que sa fille « se transformait en meneuse dans les soirées et fut chef de classe de la sixième à la terminale. »
Pour Dorothée, le temps c'est du rêve. Elle déteste les chiffres. Mais n'ignore tout de même pas le coût de « Dorothée show » : trois millions de centimes engloutis dans douze tableaux, son histoire, librement adaptée, de la naissance (dans une crèche), à l'école, avec un prof., Alain Decaux, qui chante « Sacré Charlemagne », jusqu'à la télé où le vrai directeur des programmes (Étienne Mougeotte) se transforme en assistant de Jean-Pierre Foucault. Au final, elle chante « Docteur », futur tube et dernier album sorti, en novembre, après son couronnement de super vedette de la chanson : dix millions de disques vendus. Ascension vertigineuse qu'elle résume en quatre étapes.
« 1973 : j'arrive la tête dans les nuages pour commencer les premières émissions pour la jeunesse. Quatre heures d'antenne par semaine présentées avec Bablatus, une marionnette. En fait, je m'amuse. 1978 : avec « Récré A2 », je prends conscience de l'importance de mon métier. 1979 : la chanson et mon disque « Dorothée au pays des chansons » m'apportent quelque chose de plus. Pour moi faire de la télévision, chanter, monter sur scène est un tout. Demandez-moi de choisir ? Impossible. 1987 : je peux choisir mes émissions. »
Entrée à TF1 avec le titre de conseillère et le salaire de quarante mille francs, elle vient d'être nommée responsable de l'unité jeunesse : « Seul le mot change. Pas les fonctions. Bien sûr, j'ai un peu plus de poids. »
Bref, Do, Dodo, Dorothée tout court, que plus personne n'appelle Frédérique et encore moins Hoshedé (son nom de famille) a reçu un mois avant l'heure son cadeau de Noël (cette nomination). Ce qui ne lui déplaît pas, habituée à distribuer des boîtes enrubannées à longueur d'année et surtout pas le 25 décembre : « Les véritables cadeaux s'offrent lorsqu'on se donne la pleine de les chercher. Voilà qui est plus sincère. Enfant, je ne réclamais rien. J'avais quelques poupées et des livres. »
Pour les réveillons, Do, Dodo, Dorothée, adopte la même conduite que pour les cadeaux. Elle les célèbre en février ou en mars. Par obligation : « Depuis dix ans, je travaille ces soirs-là. » Et par goût : « Je déteste les fêtes de fin d'année. Chez moi, on se contentait le 25 décembre d'un déjeuner un peu différent des autres, avec, au menu, de la dinde aux marrons. » Le plus féérique : « J'avais cinq ans et une angine terrible. Mes parents installèrent un sapin gigantesque dans le salon. J'étais émerveillée de découvrir encore toutes ces boules de couleur fixées très haut pour que notre cocker, Elane, ne les décroche pas en courant après nous dans la maison. Depuis ma dixième année, on se contente de mettre trois branches dans un vase. Il n'y a pas de petits enfants chez nous. »
Une famille « dynastie de femmes » qui se resserrait sur elle-même, ne regardait pas la télévision. « Je l'ai eue à seize ans », discutait, recevait le dimanche les deux grand-mères, surnommées "Mamie Petit" et "Mamie Grand" en raison de la taille de leur mari. « Son modèle : "Mamie Grand", grand-mère maternelle, petite, pète-sec. Bretonne arrivée à Paris à l'âge de vingt ans, elle nous emmenait en vacances à Saint-Pierre de Quiberon, son pays. À quatre-vingt-six ans, même malade, elle ne se plaint jamais. Je lui ressemble. "Mamie Petit", ronde et douce, elle, préparait des gâteaux qu'elle nous servait immanquablement décorés de bougies. Intelligente et astucieuse, elle cousait très bien. Moi, je ne sais pas enfiler une aiguille ! » Cet amour de la famille - « qui se perd » - elle veut le faire renaître le dimanche matin. La télé en plus. Mais, elle ne le leur parlera jamais de l'enfance malheureuse. Elle aimerait passer encore sous silence sa contribution à l'enregistrement d'un disque en faveur des mères et des enfants éthiopiens et ces galas qu'elle donne au profit des plus démunis. Elle ajoute : « Espérons que les dons leur parviennent. Et pensons à ces petits malheureux toute l'année. Pas uniquement le jour de Noël. » Elle accepterait volontiers d'être leur porte-drapeau, mais précise qu'elle « veut commencer par s'occuper de ceux qui vivent en France. Et dénoncer les enfants-martyres dont les assassins méritent la mort. »
Personne ne la poussera cette fois à lancer des messages : « Il faut se montrer réaliste. Dire : je souhaite que les hommes ne fassent plus la guerre n'est qu'une phrase. Mieux vaut devenir médecin, aller sur place, où, moi, je craquerais. Ou envoyer de l'argent. Les bonnes fées n'existent pas. »
Elle veut qu'on sache qu'elle n'en est pas une : « Je n'ai jamais voulu le devenir. Je suis l'amie des enfants. Je ne veux remplacer ni les éducateurs, ni les parents. Je reste un être humain vivant en 1987, avec un mauvais caractère. J'aime les autres, mais je ne suis pas gentille. Quand dans ma loge après le spectacle, je vois des puces de trois à quinze ans me sourire en me disant "merci on s'est bien amusés, on a bien chanté", je fonds. » Cette récompense la porte. Elle l'amènera en novembre ou décembre 1988, et pour six semaines, au Zénith. Son producteur Jean-Luc Azoulay voit plus loin : « Les professionnels du show business m'affirment qu'elle fera la carrière d'Annie Cordy. Un exemple. » Dorothée, elle, assure qu'elle vit au présent. Et qu'elle dédie, aujourd'hui, sa vie aux enfants.
Annick Rannou
J’ai rencontré le père Noël
Télé Loisirs – 14 décembre 1987
C’est désormais une tradition : chaque année, l'hiver venant, je pars contre bise et brouillard à la recherche du Père Noël. Vieille réminiscence d'une enfance que je ne veux pas quitter ou enquête sociologique sur le thème d'un personnage hors du commun ? Allez savoir ! Il est certain pourtant que je me pose des questions sur cet homme mythique, hors d'âge, voire anachronique à l'heure des ordinateurs et de la navette spatiale. Voyager dans un traîneau, si rutilant fût-il, et traîné par des rennes qui depuis le temps doivent en avoir plus qu'assez de trimballer des milliers de cadeaux, au galop, de cheminée en cheminée... ça tient de l'héroïsme pur et simple.
Sans compter que les cheminées, de nos jours, ne sont pas franchement accueillantes. J'avais raison ! Le Père Noël n'est plus ce qu'il était. Il ne lui reste qu'un seul de ses traits essentiels d'antan la passion des enfants. A l'heure de la communication télévisée, il se livre à tous les délires pour les amuser, sapin ou pas sapin. Il adore se déguiser, passer d'une époque à l'autre, faire le pitre. Mais qu'on y prenne garde : c'est un bourreau de travail ! A cause de sa passion, il dit n'avoir pas le temps de se marier, partager sa maison avec un yorkshire presque aussi célèbre que lui, n'avoir plus une minute à lui...
Être l'idole des tout-petits, cela a ses servitudes, que voulez-vous ! Oh ! bien sûr, pour les séduire encore davantage, le Père Noël chante. Drôle de voix aiguë pour un Père Noël ! Et drôles de petites mains qui bougent sans arrêt... N'empêche : notre Père Noël accumule les trophées et les centaines de milliers de disques vendus. Parlez-lui « dialogue », il vous répondra télévision. Il sait de quoi il parle il flirte avec le petit écran depuis près de dix ans et produit désormais quelque six cents heures de programmes pour la jeunesse. Côté sondages et Audimat, il est épuisant à force d'écraser ses concurrents : c'est simple, en face de lui, aucun autre royaume enchanté ne résiste.
Cette année, pas de spectacle sur scène mais un grand show de Noël... télévisé, ça va de soi. Une belle émission pleine de rêve pour nos chérubins, concoctée par le Père Noël et ses éternels complices qui chantent, dansent, jouent la comédie... Autour d'eux, d'autres amis feront pétiller cette coupe de champagne aux couleurs de sirop d'orgear. Car, il ne sera pas question de célébrer la dive bouteille ce soir-là : le Père Noël y tient, ses chers petits ne perdront pas la tête même si leur cœur chavire de plaisir.
Il m'intrigue encore, ce Père Noël. Je lui trouve un petit air coquin que ses joues rouges et ses yeux fatigués dissimulent mal. Je le trouve très mince, extrêmement mince, sous sa houppelande rouge bordée de blanc. Je lui trouve un rire en vrille peu masculin, une pétulance et une exubérance d'une jeunesse surprenante... Je vous l'ai dit : le Père Noël n'est plus ce qu'il était. Mais au fait, qui a dit que c'était un homme ?
Michèle Dokan
Dorothée était le père Noël !

Télé Loisirs – 23 janvier 1988
Le 8 janvier, comme prévu, maîtres G. Golstein et R. Efrancey, huissiers de justice à Paris, ont tiré au sort 153 cartes postales parmi les bonnes réponses reçues. Nous avons admis, comme annoncé dans nos numéros 94 et 95, deux bonnes réponses: Dorothée ou Frédérique Hochedé qui est son vrai nom.
Dorothée se moque de ses rivales d’A2. Elles répondent !

France-Soir – 16 décembre 1987
Quelle chaîne recueille la faveur des enfants le mercredi après-midi ? TF1, où règne depuis le mois de septembre Dorothée et toute son équipe ? A moins que ce ne soit Antenne 2, avec Charlotte Kady et Marie Dauphin.
Le départ précipité de Dorothée, en juin dernier, de la chaîne publique augurait un match et une course à l’audience acharnés. Après trois mois d’échanges, « la bande à Do » semble être en mesure de remporter le premier set. Avantage à la Une ! Normal. Star des enfants depuis maintenant plus de treize ans, marraine, grande sœur, amie des tout-petits, Dorothée récolte les fruits de son expérience et de sa notoriété. Mais l’animatrice des mercredis de la Une ne néglige pas pour autant ses concurrentes et anciennes complices. Tous les dimanches matins, elle imagine une parodie de Récré A2, diffusée sous forme de courts épisodes, au titre doux amère « Marotte et Charlie ».
Clin d’œil amical, ou guerre déclarée entre les trois jeunes femmes ? Les principales intéressées nous ont donné leur sentiment sur cette initiative.
Charlotte Kadi : « Avant, nous étions amies… »
« Avant qu’elle ne quitte la 2, nous étions très amies, avec Dorothée. Je pense d’ailleurs que nous le serions toujours si nous nous revoyions aujourd’hui. C’est pourquoi je me demande si cette initiative vient vraiment d’elle, bien qu’elle soit la productrice de l’émission. Je crois que son entourage est complètement obnubilé par la guerre des chaînes. Ils doivent se dire : tant qu’on peut dire du mal de quelqu’un, on y va. Je n’ai rien à dire de cette initiative sinon que je la trouve curieuse. En fait, c’est rigolo d’être aussi dans ses émissions. Ca ne m’atteint pas une seconde, puisque finalement on ne parle que des gens qui vous intéressent. Il n’y a rien de pire que l’indifférence. Alors, c’est plutôt rassurant. Nous, nous n’avons jamais voulu la guerre. Il s l’entretiennent tout seuls. Je trouve qu’il y a sur la Une un côté supermarché, avec tous ces cadeaux. Comme si on voulait acheter l’attention des enfants. Nous, nous faisons un travail plus artisanal. Mais on ne peut pas tricher avec les enfants. »
Marie Dauphin : « Evitons les bruits de raclure »
Ce genre de parodie ne me serait jamais venu à l’esprit. Je crois qu’il faut à tout prix éviter les bruits de raclure et de fonds de couloir. Je n’ai jusqu’à présent pas eu l’occasion de voir «Marotte et Charlie ». Je n’ai donc pas grand-chose à en dire. Lorsque Dorothée est partie, nous ne l’avons pas remplacée, nous n’avons fait que continuer, mais en faisant un minimum de bla-bla. Charlotte et moi voulons éviter à tout prix le culte de la personnalité. Je n’ai absolument pas envie de me prendre la tête avec des sondages et des ragots. Je suis trop occupée pour y prêter attention. D’une certaine manière, on peut remercier Dorothée d’avoir quitté Antenne 2. Elle nous a permis d’avoir notre chance. Mais en premier lieu, c’est tout de même à Jacqueline Joubert (directrice des programmes jeunesse d’A2) que je veux dire merci. »
Recueilli par Catherine Rambert
Le royaume secret de Dorothée

16 décembre 1987
Toutes les émissions de TF 1 pour la jeunesse portent désormais le label Dorothée et sont tournées... par sa maison de production.
Quand Dorothée apparaît, les parents peuvent se reposer... Les enfants ne vont pas quitter des yeux la petite fée de l'écran magique de trente-quatre ans qui sourit, court, danse et chante avec un entrain inépuisable. A partir de lundi prochain, elle sera même omniprésente et ne se contentera plus du quart d'heure quotidien du « Club Dorothée ». La jeune animatrice présentera tous les jours deux émissions spécialement conçues pour les fêtes, appelées « Dorothée Noël » et diffusées pendant les vacances scolaires à 9 h 05 et 14 h 30.
Cette série d'émissions remplace les « Croque-Vacances » de Claude Pierrard, qui a donné sa démission en octobre dernier. Après avoir lancé le premier journal télévisé pour jeunes, Claude Pierrard s'était vu attribuer par TF 1 deux cent cinquante heures de programmes durant les congés scolaires. Mais l'arrivée sur la Une au mois de septembre de Dorothée et, derrière elle, d'une société du show-biz, A.B. Productions, a provoqué aussitôt un conflit entre l'ex-présentatrice de « Récré A2 » et le producteur de « Croque-Vacances ».
« On a voulu m'imposer des dessins animés que je n'aurais pas choisis et toute l'équipe de Dorothée... Je risquais de devenir un simple exécutant »>, accuse Claude Pierrard. Dans son bureau des Studios de France, à La Plaine-Saint-Denis, où l'ensemble de ses shows sont réalisés, Dorothée réagit avec un calme olympien. « Nous souhaitions garder « Croque Vacances » et avons proposé à Claude Pierrard de travailler ici pour simplifier toute la logistique. Il a refusé et préféré s'en aller. Je regrette son départ... »
Le retrait de Claude Pierrard permet en tout cas à Dorothée de régner désormais sans partage sur l'unité des programmes pour la jeunesse de la Une. Elle en est la directrice depuis un mois, ce qui la conduit à procéder aux commandes des dessins animés (avec une préférence pour "Goldorak" et "Candy") et des feuilletons. L'ensemble des émissions pour enfants porte désormais son label et les séquences de variétés sont mises au point par A.B. Productions, sa maison de disques depuis 1979. Autrement dit, Dorothée livre un produit fini et contrôlé tous les stades de la fabrication...
Dans son royaume de lumières et de caméras, qui s'étend sur sept cents mètres carrés, Dorothée ne souffle pas une minute. Elle arrive sur le plateau à 9 heures et repart rarement avant minuit ! Avec toute sa troupe d'animateurs - Jacky, Corbier, Ariane et Patrick Simpson-Jones il lui faut enregistrer en différé ses émissions quotidiennes et en direct celles du mercredi. Un sacré marathon !
« Mais non, dit-elle de sa voix aiguë, je n'éprouve jamais la moindre lassitude car je n'ai pas l'impression d'exercer un métier. Je m'amuse beaucoup et les enfants le sentent bien... » A peine la prise de vue est-elle terminée que Dorothée fonce se changer. Pendant ce temps, les décorateurs s'affairent car tout est regroupé dans cette ancienne usine : la régie, les loges, les bureaux, les salles de maquillage, les décors et même... la cantine.
Léon Zitrone surgit habillé en vigile... Il va jouer un petit rôle dans le « Dorothée-Show » du 26 décembre, encore une émission spéciale commandée par Dorothée la directrice à Dorothée l’animatrice ! « Dès que les séries du « Club-Dorothée » sont prêtes et livrées en tant que produits finis à la Une, le studio se libère pour des tournages de shows comme celui de Noël », explique la reine des petits téléspectateurs.
En coulisse, Jean-Luc Azoulay, le directeur artistique d'A.B. Productions, supervise le tournage dans ses moindres détails. Cet ancien factotum de Sylvie Vartan est l'homme de l'ombre, celui qui a véritablement bâti la carrière de Dorothée. Il y a huit ans, il lui a suggéré de se lancer dans la chanson. Résultat : des millions de disques vendus et la création d'un département audiovisuel qui dispose d'un budget annuel de cinquante millions de francs pour produire les émissions de Dorothée.
« Le secret de ma réussite tient justement dans ce travail de groupe, où l'on confronte les idées », estime l'animatrice. Comme elle a signé un contrat de trois ans avec TF 1, la société A.B. Productions, qui se consacre aussi et surtout à la sortie de ses disques et à l'organisation de ses spectacles, a de beaux jours devant elle...
François PRASTEAU.
Malice au pays des merveilles
Télé Magazine - 19 décembre 1987
C'est Noël. Les magiciennes, les fées et bien sûr Dorothée ont un surcroît de travail. Cette dernière a quand même trouvé le temps de nous accorder un entretien.
Dans les immenses studios de La Plaine Saint-Denis règne une effervescence plus grande qu'à l'accoutumée. Un parfum de mystère flotte parmi les décors entassés. C'est le branle-bas de combat: Dorothée et son équipe préparent les fêtes de Noël. Il est à peine midi et la maîtresse des lieux a déjà commencé sa journée. Assise en tailleur dans un fauteuil du salon de maquillage, elle cogite certaines idées de sketches, donne des directives à une collaboratrice qui vient de passer sa tête dans l'encadrement de la porte, bref, elle est sans cesse en ébullition, elle ne connaît pas de temps morts : « Dans le privé, on en fait quatre fois plus qu'avant, mais c'est tout de même mieux. »
Il ne faut pas oublier qu'avec le « Club Dorothée », « Dorothée Matin » et « Dorothée Dimanche », elle est présente tous les jours, hormis le samedi, à l'antenne. Elle salue au passage le bon esprit qui règne sur le plateau : « J'ai autour de moi une équipe de gens sympas qui s'amusent aussi en faisant l'émission et ça se sent, on est tous solidaires, on fait tout ensemble, techniciens compris, et en plus on se marre bien! »
LA FEMME PRESSEE
Le maquillage est terminé, elle s'est même mis du rouge pour les photos. Son producteur Jean-Luc Azoulay passe en coup de vent prendre de ses nouvelles avant d'aller se restaurer. Bottée, en jeans, Dorothée est déjà dans l'émission, elle déjeunera plus tard en un quart d'heure dans le studio (au moins on sait comment elle s'y prend pour garder sa taille fine). Elle discute un moment avec Ariane pour peaufiner une intervention et se rend à grandes enjambées vers le décor choisi par notre photographe.
MADAME LA DIRECTRICE
Depuis le 19 novembre, Dorothée, qui n'était auparavant que « conseillère pour le département « Jeunesse » sur TF1, s'est vue nommée « directrice » par Francis Bouygues, une belle preuve de confiance de la part d'un patron satisfait de l'audience réalisée. C'est vrai que Dorothée est devenue l'une des stars de la chaîne, les sacs postaux emplis de courrier qui arrivent chaque jour sont là pour en témoigner. Dorothée attache énormément d'importance aux lettres des enfants; elle leur demande de donner leur avis sur telle ou telle série, de voter pour le maintien ou non d'un dessin animé, elle va même les inviter à écrire pour lui indiquer leurs chansons préférées sur son nouvel album. Car il ne faut pas oublier la Dorothée chanteuse. Elle en est tout de même à son septième 33 tours! Elle a rempli le «Zérith », effectué cet été une tournée fort appréciée. Mais son immédiat c'est Noël et le super show d'une heure et demie qu'elle donnera à 20h30 le 26 décembre. Avec ses amis Carlos et Emmanuelle, elle va recevoir de nombreux invités qu'elle va utiliser dans des rôles inhabituels (Jean-Pierre Foucault, Christian Morin), des chanteurs déguisés, des chansons originales, des duos, des trios, des quatuors inédits, le clou de la soirée étant une fiction inspirée d'une vie imaginaire de Dorothée écrite par son parolier Jean-François Porry, dans laquelle nous suivrons ses évolutions de l'état de bébé à celui d'adulte.
SANS SOUCI DU « GRANDIRA-T-ON »
L'avenir est le moindre de ses soucis, Je ne pense jamais à demain » a-t-elle coutume de répondre quand on la titille sur son look de grande jeune fille à queue de cheval. Tant que ça marche, elle ne se préoccupe pas d'un envisageable phénomène d'usure. Devenue star grâce à la télé, on sent, en étant hyper-attentif, qu'elle nourrit une certaine amertume de ne plus avoir été appelée par le cinéma. Pourtant, ses débuts prometteurs pouvaient légitimement lui permettre d'espérer en une honnête carrière dans le Septième art. Or depuis Truffaut et Enrico, aucun réalisateur ne lui a fait signe. En essayant de prendre un ton léger et détaché, elle donne son avis sur la question : « Je crois que j'ai été étiquetée; enfin, tout cela n'est pas bien grave car il ne se passe pas grand-chose dans le monde du cinéma en ce moment et je ne m'y vois pas actuellement. En revanche, je fais des feuilletons. ».
Voici vraisemblablement la future orientation de Dorothée comédienne. Après tout, cette forme d'expression par vidéo interposée c'est l'avenir. Alors, tout doucement, Dorothée élargit son auditoire. « Les dimanches matins déjà, on fait une émission regardable par tout le monde, plus familiale, avec des sketches à plusieurs degrés. » Cette démarche tend ainsi à démontrer que Dorothée veut peu à peu infléchir son image et passer du stade de grande sœur à celui de maman. Au fait, en parlant de maman, et bien la tendre Frédérique (son vrai prénom) s'est décidée à quitter le giron familial et la maison de Bourg-la-Reine pour un petit deux-pièces qu'elle partage avec son délicieux et fidèle Yorkshire Roxan. C'est un signe...
JACKY, LE COMPLICE
Il a rejoint sa copine pour la séance de photos. Aussitôt le ton change, l'atmosphère passe soudain à la fantaisie. Dorothée prend sa voix de petite fille, lui de gros nounours, ils se disputent même par peluches interposées. Jacky est heureux de l'arrivée de son ancienne complice sur TF1: « C'est réconfortant, sécurisant, même si elle me donne beaucoup de boulot, à moi qui suis au départ plutôt un feignant. Enfin, c'est un rythme à prendre, le travail appelle le travail. » En plus de son « Jacky Show » du mercredi, il continue de faire de la radio sur « Skyrock » de 17 à 20 heures.
Mais il ne faut pas trop se faire de souci pour lui, il trouve toujours un moment pour se consacrer à ses trois passions: la gastronomie, « J'adore les grands restaurants, les grands chefs; je ferais des kilomètres pour un repas fastueux », le football « J'ai joué au Racing étant jeune, alors je suis supporter du Matra» et la collection des disques de rock rares des années 50 à 1965.
Gilbert Jouin
Dorothée-Show
Pour son super show du 26 décembre à 20h30, Dorothée a réussi le tour de force d'y faire participer toutes les vedettes de sa chaîne, de les faire jouer la comédie et même chanter. Nous découvrirons ainsi dans des rôles inhabituels: Jean-Pierre Foucault, Christian Morin, Michel Denisot, Michel Cardoze, Alain Decaux, Frédéric Mitterrand, Léon Zitrone et toutes les speakerines de TF1.
La bande des Cinq
« Do» - c'est ainsi que tout le monde appelle Dorothée sur le plateau, des techniciens à son producteur Jean-Luc Azoulay - rend à tout moment hommage à son équipe. Celle-ci est composée de Jacky, de Patrick Simpson-Jones, un sportif qui avait été le premier « speakerin » à la télé, de François Corbier, l'homme à la barbe fleurie lanceur de défis, d'Ariane Carletti, la préposée au courrier, et de Lionel Gédébé, le dessinateur qui croque à sa façon l'actualité.
Un show TV pour les fêtes
Voici - 21 décembre 1987
Il y a dix ans, elle était une petite speakerine. Aujourd'hui, à force de travail et de talent, elle est animatrice, productrice et chanteuse. Et les enfants l'adorent!
Le 26 décembre, sur TF1 à 20 h 30, nous pourrons tous profiter de Dorothée. Ce soir-là, exceptionnellement, les enfants nous la prêteront. L'occasion de mieux connaître l'idole des moins de 10 ans dont la réussite ressemble à un conte de fées.
« Ce que je fais le jour de Noël? Exceptionnellement, cette année, je ne travaille pas. Je resterai avec ma mère, mon frère et ma grand-mère. Pour les cadeaux on verra en février. De toute façon, je n'aime pas faire la fête à date fixe! »
Tout sourire, Dorothée affiche son originalité. Avec son allure d'éternelle adolescente, son nez en trompette rendu célèbre par le dessinateur Cabu, et sa queue de cheval remontée très haut, on la croirait tout droit sortie d'un film de Walt Disney. Pourtant, à 32 ans, celle qui dans la vie s'appelle Frédérique Hoshède, est une femme qui sait ce qu'elle veut. Et depuis que, cet été, elle a abandonné Antenne 2 et neuf ans de bons et loyaux services dans son émission « Récré A2 » pour rejoindre Francis Bouygues, Madame la Conseillère de la direction de TF1 pour la jeunesse est devenue quelqu'un d'important au sein du PAF (paysage audiovisuel français). Une belle performance pour celle qui, petite fille, rêvait d'approcher un jour le monde de la télévision de très près !
Tout commence comme dans un conte de fées lorsqu'à l'âge de 17 ans la petite Frédérique remporte un prix en interprétant Un caprice de Musset pendant une représentation au lycée. «On se reverra», lui promet alors Jacqueline Joubert, grande prêtresse de l'ORTF et membre du jury. Elle tient parole. Quelques années plus tard, l'ancienne speakerine lui propose d'animer les premiers mercredis de la jeunesse sur la première chaîne. « Je ne connaissais rien. J'ai tout appris sur le tas, j'étais fascinée, je restais toute la journée sur les plateaux », se souvient Dorothée avec émotion.
Un parcours sans faute
Après l'éclatement de I'ORTF en 1974, elle traverse une période de vaches maigres. A TF1, on la juge « pas du tout faite pour l'animation des émissions pour enfants »... La voilà au chômage. C'est l'époque des petits boulots: animatrice dans des supermarchés et même secrétaire dans une société de robinetterie ! Obstinée, elle se présente avec succès à un concours de présentatrice sur Antenne 2 en 1977. En l'espace de quelques mois, elle devient la coqueluche des moins de 10 ans et impose un nouveau style au petit écran avec Récré A2.
Les secrets de sa réussite? « La sincérité, le naturel et... le travail!» Elle incarne la spontanéité et un charme espiègle. Elle est la copine en jeans, celle qui rigole et qui s'amuse. Tout au moins en apparence. « C'est vrai, j'ai un très mauvais caractère. Je râle souvent et il m'arrive de m'énerver», reconnaît-elle. Ce qui ne l'empêche pas de séduire François Truffaut
puis Robert Enrico qui la font tourner dans « l'Amour en fuite » puis dans « Pile ou face ».
La gloire aidant, Dorothée se lance également dans le spectacle. De l'Olympia, en 1981, au Zénith, l'an dernier, la petite fée se mue en star. Ses chansons font un tabac. Résultats dix millions de disques vendus. Dorothée conseillère pour la jeunesse auprès de Francis Bouygues, Dorothée productrice de six cents heures de programmes par an, Dorothée chanteuse, Dorothée animatrice de Dorothée matin chaque mercredi... Lorsqu'on lui de- mande si son public ne risque pas un jour de se lasser, elle avoue en souriant « ne jamais penser au lendemain. Avec les enfants, il n'y a pas de routine. Si je ne les amuse plus, je suis certaine qu'ils s'arrangeront pour me faire savoir qu'ils s'ennuient avec moi. »
MARC LAURET
Elle ne vit que pour son travail
Lorsqu'elle trouve quelques instants de liberté entre deux séances de tournage, Dorothée aime cajoler Roxan, son Yorkshire fétiche. « Je vis seule avec lui, ça fait vieille célibataire ! » Depuis qu'elle est à la fois animatrice, productrice et chanteuse, l'idole des moins de 10 ans ne compte plus son temps. « J'ai toujours privilégié ma carrière à ma vie personnelle, mais je ne l'ai jamais regretté », affirme-t-elle.
Son grand show du 26 décembre: un spectacle exceptionnel
Cette émission rassemblera une nuée d'artistes : les chanteurs Carlos, Emmanuelle, Lio, Valy, David Hallyday, l'historien Alain Decaux qui chantera Sacré Charlemagne, Jean-Pierre Foucault, Michel Denisot, Frédéric Mitterrand, Léon Zitrone et beaucoup d'autres vedettes. A la fin de l'émission, d'une durée de 90 minutes, Dorothée chantera son dernier succès : Docteur.
Les battements de cœur secret de Dorothée
Ici Paris – 23 décembre 1987
LES TOUT PETITS NE JURENT QUE PAR DOROTHEE. ELLE EST LEUR IDOLE, LEUR BONNE FEE. MAIS D'UN COUP DE BAGUETTE MAGIQUE, ELLE SAIT AUSSI SE TRANSFORMER ET VENIR DISCRETEMENT EN AIDE A TOUS CEUX QUI SOUFFRENT.
Visites d'hôpitaux et d'hospices, galas en faveur des plus démunis…
...Sans tapage, elle répond toujours présent pour défendre ceux qui souffrent
POUR DOROTHEE, CHALEUR HUMAINE ET FRATERNITE NE SONT PAS DE VAINS MOTS. ELLE NE SE CONTENTE PAS DE SIGNER DES APPELS AU SECOURS EN BAS D'UNE AFFICHE. ELLE SE BAT VRAIMENT.
LA CHANSON, LE SHOW-BIZ, LES EMISSIONS ENFANTINES DE LA TELEVISION, C'EST LE CÔTÉ PILE DE DOROTHEE. CELUI QUE TOUT LE MONDE CONNAIT ET QUI FAIT SON SUCCES. MAIS CE QUE L'ON IGNORE LE PLUS SOUVENT, C'EST SON CÔTÉ CHARITABLE, L'AUTRE FACE DE SA PERSONNALITE. CELLE-LA N'A BESOIN NI DE PAILLETTES, NI DE STRASS, NI DE PELUCHES POUR S'AFFIRMER ET REMPORTER LES SUFFRAGES DE CEUX QUI LA DECOUVRENT. DOROTHEE, DAME D'ŒUVRE ? VOILA UN VISAGE DONT ON NE SOUPÇONNAIT PAS L'EXISTENCE. ET POURTANT, IL CORRESPOND A LA REALITE. LA VRAIE, CELLE QUI N'A PAS BESOIN DE PUB...
L'IDOLE des petits garçons en culottes courtes et des fillettes à socquettes, Dorothée, puisqu'il faut l'appeler par son prénom, est une fille aussi active que discrète. Au contraire de certaines stars de la télé qui pratiquent la charité à grand renfort de publicité, notre petite reine des émissions pour enfants paye de sa personne, elle, presque, dans l'anonymat.
Sans tapage, elle répond « présent » quand il s'agit de défendre et de soutenir la cause de ceux qui souffrent.
Ainsi, elle se dévoue avec efficacité en faveur des plus démunis et multiplie galas et visites au profit, par exemple, des hôpitaux et des hospices. Nous en aurons tous la preuve, le 26 décembre, à 20 h 30 sur TF1. Laissons-lui la parole : « J'ai décidé que mon émission, Dorothée Show, se ferait dans la plus grande simplicité, a-t-elle expliqué. Cette année, il n'est pas question de montrer des sapins illuminés, ni même de faire venir le père Noël. Trop de Français sont démunis... »
Madame le responsable de l’unité jeunesse de la première chaîne considère en effet que, plus qu'autrefois, le décor doit céder le pas à la chaleur humaine, à la fraternité. Voilà pourquoi, entre deux répétitions au Zénith, Dorothée est allée rendre visite à quelques hôpitaux parisiens. Là, elle a été frappée en plein cœur.
ELLE A PU CONSTATER, HELAS, LA DETRESSE CROISSANTE DES PERSONNES AGEES OU MALADES ET LA SOLITUDE DES ENFANTS DEMUNIS DE TOUT.
Noël, qui symbolise avant tout la fête de famille, prendra donc cette année, pour Dorothée, une autre dimension. Elle s'en explique :
« C'est très beau de donner du rêve à des millions d'enfants. Mais on ne pense jamais à tous ceux qui n'ont pas droit au moindre cadeau. Je me dois de les aider en cette période de l'année ! »
Oui, Dorothée veut nous faire penser à la tristesse ou à la souffrance de tous les oubliés, lors des fêtes de fin d'année. Et elle a raison.
C'est là qu'elle se différencie d'autres artistes. Même bien intentionnés, même sincères. Car, ses « bonnes œuvres », elle les exerce sans alerter la presse écrite, parlée ou télévisée. Certes, elle se sent concernée pour aider France Gall et Michel Berger dans leur formidable combat contre la faim dans le monde.
DE MEME, DANS L'OMBRE, ELLE SE TROUVAIT PROCHE DE DANIEL BALAVOINE LORSQU'IL LUTTAIT POUR OFFRIR DES POMPES A EAU POUR LES PAYS DESERTIQUES.
Sans oublier son soutien moral lors de l'émission de Jean-Luc Lahaye, il y a un an, sur Antenné 2, en faveur de l'enfance abandonnée.
Message d'espoir
En juin dernier, une centaine d'artistes français et étrangers avaient décidé de chanter pendant vingt-quatre heures d'affilée au Bourget. Dans le but de rapprocher tous les peuples... Les plus grands étaient là : Alain Bashung, Jacques Higelin, Julien Clerc, Jean-Jacques Goldman, Renaud. Tout le monde... sauf Dorothée !
Même discrétion pour une chanson sortie au début de l'année 1987, au profit de la protection de la femme et de l'enfance africaines. Un disque qui ne regroupait que des grandes voix féminines, d'Alice Dona à Linda de Suza, en passant par Isabelle Aubret et Marie-Paule Belle. Une œuvre émouvante au titre révélateur : La Chanson de l'espoir. Or, là non plus, Dorothée n'était pas présente ! Mais, à chaque fois, si elle ne chantait pas, elle était de tout cœur avec ses amis. Et ils le savaient.
Car, du haut de ses un mètre soixante, et assumant allègrement ses quarante-deux kilos, Dorothée, à sa manière, veut crier sa révolte :
« Les bonnes fées n'existent pas », affirme-t-elle.
« SOUHAITER QUE LES HOMMES NE FASSENT PLUS LA GUERRE N'EST QU'UNE PHRASE... MIEUX VAUT DEVENIR MEDECIN ET ALLER SUR PLACE ! »
C'est pourquoi elle s'investit pleinement en cette période de fin d'année. Elle n'arrête pas ! Sur TF1, dès le 21 décembre et jusqu'au 2 janvier, Dorothée sera à l'antenne dès 9 heures en semaine et à 8 h 30 le samedi. Ses inconditionnels auront aussi la joie de se régaler avec la diffusion intégrale de ses Aventures, le jour de Noël...
Pour Dorothée, 1988 est à placer sous le double signe de l'espoir et de la solidarité. Un message, bien sûr, qu'elle dédie aux millions d'enfants déshérités qui n'auront pas le bonheur de la regarder à la télévision...
Bernard MONCEL
Noël : suivez le guide
France-Soir – 24 décembre 1987
La télévision se met en croches pour vous distraire et Noël se décline sur trois notes : Enrico Macias, Henri Salvador, Annie Cordy, Sabine Paturel, Line Renaud, Yves Montand au menu vedette des 24 et 25 décembre qui s'achève sur un classique de la comédie musicale, l'éternel « Chantons sous la pluie », de Stanley Donen et Gene Kelly. Peu de surprises, au demeurant, dans ces rendez-vous de fête qui voient se télescoper deux messes de minuit, l'une sur TF1 en direct de l'église de la Nativité, à Bethléem, à 23 h 45, l'autre, sur A2, en direct de Rome (et en Eurovision), célébrée par le pape Jean-Paul II, à 23 h 55. Au choix.
Maigre concurrence qui laisse sur sa faim. Où sont donc les fêtes d’antan ? Pour une soirée originale conçue et présentée par Pierre Etaix (le 25, à 20 h 30, sur FR3), un « Petit Lord Fauntleroy » sans surprise et un « Michel Strogoff » déjà vu...
Pour le reste, appel aux valeurs sûres : Annie Cordy pour vous souhaiter bon Noël dans « Matin bonheur », Line Renaud et Henri Salvador pour finir la soirée en chansons sur TF1 et A2.
Quelques clins d'œil, heureusement, au jeune public qui votera comme chaque année pour choisir les extraits des meilleurs Walt Disney mais s'amusera aux exploits d' « Astérix le Gaulois », le 24, ou de Jim et ses acolytes dans « L'Ile au Trésor », le 25, à 20 h 30, sur la «5».
La surprise viendra peut-être de la rencontre de Jean-Luc Godard et de Rita Mitsouko dans l'émission de Thierry Ardisson, « Bains de minuit », le 25, sur la «5» en fin de soirée. Personne ne se plaindra de revoir « Les Feux de la rampe » au « Ciné-Club » d'A2, à 22 h 55, vendredi.
Un noël sans Dorothée ?
Impensable. C'est aussi l'avis de TF1 qui vous l'offre en tranches jeudi et vendredi : première apparition à 9 h 05 au petit déjeuner pour une heure de jeux, de chansons et de clips. Matinée à 14 h 30 (le 24) et à 15 h 25 (le 25) des séries et deux invitées : Carole Varenne et Emmanuelle.



























