Articles - 1991 - Page 4

Dorothée marraine de notre fabuleux cadeau

Télé 7 jours – 22 juillet 1991

Collectionneurs de pin's, à vos cartes postales ! « Télé 7 Jours » a décidé de vous offrir, avec Dorothée (plus que jamais star de TF1 avec le « Club Dorothée Vacances », le matin et l'après-midi sur TF1), 40 000 pin's « Télé 7 Jours ». Oui, vous avez bien lu 40 000 pin's. 5 000 pin's par semaine jusqu'au 9 septembre, 5 000 pin's dans ce numéro qui paraît le 22 juillet, 5 000 pin's encore le 29 juillet, 5 000 pin's le 5 août, 5 000 pin's le 12 août, 5 000 pin's le 19 août, 5 000 pin's le 26 août, 5 000 pin's le 2 septembre et 5 000 pin's le 9 septembre, à la veille de la rentrée des classes. II vous suffit de nous envoyer une carte postale en indiquant bien votre nom, votre prénom et votre adresse et en collant bien dessus cette photo du pin's « Télé 7 Jours ». Pour ce numéro de « Télé 7 Jours », vous avez jusqu'au 28 juillet à minuit, le cachet de la poste faisant foi, pour nous envoyer votre carte postale à Concours Pin's « Télé 7 Jours » Cedex 3400 99340 Paris Concours. Ce n'est pas tout. A la fin de ce grand concours, vous allez pouvoir gagner les cent super pin's « Télé 7 Jours » en plaqué or, numérotés de 1 à 100. Cent pin's inédits pour cent gagnants que Dorothée tirera au sort parmi la totalité des cartes postales que nous aurons reçues pour ce concours. La fée des enfants deviendra ainsi la fée aux pin's d'or. Ceux-ci font déjà des envieux, depuis que la rumeur des fous des pin's va bon train sur le concours de « Télé 7 Jours ». Bonne chance et bons pin's ! Il n'y en aura pas pour tout le monde.


On va donner aux enfants du grand spectacle!

Télé Star - Septembre 1991

- Télé Star : Quelles sont les surprises pour la rentrée ?

- Dorothée : Très bientôt, une nouvelle série qui s'intitulera « Les deux orphelines », un dessin animé français en cinquante-deux épisodes que je trouve assez extraordinaire. Et puis, sans doute en janvier, « Les jumeaux du bout du monde », un deuxième dessin animé qui n'est pas encore terminé. J'espère que ça va plaire aux copains.

- Renoncez-vous aux productions japonaises ?

- Pas du tout, du tout. On nous a demandé des séries françaises, donc on en fait. Mais je continue à diffuser du japonais : c'est ce qui plaît aux téléspectateurs et ce n'est pas si mauvais que ça, d'ailleurs.

- 1000 m² de plateau, une scène gigantesque sur plusieurs niveaux, des éclairages de Jacques Rouveyrollis qui signe les plus grands shows du moment. Tout cela pourquoi faire ?

- Du spectacle. Les enfants veulent du spectacle, donc tous les mercredis on leur en donne, avec un décor et des éclairages dignes des émissions de 20 h 30. Ce sont les mêmes équipes que celles que j'ai eues à Bercy ou en tournée. Ce qui fait que le 5 septembre, pour la première émission, j'ai eu le même trac que pour la première de Bercy. On veut offrir aux enfants ce qu'ils aiment et leur apprendre le spectacle. Ce n'est pas parce que notre écoute est jeune qu'il faut donner du moins cher et du vite fait.

- De vos tournées de l'année passée, quel temps fort retenez-vous ?

- La Chine, une belle expérience. Des représentants du Festival de Shanghai qui avaient vu le spectacle de Bercy, ont envoyé une cassette chez eux, et le Festival nous a invités pour trois galas à Shanghai. En mai seulement, juste avant l'anniversaire des événements de la place Tien Anmen. Ce voyage a été une surprise, je ne pensais pas qu'on était aussi proches des Chinois. À tel point que nous sommes invités à y retourner en octobre-novembre, pour une semaine au Palais des sports de Shanghai (12000 places) et deux semaines de tournées.

- Avec une émission en direct sur TF1 ?

- Le décalage horaire est assez important, mais pourquoi pas ? De toute façon on rapportera des images et des émissions.

- D'autres tournées sont-elles prévues ?

- Non, pas de spectacle cette année. En revanche le « Club Dorothée » devrait se déplacer une semaine par mois. Parce que mes aventures avec Sahara continuent. On croyait que tout était fini après la découverte du trésor de ce dromadaire extraterrestre. Et pof ! Sahara est revenu, et nous a dit : « Vous êtes mes correspondants sur Terre et je vous confierai une mission prochainement. » Je pense donc qu'il va encore nous emmener un petit peu partout. Un prétexte à l'aventure. C'est bien. En plus j'adore les tournées, il n'y a pas de routine, et il y a l'angoisse à chaque fois.

- Vous cherchez de nouveaux animateurs. Y a-t-il des changements dans l'équipe ?

- Non, on reste solidaires, tous unis dans la famille. Mais on va s'agrandir, avec des jeux différents et d'autres personnes qui viendront s'intégrer.

Que pensez-vous de la concurrence de « Giga » sur Antenne 2, qui a atteint des taux d'audience équivalents aux vôtres ?

- C'est un autre public. Les plus jeunes sont avec nous... Les plus grands regardent peut-être « Giga ». Ça permet au téléspectateur de choisir.

- À votre dix-septième saison, n'êtes-vous pas lassée ?

- Non. Le jour où je m'ennuierai, j'arrêterai. Cela dit, je crois que les enfants me le feront sentir avant. Vous savez, je ne me force pas, sauf le matin pour me lever ! Les enfants, c'est un public fascinant, à la fois très sévère, très sympa et qui participe beaucoup. Il n'y a pas de routine. On est obligé de se donner des coups de pieds aux fesses. C'est bien, c'est ce que j'aime. Habitude est un mot qui n'existe pas ici.

Michèle Lanteri


LES DESSINS ANIMES JAPONAIS ENVAHISSENT LA TELEVISION FRANCAISE

Weekly Jiji (hebdomadaire Japonais) – Octobre 1991

SI D'INNOMBRABLES CRITIQUES DENONCENT LES SCENES DE VIOLENCE CONTENUES DANS LES CARTOONS NIPPONS, DES VOIX S'ELEVENT POUR LES DEFENDRE AVEC FERVEUR.


Les dessins animés japonais inondent les écrans de la télévision française. Cette véritable marée a débuté en 1976 avec la diffusion par TF1 de " Goldorak " qui déchaina l'enthousiasme des petits Français. Il existe 6 chaines de télévision en France. Mais ces dessins animés sont avant tout diffusés sur deux chaines privées : TF1 (qui connait le taux d'audience le plus élevé) et La Cinq.
Selon les statistiques du Conseil Supérieur de l'Audio-visuel de l'année 1989, ces dessins animés représentaient 40% sur TF1 et 59.5% sur la Cinq de l'ensemble de leur programme pour la jeunesse. Malgré une légère baisse au cours du premier trimestre 1990, la domination de ces dessins animés demeurent toujours aussi forte: 34.5% sur TF1 et 58% sur la Cinq.
D'après M. Thierry Chicheportiche de CARAT TV (Société d'achat d'espace publicitaire), les dessins animés japonais qui sont largement diffusés au cours de l'émission jeunesse "Club Dorothée" sur TF1, sont les suivants : "Les chevaliers du zodiaque", "Gordian" et "Dragon Ball". Alors que la Cinq présente aux enfants français: "Goldorak", "Princesse Sarah" et "Candy".


Pourquoi les dessins animés japonais sont-ils si populaires en France ?
C'est avant tout pour des raisons économiques. Lorsqu'il s'agit de remplir les plages horaires destinées aux programmes pour les jeunes, la rentabilité s'avère plus élevée si l'on se sert des dessins animés japonais, moins couteux sur le marché que ceux issus de la production française.
De plus, étant donnée la popularité spectaculaire des dessins animés japonais auprès des enfants, les chaines de télévision ne peuvent qu'augmenter leur diffusion afin de gagner des points d'audience.
Cependant, si les dessins animés japonais connaissent un grand succès auprès des enfants, l'opinion des adultes est beaucoup plus mitigée. Beaucoup critiquent la violence présente dans les dessins animés japonais. Pour Dorothée, vedette des enfants dans le "Club Dorothée", ainsi que pour AB Production, qui produit une partie des émissions de jeunesse pour TF1, la violence est un réel problème, auquel il faut être attentif. Mais les critiques viennent souvent de personnes qui par hasard jettent un coup d'œil et remarquent une scène de violence. Il faut reconnaitre que les dessins animés japonais plaisent aux enfants d'abord par la qualité du graphisme et la force des scénarios.
L'essentiel du problème semble plutôt résider dans le fait que la France est moins compétente dans le domaine des dessins animés. Si les dessins animés japonais méritent des critiques aussi sévères, il faut augmenter la part de la production française. C'est d'ailleurs ce que commence à faire TF1 qui a investi 30.000.000 francs depuis deux ans pour se consacrer à la production de dessins animés proprement japonais.
Actuellement, dans toute l'Europe, nous observons une prolifération des feuilletons et des films américains sur les écrans de télévision. Mais, parallèlement au marché unique européen prévu pour 1992, ces pays s'efforcent d'augmenter la part des programmes européens. On pourrait alors penser que bientôt, sur le marché des dessins animés présentement dominé par les produits japonais, nous verrons apparaître des cartoons européens.
Pour nous Japonais, il serait intéressant de voir dans quelle mesure l'opinion des Français -Français qui dans leur enfance ont été des spectateurs passionnés des dessins animés japonais- peut évoluer à l'avenir vis-à-vis du Japon.


Silvio Berlusconi et Patrick Le Lay en double contre la règlementation

Nice-matin – 14 octobre 1991

Un Mipcom, pourquoi faire ? Aux esprits chagrins qui régulièrement se posent la question lorsque, n'ayant rien à vendre et pas de moyens pour acheter ils ne viennent pas moins s'éblouir dans la lumière des grands salons cannois de l'audiovisuel, le président Xavier Roy a fourni hier un élément de réponse.
Dressant un premier bilan de son marché d'automne qui prendra fin ce soir, non sans avoir au préalable sacré Silvio Berlusconi comme l'« Homme de l'Année » dans la nuit éblouissante du Moulin de Mougins, il a indiqué que depuis sa re-création, il y a sept ans, la manifestation avait vu son audience s'accroître de... 228 %.
Comme les pros de la télés ne sont pas vraiment, dans l'ensemble, des philanthropes mondains, ils faut croire qu'ils trouvent leur intérêt à venir hanter les chères coursives du Palais des Festivals.


"Dallas" à cent sous de l'heure, c'est fini !
D'ailleurs ils ne font pas la fine bouche. Ils en conviennent volontiers. Sur l'énorme structure affrétée par la XXth Century Fox, par exemple, on se montre enchanté des résultats. Agacé aussi, un peu, par cette idée répandue en France, que « les programmes américains sont offerts à prix de braderie ». « C'est assez vrai (dit-on) pour les nanars depuis longtemps amortis, pour des "Dallas" à la énième rediffusion. Mais compte tenu de la règlementation en Europe, et des limitations imposées par les quotas, il serait ridicule de notre part de "casser les prix" sur le premier choix, qui permet au contraire de rétablir l'équilibre ! »
Autrement dit, « nous ne vendons pas parce que nous sommes bon marché nous vendons plus parce que nous sommes meilleurs ». Et aussi sans doute, parce que pour le prix, certes conforme aux cours du marché international, de la toute nouvelle super-mini-série en première vision et en exclusivité, on peut vous emballer en prime dans le paquet-cadeau tout un lot de fripes confortables, bien pratiques pour boucher les trous de la grille aux heures creuses.


Le CSA et l'alibi culturel au pilori...
De ces saucissons recuits dont le ministre de la Communication M. Georges Kiejman avait sarcastiquement dénoncé la surabondance dans les programmes de M6. Au nom certainement de la bonne confraternité entre les opérateurs de la télévision commerciale, le président de TF1 a pris hier fait et cause pour Jean Drucker ainsi cloué au pilori. C'était à l'occasion du déjeuner de presse que – standing oblige, pour qui survole le Paf à 41 ou 42 % de taux d'écoute - le staff de la Première chaîne a pris la savoureuse habitude de donner chez Jacques Chibois, au "Royal Gray", pour définir ses grandes orientations, annoncer ses nouveautés et, les résultats étant ce qu'ils sont, publier ses communiqués de victoire.
Laissant à Etienne Mougeotte le soin de parler programmes, de justifier des « 4 milliards de francs investis en 4 ans dans la production de fiction », de se réjouir que la Une soit enfin parvenue à damner le pion de I'A 2 dans son dernier refuge, le dimanche après-midi, et de présenter enfin un proche avenir associant à l'écran, entre autres "L'Amour en danger", la nouvelle émission de Pascale Breugnot, "Vos premières télés", un Dechavane dans la tranche de "prime-time" (où passera aussi un "reality show" dans le goût de "Perdu de vue"), "Le Grand bleu" pour le 27 octobre, l'intégration d'une resucée du Jeu de la chance dans "Sacrée soirée", ou encore "Spirou" en 26 dessins animés de 26 minutes, Patrick Le Lay s'est fait une joie évidente de distribuer des volées de bois vert aux cerbères de la réglementation.
Au ministre un peu. Au président du CSA beaucoup. Au premier, parce qu'il est selon lui l'instrument du pouvoir politique, dans son souci constant de garder le contrôle de la télévision en excipant d'un alibi culturel illusoire. A Jacques Boutet, parce qu'il agirait comme le bras séculier de cette conjuration, n'appliquant les règles (assure-t-il) « qu'en toute iniquité, toujours pour affaiblir le secteur privé selon les choix du gouvernement ».
Et de définir l'obligation de diffuser chaque année 120 heures de programmes originaux de création comme attestation de mauvaise foi des autorités de tutelle. « Les grands networks américains comme CBS ou NBC ne dépassent pas une trentaine d'heures, pour conserver un niveau de qualité que par ailleurs on nous cite en exemple : dieu sait pourtant qu'elles ont d'autres ressources
« Trop de règle tue la Règle », conclut-il. Pour respecter le cahier des charges, TF1 est conduit à compter dans les 120 heures... les 10 heures de bluettes consacrées au tirage du Tapis vert. Il faut bien dire que comme création originale, on trouve facilement mieux ! Silvio Berlusconi n'a pas de ces problèmes. Il en a d'autres : en Italie, la RAI publique, stimulée par sa concurrence, reste loin devant ses propres chaînes dans les sondages. II souligne vigoureusement la concurrence déloyale, mais semble s'en accommoder. Il a 55 ans. Il est au faîte de la puissance. Né sur un tas de briques dans la banlieue de Milan au début des années 60, son "Fininvest Group" pèse aujourd'hui 9 milliards de dollars. Il traite de pair à compagnon avec les Murdoch, Maxwell et autres géants du multimédia multinational.
Il a fait hier au Palais des Festivals une entrée de star tranquille. Et un tabac dans sa conférence de presse. Il a le look et la manière. Notre fierté cocardière n'a presque pas regimbé, lorsqu'il a expliqué tout à trac qu'il ne trouvait « pas très bonnes » les télévisions françaises Pour aussitôt renchérir d'ailleurs sur Patrick Le Lay, et tout mettre sur le dos de « la stratégie des quotas », qui serait d'après lui un sabotage économico-culturel de fait. Le pionnier de la télévision commerciale en Europe en reste un champion. Il n'a pas perdu ce punch qui avait foudroyé l'establishment de la CEE, lorsqu'il avait enlevé à la RAI la présentatrice-vedette Rafaela Cara moyennant une rançon de 2 milliards de lires. « Avant 10 ans - a-t-il prophétisé - 95 % de la programmation appartiendra au privé, et le service public gardera seulement ce qui est sa mission : le service au public... »


René CENN


Douze minutes pour convaincre

La marseillaise – 19 octobre 1991

L’idée trottait dans la tête du docteur Michel Klein depuis de nombreux mois : motiver et mobiliser les enfants pour la sauvegarde des animaux qui peuplent notre planète. C’est chose faite et il dispose désormais chaque dimanche matin d’un magazine de douze minutes dans le « Club Dorothée ».

- TERRE, attention, danger : ce cri d'alarme, vous le lancez depuis déjà plus d'un an à la jeunesse, en presse écrite, dans "Dorothée Magazine" ?
- C'est vrai, et je rêvais depuis encore plus longtemps de pouvoir consacrer quelques minutes d'antenne à ce gigantesque problème qu'est la sauvegarde des animaux de par le monde. La présence animale sur terre est aussi indispensable à la vie des hommes que peuvent l'être l'eau ou l'oxygène. Nombreux sont ceux qui ricanent encore lorsque l'on tient ce genre de propos. Pourtant la chose est de plus en plus évidente. Il y a vingt ans que je tire la sonnette d'alarme, comme nous sommes nombreux à l'avoir fait pour les problèmes de pollution en tous genres. Sur ce point-là, le monde a pu être sensibilisé mais s'agissant de la protection des espèces animales, tout reste à faire. Nous savons que sur un territoire donné cohabitent quantité d'espèces animales, y compris les hommes. Si l'une prolifère, les autres sont obligées de céder la place ou de disparaître. La planète est un immense enclos où l'espace n'est pas élastique. L'homme grignote le terrain à toute vitesse et si sa démesure n'est pas très rapidement contrôlée, tout le reste va disparaître. Je soulevais ce problème dans un livre écrit voilà vingt ans. Ma conclusion était : vivre ou périr avec les animaux. Elle est plus que jamais d'actualité.


- Plutôt qu'à la classe adulte peu réceptive, vous préférez vous adresser aux Jeunes ?
- Nous pensons que les enfants sont le terrain le plus fertile pour ensemencer une idée. Motivés très jeunes, ils sauront probablement réagir plus vite et forcer la main aux adultes préoccupés par bien d'autres problèmes. De plus, ceux qui nous regardent et nous écoutent seront peut-être de futurs responsables sociaux ou politiques. La sensibilisation aux questions d'environnement et de sauvegarde des animaux aura fait son œuvre dans leurs têtes. Il faut bien savoir qu'en cherchant à défendre les animaux aujourd'hui, nous défendons l'avenir des hommes et œuvrons pour que les générations futures aient une vie décente, sereine et équilibrée


- Terre, attention, danger est aussi un cri de guerre ?
- Oul. Chaque émission sera consacrée à une espèce animale. Des reportages expliqueront les dangers qui la menacent et les actions qu'il faut envisager pour la défendre. Nous proposerons aux enfants de devenir de véritables "rangers" sur le terrain et nous nous bagarrerons à leurs côtés. De nombreuses actions vont être menées. Il y a celle sur laquelle nous travaillons déjà depuis deux ans : l'opération Salamandre qui vise à défendre notre forêt de la région Provence-Côte d'Azur et ce qu'il en reste ! Une opération de grande envergure qui mobilise artistes, politiciens, gens des villes et des campagnes et, bien sûr des jeunes. Nous
avons déterminé des parcelles où nous allons implanter des "bergers du feu". Ils vivront là et se relaieront avec leurs animaux : chèvres, moutons, ânes, poneys, lamas, etc... En pacageant, les différentes espèces animales vont débroussailler et donc assainir le terrain. Les bergers auront près d'eux des chiens spécialement dressés à détecter le moindre début d'incendie et là, gare aux pyromanes !
Dans quelques semaines, parce que nous ne pouvons surcharger les douze minutes de l'émission, nous aborderons une autre opération que nous montons avec le WWF : la réimplantation dans les Cévennes d'une race de chevaux dont les origines remontent à la préhistoire.


Terre, attention, danger a "du pain sur la planche". Mais quand on a consacré sa vie aux animaux, on réalise mieux l'importance de la formidable biosynthèse qui existe entre l'espèce humaine et les espèces animales. Ça vous donne la force de vous battre pour la conserver.


Propos recueillis par Jean-Louis FRANCK


Terre, attention danger !

Nice matin – 1991

Dans son domaine, il a souvent été à l'avant-garde... Il y a près d'un quart de siècle, Michel Klein fut l'un des premiers à animer une émission animalière, le dimanche à 12 h 45 sur RMC. Aujourd'hui, la dernière-née de la famille - devenue heureusement nombreuse - est « Terre, attention danger », un magazine de douze minutes, chaque dimanche matin, dans le « Club Dorothée » de TF1.
Le célèbre vétérinaire rêvait depuis longtemps de parler à l'antenne de la sauvegarde des animaux dits sauvages « car leur présence, dit-il, est aussi indispensable à notre existence que peuvent l'être l'eau et l'oxygène. Il serait si simple d'imaginer une heureuse cohabitation, mais l'explosion démographique humaine est telle que chaque mètre carré est pris aux espèces vivantes, obligées de céder la place ou de disparaître ! Un seul exemple : l'Afrique. Peuplée de 677 millions d'habitants, elle en comptera plus d'un milliard et demi en l'an 2025. Il y a huit-mille ans, quand les déserts étaient nombreux, la grande faune vivait dans une riche savane arborée. Décimés par un cataclysme climatique qu'on ne sait toujours pas expliquer, éléphants, rhinocéros, hippopotames, grands singes et lions risque cette fois d'être anéantis !
Mais, notre planète n'étant qu'un immense enclos, d'autres continents connaîtront la même décadence si la démesure de l'homme n'est pas contrôlée », ajoute le D’Klein, qui avait déjà soulevé cette dramatique contradiction dans « Ces bêtes qui m'ont fait homme », publié il y a vingt ans. Persiste et signe sa conclusion d’alors : « Vivre ou périr avec les animaux ». Un message, pour employer un mot forgé par la génération post-hippie, un peu baba...
Par bonheur, « Terre, attention danger » s'adresse plus particulièrement aux enfants. « Motivés très jeunes, poursuit Michel Klein, ils sauront mieux réagir - pour l'avoir déjà fait à propos de la chasse ou des pollutions et, au besoin, forcer la main aux adultes. De plus, parmi ceux qui nous regardent, il y a les futurs responsables sociaux, économiques, politiques. Ils n'accepteront plus le cynisme des constructeurs de systèmes actuels Chaque émission est donc consacrée à une espèce animale, les dangers qui la menacent et les initiatives à encourager pour la sauver. Nous proposons aux enfants de devenir de véritables « rangers » sur le terrain et nous nous bagarrerons à leurs côtés. Comme pour I' « opération Salamandre » qui visera à défendre les forêts de la région Provence-Côte d'Azur.
Nous avons déterminé des par- celles de 400 hectares où seront implantés des « bergers du feu » avec leurs troupeaux ; en pacageant, ceux-ci nettoieront les sous-bois, appuyés par des chiens détecteurs d'incendie. Gare aux pyromanes ! ».
Quant à Dorothée, l'idole des enfants depuis quinze ans, et déjà le complice du Dr Klein, le mercredi sur TF1, elle est ravie de ce nouveau défi : « Douze minutes hebdomadaires pour informer et convaincre, c'est peu », estime l'animatrice-vedette mais le sujet en vaut la peine ! ». Avant son spectacle à Bercy à partir du 18 janvier, suivi d'une grande tournée hexagonale, elle prépare son show de Noël (le 24, à 20 h 40) qui sera magique, comme de coutume; un nouvel album chez AB Productions et « Club science » avec Michel Chevalet, une prochaine série du « Dorothée Club » le samedi.
Née un 14 juillet, la jolie Dorothée sait que chaque changement est une nouvelle bataille à gagner...
André OFFNER


Le docteur Klein chez Dorothée

Télé journal – 1991

•Tous les dimanches sur TF1, à partir de 10h 05 et après les dessins animés, Dorothée et ses amis accueillent le docteur Klein dans Terre attention danger : « Par la faute de l'homme, de nombreuses espèces animales sont menacées de disparition. Si nous n'y prenons pas garde, un jour, c'est l'homme qui disparaîtra. » Même si le générique d'ouverture prend des allures affolantes de « Guerre des Etoiles », il a le mérite d'être clair et de délivrer son message sans ambages.
Destiné à un public jeune qui n'a pas forcément sous la main les éléments nécessaires à la compréhension des phénomènes naturels, ces quelques minutes télévisuelles sont recommandées à tous les enfants. Installé comme un patriarche dans son fauteuil en osier, le Dr Klein s'adresse à eux en prenant soin d'utiliser un vocabulaire simple, des termes clairs et précis pour illustrer ses reportages. En plus de sa vertu éducative. L’émission a pour but de favoriser les opérations de défense des animaux. Plus les lettres d'encouragement et de soutien seront nombreuses et plus les espèces seront sauvegardées.


Les enfants devant le poste

Le quotidien de Paris – 21 octobre 1991

Les enfants et la télévision, vaste sujet, cruel dilemme pour les parents que de laisser leurs chères têtes blondes ingurgiter un peu tout et surtout n'importe quoi de l'étrange lucarne. Les parents ont souvent tort. Une étude de MTT, le leur prouve : les enfants ne sont pas dupes.


PARTANT du principe que la vérité sort toujours de la bouche des enfants, il était logique que la très sérieuse association de téléspectateurs MTT (Média, télévision et téléspectateurs) s'en aille un jour les interroger sur le sujet. Les résultats de cet « observatoire-critique » intitulé « Ce que les enfants apprennent à la télévision » ne sont pas aussi dramatiques qu'on aurait pu le croire. L'étude a sollicité quelque 50 000 téléspectateurs entre mars et mai 1991 sur le thème. L'association présidée par Jean-Louis Rollot ne s'est pas contentée de sonder seulement les chères têtes blondes mais aussi les parents et les enseignants. Dans ces colonnes, seul l'avis des enfants sera mentionné car c'est tout de même le plus intéressant. Les jeunes téléspectateurs ont entre huit et douze ans et leurs choix semblent particulièrement déterminés. Il ne faut pas leur en compter. Ils sont les maîtres de la télécommande, les mignons.
Au classement de leurs dix émissions préférées arrive en tête : Mac Gyver d'Antenne 2. C'est comme ça et pas autrement. Giga, l'émission des « ados », toujours sur A2, est en seconde position. En numéro trois, sur A2 encore... (décidément Hervé Bourges peut être content), ils mettent Cousteau. Les enfants comme les adultes ont leurs faiblesses. Quelles que soient leurs origines sociales, c'est bien connu ils adorent les jeux télévisés. Rien d'étonnant dès lors à ce qu’Une famille en or (TF1) se classe à la quatrième position. Devant la série de M6, Madame est servie, qui est cinquième, laquelle dépasse le Club Dorothée (TF1) d'une place. Au numéro sept de ce Top 10, l'on trouve ce bon Nicolas Hulot qui aux yeux des enfants ne semble pas s'essouffler dans son Ushuaïa (TF1). Toujours sur la « Une » et juste après Hulot, les bambins placent Téléfoot. A la neuvième place, ils nous déçoivent, une fois de plus et citent le Juste Prix, une autre beauferie de la chaîne de Francis Bouygues. Enfin en dixième et dernière position Trente Millions d'amis, l'émission dont on ne compte plus les années ni les Mabrouk qui s'y sont succédé de Jean-Pierre Hutin sur TF1. Hutin pourrait en faire une maladie ! Ah ! les salles gosses.
A la question : « les dix émissions qui distraient et instruisent », on trouve un peu de tout : Cousteau en tête, Thalassa en queue (dixième), Questions pour un champion au milieu (sixième) suivie des Chiffres et les lettres (huitième), laquelle précède la Roue de la fortune. C'est dire si ça zappe chez les 8-12 ans. La télévision est-elle un outil pour apprendre ? Qu'apporte-t-elle en matière de connaissance ? La réponse fait l'unanimité, la télé est « riche » pour tout ce qui touche à la nature, l'actualité, la vie pratique et les techniques. En revanche, elle apparaît comme bien « pauvre » en ce qui concerne le vocabulaire, le corps humain et l'histoire. Ces enfants qui déclarent également préférer l'image au son à la question sur « la forme », sont sans doute téléphages mais en aucun cas dupes. A la question : « Où apprend-on le plus ?», ils mettent à la première place la famille, suivie de l'école, la télévision n'arrive qu'à la troisième position.


Dorothée : la chasse aux canards

Ici Paris – 6 novembre 1991

Dorothée entre enfin dans le Who's who, véritable baromètre du panthéon de la notoriété. Sa notice biographique permet d'apprendre que l'animatrice préférée des enfants collectionne les succès mais aussi les canards. Des objets de toutes tailles, en porcelaine ou en d'autres matières, qu'elle recherche avec passion lorsqu'elle dispose d'un peu de temps pour fouiner. Une chasse aux canards exceptionnellement ouverte, pour elle, toute l'année...


Les enfants du cri

Extrait de l’article « Ce que vous ne voyez jamais à la télé »

Le nouvel observateur – 12 décembre 1991

A vrai dire, c'est surtout par des cris que les enfants cathodiques se manifestent sur l'écran. Ils ont d'abord une existence gutturale. C'est pourquoi nous nous demandons sans cesse si ces gosses sont réellement de chair ou si ce sont des faux, agités par un manipulateur. Ecoutons Dorothée lorsqu'elle fait une brève incursion sur le plateau : « Bonjour ! Ça va ? Bon alors, nous allons passer ensemble trois heures de... ? » Les gamins, en hurlant : « De folie ! » Voilà, c'est tout. Cette fée venimeuse, fausse blonde vrai rictus, a fait son boulot, deux petits mots et puis s'en va, elle peut continuer à faire la promo de son dernier album et à gueuler en voix off. Elle peut les laisser, les bambins, devant les dessins animés japonais, pas plus stressants que les « Contes » de Perrault ou de Grimm, seulement voilà, Dorothée n'a rien d'une mère qui viendrait avec tendresse apaiser les frayeurs. S'il y a bien une chose dont elle se fout, Dorothée, c'est des mômes. Un créneau comme un autre. Vous l'avez déjà vue les toucher, leur parler, leur sourire, les embobiner comme sait le faire, bateleur inimitable de la fête foraine dominicale, un Jacques Martin ?
Pourtant, elle a au moins le mérite d'être là. De réciter des enchaînements, de pousser la chansonnette, d'apostropher les enfants en permanence par des « tu », « ton », « ta » qui leur donnent l'impression d'être des interlocuteurs très importants. D'être, tout simplement. Ou de ne pas être seuls. Ça n'a l'air de rien, mais au bout du compte - et c'est bien triste à dire – cela vaut encore mieux que tout ce que les autres chaînes proposent, suite de dessins animés, d'histoires, de feuilletons qui peuvent être excellents mais s'enchaînent sans qu'un visage, une voix, une présence viennent mettre un peu de chaleur et de vie dans le poste. Ce flot ininterrompu, qui empêche la pause des esprits en herbe, la respiration et la réflexion, la digestion de l'imaginaire ainsi assené, voilà ce qu'il y a de plus choquant. Jef, le petit aviateur animé de FR 3, est certes charmant. Mais vive la jolie Américaine Amanda, chef d'orchestre de « Pas de panique » sur la Cinq ! L'émission est une publicité clandestine pour les boules Quiès, mais aussi le seul jeu télévisé pour enfants qui fasse appel à des connaissances de bon niveau. Enfin on y échappe à la dictature de l'image pour l'image. Ouf ! Sans doute parce que nous sommes de grands enfants, nous avions failli être hypnotisés !


Dorothée : "Je vois grandir les bébés des autres"

Ciné Télé Revue - Décembre 1991

Chaque année depuis douze ans, Dorothée ne manque jamais le rendez-vous avec son public. Cette année, elle n’a pas eu peur de prendre des risques. Après l’Olympia et le Zénith, la meilleure copine des enfants s’attaque à nouveau au gros morceau : Bercy !
Morte de trac, l’animatrice – vedette de TF1 prépare, avec tout le professionnalisme qu’on lui connaît, un nouveau spectacle qu’elle présentera du 18 janvier au 2 février dans la plus grande salle la capitale française. Avant de partir en tournée aux quatre coins de la France, Dorothée passera par la Suisse et elle terminera son marathon par la Belgique. Accompagnée des Musclés et d’un groupe de danseurs chanteurs africains, la star chantera ses plus grands succès entourée d’effets spéciaux spectaculaires.
Après avoir travaillé d’arrachepied pendant 2 semaines pour amuser les écoliers en vacance, la chanteuse n’a pas relâché la bride. Dorothée passe sans doute plus de temps dans les studios d’enregistrement que dans son appartement parisien dont chaque pièce cache une télévision. Et entre les préparations de l’émission et les répétitions de son prochain spectacle, il lui reste peu de temps pour se consacrer à d’autres loisirs. Mais en compagnie de « Ciné-Télé-Revue », elle est partie à la neige avec les joyeux lurons de son émission, le temps de se confier en toute liberté.
 
- On a l’impression que votre le métier ne vous laisse pas le moindre répit. Es ce le reflet de la réalité ?

- Le plus grand bonheur qu’on puisse avoir, c’est faire le métier qu’on aime. J’ai cette chance extraordinaire. Je rencontre plein de gens, j’ai des cadeaux merveilleux tous les jours, des dessins d’enfants, des bouquets de fleurs, des petits mots d’amour .Je garde tout, même les rubans des paquets ! Je suis récompensée tous les jours. Le sourire d’un enfant, d’une maman contente que son enfant me voie, c’est formidable. Même si je travaille beaucoup, je ne peux pas dire que je fais un métier difficile.
 
- Mais ce n’est pas dangereux de tout sacrifier ?

- Tout est toujours dangereux. Si le public m’oublie, tant pis, j’aurai vécu des moments fantastiques
 
- Ce marathon professionnel ne vous empêche –t-il pas d’avoir une vie privée ?

- Ne vous inquiétez pas, ma vie va très bien. J’ai une vie privée tout à fait normale. C’est vrai qu’en décembre et janvier mon emploi du temps est très chargé. Mais le reste de l’année, j’ai le temps de prendre des vacances, de voir ma famille, de dîner avec des copains, d’aller au cinéma.

- Le Club Do est une petite famille : vous vivez ensemble de tournage en tournage, l’ambiance a l’air joyeuse sur le plateau. Aucune lassitude après toutes ces années ?

- Je suis incapable de travailler en solitaire. Je suis toujours en groupe et en famille, et nous formons une famille unie. Je connais les copains qui travaillent avec moi depuis bientôt dix ans. Chacun participe, on est tous là pour fabriquer l’émission ensemble et non pour se battre. Je suis très protectrice, très mère poule. Alors non, jamais de lassitude, c’est un miracle. Jacky a eu des enfants et je vois ses filles grandir. Ariane a eu un petit bébé qui a maintenant deux ans. Je suis un peu la « Tatie » de tout le monde .J’ai besoin de ça, je ne peux pas être solitaire. Il m’arrive souvent d’inviter à dîner à la maison mes camarades de travail. Je leur promets toujours de leur faire un bon petit plat tiré de ces livres de recette que je collectionne. Malheureusement, il ne reste parfois qu’un œuf et des pommes de terre dans le frigo !

- N’avez-vous jamais envie d’être la vraie maman d’un enfant ?
- Si, mais j’ai encore le temps (Dorothée a 38ans). Jusqu’ici, l’occasion de ne s’est pas présentée. Je ne planifie rien, pas même ma vie privée.

- Quels souvenirs gardez-vous de votre premier passage sur scène ?
- La première fois, je ne me suis rendue compte de rien. C’est au bout de trois ou quatre jours que je me suis dit : «  T’es à l’Olympia, ma fille, et tu ne t’en rends pas compte ». A partir de là, je me suis payé un trac monstrueux, c’était l’horreur ! Cette salle est chargée d’un passé extraordinaire, je garde toujours un souvenir ému de l’Olympia.


Pas de guerre avec Chantal Goya

- Vous avez fait un parcours étonnant : Speakerine pendant quelques années, un peu de cinéma, notamment avec Truffaut, les émissions pour enfants et aujourd’hui, vous remplissez les salles Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?

Ce n’était pas évident .C’est un peu comme un grand escalier que je monte, et parfois je dégringole. En fait c’est la vie de tous les jours. Je suis très humble. Bien sûr, je suis contente, mais on ne sait jamais jusqu’où ça va aller, je suis la première étonnée. Je n’ai jamais rien planifié de ma vie, tout se passe par des rencontres, des coups de chance .Et puis la fidélité du public me porte. Je ne triche pas.


- Vous avez supplanté Chantal Goya…

- Pas du tout. On a un public commun au départ et chacune nos particularités. Nous sommes amies et je n’ai jamais voulu supplanté quelqu’un. Nous avons nos vies, mais nous ne sommes pas du tout ennemies, heureusement !

- Maintenant vous vous payes le luxe de tourner vos propres séries. Es ce l’idéal ?

- Disons que je donne un petit coup de main aux petits jeunes qui veulent débuter. C’est pour moi une récompense. J’ai tourné « 66 Chump Avenue », une série avec des marionnettes en anglaises. Une nouvelle aventure.

- Plus de violence dans les dessins animés, violence que l’on vous avait reprochée ?

- On m’a beaucoup attaquée a cause de ces dessins animés japonais. Cela m’a beaucoup touchée. Il n’est pas du tout dans mon attention de faire de l’audience avec de spectacles violents. Nous avons une équipe de psychologues pour enfants qui surveille tout ça, et je peux assurer qu’il n’y a rien qui soit susceptible de traumatiser les enfants. Jamais on ne laissera passer quoi que ce soit qui puisse traumatiser un jeune public.

- On vous a fait de proposions pour aller travailler au Etats Unis .Avez-vous hésité avant de refuser ?

- Aucune hésitation, je me sens très bien en France . Je me suis un peu expatriée vers l’Angleterre, mais nous avons tourné une version anglaise puis une version française. C’est une collaboration entre l’Angleterre et la France. Faire des émissions en commun c’est bien pour l’Europe. J’aime bien aller en Chine pour des spectacles et en profiter pour faire quelques émissions de télévision, mais je n’ai aucune envie de m’expatrier. Jamais !

Bernard Ales


Dorothée : Pourquoi vos enfants l'aiment

Télé Poche – 30 décembre 1991

Deux enfants sur trois regardent ses émissions à la télévision. Un véritable phénomène de société. Pour son prochain spectacle, elle attend 140 000 personnes. Rien n'arrête Dorothée. Son secret : rester simple et naturelle, parler aux enfants dans leur langage, en refusant les artifices de l'écran.

Casquette à carreaux, jean et grand pull de laine. Elle fait mine de s'excuser. « On me dit que je n'ai pas le look d'une star. C'est vrai. Je ne m'habille pas à la ville comme à la scène. D'ailleurs, dans mon cas, ce serait plutôt le contraire ! Je m'habille à la télé comme pour aller faire mon marché. Je rajoute juste quelques paillettes sur mon gilet ! » Elle est nature, Dorothée. C'est pour ça que les enfants en raffolent. Si on tente de lui poser, pour la ènième fois, la question « Dorothée, quel est votre secret ? », on repart bredouille. « Désolée, je n'en ai pas. À 38 ans, je m'amuse toujours autant. Je joue la carte de la vérité et de la sincérité. Je ne triche jamais. Les commerçants de mon quartier me voient sans maquillage. » Ses désirs les plus fous, Dorothée les gardent secrets. Mais, elle confie avec enthousiasme : « Je vis toute l'année dans le rêve. Je suis gâtée du 1er janvier au 31 décembre. Mes plus beaux cadeaux, ce sont les lettres d'enfants et de parents. Émouvantes. Touchantes. » Pas blasée. Mais bien au contraire. Elle montre les appeaux et les palmiers qu'elle collectionne. Cadeaux venus d'Allemagne ou de certaines villes des USA.


Le seul hérisson de la famille


Dorothée incarne la bonne fée de la Une. Serait-elle une sainte sans défaut ? « Surtout pas ! Je suis un être humain. Je mange et je bois comme tout le monde. Je suis normale. Même grognon certains matins et je le dis. » Do, comme l'appellent ses amis, il faut la prendre comme elle est. D'ailleurs, elle prend les devants. « J'ai un frère formidable, une mère extraordinaire. En fait, je suis le seul hérisson de la famille. » Pourquoi tant de franchise? « Pour une seule et simple raison. Je suis trop paresseuse. J'admire les gens qui composent, qui ont plusieurs facettes. Moi, je ne peux pas. Ce serait beaucoup trop compliqué ! J'ai été élevée comme ça. »
Quand elle était petite, Frédérique Hoschédé n'avait pas pour habitude de « s'écouter ». « Aujourd'hui, les gamins me donnent un coup de pied aux fesses. C'est très bien comme ça. Le sourire d'un enfant est souvent le plus beau cadeau de la journée. »


Les recettes de cuisine de Dorothée


Mais que fait donc Dorothée lorsqu'elle ne chante pas. « J'adore être chez moi ». Surtout dans la cuisine. « Je peux mettre quatre heures pour faire une ratatouille. Je n'utilise jamais de robots ménagers. Je confectionne tout à la main. » De temps en temps, Dorothée invente carrément des recettes. Là, c'est quitte ou double. « Comme je n'ai pas le sens des proportions, j'en mange pendant quatre jours! Quand c'est réussi, je tente de reproduire la même chose. Mais, ça ne marche jamais. »
Ses délicieux plats, Do les offre à sa maman qui lui rend toujours la politesse avec amour et succès. « Je ne suis pas aussi douée. Maman est un cordon bleu hors-pair. Et, ma grand-mère était un vrai chef-cuisinier. »
Dorothée est la meilleure copine des enfants, d'accord. Mais elle refuse catégoriquement – et vous la connaissez, quand c'est non, c'est non - de jouer super-Dorothée. Do, c'est l'anti-fée ! Donner des conseils, ça jamais ! « Ce n'est pas mon rôle. Je suis l'amie des enfants. Ils me confient leurs secrets, leurs joies et leurs peines. Je désire qu'ils ne se montrent pas égoïstes. Et, en général, ils ne le sont pas. Ils sont capables de se battre et, dans la même minute, d'offrir un jouet à un petit garçon qui n'a rien. »
C'est pour elle plus important que de les voir bien travailler à l'école. Son souhait le plus cher : « Qu'ils restent des enfants et qu'ils rêvent le plus longtemps possible. » Pour elle, le plus important, c'est de ne pas oublier la famille. « C'est vrai, je reviens toujours à la famille. Je pense à ceux qui ne sont plus là avec un petit pincement au cœur. Je voudrais dire aux enfants qu'il ne faut pas oublier les grands-parents, les tantes et oncles qui sont souvent seuls. Ne pas faire appel à eux seulement lorsqu'on en a besoin. Après, c'est trop tard. »


Plusieurs générations de fans enthousiastes


L'année 1992 commence. C'est l'époque des vœux. « Il me semble très démagogique de désirer la paix et le bonheur pour tous et surtout pour les enfants. Pourtant, c'est ce que je leur souhaite. » Il ne faut pas compter sur Dorothée pour demander aux enfants de lui rester fidèles. « Oh ! Que non ! Il ne faut surtout jamais forcer qui que ce soit. » Mais son sourire en dit long lorsqu'elle voit débarquer de jeunes parents qui étaient ses fans d'antan, qui tiennent dans leurs bras des enfants débordant d'amour pour leur idole. « C'est vraiment génial, mais ça ne me rajeunit pas. J'en prends comme un drôle de coup dans les dents ! »


Isabelle GAUDON


LA TOURNÉE DE DOROTHÉE
Immédiatement après son spectacle au Palais Omnisports de Paris- Bercy, notre très active Dorothée va sillonner les routes de France, de Belgique et de Suisse.
FÉVRIER: Le 6, à Bourg-en-Bresse, le 7 à Dijon, le 8 à Voujaucour, le 9 à Saint-Etienne. Le 14 à Limoges, le 15 au Mans, le 16 à Orléans, le 27 à Bordeaux et le 29 à Marseille.
MARS: Le 1er à Antibes, le 4 à Clermont-Ferrand, le 6 à Toulouse, le 7 à Nîmes, le 8 à Montpellier. Le 15 à Nancy, le 21 à Argentan, le 22 à Lievin, le 24 à Lons-le-Saunier, le 25 à Epinal et le 28 à Tours.
AVRIL: Les 3, 4 et 5 à Bruxelles. Le 7 à Colmar, le 8 à Lyon, le 9 à Grenoble. Les 11 et 12 à Genève.


UN BERCY QUI DÉCOIFFE POUR DOROTHÉE-ROCK
Dorothée s'installe à Bercy du 18 janvier au 2 février. Jean-luc Azoulay, producteur et ami de Dorothée, n'en revient pas. « Je me demande comment Dorothée peut porter ce lourd spectacle sur ses frêles épaules ! » Elle attend cent quarante mille personnes ! « Toujours plus fort » semble être sa devise ! Pour ce spectacle sous le signe de l'aventure, Dorothée a réquisitionné 5000 projecteurs, 12 lasers, 10 musiciens, 2 choristes, 8 danseurs, Les Mus-
clés renforcés (la bande s'agrandit), 4 cascadeurs, un groupe zaïrois et Jacques Rouveyrollis pour les lumières. « En tout, il y a 120 personnes sur le pont. On ne peut pas offrir un spectacle riquiqui. A Bercy, il ne passerait pas la rampe. » Dorothée-chanteuse n'a rien à voir avec l'animatrice de télé. Elle décoiffe ! Ce n'est pas pour rien que les Chinois l'ont baptisée Dorothée-rock!

DOROTHÉE PLÉBISCITÉE
Deux enfants sur trois plébiscitent Dorothée et les séries qu'elle propose dans son « Club ». L'art de Dorothée, c'est d'instaurer un dialogue avec ses téléspectateurs. Une interactivité permanente qui fait que chaque enfant peut recevoir des cadeaux, être cité et donner son avis sur les séries. Les séries stars de Dorothée : le mercredi 18 décembre, « Le petit chef » a obtenu 60 % d'audience auprès des 6/10 ans et 61% auprès des 11/14 ans. « Salut les musclés » a été regardé par 70 % et 68 % des jeunes télé- spectateurs. « Nicky Larson » par 71% et 66% et « Les jumeaux du  bout du monde » par 83 % et 74 %.