Articles - 1996

De New York au Zénith !

1996

Depuis le 12 janvier, Dorothée est de retour sur scène. Cette année, elle a choisi le Zénith pour un nouveau spectacle intitulé « Bonheur City » avant d'entreprendre une grande tournée dans toute la France. Pour mieux se préparer, elle s'est rendue à New York. Interview.


- Pourquoi New York ?
- J'avais envie de dépaysement. De voir un maximum de spectacles, de comédies musicales pour mieux m'imprégner de l'ambiance musicale qui règne dans cette ville. C'est d'abord le feeling que je recherche.


- Après Bercy, pourquoi avoir choisi le Zénith ?
- Pour changer. Après quatre spectacles à Bercy, j'avais envie de proportions plus humaines. Et puis, il ne faut pas prendre des habitudes.


- Quelles sont les particularités de « Bonheur City » ?
- C'est une ville dans les nuages, des tableaux différents, et aussi la participation du groupe MN8. Nous pensons y donner cinq spectacles avant de partir en tournée à travers la France, la Belgique, etc.


- Le trac, vous connaissez toujours ?
- Plus ça va, plus j'ai le trac. Je n'arrive pas à m'en débarrasser. Ceux qui affirment ne pas l'avoir... « soit ils mentent, soit ils ne disent pas la vérité... »


- Qu'est-ce qui vous fait courir ?
- Je m'amuse. Voir les gens s'amuser me fait vraiment plaisir. Pendant deux heures, ils ont oublié tous leurs soucis et ça c'est primordial, surtout en ce moment.


- Quel est votre rôle au sein de AB Productions ?
- Je suis chanteuse chez AB Disques et je commande à AB des émissions pour la jeunesse et la famille pour TF1. Nous travaillons ensemble, nous voyons les choses de la même manière, c'est tout.


- Allez-vous jouer un rôle sur la nouvelle chaîne AB 1 ?
- Non. J'ai suffisamment de choses à faire comme cela. Mais j'en serai la marraine de cœur, la première speakerine.


Propos recueillis par Christine Watson


Dorothée à Bonheur City

TV Hebdo - 14 Janvier 1996

Un nouvel album, le Zénith, à Paris, avant une tournée et la télévision, Dorothée n'a eu qu'une courte trêve. C'est de New York, où elle passait de courtes vacances, que Dorothée a répondu aux questions de TV Hebdo ». La voix légèrement prise - rhume et cigarettes n'arrangent rien , Dorothée ne rêvait alors que de ses retrouvailles avec « ses copains », autrement dit tous les enfants qui seront au rendez-vous de son nouveau spectacle au Zénith jusqu'au 17 janvier...

- La nouveauté sur scène, c'est de voir en première partie le groupe MN8. Une présence étonnante, non ?
- Dorothée: Ces quatre rappeurs anglais étaient venus chanter dans Club Dorothée, où j'invite souvent des groupes de techno et de dance. Je me suis bien amusée avec ces gars jeunes et cool. De fil en aiguille, ils ont voulu faire la première partie de mon show.

- La techno est-ce votre nouvelle tasse de thé ?
- D.: Je n'écouterais pas cela quinze heures par jour, mais c'est une musique sympa. Même si, personnellement, je reste une vraie fan de rock.


- Quel rock?
- D.: Les vieux de la vieille. Jerry Lee Lewis, Chuck Berry ou encore Eddy Cochran. Tous ceux qui ont fait la légende.


- Que faites-vous à New York?
- D.: Je prends de courtes vacances. Ici, j'ai pris surtout un véritable bain de comédies musicales pour réfléchir à mon nouveau spectacle. Avant d'attaquer les répétitions.


- Parlez-nous de ce nouveau show au Zénith...
- D.: Ce sera l'ambiance de Bonheur City, la chanson qui ouvre mon dernier album (1), avec le décor d'une ville de rêve, du romantisme et du rock. Comme d'habitude, je serai entourée de tous mes potes musiciens et de dix-sept danseurs. Et, pour la première fois, j'interprète quatorze chansons inédites
sur scène.


« Oublier tous les soucis de la vie »


- Dans « Je suis amoureuse de toi », vous dites « Les gens sont tristes / Ils ne savent plus rêver. » Voulez- vous lancer un message d'optimisme ?
- D.: Je n'ai aucun message à donner, mais la morosité est bien là. Alors, je rappelle à tous les copains que nous sommes ici pour rire, danser, chanter ensemble. Et oublier tous les soucis de la vie.


- Etes-vous étonnée de voir les jeunes générations vous suivre ?
- D.: Je croise les doigts ! Ça marche. Même s'il n'y a pas encore de véritable altemance des générations, des adolescents qui m'aimaient bien viennent au concert avec leur petit frère. C'est touchant.

- Au même moment sort L'Album en vidéo, réalisé par Pat Le Guen. Dans le clip de Bonheur City, toutes les vedettes des « sitcoms » vous accompagnent pour la première fois. Un véritable esprit de clan ?
- D.: Absolument. Pourquoi ne pas profiter de tous ces comédiens ? Sans tomber dans le cliché de la famille, il règne, chez AB Productions, un véritable esprit d'équipe. Nous faisons souvent des fêtes entre nous.


- Dans « A l'école », vous vous déguisez en plusieurs personnages. Aimez-vous cela ?
- D.: J'adore me travestir. Et c'est la version que je préfère dans cette vidéo. L'année dernière, dans le clip de « Si j'ai menti », je pastichais déjà tous les amis musiciens.


- AB vient de lancer un bouquet de chaînes sur le satellite Eutelsat 2. Suivez- vous de près ce projet ?
- D.: Non, car j'ai passé le plus clair de mon temps à préparer ce nouveau spectacle.


- Regardez-vous beaucoup la télévision?
- D. Malheureusement, oui ! Je suis une fan du petit écran, alors je zappe, dès que j'ai un moment.


- Qu'est-ce qui ne vous plaît pas du tout?
- D. Les émissions politiques : là, je zappe !


- Aimez-vous le Nounours de Bonne Nuit les petits?
- D. Même si j'ai été élevée avec lui, il ne m'a jamais vraiment plu. Mon univers, ce serait plutôt Le Manège enchanté.


Propos recueillis par François Cardinali


1) Disques et Vidéo AB Productions. En tournée : Dorothée sera, entre autres, à Bruxelles, le 20; Lille, le 24; Marseille, le 28; Bordeaux, le 3 février; Strasbourg, le 7.


Bientôt un bébé?

Nous Deux - 13 février 1996

A quelques semaine de son nouveau tour de chant, celle qui pour le public, symbolise la joie de vivre nous confie ses chagrins...

Depuis bientôt vingt ans, des millions de gens adorent l'artiste, mais très peu connaissent la femme. Normal : Dorothée claque la porte au nez des curieux. Généreuse en amitié et débordante de bonne humeur, elle est avare de confidences. On finit cependant par comprendre que son sourire cache quelques larmes. Au détour de questions qui la dérangent, l'idole des enfants avoue protéger ses faiblesses par ses silences...

- Nous Deux : Quel est le secret de votre éternel jeunesse?

- Dorothée : Je peux remercier ma mère, car j'ai beaucoup de chance. je ne fais ni sport ni régime particulier, et je vous promets que je n'utilise aucune crème de jouvence! (Rires) les années laissent sans doute quelques traces, mais il est vrai que je ne me sens absolument pas vieillir. en fait, la passion qui m'habite fait que je conserve le même enthousiasme qu'à mes débuts.

- Votre bonne humeur égaie depuis longtemps l'univers des enfants et, à travers vos émissions et votre engagement humanitaire, vous leur consacrez beaucoup de temps. Comment se fait-il que vous n'en ayez jamais eu?

- Parce que cela ne s'est pas fait, tout simplement. Mes raisons n'ont rien à voir avec mon métier, et je préfère les tenir secrètes. Toutefois, même si je ne dois plus trop tarder (elle a 42 ans), il me reste encore un peu de temps si je veux faire un bébé. Je peux très bien changer d'avis!

- Pourquoi tenez vous si farouchement à entretenir le mystère concernant votre vie privée? Est-ce par crainte de ne plus vous appartenir?

- Non, c'est une forme de respect. de toute façon, qu'on en parle ou pas, les gens déforment tout ou inventent. Alors je préfère me taire, conserver un jardin qui n'appartienne qu'à moi.... Sans doute est-ce aussi de la timidité. Comme je suis d'une extrême sensibilité, la moindre petite méchanceté me blesse terriblement. Aujourd'hui encore, il m'arrive de pleurer quand je lis une mauvaise critique sur moi. Mon silence me protège....

- Etes vous aussi secrète avec vos proches?

- Non, car je suis entourée de gens en qui j'ai confiance. lorsqu'il m'arrive quelque chose d'agréable, ma mère est ma première confidente. Pour les mauvaises nouvelles, j'attends de les digérer avant de les lui annoncer. Quand à mon père, je l'ai perdu il y a quelques années et il me manque. Alors, en cas de coup dur, je fonce chez mes amis.

- Que faites-vous lorsque vous ne travaillez pas?

- En général, j'en profite pour voir les copains. je peux aussi me mettre à cuisiner. J'adore ça, bien que je ne sois pas très douée. En revanche, je ne suis pas du tout femme d'intérieur. Tout ce qui est ménage ou rangement me fait horreur! En fait, je déteste jeter. Je suis née sous le signe du Cancer, je suis donc très conservatrice. Même quand ce n'est pas particulièrement beau, je ne peux pas me séparer d'un cadeau, parce qu'il vient du coeur. Mon bureau et ma maison en sont d'ailleurs remplis! J'avais aussi gardé tous mes costumes de scène ainsi que des affaires ayant appartenu à mes grands-parents. je tenais beaucoup à ces souvenirs, et j'ai tout perdu il y a trois ans, lors des inondations, à Paris. J'ai eu tellement de mal à m'en remettre qu'aujourd'hui j'accorde moins d'importances aux valeurs matérielles.

Véronique AIACHE


Dorothée : "J'ai la tête dans les étoiles"

Quel avenir Magazine - Mars 1996

-Pendant quelques années, Mme Soleil a participé à vos émissions. Cette collaboration vous a-t-elle développé le goût de la voyance et de l’astrologie ?

- J’ai été très versée là-dedans il y a un moment, mais je m’en suis éloignée et, aujourd’hui, je n’y connais plus grand chose. Je vous avouerai que toutes les sciences occultes et parapsychologiques m’intriguent énormément et m’amusent en même temps. Mais mes connaissances en la matière ne me permettent pas de dire que j’y crois énormément.


-Vous vous intéressez cependant à l’astrologie ?

-Ce ne sont pas les prédictions que cette science permet d’établir qui me fascinent, mais les similitudes que peuvent avoir les personnes de même signe. Je me rends compte à quel point les caractères et les personnalités de 2 Cancer, Balance ou autres se ressemblent. Toutefois, même si j’émets quelques réserves quant à la fiabilité des prédictions, je dois reconnaître que Mme Soleil disait souvent des choses étonnantes.

-Pensez-vous que la voyance directe ou le tarot soient plus fiables que l’astrologie en matière de prédictions ?

-Je ne suis pas très bien placée pour être aussi affirmative, mais je m’étais amusée à apprendre le tarot et, à un moment donné, j’ai pris peur parce que je voyais des choses qui se révélaient exactes. J’ai arrêté ensuite.


- Vous arrive-t-il aujourd’hui de consulter des voyants ?

- Non. A l’époque où Mme Soleil faisait partie de notre équipe, nous parlions beaucoup toutes les deux. Aujourd’hui, je n’en consulte pas parce que, pour tout vous avouer, je crois que j’en ai peur. Je n’ai pas envie de savoir ce qu’il va m’arriver, sinon, je risque de ne plus penser qu’à ça.


- Ne suffit-il pas, au contraire, de se convaincre du pouvoir de notre volonté pour agir sur les évènements ?

- Non, ce n’est pas dans ma mentalité. Je préfère agir au moment où je dois le faire, quitte à prendre les mauvais chemins ou à faire des choix qui ne sont pas des plus judicieux. Mais je refuse de savoir, de préméditer.

- En ce qui vous concerne, avez-vous pris votre destin là où il vous attendait ?

- Pas vraiment… Je ne m’imaginais pas faire un métier qui soit lié avec le show-business puisque je voulais faire du tourisme. Tout a démarré l’année de mon bac, en 1974. Je m’étais amusée à monter Un caprice de Musset en spectacle de fin d’année. La pièce fut présentée au concours inter-lycées et arriva en finale. Un des membres du jury me proposa alors de faire de la télévision et dès que j’ai commencé, et je ne l’ai plus quittée. En fait, elle m’a piégée.


- Vous êtes satisfaite aujourd’hui du chemin que la vie vous a fait emprunter ?

- Il est de toute façon inutile de regretter quoi que ce soit puisque je ne peux pas revenir en arrière.


- Voulez-vous dire par là que vous ne vous penchez jamais sur votre passé ?

- Oh ! Ne croyez pas cela. Je suis au contraire une farouche conservatrice du passé. J’avais plein de choses auxquelles je m’étais attachée. Le signe du Cancer est très conservateur. Même quand ce n’est pas particulièrement beau, je ne peux pas me séparer d’un cadeau qu’on me fait parce qu’il vient du cœur. Mon bureau et ma maison en sont d’ailleurs remplis ! J’avais gardé tous mes costumes, mes disques, des objets de mes grands-parents, des choses auxquelles je tenais, et j’ai tout perdu il y a 3 ans, lors des inondations à Paris. J’ai eu tellement du mal à m’en remettre qu’aujourd’hui, j’accorde moins d’importance aux souvenirs matériels.


- Vous venez d’évoquer les gens que vous aimez et qui ont disparu. Vous est-il arrivé de communiquer avec eux ?

- Je pense beaucoup aux gens qui m’étaient très proches, bien sûr, parce que j’aimerais qu’ils soient encore là. Certains sont partis trop tôt. Je pense souvent à mon père, mes grands-mères et à mes tantes. L’enfance qui revient, comme je vous le disais tout à l’heure, mais jamais, au grand jamais, je n’ai essayé de rentrer en contact avec eux.

- Certains pensent que nous sommes tous protégés par des anges gardiens. Seriez-vous plutôt tentée de croire que ce sont les personnes proches disparues qui veillent sur nous ?

- C’est une très jolie pensée qui aide certainement dans les moments difficiles. Je suis en effet croyante et j’ai appris à croire en Dieu tout le temps. Pas seulement lorsque j’en ai besoin. C’est vrai qu’on râle un peu quand il arrive de mauvaises choses mais c’est sûrement ainsi qu’elles doivent être…


- Avez-vous tendance à vous en remettre à Dieu pour expliquer les faits de votre vie que vous ne comprenez ou ne maîtrisez pas ?

- Cela dépend. De toutes façons, je baisse un peu les bras quand je me sens impuissante face à certains évènements. Si je sens que je peux faire quelque chose, je suis la première à me battre.


- Avez-vous en Dieu une confiance absolue ?

- Bien évidemment ! Il faut dire que lorsqu’on nous apprend au catéchisme que tout ce qui nous arrive est mérité, j’ai du mal à l’admettre quand je vois les proches mourir, les guerres, la famine et l’injustice dans le monde. C’est une contradiction à laquelle j’ai franchement du mal à m’habituer. On peut toujours se révolter, mais qu’est-ce que cela change ?…


- Cela veut dire que votre foi en Dieu est inattaquable ?

- Certainement pas puisqu’en plus, je ne pratique plus. Les propos et les comportements de certains curés m’ont dégoûtée et je ne vais plus aux messes.


- Y a-t-il encore un rêve que vous avez envie de réaliser ?

- C’est étonnant, mais tout le monde me pose cette question. Eh bien : aucun. Je ne projette jamais rien. Je me refuse à ça pour la simple raison qu’on ne peut jamais savoir si un rêve va se réaliser. Ne rien prévoir, c’est ne pas être déçue.


- Avoir des rêves, c’est avoir des buts. N’en avez-vous aucun ?

- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont deux choses très différentes. Un but est un objectif précis que l’on veut atteindre et pour ce faire, on avance directement et de façon concrète. Un rêve est totalement impalpable. J’ai déjà tout le temps la tête dans les nuages, alors, imaginez si je l’ai aussi dans les rêves !


- Plus on parle avec vous, plus on vous découvre très prudente… Tout en ayant la tête dans les nuages, vous avez les pieds bien sur terre !

- Oui. C’est toute l’ambiguïté de ma personnalité. Je passe en effet mon temps à avoir la tête ailleurs. Ce que je pourrais cependant me reprocher, c’est d’être un peu trop raisonnable. C’est tout le problème des Cancer. C’est un signe très raisonnable. Non pas que cela me dérange, mais j’aimerais savoir de temps en temps m’accorder une folie. Par exemple, en plein milieu de la semaine, sans prévenir personne, prendre un petit sac et partir loin quelques jours. Mais j’en suis incapable ! Je n’oserais jamais faire cela. Trop de responsabilités et de gens me retiennent à Paris. Peut-être que je le ferai quand je serai vieille…


- Si vous aviez quelques mots pour vous définir ?

- Je n’en ai pas la moindre idée. Comme je ne passe pas mon temps à me regarder de l’intérieur, je réagis comme je suis, ce qui est parfois dangereux…


Véronique Aiache


Aux enfants, je dis que j'ai 4 ans!

Télé Star - 1996

Résultats d'audience, nombre de disques enregistrés...elle déteste les chiffres. Même lorsqu'il s'agit de son âge.


Bercy, au milieu de ses copains


Dorothée affectionne le contact avec ses milliers de copains. Alors, pour ses concerts à Bercy, du 4 au 15 décembre la scène sera installée au milieu de la salle. « On avait chanté en Chine dans une salle de sport où il n'y avait pas de scène. On était disposés sur le parquet, au pied du public. J'ai trouvé ça sympa ! » Et pour faire encore plus sympa, le spectacle fera appel à la magie Son meilleur four restant celui qui consiste à remplir Bercy de copains jusqu'à ras bord. Et ce n'est pas de l'illusion

- Télé Star : Votre nouvel album sort ces jours-ci. Combien de disques avez-vous enregistrés au total ?

- Dorothée : C'est une question piège ! J'ai commencé en 1979 et depuis j'ai sorti un disque par an.

- Au début, la musique, est-ce une de vos envies?

- On me l'a proposé, moi je ne voulais pas. Et j'ai craqué, comme pour la télé.

- Vous vous produisez une nouvelle fois à Bercy, mais aucune place n'a été mise en vente...

- En fait, on a commencé à les proposer aux comités d'entreprise de collectivités et finalement ils ont tout pris (plus de 200 000 copains spectateurs sont attendus) ! Et on ne pouvait pas ajouter de dates supplémentaires dans le programme de Bercy. Moi je peux le faire six mois, si vous voulez !

- Vous êtes l'invitée de «L'école des fans». C'est la première fois que l'on vous verra sur France 2, depuis 1987 et votre arrivée sur TF1. En 1994, France 2 avait même interdit votre participation à « Frou-Frou »... Pas de problème, cette fois ?

- Miracle, non.

- Finirez-vous votre carrière à TF1 ?

- Je ne sais pas, je ne vois jamais très loin. Ça n'a pas changé de ce côté-là ! C'est négatif de faire un truc au présent, et penser en même temps à demain.

- C'est assez étonnant, puisque à la télévision tout change très vite...

- II faut être prêt à réagir, c'est tout.

- Et si c'est trop tard ?

- Tant pis, c'est le destin. C'est un risque à prendre.

- Seriez-vous prête à présenter une émission complètement différente du « Club Dorothée » ?

- Non, vraiment.

- On vous l'a déjà proposé ?

- Non, j'ai l'étiquette maintenant. Mais je touche déjà à tout de toute façon...

- Mais toujours dans le format jeunesse...

- Jeunesse et famille, donc tout public.

- On lit un peu partout que votre audience s'érode. Confirmez-vous les chiffres ?

- Je déteste les chiffres. Je les lis et je les oublie. Tout ce que je sais, c'est que les écrans pubs sont complets...

- Vous ne vous trompez jamais ?

- Si et on change. L'Audimat nous montre les erreurs et le courrier aussi (le « Club Dorothée » reçoit 5000 lettres tous les deux jours environ). Les jeunes osent dire ce qu'ils pensent et pas seulement en négatif.

- Quelles sont les critiques qui reviennent souvent ?

- Celles concernant le choix des séries. En majorité, les copains déterminent notre programme. Sauf exception, comme « Dragon Ball Z » refusé par le CSA (dessin animé japonais jugé trop violent), alors que c'est la plus demandée. Mais la loi c'est la loi. Je ne vais pas faire la guerre. Je ne suis pas agressive comme on le dit. Je suis juste timide.

- Vous avez pris l'habitude d'appeler les enfants «les copains». Même à 43 ans, ça vous est encore naturel ?

- On est vraiment amis. Quand ils demandent mon âge, je réponds que j'ai 4 ans. L'âge c'est encore des chiffres ! Je hais les chiffres !

- Vous auriez pu être institutrice?

- C'est ce que ma grand-mère paternelle voulait et j'ai dit non ! Je n'aurais absolument pas pu. Je n'aime pas l'école.

- Comment passez-vous de l'univers « copains » à votre univers d'adulte ?

- Je suis toujours la même. Je suis un être humain, point. Un être normal. Enfin, autant qu'on puisse l'être...

Olivier Cabrera


Dorothée : "Je suis une artiste, pas une femme d'affaires !"

Télé 7 Jours - 1996

Et si c'était l'animatrice la plus controversée du moment ? Il ne se passe pas une semaine sans qu'une rivale comme Maureen Dor, ou un humoriste ne la critique ou ne la parodie. Habituée à prendre ainsi les coups, elle décide de contre-attaquer. Non sans humour.

- A 43 ans, est-ce vraiment raisonnable de jouer à l'adolescente attardée pour les enfants de 4 à 9 ans ?
- Sympa la question ! Regardez la chanteuse américaine Carol Channing qui a 90 ans. Elle a créée "Hello Dolly" en 1965 et elle remonte sur scène. C'est la preuve que l'âge n'est pas en question dans ce métier si la sincérité est toujours là.

- Certains doutent de votre sincérité. Ségolène Royal vous a accusée de "faire dans l'enfant", tout comme d'autres font dans la charcuterie.
- Je ne la connais pas, mais on m'a déja rapporté ses propos. Il est évident qu'elle ne m'aime pas. Peut-être que ses enfants regardent pourtant "Club Dorothée"...

- Et les propos peu aimables tenus à votre égard par votre copine Maureen Dor dans "Ca se discute", de Jean-Luc Delarue, ça ne vous touche pas non plus ?
- Elle n'est pas ma copine, cette fille, je ne l'ai jamais rencontrée. Elle a été un temps en concurrence avec moi, mais ça ne justifie pas ses propos. Je respecte les autres, mais s'ils sont bêtes et méchants, tant pis pour eux !

- Ne craignez- vous pas que vos petites copines d'AB, Hélène et les autres vous poussent vers la sortie ?
- Pas du tout, il n'y aura pas de Dorothée bis. Ces gamines sont des comédiennes et ne sont pas attirées par l'animation. De toute façon, Hélène est ma petite soeur, les autres sont de vraies copines. Alors pourquoi devrai-je m'inquiéter ? J'aime bien, de temps en temps, faire confiance à quelqu'un.

- Votre audience sur TF1 a chuté de 9% en deux ans. La tendance n'est-elle pas en train de s'inverser ?
- N'exagérez pas. Je suis toujours en tête. Quand tout va bien, tout le monde trouve ça normal. Dès qu'il y a un grain de sable, c'est la catastrophe. La vraie concurrence peut venir des émissions du câble, mais elle est faible. Quant à Maureen Dor, ses émissions sont supprimées. Alors, une petite érosion ne m'affole pas...

- Deux heures d'émission en moins le mercredi après-midi, ça n'est pas inquiétant ?
- Non. Après Janvier, la pub est en baisse dans les émissions pour les jeunes. Moins de pub signifie donc moins d'émissions pour ce public à ce moment-là.

- En cas de problèmes, vous pourrez vous retourner vers vos partenaires d'AB Productions.
- Je m'insurge ! Chez AB, ce ne sont pas mes partenaires mais mes clients. Je n'ai pas de parts dans leur société, comme on l'a dit. Je ne suis pas une femme d'affaires mais une artiste salariée par TF1. Et puis j'aime trop les enfants.

- On vous a souvent accusée de ne pas les aimer.
- C'est grave et insupportable parce que c'est archifaux. Un journaliste a lancé ce bruit sans réaliser à quel point il allait me blesser. On ne peut pas faire des émissions pour les enfants si on ne les aime pas. Ce type devrait voir un psy, il propagerait sa violence ailleurs !

- A propos de psy, des spécialistes ont dit que "le mythe Dorothée avait dévoré la femme".
- Je suis ce que je suis. Je ne mets pas de talons hauts et de robes longues mais je suis une femme comme les autres. J'ai une vie privée en dehors du boulot. J'ai un homme dans ma vie et tout va très bien pour moi de ce côté-là, merci.

- Est-ce un futur papa pour un éventuel bébé ?
- Je n'en sais rien, cela ne s'est pas encore fait. C'est mon domaine privé. Disons que ça peut arriver. J'ai encore une toute petite marge... mais je dois me dépêcher !

Estelle Girardin-Briand


Dorothée : "Les gens qui s'attaquent à moi sont toujours punis"

Télé 7 Jours - 1996

Il y a peu, on croyait son règne fini. Mais entre TF1 et Bercy, la retraite n'est pas pour demain.


- Télé 7 Jours: L'année se termine en beauté pour vous. Vous avez remporté un vrai succès à Bercy?
- Dorothée : Il y a eu onze représentations en tout, parfois trois par jour, et on a affiché complet à chaque fois. Cette année, j'étais sur une scène au cœur du public. Une petite innovation par rapport à mes spectacles précédents.


- T.7J. Vous avez interprété les titres de votre dernier album « Dorothée 97 ». Le thème de l'amour déçu ou perdu revient souvent. Vous venez vous-même de vivre un échec amoureux? 

- Dorothée : Pas du tout. Je suis toujours amoureuse!


- T.7J.: De qui?
- Dorothée : Top secret! Il ne faut pas prendre les chansons trop au sérieux. Elles sont un prétexte à chanter et à danser, c'est tout.


- T.7J. Vous êtes populaire chez les enfants. Vous ne cherchez pas à faire passer des messages à travers vos chansons?
- Dorothée : Je ne suis pas l'auteur des textes. A partir du moment où ils sont bons et que la musique me plaît, je les assume. Mes chansons parlent aussi d'amitié et de voyages, de rencontres.


- T.7J. L'an dernier, les critiques pleuvaient et votre audience chutait. On vous disait même
perdue face à Maureen Dor. Vous avez bien remonté la pente...
- Dorothée : C'est très bien d'avoir de la concurrence. Il faut offrir des programmes différents. Moyennant quoi, je suis toujours là et je savais que les critiques étaient fausses. L'émission de Maureen, je vous avoue ne pas l'avoir souvent regardée. Je ne cherche pas à me venger. Les gens qui s'attaquent à moi sont toujours punis un jour ou l'autre.


- T.7J. Vous êtes la doyenne des émissions pour enfants mais leur contenu n'évolue pas. Pourquoi?
- Dorothée : Les copains aiment ce qu'on leur propose, donc on donne ce qu'ils réclament. On essaie de créer mais ça ne se fait pas en un mois.


- T.7J. Le dessin animé « Dragon Ball Z » a récemment été supprimé du « Club Dorothée » pour cause de violence. Vous qui défendez les valeurs d'amour et d'amitié entre les enfants du monde entier, avoir programmé un tel dessin animé n'était-il pas à l'opposé de vos idées?
- Dorothée : Il ne faut quand même pas prendre les téléspectateurs pour des idiots. Ils savent faire la différence entre les dessins animés et la vie ! C'est dommage que « Dragon Ball » ait disparu car ça plaisait à tout le monde. Et puis je vous rappelle que nous avons une équipe de psychologues qui surveille tout ce qui passe à l'antenne et donne son aval.


- T.7]. Après Patrick Simpson-Jones, Corbier ne fait plus partie de l'équipe du « Club Dorothée ». On a entendu dire que l'ambiance n'est pas aussi bonne qu'elle y paraît...
- Dorothée : C'est totalement faux. Patrick est aux États-Unis et Corbier a décidé de se consacrer à l'écriture de chansons. On continue à se voir et à faire la fête ensemble. Et puis on a engagé Éric Galliano.


- T.7J. Vous avez 43 ans, une allure d'éternelle jeune fille et vous appelez les enfants vos « copains ». Ça ne vous paraît pas un peu exagéré?
- Dorothée : Ça veut dire quoi l'âge? Quand je discute avec un enfant, on est vraiment des copains. On rit des mêmes choses, on s'amuse de la même façon. J'ai toujours une âme d'enfant. Je n'ai pas vieilli dans ma tête.


- T.7J.: Vous ne pensez pas qu'il y a un âge limite pour présenter des émissions destinées à la jeunesse ? A quand la retraite?
- Dorothée : Quand vous regardez les programmes pour enfants dans le monde entier, ce ne sont que des papies et des mamies qui les présentent. Donc, j'ai encore le temps.


- T.7J.: Après vingt-trois ans de télé pour enfants, vous n'avez pas envie de passer à autre chose? D'autant qu'AB Productions propose son bouquet de chaînes satellite pour début 97...
- Dorothée : J'ai des idées pour l'avenir, mais pour l'heure, je préfère me consacrer entièrement aux enfants. Animer des débats pendant des heures et des heures, non merci. La télé c'est des images, pas du bla-bla.


Emmanuelle TOURAINE
Photos Ch. AUBERT

 

Dorothée : "Sauver une seule vie, c'est déjà magnifique!"

Ciné télé revue – 19 décembre 1996

Au printemps dernier, l'avenir de Dorothée à la télévision semblait compromis. La suppression de ses émissions quotidiennes ne laissait rien présager de bon, même si l'animatrice conservait ses rendez-vous du mercredi et du samedi. Pourtant, depuis la rentrée, la reine des enfants a repris sa place journalière dans la grille de TF1 et évolue à l'antenne dans un univers réactualisé. En plus, son spectacle "Dorothée Magique" vient de récolter un joli succès sur la scène de Bercy, et l'animatrice sort un premier single extrait de l'album "La honte de la famille", qu'elle interprète en duo avec Jennyfer dans le rôle de sa "petite sœur". Dorothée s'explique sur les changements de ces derniers mois.


- Le "Club Dorothée" vit désormais sous le signe de l'informatique. Les enfants ont-ils un tel besoin d'outils de pointe ?
- Nous sommes devenus une émission cyber, disposant d'un ordinateur qui permet d'avoir des nouvelles du monde entier et de joindre des correspondants aux quatre coins de la planète. Cette recherche de l'actualité fait dorénavant partie de la vie des enfants. Leur vie tourne autour de l'informatique. Alors, autant se mettre au goût du jour. Auparavant, les jeunes ne bénéficiaient pas de tous ces moyens de communication. Aujourd'hui, il faut leur permettre d'accéder à un maximum de données. Ils sont avides d'informations.

- Quel genre privilégiez-vous ?
- Des choses simples, de tous les styles : la création d'une nouvelle télévision qui sera peut-être programmée en France, le bébé de Madonna, etc.

- Internet fait actuellement l'objet de critiques en raison de la facilité d'accès aux réseaux pornographiques. En leur offrant la possibilité de découvrir cet univers informatique, vous ne craignez pas les dérapages ?
- Notre Internet n'est pas le vrai. Ce système est avant tout interactif et permet aux jeunes téléspectateurs de nous contacter.

- Pour quelles raisons vous avait-on supprimé, il y a quelques mois, les émissions quotidiennes ?
- Parce que les pubs destinées au public en bas âge manquaient. Aujourd'hui, à l'approche de Noël, les annonceurs dont le produit concerne les enfants sont plus nombreux. Par conséquent, on programme des émissions pour les jeunes. Bref, je suis tributaire des annonceurs. C'est la vie.

- Plutôt dur comme politique...
- Non.

- Que feriez-vous si tout devait s'arrêter demain ?
- Autre chose, mais je ne sais pas encore quoi.

- Vous êtes-vous déjà dit qu'il était temps de penser à une reconversion ?
- Non, jamais. Mais je n'étais pas punie. C'était une tactique et une écoute différentes de la chaîne. C'est la politique de TF1. Moi, je me contente de la suivre. Ce n'est pas une guerre. En outre, je savais qu'on allait reprendre le cours normal des émissions à la rentrée. Mer mercredis ont également changé. Je suis seule à animer, sur un nouveau plateau qui fait 360°. On ne me cache rien. C'est fatigant car je vois tout ce qui se passe autour de moi. Mais je m'amuse comme une petite folle. Cette mise en scène n'a rien de comparable avec la télé statique, pour laquelle je me contentais de m'asseoir sur une chaise et de parler.

- Quels sont les résultats de "Des millions de copains", votre grande chaîne de l'amitié ?
Positifs. Et j'en suis très satisfaite, car je tiens particulièrement à cette séquence. On ne l'a jamais arrêtée, même pendant les vacances. Sauver ne fût-ce qu'une vie est magnifique. Grâce à "La chaîne de l'espoir", programmée le dernier dimanche de chaque mois, on peut aider un bon nombre d'enfants à reprendre une vie normale. On a, par exemple, été confronté au cas d'une petite fille d'Afrique qui s'était brûlée à la gorge et dont le menton était collé à la poitrine. Elle ne pouvait plus se nourrir ni boire. Or, "La chaîne de l'espoir" permet de recevoir l'enfant en France, de le confier aux médecins et aux familles d'accueil, qui le prennent en charge un mois ou six semaines. La petite fille en question a donc été opérée chez nous et a maintenant un cou normal. D'autre part, on essaie de créer des maisons de vacances pour les enfants atteints du sida. Les grandes associations réclament un coup de main et le public continue de participer. L'argent qui provient des dons des téléspectateurs, est surveillé et contrôlé.

Marie-France ADNET