Articles - 2011/2015
- Dorothée invitée par l'association «Rêves»
- Association «Rêves». Gros succès du concert de soutien
- La magie d’un retour
- Les illusions et désillusions de Dorothée
- Incroyable magie
- Dorothée et les jeux
- Dorothée prête sa voix au dessin animé "Garfield" pour France 3
- Le Club Dorothée – 17 ans après, Ariane, Jacky et les autres vivent de nouvelles aventures
- Génération "Club Dorothée"
- Au Revoir Framboisier...
- R.I.P Cabu...
- Dorothée : "je me suis toujours dit qu'un jour ça s'arrêterait"
- Dorothée fait Trembler Bercy!
Dorothée invitée par l'association «Rêves»
Le Télégrame - 2011
Dorothée est l'invitée d'honneur d'un concert de soutien à l'association Rêves, ce soir, salle de L'Alizé, à Guipavas. Un retour sur scène après presque 15 ans d'absence en Bretagne.
- Vous participez régulièrement à des soirées caritatives?
- Non, uniquement quand la cause me semble très importante. C'est le cas ici. Les enfants malades dont s'occupe l'association «Rêves» sont injustement privés de leurs belles années de jeunesse. Si on peut participer à rendre leur quotidien plus agréable en exauçant un de leurs souhaits, c'est un devoir de le faire. De plus, les actions de l'association sont visibles. C'est parfois problématique d'aider des organismes dont on ne voit pas les résultats.
- Vous avez déjà été à l'origine de ce genre d'initiatives?
- Oui, en 1993, avec le professeur Alain Deloche, j'avais créé une émission intitulée «Des millions de copains». Pendant quatre ans, nous avons reçu des chercheurs, des responsables d'associations et des malades pour sensibiliser le public au problème de certaines maladies méconnues touchant les enfants. C'est très important de faire connaître les associations qui travaillent au quotidien pour aider les malades et leurs familles. L'émission a notamment permis de faire venir en France plusieurs enfants devant subir une opération du cœur.
- Quel va être votre rôle, ce soir, en tant qu'invitée d'honneur?
- À la fin de la soirée, c'est moi qui remettrai symboliquement à l'association le chèque des bénéfices de la soirée. Bien sûr, je chanterai également une chanson.
- Cela fait longtemps que le public breton ne vous a pas vue sur scène, vous êtes contente de ces retrouvailles?
- Oui, je ne sais pas pourquoi, peu de concerts sont organisés en Bretagne, peut-être la distance. De mémoire, mon dernier concert dans la région date de 1997. C'est pourtant une région que j'aime beaucoup. De plus, Brest, c'est la ville de «Papy René» (NDLR: René Morizur, musicien du groupe «Les Musclés» et saxophoniste de Johnny Hallyday, décédé en 2009), ça rajoute une émotion supplémentaire à mon passage ici.
Pratique Dorothée sera l'invitée d'honneur d'un concert réunissant Emma Daumas, Bérénice Schléret, Sébastien Agius et Halim Corto, en soutien à l'association «Rêves» ce soir, à 19h30 salle de L'Alizé à Guipavas. Tarif: 10 EUR.
Association «Rêves». Gros succès du concert de soutien

2011
La soirée de soutien organisée au profit de «Rêves» a réuni près de 700 spectateurs enthousiastes, mercredi, salle de l'Alizé, à Guipavas, pour un concert d'Emma Daumas, Halim Corto, Bérénice Schléret et Sébastien Agius. À l'issue du spectacle, Dorothée, invitée d'honneur, a remis à l'association un chèque représentant les bénéfices de la soirée, 5.000EUR, avant d'interpréter une chanson accompagnée par tous les artistes présents.
La magie d’un retour
Télé Cable Sat Hebdo – 2011
La magie de Noël existe ! Pour preuve, Dorothée réapparait cette semaine sur une grande chaine du câble-sat, dans une émission sur les meilleurs tours de magie du monde, tournée au cirque d'hiver Bouglione.
Pour les besoins de Incroyable magie, l'ex-star de Récré A2 et du ClubDorothée partage la vedette avec Laurent Beretta, magicien vedette de La France a un incroyable talent sur M6.
- Pourquoi avez-vous accepté de présenter cette émission ?
- C'est un coup de cœur. La magie c'est le rêve, Noël, l'enfance, les sorties en famille. Les téléspectateurs vont en prendre plein les yeux. On a tourné dans un lieu féerique : le cirque de Bouglione. C'était la nuit, on avait le cirque rien que pour nous. Les lumières étaient superbes. L'ambiance était extraordinaire.
- Vous êtes l'assistante du magicien Laurent Beretta?
- Oui, je co-anime avec lui. Il a reçu le Grand prix international de la magie de Monaco. Au moins, ça en fait un qui ne dit pas de bêtises (rires). Mais pour pimenter les différents tours, je fais l'innocente victime.
- Laurent Beretta a 38 ans. Il n'a pas été impressionné de travailler avec son idole d'enfance ?
- Il se disait: »Oh là, là, je vais la voir en vrai». Il était un peu stressé. Et puis, avec ma bêtise habituelle, ça s'est bien passé. Je lui ai foncé dessus en lui disant: « Bonjour, et tant pis pour vous si vous travaillez avec moi ! » De temps en temps, j'ai un humour cinglant. Ça détend l'atmosphère.
- On vous a coupée en deux ?
- Oui et c'est très désagréable. On ne se rend compte de rien. On ne sait pas ce qui se passe. C'est comme pour la lévitation, je n'ai rien compris !
- Avez-vous le trac de revenir en prime time sur le petit écran avec RTL9?
- Non. Je n'y pense pas du tout. Le travail est toujours le même. La présentation, c'est vraiment mon domaine. En revanche, je suis réellement terrorisée sur scène. A l'Olympia, j'ai cru que je n'allais pas pouvoir résister.
- Votre nom circule pour le prochain Danse avec les stars...
- Oh non, il faut être fou pour accepter ça ! Je suis épuisée rien qu'en les regardant.
- Regardez-vous toujours autant la télévision?
- Oui, j'adore les séries américaines et MasterChef J'aime bien aussi Yves Calvi dans C dans l'air. Au moins, je comprends ce qu'il dit!
- On ne vous voit plus sur la chaîne IDF 1...
- Pas cette année. Place aux jeunes maintenant!
- Pourquoi n'y a-t-il plus d'animateurs pour la jeunesse aujourd'hui ?
- Je ne sais pas. J'aimerais bien savoir pourquoi on laisse tomber le public jeune. Déjà, du temps de Récréa A2, on se faisait vilipender pour des dessins animés dits violents. Quand je regarde la télévision aujourd'hui, il y a tellement de programmes interdits aux moins de 10 ans ! Sous prétexte qu'on met le logo-10, on peut tout passer, y compris le matin. Bon. Ce n'est pas Massacre à la tronçonneuse, mais il y a des choses très dures. Des fois, je râle toute seule devant ma télé !
- A l'époque, vous ne vous doutez pas que «Goldorak» et «Albator » deviendraient cultes...
- C'est Jacqueline Joubert (alors directrice de l'unité jeunesse d'Antenne 2, ndlr) qui les a sortis des tiroirs. Elle n'aimait pas ces dessins animés, mais il n'y avait que ça. Tous les détracteurs disaient que ça allait traumatiser les enfants. Quand c'est devenu culte, je n'ai rien dit, mais j'avoue que j'ai bu du petit lait.
- Vous n'en avez pas assez des trentenaires qui vous disent qu'ils ont été bercés par vous ?
- Non, ça fait toujours plaisir. L'autre jour dans le métro, je croise un jeune homme qui me regarde et me lance: « Depuis votre départ qu'est-ce qu'on en a passé des mercredis après-midi au commissariat de police» ! Et sur le quai, il me dit : « Mais ça s'est arrangé depuis. » J'ai éclaté de rire. Certains disent qu'il y avait moins de voitures brûlées quand le Club Dorothée passait !
- Y aura-t-il d'autres numéros de «incroyable magie?
- Pour l'instant, trois sont prévus (en janvier et février pour les deux prochains, ndlr). Ne précipitons pas les choses.
- D'autres chaines vous font-elles des appels du pied ?
- Visiblement, ils n'ont pas de chaussures! Non, rien, ça ne tape pas à la porte. Tant mieux. Je n'ai pas envie de faire de la télé pour faire de la télé...
- Et la chanson?
- Je fais un break. Pour la chanson, il faut prendre du temps.
PROPOS RECUEILLIS PAR ERIC FLOUX
Les illusions et désillusions de Dorothée
Toute la télé – 2011
N'essayez pas de savoir ce qu'a fait Dorothée durant ses années d'absence médiatique. Ne tentez pas non plus de récolter trop d'anecdotes sur les années « Club Do' »... L'idole des trentenaires nostalgiques ne se montre guère contemplative sur son parcours et quand il s'agit de revenir sur ce qui semble être à l'origine de ses fêlures, à savoir son éviction de TF1 et les mois qui en ont suivi, vous obtiendrez, tout au mieux, une réponse lapidaire (« Privé ! »). De sa carrière, celle qui est née sous le nom de Frédérique Hoschedé, ne retient donc que du positif, mais préfère se focaliser sur le présent et l'avenir. L'occasion d'aborder Incroyable magie, sa nouvelle émission mensuelle sur RTL9. Rencontre avec une véritable icône du petit écran qui a incarné les émissions jeunesse pendant 20 ans.
- Tony Cotte : Pourquoi avoir accepté d'animer cette série d'émissions sur la magie ?
- Dorothée : Franck Legrand (Directeur Adjoint des Antennes du Groupe AB, ndlr) me l'a tout simplement proposée. J'ai dit oui. C'est le rêve, l'enfance, la famille... Nous sommes totalement dans la continuité du Club Dorothée.
- En quoi Incroyable magie se distingue des programmes déjà existants ou des numéros d'illusionnistes présents dans Le plus grand cabaret du monde ?
- Ça n'a rien à voir : nous n'avons pas d'invités, d'interviews ou des pacotilles. Nous proposons des numéros extraordinaires et bluffants. Je suis accompagnée pour ce faire par Laurent Beretta, qui a tout de même reçu le grand prix de la magie à Monaco. Ce n'est pas n'importe qui ! Lui est plus dans la technique, tandis que je me charge du relais humain entre les téléspectateurs et ces images sublimes. C'est ma vocation.
- Laurent Beretta a avoué être devenu magicien après avoir regardé vos émissions étant petit. Avez-vous conscience de l'héritage que vous avez laissé ?
- Ça me touche. Mais j'aime autant ne pas en avoir trop conscience : c'est une responsabilité. Il a regardé les programmes à l'époque, s'il a aimé, tant mieux. Qu'il en fasse son métier, c'est bien. Je ne pense pas être l'élément déclencheur, juste une petite étincelle. Il vit sa vie, lui seul a du mérite.
- On a souvent tendance à parler de la période Club Dorothée, bien plus que Récré A2. Pourtant, vous y êtes restée presque dix ans. Que retenez-vous de cette époque ?
- C'était le b.a.-ba. On découvrait un peu le monde de la jeunesse puisqu'il n'existait pas à l'époque. Le Club Dorothée, lui, a permis de faire plus de choses. C'était un peu l'aboutissement...
- Suite à votre éviction de TF1 en 1997, est-il juste de vous considérer comme la victime d'un système qui porte aux nues ses animateurs pour ensuite les écraser ?
- À vrai dire, tout cela sont des querelles intestines. Je ne me suis jamais sentie concernée. Oui bon... (Elle marque un temps d'arrêt) Je n'ai pas pris ça pour moi.
- Si la chaîne n'avait pas mis fin brutalement au Club Dorothée, auriez-vous continué encore longtemps ?
- Je n'en ai aucune idée. Mais ça aurait fait un peu les papys à l'image. Enfin, je ne parle pas pour moi, mais pour les copains (rires). Avec ce qui se passe maintenant, ça aurait pu faire de sacrés pastiches. Je ne dis pas que nous aurions remplacé les Inconnus, mais il y avait de quoi faire. Chaque bonne chose a sa fin...
- Vous arrive-t-il de regarder vos anciennes émissions ?
- Jamais ! Je n'aime pas me voir. Je ne fais pas les programmes pour moi, ce n'est donc pas à moi de juger. Si vous n'aimez pas, tant pis pour moi.
- Comment décririez-vous le milieu de la télévision d'il y a 20 ans par rapport à celui d'aujourd'hui ?
- Hélas, ça a changé. Il y a moins de liberté à la folie et à la création. La rentabilité doit être de plus en plus immédiate, on n'a pas vraiment le temps d'installer quelque chose. Ça m'ennuie un peu. Travailler sur une chaîne du câble comme RTL9, c'est différent. On m'a laissée carte blanche, je pouvais même me mettre les doigts dans le nez ou dire des bêtises comme d'habitude (rires).
- Regrettez-vous que les émissions jeunesse ne soient aujourd'hui que des « robinets à dessins animés » ?
- Ça laisse le champ libre aux bêtises. Je ne dis pas que nous étions très importants, mais depuis qu'il n'y a plus d'émission pour contenir cette jeunesse un peu folle, on retrouve pas mal d'abus à droite et à gauche.
- Depuis l'arrêt du Club Dorothée, on a parlé de plusieurs projets, dont une émission culinaire. Qu'en était-il réellement ?
- Il s'agissait d'un projet sympa avec Pat Le Guen. Il n'y a pas eu de réponse de la part des diffuseurs. Je crois que c'était un petit peu trop tôt à l'époque. Nous étions en avance de 3 ou 4 ans. Nos interlocuteurs disaient que la cuisine ne pouvait pas marcher en télé. Quand on voit le succès du genre aujourd'hui, je rigole. Bien fait ! Mais je n'ai pas envie de prendre ma revanche ou de la proposer à nouveau. C'était une envie sur le moment. Tant pis, on fait autre chose.
- Vous avez tourné dans une série coproduite avec la BBC, totalement farfelue, « 66 Chump Avenue ». Que pouvez-vous nous dire sur cette expérience ?
- C'était magnifique. Le même épisode était fait à la fois en anglais et en français. C'est une équipe anglaise venue en France. Vous aviez les animateurs/comédiens qui étaient sous les bestioles. On s'est pris des fous rires, c'était fantastique. Après, je suis partie en Angleterre et c'était autre chose, dans le bain de la langue anglaise. C'était un succès d'estime dirons nous...
- Vous avez également fait une apparition dans le sentaï Giraya. Qu'en retenez-vous aujourd'hui ?
- Wow ! J'ai été surprise par leur efficacité. Je me souviens que je m'étais baissée pour chercher quelque chose dans mon sac à main. Je n'avais pas eu le temps de me redresser que toute l'équipe était déjà partie en direction de la carrière, la fameuse carrière qui a été utilisée notamment pour Bioman. Je n'ai pas pour habitude d‘être attendue sur un tournage. Je me souviens avoir couru. C'était un peu perturbant, car j'entends très bien le japonais, mais de là à le comprendre, c'est autre chose. Il fallait que je parle la langue, on m'a corrigé sur mon accent pour, au final, être doublée...
- Votre retour dans « L'instit » a été annoncé. Vous auriez passé des essais... Pour quelles raisons n'avons-nous pas eu le plaisir de vous y retrouver ?
- J'ai tourné un petit bout de pilote, mais il y a eu des querelles intestines au sein de la chaîne. Encore une fois, ça ne me concerne pas...
- On pourrait croire que vous avez rencontré beaucoup de ces « querelles intestines » sur votre route...
- Il y en eut plein d'autres. Je suis assez fataliste : c'est sans doute que ça ne devait pas se faire. Quand un projet est pris, tant mieux, sinon je passe à autre chose.
- Vous êtes finalement revenue sur IDF1 (JLA) et aujourd'hui sur RTL9 (AB). Peut-on dire que l'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ?
- Je n'ai jamais quitté Claude (Berda, ndlr) et Jean-Luc (Azoulay, ndlr). AB est ma première famille, elle le sera jusqu'au bout.
- Vous avez connu deux belles expériences au cinéma, L'amour en fuite et Pile ou face. Quels souvenirs en gardez-vous ?
- C'étaient des moments extraordinaires. Mais Truffaut m'avait prévenue : « Vous allez avoir un mal fou à trouver d'autres personnes avec qui travailler ». En France, on a l'habitude de cloisonner. J'étais étiquetée speakerine à l'origine et je me suis mise à chanter, avant d'animer et de faire du cinéma. Ça ne plaisait pas à l'époque, les gens n'ont donc pas eu d'idée. Je le regrette, mais ma vie n'est pas terminée : on a besoin de grand-mère au cinéma.
- Pour rester dans la « famille », une apparition dans les Mystères de l'amour ne vous tente-t-elle pas ?
- Non. Peut-être une apparition de Dorothée en tant que Dorothée, et encore, ça ne serait pas drôle. À vrai dire, je n'en vois pas l'intérêt.
Incroyable magie
Le Parisien – 1er mars 2012
Dorothée, 58 ans, l'idole des années 1970 et 1980 qui faisait fureur avec « Récré A2» ou «Club Dorothée », revient à l'antenne sur RTL 9 (ce soir, à 20 h 40), l'une des chaines payantes parmi les plus regardées. Après son retour sur cette chaîne le 22 décembre dernier, elle coanime le deuxième volet d'« Incroyable Magie » avec l'illusionniste Laurent Beretta. On la retrouvera en juin pour le dernier volet de ce triptyque. Rencontre.
Fan de magie
«Je coprésente les plus grands tours du monde. Je ne suis pas allée à Los Angeles, mais on a choisi le cadre du Cirque d'Hiver-Bouglione. J'aime la magie depuis toute petite. Elle symbolise l'évasion, le rêve. Elle captive petits et grands sans limite d'âge. Et je préfère savoir sciemment que je me fais piéger plutôt que de connaître l'explication. »
Son retour sur scène entre parenthèses
« J'avais mis quatorze ans pour me décider à remonter sur scène avant l'Olympia en 2010. Je ne patienterai pas quatorze ans encore mais, pour l'instant, je n'ai pas l'envie de recommencer. A l'époque, la demande du public avait été très forte. J'avais un immense trac. J'ai eu un grand coup au cœur et un grand coup à l'estomac en voyant tout le monde debout pendant trois heures ! Je savais que le public serait content, mais à ce degré-là, jamais je ne l'aurais imaginé. J'ai mis beaucoup de temps à redescendre de mon nuage.»
Pas de nouveau projet télé...
« Je n'ai pas de projet d'émission télé en tête car je suis flemmarde, ni de proposition. Je ne suis pas du style à démarcher. En fait, j'attends qu'on me propose quelque chose. Ce que j'aimerais, c'est présenter une émission familiale. Parfois, certaines personnes de mon entourage me poussent. Alors, de temps en temps, je me donne un coup de pied aux fesses !»
... ni de nouveau livre
«J'ai écrit un livre (NDLR: en 2007), je ne vais pas en faire 42! C'était les Années Dorothée, avec Jacques Pessis. Il m'a permis de mieux connaître les événements politiques survenus et les chansons éditées à l’époque où je travaillais 20 heures sur 24, sans prendre de vacances. J'étais sur ma planète télé. Mais aujourd'hui, je ne veux plus regarder en arrière. Cela ne sert à rien de rester dans ses petits souvenirs, ce n'est pas bon. Il faut positiver »
Aucun texto
« J'ai un téléphone portable, je ne l'utilise que quand je suis en déplacement. Il a l'air neuf ? Je ne m'en sers presque jamais! Je n'adresse aucun texto, je ne sais pas comment faire. Je préfère écrire des mails à partir de mon ordinateur avec plusieurs doigts, c'est plus commode. J'ai un site Internet officiel géré par des personnes de confiance qui me communiquent les nouveautés. Mais je ne rentre pas dedans. »
Accro aux séries américaines
« J'adore les séries policières, à fond! C'est le genre de programme que je regarde le plus. L'intrigue, la mise en scène, le rythme, le suspense, le jeu des comédiens, les voix françaises... tout est bien fait. J'aime bien Cold Case, les Experts, NCIS - la vraie série, pas celle qui se passe à Los Angeles, Esprits criminels, New York, section criminelle. J'évite Dr House à cause de l'univers particulier dans les hôpitaux. Mais j'apprécie également Drop Dead Diva sur Téva, moins prenante, mais c'est sympa, chaleureux, plus humain. Ou encore l'Amour du risque le matin sur Direct 8. Chez moi, la télé est toujours allumée.
PROPOS RECUEILLIS PAR MARC PELLERIN
Dorothée et les jeux

2013
Dans les années 1980, elle a été la grande prêtresse des émissions pour la jeunesse. Dorothée a accepté de nous confier ses petits bonheurs et ses grandes passions de joueuse.
- Le jeu fait-il partie de votre vie ?
- Oui, je joue beaucoup, mais jamais pour de l'argent. Au quotidien, je suis fan de mots fléchés et de mots codés. C'est parfait pour m'isoler et décompresser !
- Vos jeux favoris ?
- Entre amis ou en famille, je pratique le rami, le tarot, le Backlund, le spider solitaire, le Yam's mais aussi le bowling.
- Un souvenir d'enfance lié au jeu ?
- J'ai beaucoup joué aux cow-boys et aux indiens !
- Qu'est-ce qui vous fait rire aux larmes ?
- Les anecdotes partagées entre amis et les situations qui déclenchent des fous rires.
- Quel est votre mot préféré ?
- Crétin, car c'est un mot qui se décline de façon affectueuse ou moqueuse. Tout dépend de l'intonation avec laquelle il est prononcé !
- Le paysage qui vous fait songer au bonheur ?
- La mer en Bretagne.
- L'homme ou la femme célèbre que vous auriez aimé rencontrer ?
- Fred Astaire. J'ai failli lui être présentée. J'étais de passage aux Etats-Unis. Le rendez-vous était pris et nous devions confirmer notre entrevue. A l'époque, la communication se faisait par fax. Hélas ! Par manque de chance, ceux-ci se sont croisés. Imaginez ma déception ! Cela dit, je crois que je n'aurais pas pu dire un mot, tant M. Astaire m'impressionnait.
- Un livre qui vous a marqué ?
- Les Hauts de Hurlevent, à la fois en livre et en film. J'ai vraiment aimé le roman d'Emily Brontë. Je l'ai lu jeune et il a fait naître en moi des torrents d'émotions.
- Êtes-vous plutôt chien ou plutôt chat ? Pourquoi ?
- J'aime les deux mais je préfère les chiens, qui sont moins indépendants que les chats.
Dorothée prête sa voix au dessin animé "Garfield" pour France 3

2013
Il y a bien longtemps que Dorothée ne fait plus la Une de l'actualité médiatique et musicale. De retour, l'animatrice et chanteuse a prêté sa voix pour le dessin-animé "Garfield" qui sera diffusé le 9 mars sur France 3 selon nos confrères d'Europe 1.
Décidément, l'actualité de Dorothée n'aura pas été aussi florissante depuis plusieurs années ! Il y a quelques jours, nous apprenions que l'animatrice et chanteuse préparait avec quelques-uns de ses plus fidèles fans une intégrale regroupant une quarantaine de disques et des magazines, à l'occasion de son soixantième anniversaire (...).
En 2013, c'est à ce même public que l'artiste s'adressera avec le dessin-animé "Garfiled", ce petit chat roux tigré qui a fait l'objet de nombreuses adaptations. Selon Europe 1, Dorothée a accepté de prêter sa voix à la sorcière Varicella pour un programme qui sera diffusé sur France 3 le 9 mars 2013
Jonathan HAMARD
- Comment avez-vous vécu cette nouvelle expérience de doublage?
- Cela faisait longtemps que je voulais faire du doublage, et cette expérience a été pour moi une grande joie, un cadeau. Je suis heureuse qu’on m’ait laissé ma chance, qui plus est en doublant un dessin animé. Cerise sur le gâteau : c’est une sorcière méchante! Je n’en menais pas large quand je suis arrivée en studio, il y a environ un mois, car en fait, le doublage, ce n’est pas évident. Il faut être dans le rythme, trouver la bonne intonation. On est obligé de faire plein de gestes qui vont avec la scène, de vivre les choses. D’où de grandes crises de rires en studio! Les acteurs qui doublent « Garfield » sont de vrais pros. Ils m’ont donné plein de conseils. J’ai d’ailleurs retrouvé une jeune femme qui doublait « Dragon Ball » à l’époque. On s’était rencontrées sur le « Club Dorothée ». C’est rigolo.
- C’est une expérience ludique?
- C’est effectivement très amusant de prendre une autre voix que la sienne. Dans la vraie vie, j’aime bien jouer avec ma voix, prendre celle d’une petite fille par exemple, pour rigoler. J’adorerais d’ailleurs poursuivre dans le doublage. Mais bien sûr, la comédie me tente toujours. En revanche, pour la musique, je fais un petit break, mais on ne sait jamais. Je fonctionne aux coups de coeur.
- Interpréter une méchante sorcière au rire sardonique, c’est un contre-emploi pour vous?
- Pour une fois que je fais la méchante! Je suis trop contente! Mais en fait Varicella n’est pas si méchante : à la fin elle devient gentille. C’était d’ailleurs bien plus facile de faire la voix méchante, car on caricature, on force le trait. Pour la voix gentille, il faut travailler dans la nuance. Quant au rire de Varicella, j’ai adoré : il est horrible.
- Vous regardez toujours beaucoup de dessins animés, les séries? Quelle est la télé de Dorothée?
- J’aime les séries comme « les Experts », « New York District », « Esprits criminels ». Ou encore « Mentalist », « Unforgettable », mais « Dr House », j’ai arrêté. J’aime regarder « les Enquêtes impossibles » de Pierre Bellemare sur NT1. J’apprécie aussi les documentaires un peu scientifiques mais grand public, par exemple sur les ovnis, etc. Côté dessins animés, je trouve « Garfield » drôle car c’est un humour à prendre à plusieurs degrés. J’ai bien aimé « l’Age de glace » pour les prouesses de la 3D. Et j’adore les Disney. Quant à « The Voice », je ne regarde pas trop car ça me stresse complètement : j’ai un trac monstre pour les chanteurs. J’en suis malade pour eux. C’est trop douloureux.
Le Club Dorothée – 17 ans après, Ariane, Jacky et les autres vivent de nouvelles aventures
Télé loisirs hors-série n°3 – 2014
ILS FURENT PENDANT UNE DÉCENNIE, DE 1987 À 1997, LES MEILLEURS COPAINS DES JUNIORS SUR TF1. TALK-SHOWS, SPECTACLES, AFFAIRES : LES MEMBRES DE LA BANDE ONT EUX AUSSI BIEN GRANDI. PAR FRANÇOIS OUISSE
Si vous (ou vos enfants) aviez moins de 12 ans dans les années 1990, impossible que vous ayez échappé au Club Dorothée. Arrivée sur TF1 en 1987 avec, dans ses bagages, ses quatre z'amis de Récré A2 -Ariane, Jacky, Corbier et Patrick Simpson-Jones-, la fée Dorothée a régné durant dix ans sur les programmes jeunesse de la chaîne, occupant jusqu'à trente heures d'antenne par semaine. C'est là que le jeune public a découvert quelques dessins animés cultes : Dragon Ball, Bioman, Nicky Larson, Olive et Tom... Là aussi qu'ont été révélés Les Musclés, musiciens rigolos qui allaient avoir leur sitcom et ouvrir la porte à toutes les séries AB, de Premiers Baisers à Hélène et les garçons. Là enfin que se sont croisées plusieurs générations de chroniqueurs de qualité : après Cabu, William Leymergie ou Zabou Breitman au temps de Récré A2, le Club Dorothée a vu passer Éric Galliano (devenu directeur d'Armani à Bruxelles, après avoir tenu un magasin de chaussures à Besançon !), Gérard Majax, Cyril Drevet ou Michel Chevalet. Mais ce qui fit le succès de ce programme, c'est surtout son quinté gagnant d'animateurs, très complices et avec assez de recul pour jongler entre infos et grosses pitreries (la saga Pas de pitié pour les croissants !). En 1997, malgré des audiences toujours au top, TF1 décida d'arrêter l'aventure. Mais la vie a continué pour l'animatrice préférée des enfants et ses compères.
C'ÉTAIT EN 2008 DANS TÉLÉ-LOISIRS
A la veille de son grand retour sur IDF1, Télé-Loisirs mène l'enquête sur celle qui ne s'est plus montrée devant les caméras depuis onze ans. « Elle a pris des coups mais elle sait encaisser », confient Jacky ou le producteur Jean-Luc Azoulay. Forte, Dorothée ne craint qu'une chose : « J’ai peur de décevoir le public », avoue-t-elle.
Patrick Simpson-Jones
Le seul, avec Dorothée, à avoir délaissé les projecteurs. Il est parti s'installer aux États-Unis et s'est lancé dans les affaires, avec succès, comme il nous le raconte page suivante.
Dorothée
Les Franciliens l'ont revue au lancement de la chaîne IDF1, en 2008. Et dans un entretien accordé à Sept à huit en 2010, évoquant notamment l'absence d'enfant dans sa vie. Mais depuis dix-sept ans, Dorothée fuit la médiatisation. À 61 ans, elle vit entre Paris et sa campagne normande, s'est essayée à la peinture et déjeune à l'occasion avec les anciens du Club Do. Difficile de savoir si elle souffre de cette retraite, elle ne répond plus aux demandes d'interview.
François Corbier
Certains l'ont cru SDF parce qu'il peinait à réparer le toit de sa ferme de l'Eure, emporté par la tempête de 1999. En fait, le chansonnier continue, à 70 ans, d'écumer les salles de France avec sa guitare.
Ariane Carletti
Elle est réapparue en juin dernier comme productrice de la pièce Scènes d'été pour jeunes gens en maillots de bain, avec Éleonore Sarrazin-Carletti... sa fille (elle a aussi un fils, Tristan) ! Leur père, Rémy Sarrazin, est l'ex-bassiste des Musclés. Ariane vit entre Paris et le Vexin.
Jacky
À 66 ans, Jacques Jakubowicz (son vrai nom), ancien attaché de presse de Serge Gainsbourg, poursuit sa route atypique en proposant chaque soir sur IDF1, chaîne TNT d'Île-de-France, le JJDA (Jacky journal d'aujourd'hui), un talk-show d'actu décalée. Il a écrit avec deux auteurs un one-man-show retraçant son parcours, qu'il compte monter sur une scène parisienne.
PATRICK SIMPSON-JONES
APRÈS VINGT ANS AUX CÔTÉS DE DOROTHÉE, L'ANCIEN « SPEAKERIN » S'EST EXPATRIÉ AUX ÉTATS- UNIS EN 1997. CE GENTLEMAN-ENTREPRENEUR DE 64 ANS RACONTE SA NOUVELLE VIE. PAR FRANÇOIS OUISSE
Dans le petit monde de Dorothée, il incarnait le grand frère, sportif, blagueur mais rassurant. Dix-sept ans après avoir quitté sa bande, Patrick n'a pas changé. Jonglant entre rendez-vous d'affaires et parties de golf, c'est à l'heure et de manière affable qu'il se confie, après s'être enquis du temps qu'il faisait à Paris. Toujours smart, mister Simpson-Jones !
- Télé-Loisirs. Comment avez-vous atterri en Floride ?
- PATRICK SIMPSON-JONES. Grâce au golf. Un tournoi m'avait amené au Canada et un ami m'a invité à venir le voir à Key Biscayne, en Floride. Je suis arrivé ici, à dix minutes du centre de Miami, j'ai fait deux fois le tour de la ville, j'ai vu l'école. Ma fille était alors âgée de 7 ou 8 ans. J'ai dit à ma femme : Tu rentres à Paris et tu reviens avec la petite. Cette école sera son école. » On a tout plaqué en France du jour au lendemain.
- Vous avez créé une société spécialisée dans la reproduction de photos personnelles sur des cartes postales. Est-ce votre seule activité ?
- Non, je viens de me lancer dans un nouveau business. Moi qui suis fou de golf, j'ai eu l'idée du swing beep, un outil qui bipe pour aider les joueurs à améliorer leur swing. Ce produit devrait entrer en production rapidement.
- On est loin des gags du Club Dorothée. Quel souvenir gardez-vous de cette aventure ?
- Je mentirais si je disais que c'était toujours rigolo de se prendre des seaux d'eau sur la tête et de tourner de 10 heures du matin jusqu'à parfois tard dans la nuit. Mais on a eu de sacrés fous rires et on a partagé plein de bons moments.
- Vous avez aussi été le premier « speakerin » français. Facile à assumer à l'époque ?
- Oui, car le public n'avait pas les préjugés des élites. Je m'étais étonné auprès de Pierre Desgraupes de cette différence avec la Grande-Bretagne, où les programmes étaient surtout présentés par des hommes. Est arrivé 1981 et la gauche au pouvoir. Mon ami François-Henri de Virieu, qui dirigeait la rédaction de la Deux [Patrick travaillait alors au service étranger, ndlr], m'a avoué : « Je voulais de te confier le JT de 23 heures mais tu n'as pas la "bonne couleur."» Bref, il fallait me trouver autre chose. Pierre Desgraupes, devenu patron d'Antenne 2, s'est souvenu de ma réflexion et m'a nommé « speakerin ».
- Avez-vous gagné beaucoup d'argent à la télé ?
- Quand je dis à mes amis américains que je gagnais quelque chose comme 7 à 8000 dollars [5 500 à 6000 euros, ndlr] par mois, ils tombent de l'armoire. Parce qu'ici, avec des parts d'audience comme celles qu'on faisait avec Dorothée, ça aurait été beaucoup plus. Et aujourd'hui, je ne suis toujours pas multimillionnaire, juste en « phase de réussite » !
- La télé ne vous manque pas un peu ?
- Je fais un peu de doublage de séries mais parce que je parle plusieurs langues, pas pour faire de la télé à tout prix. Je n'ai jamais été un drogué de l'antenne. Ma réussite, c'est d'être avec la même femme depuis vingt-sept ans !
Dorothée, Animatrice La Plus Regrettée Du Public!
Animatrice la plus regrettée du public, selon le sondage du hors-série Télé Loisirs "Que sont-ils devenus ?”, l'ex-icône du Club Dorothée sort de son silence pour répondre à nos questions… et nous avouer son envie intacte de retrouver les caméras !Depuis l'arrêt du Club Dorothée, en 1997, elle ne s'est quasiment jamais exprimée. On l'a revue en 2008 pour le lancement de la chaîne TNT IDF1, en 2010 dans une interview-portrait du magazine 7 à 8et… c'est tout. Mais cet hiver, Dorothée se retrouve sans l'avoir voulu sur le devant de la scène. Avec un documentaire que diffusera D8 le 16 décembre prochain à 20h50, Génération Club Dorothée, dans lequel elle témoigne. Et surtout avec le sondage que nous avons réalisé pour le hors-série de Télé-Loisirs “Que sont-ils devenus ?”, et qui la désigne haut-la-main comme l'animatrice disparue de l'écran que le public aimerait le plus voir revenir. Pour l'occasion, Dorothée nous a accordé un entretien plein de surprises…
- Télé-Loisirs : Avec 33,5% de votes en votre faveur, vous êtes, selon notre sondage, l'animatrice que le public aimerait le plus revoir, loin devant Séverine Ferrer, Caroline Tresca ou Evelyne Leclercq. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
- Dorothée : C'est très touchant. Et j'ai été surprise car, en général, quand on ne fait plus rien, qu'on n'est plus à l'image, on est vite oublié. Ça fait du bien, ça met du baume au cœur !
- Et ça ne vous donne pas envie de revenir ?
- J'ai envie de revenir ! Mais je ne vais pas faire du n'importe quoi parce que je ne suis plus à l'image. J'attends le coup de cœur, la bonne idée qui me touche. Et pour le moment, elle n'est pa"t" encore venue (elle fait cette liaison avec une voix enfantine, ndlr).
- De quoi auriez-vous envie, plus précisément ?
- D'un peu de tout. Le cinéma, ça me tente toujours, la comédie, bien évidemment. Ou une émission dans un genre inattendu. Je ne sais pas, c'est une question très difficile : un coup de cœur, c'est un coup de cœur, allez savoir !
- C'est quand même une surprise pour tous ceux qui croyaient que la télévision ne vous manquait pas…
- Mais si, la télévision me manque. Simplement, je n'allais pas me lamenter dans les interviews, ressasser que c'était trop triste ou injuste que tout se soit arrêté pour moi. Mais je n'ai jamais fermé aucune porte. La preuve : quand RTL9 m'a proposé de coanimer une émission sur la magie (Incroyable magie en 2011, ndlr), j'ai dit “c'est génial !” et je l'ai fait.
- Pourquoi l'aventure IDF1 est-elle restée sans lendemain ?
- Ben, ce qu'ils me proposaient… en fait, ils ne m'ont rien proposé du tout (rires) ! Encore une fois, je ne ferme aucune porte. Le problème, c'est qu'on ne me propose rien, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il faudrait plutôt interroger les producteurs : c'est à eux d'avoir des idées pour moi !
- Quand vous repensez au Club Dorothée, qu'est-ce qui vous revient en premier ?
- La folie. Avec Ariane, Jacky, Corbier et Patrick Simpson-Jones, on a fait des trucs de fou. Comme ce triplex avec l'espace et le spationaute Jean-Loup Chrétien. Un truc de dingue, à une époque où il n'y avait pas les moyens techniques d'aujourd'hui. C'est l'un de mes meilleurs souvenirs.
- Et le plus mauvais ?
- J'avais le trac, tout le temps. A l'antenne, sur scène, dans mes relations avec la chaîne. Parce que je voulais toujours bien faire, être au top et, surtout, ne pas décevoir le public. Et quand je revois les images aujourd'hui, je revis instantanément cette émotion-là…
- Que vous disent vos anciens fans quand ils vous reconnaissent ?
- On m'arrête partout : au restaurant, dans le métro, quand je fais mes courses. Le message que j'entends le plus souvent, c'est “vous avez bercé ma jeunesse”. C'est rigolo parce que les anciens enfants de 4 ans font maintenant 1,95 mètre et demi et ils ont à leur tour des enfants, qui aiment mes chansons. Et puis, il y a les regards, illuminés. Un seul de ces regards, ça égaie ma journée entière !
- Ça ne vous met pas un petit coup au moral, quand même, de voir que vos fans ont autant grandi ?
- Non parce que, moi, j'ai toujours le même âge dans ma tête, 7 ans et demi (rires) ! L'été dernier, par exemple, j'étais à fond dans les Rainbow Looms !
- A part le tressage des petits bracelets de couleur, à quoi ressemble votre vie ?
- J'habite Paris, je profite de cette ville merveilleuse et de ses rencontres, je regarde des films en DVD. Et puis, je fais des sauts de puce à la campagne, où j'ai un plaisir fou à regarder le spectacle de la nature, les animaux.
- Vous adonnez-vous toujours à la peinture ?
- Non, c'est fini, ça. Disons que le talent n'est pas héréditaire (elle est l'une des descendantes du peintre Claude Monet, ndlr) !
- Quel message voulez-vous envoyer à tous ces téléspectateurs qui vous regrettent ?
- Soyez heureux. C'est la seule chose qui compte.
Interview : François Ouisse
Génération "Club Dorothée"
2014
Après un passage remarqué dans Derrière le poste, Jean-Luc Azoulay revient sur D8, cette fois-ci avec sa casquette de production. L’architecte de l’univers de Dorothée et des sitcoms AB proposera un documentaire inédit sur la TNT à 20hr50 le mardi 16 décembre 2014: Génération Club Dorothée.
Au cours de ce prime time, «images d’archives, moments cultes, mais aussi images inédites» seront au menu de ce voyage nostalgique. Entre 1987 et 1997, Dorothée, Ariane, Jacky, Patrick et Corbier ont pulvérisé les records d’audience sur l’antenne de TF1, avec parfois plus de quarante d’antenne par semaine et 60% de part de marché.
De cette époque, de nombreux dessins animés restent en mémoire, comme Dragon ball, Juliette, je t’aime, Ranma 1/2, des séries telles Power rangers, Metalder, Charles s’en charge, Parker Lewis, ou les sitcoms Premiers baisers, Hélène et les garçons, Salut les Musclés et tant d’autres...
Plus encore que de revenir sur la seule émission culte, Génération Club Dorothée retracera toute l’aventure du « Club Do », avec les tubes, les jeux, les directs et les critiques. Sans donner la liste des témoins, D8 annonce que plusieurs personnalités raconteront ces années 80/90, face caméra. Dorothée et son équipe seront également les invités de Touche pas à mon poste sur D8 le mardi 16 décembre dès 18hr45!
Voici l'interview accordé au site de "Direct Matin" :
- Que ressentez vous quand vous repensez au Club Dorothée ?
- J’y pense très souvent, forcément, car beaucoup de personnes m’en reparlent. C’est ma vie entière pratiquement. Dix ans de Récré A2, plus dix ans de Club Dorothée, ça fait 40 ans à peu près (rires).
- Ces années comptaient double ?
- Parfois même triple ! C’était de la folie.
- Il y a des choses qui vous manquent particulièrement ?
- Pour moi, quand c’est fini, c’est fini. Ce n’est pas la peine de ressasser les bons moments. C’est bien d’y repenser, et quand je le fais, ce n’est que du positif. Je n’ai que de bons souvenirs, des rencontres marrantes, mais il y a aussi le trac qui me revient en tête.
À chaque fois que je faisais quelque chose, j’avais le trac, et plus ça allait, plus je l’avais. Quand on est conscient des responsabilités, tout de suite, c’est moins évident. Mais il n’y a pas de nostalgie. Ce n’est que du bonheur.
- Avez-vous gardé des relations avec les anciens du Club Dorothée ?
- Oui bien sûr. Ça s’estompe avec le temps, et c’est normal car on ne se voit pas autant. Mais on a trop vécu ensemble, trop les uns sur les autres, pour s’oublier. On reste en contact. Avec Patrick, c’est un peu plus difficile parce que Miami, c’est loin. Il ne vient pas souvent en France.
- Vous parlez de quoi quand vous vous voyez ?
- On refait le monde. Chacun retrace ses propres souvenirs, et il y a des choses que nous avons parfois oubliées, donc on se remémore certaines choses et on reprend des fous rires. C’est marrant.
- Un retour à la télévision est-il envisageable ?
- Je n’ai aucune proposition pour le moment. Disons que je ne ferme pas les portes. Je ne vais pas dire "j'arrête complètement". Mais je ne vais pas faire de la télévision pour faire de la télévision. J’attends le coup de cœur, la proposition qui me fera dire « ah oui tiens, ça ce n’est pas bête ».
- Plutôt un programme jeunesse ?
- Aucune idée. J’attends le coup de cœur. C’est ce qui s’est passé avec la magie (elle a présenté l’émission Incroyable magie sur RTL9 en décembre 2011) par exemple. Je ne pensais pas refaire quelque chose et on m’a proposé cela. Et je me suis dit « oui, moi j’aime bien la magie, c’est un monde qui me plaît ». Et tourner dans un cirque, c’était parfait. Donc vous voyez, je marche au coup de cœur.
- Justement, que pensez-vous des programmes jeunesses aujourd’hui ?
- C’est un peu tristounet. Nous nous sommes battus pour avoir des relais humains dans les émissions entre chaque dessin animé. Un côté humain qui permet de « dédramatiser ». Et maintenant, c’est un dévidoir à dessins animés. Et je ne veux pas critiquer les autres animateurs, mais il y a parfois de la folie un peu plus folle que la nôtre. Un peu démesurée. Aujourd’hui, il n’y a plus ce côté « rendez-vous » qu’on essayait de donner.
- Les dessins animés étaient jugés violents ou inappropriés à l’époque. Cela vous semblait il être le cas ?
- Je n’étais pas vraiment étonnée. Mais j’ai été surprise la première fois à Récré A2 quand on a passé Goldorak. Ça a été le tollé général. Et j’ai posé la question aux jeunes téléspectateurs que je rencontrais, et ils me disaient, « Dorothée, on n’est pas neuneu, c’est un dessin animé ».
Déjà, ça remettait les pendules à l’heure. Après, dès que c’était nouveau, que ce n’était pas français, et que ça marchait, ce n’était pas bon. Pour nous protéger, nous avons engagé des psychologues pour surveiller si besoin. Et il s’est avéré que c’était un peu exagéré. Il suffisait qu’une personne le dise, et tout le monde reprenait, et c’était parti. Parfois même sans avoir regardé le programme. Donc il ne faut pas exagérer. Il y toute une génération, même deux générations, qui ont grandi avec et qui ne sont pas devenues des tueurs en série.
- Pensez-vous avoir joué un rôle dans le développement de la culture manga en France ?
- Mon rôle a été de les mettre à l’antenne.
- C’était conscient de votre part ?
- Pour être honnête, quand on est arrivé, il n’y avait pas grand-chose dans les tiroirs. Donc on a pris ce qu’il y avait et il a bien fallu le temps de créer les dessins animés français, et ça ne se fait pas en deux secondes. Il a bien fallu piocher à droite à gauche. Et au Japon, il y avait ces dessins animés là. Qui fonctionnaient très bien chez les jeunes. Alors on s’est dit « pourquoi pas ». Et ça a très bien fonctionné.
L'Audience Du Documentaire "Génération Club Dorothée" Sur D8 :
"Génération Club Dorothée" était diffusée sur D8 le Mardi 16 Decembre à 20h50 . Le documentaire a attiré 1.009.000 téléspectateurs, soit 4,3 % de parts de marché. Une belle audience pour le programme.
Le "Club Dorothée" Dans "Touche Pas À Mon Poste!" :
Le Mardi 16 Décembre, pour promouvoir le documentaire de D8 consacré au "Club Dorothée" qui suivait, Cyril Hanouna et ses chroniqueurs recevaient Dorothée et sa bande dans une ambiance survoltée. L'émission à très bien fonctionné puisqu'elle à réunie pas moins de 1.334.000 téléspectateurs pour 6% de part de marché.
Au Revoir Framboisier...

4 Janvier 2015
C’est avec une grande tristesse que l’on a appris la mort de Claude Chamboisier le 4 janvier 2015, plus connu sous le pseudo de Framboisier, des Musclés.
Article de Voici.fr :
Hier, c’est un Bernard Minet « anéanti et bouleversé » qui faisait part du décès d’un de ses complices des Musclés. Claude Chamboisier, alias Framboisier, venait de s’éteindre le matin même. « Mon complice, mon ami, mon pote, mon Framb, nous a quittés ce matin, a-t-il annoncé sur son compte Facebook. Il est parti rejoindre René et d’autres copains au paradis des musiciens. »
Le musicien est parti à 64 ans des suites d’un cancer du pancréas, selon les informations de Jean-Luc Azoulay. « On est très tristes, a confié ce dernier. Framboisier était un personnage haut en couleurs, encore plus drôle dans la vie que sur scène. »
Aujourd’hui, ce sont deux figures incontournables du Club Dorothée qui ont souhaité rendre hommage à leur ami.
Dorothée elle-même, a posté sur son compte Facebook officiel une photo de Claude avec un smiley triste puis un petit cœur en guise de légende.
Interrogée par Télé Star, l'ancienne animatrice a également confié toute la tristesse que lui inspire la perte de son ancien acolyte : « J'ai du mal à en parler… […] C'est vraiment injuste. » Mais Dorothée tient avant tout à se souvenir de tous les bons moments partagés avec Framboisier. De « son rire inimitable », de son « dynamisme extraordinaire ». Elle se souvient avec émotion : « Lorsqu'on était fatigués pendant les répétitions ou en tournée, il remotivait les troupes. Il avait toujours un mot pour faire rire, remonter le moral » a-t-elle ajouté avant de conclure : « Framboisier c'était la joie et la gaieté. »
C’est ensuite Corbier qui a publié un long message sur le réseau social pour faire part de son chagrin. Après un long passage où il se remémore quelques fêtes et concerts avec Framboisier, François Corbier s’est souvenu de leur dernière conversation. « Il y a quelques mois il m'a passé un coup de fil, explique-t-il sur Facebook. Il m'annonçait qu'on lui avait détecté un cancer du côté du foie. Pour le rassurer je lui avais dit : “Ho tu sais Claude, au delà de 50 ans quand on se réveille et qu'on n'a mal nulle part c'est qu'on est mort !”. J'entends encore son rire dans mon oreille. Nous avons raccroché en nous promettant de nous revoir rapidement. »
Les deux amis n’en auront hélas pas eu le temps. « On ne s'est pas revus, confie Corbier, et nous ne nous reverrons plus. Claude et sa soif de vivre, Claude et son énorme rire de grand gamin vient de disparaître. » Très ému, il conclut : « Je conchie le ciel. »
Perrine Strenger
Dorothée témoigne de son amitié envers Framboisier sur TMC.
Sur IDF1, en présence de Bernard minet et Rémy, Jacky présente un hommage à Framboisier. Dorothée intervient au téléphone.
TMC a rendu hommage avec un documentaire inédit, diffusé le dimanche suivant à 19h45. Toute la bande du Club Dorothée était réunie, ses compagnons de chansons Bernard Minet, Remy Sarrazin, Eric Bouad ainsi que Dorothée, Jacky et Hélène Rollès. Ce reportage inédit de 40 minutes propose aussi une interview de Framboisier, réalisée en 2011, où il revient sur son parcours de musicien et de producteur.
R.I.P Cabu...

7 Janvier 2015
Mercredi 7 janvier 2015 en fin de matinée, deux terroristes ont fait irruption dans les locaux de Charlie Hebdo. Les deux illuminés ont assassiné douze personnes dont les dessinateurs Charb, Wolinski, Tignous, Honoré et Cabu.
Très vite, Dorothée réagit. Sur RTL, tout d'abord, puis dans de nombreuses interviews de presse et, le soir, dans l'émission "JJDA" de son ami et complice, Jacky, sur IDF1.
Sur sa page Facebook, le message suivant, signé Dorothée, est publié : "C'est une peine incommensurable. Cabu était plus qu'un collaborateur, c'était un ami, d'une fidélité rare, toujours présent. Il restera dans nos cœurs."
Trois jours après la disparition d'une autre légende de la Génération Dorothée, le chanteur des Musclés Framboisier, c'est un nouveau drame pour tous ceux qui ont travaillé auprès de Dorothée entre 1978 et 1997.
Cabu est mort en héros. Il ne se sera jamais soumis à la menace et aura milité pacifiquement avec un immense talent contre la violence et la bêtise humaines. Cabu, de son vrai nom Jean Cabut, était né le 13 janvier 1938 et aurait eu 77 ans quelques jours plus tard…
Dorothée : "je me suis toujours dit qu'un jour ça s'arrêterait"
Gala - Juillet 2015
Du jour au lendemain, elle ne s'est plus exprimée, plus montrée. A 61 ans, celle qui régna pendant vingt ans sur la jeunesse livre sa vérité. Décryptage.
« Dès que quelque chose m'embête un petit peu, j'ai la faculté d'occulter. » A l'autre bout du téléphone, la voix est incroyablement familière, entre la grande sœur et l'amie d'enfance, voire la « nounou », comme la qualifient encore beaucoup de trentenaires. Quand on demande à Dorothée de raconter cette dernière journée, celle du « Club Dorothée », sur TF1, elle reste factuelle. A l'époque déjà, elle avait su serrer les dents pour retenir ses larmes. Alors, vingt ans après...
Nous sommes le 26 août 1997, les vacances touchent à leur fin. Paris reprend doucement de couleurs de rentrée. Rue de la Montjoie - qui ce jour-là porte assez mal son nom -, à La Plaine Saint-Denis, où se situent les studios de AB Productions, tout le monde est là. Notamment Jacky, le complice doux-dingue, Corbier, le chansonnier lunaire, le flegmatique Patrick Simpson-Jones, la brune Ariane et elle, bien sûr, Dorothée. Petit pull à col roulé blanc, veste bleu électrique, elle chante : « Et même à l'autre bout du monde, quel que soit l'endroit où l'on soit, aussi vrai que la terre est ronde, un jour on se retrouvera... » « Do » souffle les bougies des dix ans de son émission. Il y a du bon petit soldat en elle. Quelque chose de volontaire. « Je n'aime pas perdre le contrôle, me laisser aller, commente-t-elle aujourd'hui. J'ai peut-être peur de trop montrer mes sentiments. Pourquoi ? Allez savoir... Et puis, c'était déjà assez triste comme ça de partir, on n'allait pas en rajouter ! Quand j'ai commencé ce métier, vous savez, je me suis toujours dit qu'un jour ça s'arrêterait, c'était clair dans ma tête. Mais j'aurais préféré choisir la date moi-même. » TF1 ne lui en n'a pas laissé le loisir. « C'est tombé comme un couperet, un coup de massue. On ne me l'a pas annoncé officiellement, j'ai appris les choses par les bruits de couloir, les "On a lu que...", "On a entendu que..." » Cette dernière, Dorothée aurait aimé la faire en direct, comme les autres. Mais la chaîne en a décidé autrement. « Ils ont dû penser que j'allais régler mes comptes, ce qui n'est pas du tout mon style, je n'aurais rien fait de spécial. Ils ont voulu sécuriser. Ce n'est pas grave. » Si d'autres ont gardé de la rancœur, elle non. Ce mot, comme « regrets » ou «remords » d'ailleurs, elle l'a rayé de son vocabulaire. Question de survie ? « Question d'éducation », réplique-t-elle. Le vendredi 29 août, quand l'émission est enfin diffusée et que ses cinq à six millions de petits fans apprennent du coup la triste nouvelle, Dorothée, elle, est déjà ailleurs. Dans un chagrin plus privé dont elle nous demande de ne pas trop parler («S'il vous plaît, c'est mon point faible. »). Juste dire alors que le soir même de l'enregistrement de cette dernière, lors d'un dîner organisé par toute l'équipe, son téléphone a sonné. Elle a répondu. Puis disparu. Sa maman, qui était malade, venait de mourir.
Au moment où une page professionnelle se refermait, la sphère familiale se rappelait à elle douloureusement, certes, mais intensément. Cette partie de sa vie qu'elle avait mise en sourdine pendant près de vingt ans la convoquait. Frédérique Hoschedé, de son vrai nom, avait tout un tas de choses à faire, à découvrir, à rattraper même. Et en premier lieu : « Un peu de vacances ne m'a pas fait de mal ! », sourit-elle. « Cela n'a pas été si difficile que ça en fait d'arrêter, avoue-t-elle. Il y a eu un petit silence, c'est vrai, j'avais besoin de digérer tout ça, je n'avais pas envie de me répandre, mais ce n'est pas dans mon tempérament de ruminer ou de regretter. » O.K., mais divertir la jeunesse de vingt à quarante heures en direct par semaine, détenir le record de spectacles avec quelque cinquante-neuf Bercy à guichets fermés, avoir enregistré une vingtaine d'albums (trente millions de disques vendus)... Le simple fait d'énumérer tout cela donne le tournis. « Je comprends, s'amuse-t-elle, moi-même, je suis épuisée rien qu'à regarder des documentaires qui me sont consacrés ! » Dorothée assure pourtant que tout cela n'était ni une corvée ni un sacerdoce, mais juste sa vie. Qu'avoir été privée des siens, privée d'enfants aussi, était un choix délibéré.
« C'était la carrière ou la vie de famille. J'ai privilégié la première. Je ne pouvais pas avoir les deux. Et ce qui ne s'est pas fait, ne s'est pas fait, je l'accepte. Je ne garde en mémoire que les bons moments, j'essaie au maximum en tout cas. Politique de l'autruche, me direz-vous ? Et pourquoi pas... » Derrière l'apparence fluette, on sent une énergie de bulldozer, une force puisée dans des racines solides. Bretonne de cœur et d'origine, il y a quelque chose de minéral et de clair en elle. Chez les Hoschedé, on a dû beaucoup s'aimer et se le dire. Elle confirme. « J'ai été bien protégée, bien dirigée. Maman était très carrée, stricte quand il le fallait, mais hyper drôle aussi. Quand j'ai commencé ce métier, elle était toujours derrière à me dire « Attention ! » Et ça, c'était bien. Papa, je l'ai perdu très tôt. Il chantait magnifiquement bien, il aurait adoré participer à des spectacles, des albums, je suis sûre qu'on aurait fait des duos d'enfer ! Il est parti avant. Je commençais comme speakerine quand il est décédé. En faisant ce métier, quelque part, j'ai réalisé son rêve. » Elle se souvient qu'en 1973, lorsque Jacqueline Joubert, alors directrice de l'unité jeunesse de l'ORTF, lui a proposé de faire de la télévision, il lui a dit : « Si tu aimes, vas-y ! » « C'est génial de la part d'un papa je trouve ! Maman était plus réticente, car plus protectrice, mais elle ne m'a jamais empêchée non plus. » Véritable garçon manqué, plus portée sur les jeux de cow-boys et d'Indiens que sur les poupées (« au grand désespoir de maman », précise-t-elle), Frédérique vouait un véritable culte à son frère Jean-François, son aîné de sept ans. « Gamine, j'étais un boulet pour lui, mais vers l'âge de vingt ans, nous sommes devenus soudés comme les doigts d'une main. » En 2010, Jean-François est décédé des suites d'une maladie. « Je suis toujours la sœur, je suis toujours leur fille. Je pense à eux tout le temps ! Non-stop ! Je me dis : "Ah, s'ils étaient là !", "Ah, s'ils voyaient ça !" Je vis toujours avec eux en fait. Je n'ai pas coupé le cordon. » « Faute de famille, l'homme, dans l'immense univers, tremble de froid », écrivait André Maurois. S'il n'y a pas chez Dorothée ce besoin vital de lumière qui fait que d'aucuns s'y brûlent, c'est sans doute là qu'il faut en trouver l'explication. Dans cette famille soudée, unie, perçue comme un nid protecteur. Voilà encore comment expliquer qu'une décision imposée par autrui devint, dans les mois, les années qui suivirent, un choix personnel. « C'est vrai ! Je n'avais pas envie de parler pour ne rien dire, ni de faire n'importe quoi pour le plaisir de faire... » Et aller frapper aux portes avec des projets sous le bras ? Se battre ? Empruntant aux enfants l'une de leurs expressions, elle nous répond : « N'avais pas envie ! » En 2004, elle a pourtant failli reprendre le rôle de Gérard Klein dans «la série L'Instit. Quatre ans plus tard, entourée des anciens du « Club Dorothée », elle a contribué au lancement de IDF1, chaîne locale d'Ile-de-France, propriété de son ancien producteur, Jean-Luc Azoulay. En 2011, sur RTL9, chaîne du groupe AB, elle a animé quelques émissions sur la magie avec l'illusionniste Laurent Beretta. Des apparitions toujours furtives. « Je n'ai pas baissé les bras, mais j'avançais au coup de cœur, confie Dorothée. Quitte à faire quelque chose, j'aurais aimé que ce soit différent. » Comme le cinéma par exemple. Après avoir tourné L'amour en fuite (1979), avec François Truffaut, et Pile ou face (1980), entre Michel Serrault et Philippe Noiret, sous la direction de Robert Enrico, elle aurait pu y prétendre en effet... « On ne m'a rien proposé. L'étiquette était là, c'était impossible. » Labellisée télé, jeunesse, TF1, on lui a fait d'une certaine façon payer son succès, son omniprésence, voire omnipotence. « Quand elle était à Antenne 2, les critiques la portaient aux nues, dès qu'elle est passée à TF1, qui venait d'être privatisée, elles l'ont clouée au pilori », raconte un de ses proches. Télérama osa même alors un « Faut-il brûler Dorothée ? » en pleine une. « Les critiques étaient assez insupportables, se souvient-elle. J'essayais de ne pas les lire, de ne pas les entendre, mais ce n'était pas toujours possible et certaines faisaient parfois très, très mal. Cependant, je n'ai jamais eu envie de réagir. Si cela s'était déroulé à l'époque de Twitter et des autres réseaux sociaux, je n'aurais pas répondu non plus. Cela ne sert à rien d'envenimer les choses. » Quand la lumière s'est éteinte, Dorothée ne s'est pas perdue. Pas trouvée non plus. Elle a juste continué. Elle continue.
De sa vie privée, elle dit toujours « Tout va très bien, merci ! », pour couper court aux questions. Début 2010, Thierry Demaizière, journaliste de l'émission « Sept à huit », tenta de la faire réagir à la rumeur d'un cancer surmonté. On murmure qu'elle vit avec un compagnon depuis plusieurs années. Ses proches la protègent. Dorothée, elle-même, n'entrouvre aucune porte. « Mon intimité, c'est comme ma maison. Peu de gens ont les clés. » Entre son appartement parisien et sa propriété de Normandie, la télévision reste une vieille copine qu'elle fréquente dès le matin (les chaînes info), puis au hasard des programmes. Evidemment, on ne peut s'empêcher de lui demander si une émission lui donnerait envie... Petit raclement de gorge : « Est- ce que je suis obligée de répondre ? » Selon Boris Cyrulnik, psychiatre et psychanalyste français : « L'évolution ne connaît pas la marche arrière. » Dorothée non plus.
JEANNE BORDES
Légendes des photos :
- Comment cette petite Bretonne d'origine, qui se dit flemmarde et rêveuse (« en bon Cancer »), a-t-elle pu devenir une telle work-addict? « C'était un engrenage, on ne pouvait pas dire : "Non, aujourd'hui je n'y vais pas", donc on y allait ! Et puis, j'avais une super équipe. Sans elle, je n'existais pas.
- La fille de Maurice et Jacqueline Hoschedé est une fillette, puis une ado extrêmement timide.
C'est Jacqueline Joubert qui l'engage, en septembre 1973, pour présenter « Les mercredis de la jeunesse », sur l'ORTF.
- Dans sa maison de Normandie.
Dorothée fait Trembler Bercy!
Métro - 4 Décembre 2015
Vendredi 4 décembre, TF1 fêtait les 30 ans de Bercy et pour l'occasion, Dorothée est remontée sur scène. Sa première apparition en 18 ans. Les retrouvailles étaient chaleureuses.
Cela faisait 18 ans que l'on n'avait pas vu le bout du nez de Dorothée. L'animatrice culte des années 80-90 a fait son retour sur TF1 à l'occasion des 30 ans de Bercy pour chanter l'un de ses titres. Recordwoman des concerts dans cette salle mythique (59 à elle seule), Dorothée a fait replonger les spectateurs et internautes en enfance avec "Tremblement de Terre".
Une nouvelle fois, elle a su embarquer dans son univers un peu doux dingue les fans qui n'avaient que son nom à la bouche. Malgré, le casting épique réuni à l'AccorHotels Arena (Pascal Obispo, Louane, Patrick Bruel...), c'est bien Dorothée qui gagne à l'applaudimètre. Sur Twitter, les internautes ont été aussi ravis de retrouver la grande dame de la télévision, si l'on croit les messages d'amour laissés sur le réseau de l'oiseau bleu pendant la soirée.


























