Articles - 2016/2023
- "Ségolène, Cabu, la vache et moi"
- Dorothée : "Je referais bien de la télé… Pourquoi pas !"
- Corbier nous a quitté
- Nicky Larson
- Disparition de Ariane
- Dorothée soutient Elsa Esnoult dans "Danse avec les stars"
- Dorothée – Idole des jeunes
- Dorothée est l'invitée de "La chanson secrète" sur TF1
- Tous émus par Dorothée
- Emmanuelle nous a quitté
- Une exposition « Dorothée et Cabu »
- Dorothée – La voix d’une génération
- Dorothée donne de la voix
"Ségolène, Cabu, la vache et moi"

Le journal du dimanche - 2016
À l’époque, elle attirait plus de spectateurs dans les salles que Michael Jackson. Dix-sept millions d’albums vendus plus tard, la star des enfants fête ses 35 ans de carrière avec une anthologie de ses succès.
- Saviez-vous que Allô, allô, monsieur l'ordinateur était une des chansons favorites du critique de rock Bayon?
- C'est vrai?
- Elle reste en plus visionnaire sur les rapports de déshumanisation liés aux machines…
- Une chanson, c'est avant tout une mélodie sur laquelle on pose un tralalalère. Il ne faut pas trop interpréter. Nous, on cherchait à s'amuser.
- Quel effet cela vous fait de réécouter ces refrains?
- Je retrouve l'ambiance des émissions. C'est assez émouvant. Quand je suis retombée sur La Mer câline, que l'on jouait pour les fêtes de Noël à la mairie de Paris, je dois dire que j'ai eu une petite nostalgie.
- Vous étiez au top. Après Récré A2, Le Club Dorothée culminait parfois à 60% de parts de marché. Pourquoi tout cela s'est-il arrêté?
- Il faut demander à la direction de TF1 de l'époque. Même si on se doutait que ça s'arrêterait un jour, on est toujours surpris quand ça arrive. La coupure a été brutale. C'est loin maintenant… Mais je me souviens qu'on avait tous la gorge serrée lors de la dernière émission. J'essayais de ne pas pleurer mais on a tous fini en larmes. Puis la vie continue. Elle n'en est pas moins belle. J'ai pu m'occuper de moi, voir mes amis, ma famille. Avant, j'étais dans un tourbillon. Les 35 heures, on les faisait dans la journée! Du matin au soir et même après, c'était du non-stop : enregistrement des émissions, puis on allait au studio et parfois il y avait encore un tournage derrière. Mais c'était bien.
- Qu'est-ce qui explique ce succès?
- On ne trichait pas et notre public devait le ressentir. Ça ne peut pas marcher sinon. Les enfants ne laissent rien passer.
- Mais vous n'aviez pas que des fans. Ségolène Royal avait, paraît-il, saisi le CSA car elle jugeait les dessins animés que vous diffusiez trop violents. Vous vous souvenez de ça?
- Bien sûr… Comment oublier? Elle demandait aux jeunes de ne pas regarder la télévision parce que c'était trop "PER-TUR-BANT".
- Les enfants ont-ils changé depuis?
- Quand j'ai commencé, en 1972, ils avaient déjà un certain style avec lequel ils évoluaient. Maintenant, je trouve qu'ils grandissent drôlement vite. Trop, peut-être. Ce ne sont plus les mêmes enfants.
- Est-ce la faute de "monsieur l'ordinateur" : trop de fenêtres ouvertes en même temps? Vous étiez alors leur seule ouverture sur le monde.
- On mêlait le sérieux aux tartes à la crème. On avait notre folie, mais on faisait attention à ouvrir, comme vous dites, les bonnes fenêtres. Il faut être très prudent.
- Aviez-vous des retours des enfants?
- Oui, par sacs entiers. On était une bonne affaire pour la Poste. Au Club Dorothée, tout un service était dédié pour le courrier.
- Vos rengaines sont une manière de transmettre. Car vous n'avez pas d'enfants?
- Non, je n'en ai pas. C'est vrai que ces chansons continuent de plaire. Je m'en aperçois dans la rue, au restaurant. Tous ces gens qui ont maintenant des enfants, voire des petits-enfants, n'ont pas oublié ce qu'ils ont vécu dans leur jeunesse… On ne peut rester indifférent à ces marques d'amitié et de fidélité.
- Est-ce difficile de vivre avec le personnage de Dorothée?
- Mais ce n'est pas un personnage! C'est moi.
- Quelle était votre vie avant?
- J'étais une petite fille qui jouait aux cow-boys et aux Indiens, qui grimpait aux arbres avec ses copines de Bourg-la-Reine. On n'avait pas la télé… Je rêvais de devenir égyptologue. Puis Jacqueline Joubert, qui m'a révélée à la télévision, a trouvé que mon prénom, Frédérique, faisait trop androgyne. On a fait la liste des prénoms et on est tombées d'accord sur Dorothée.
- Qui vous appelle encore Frédérique?
- Ma famille. Mais vous savez, ils m'ont toujours appelée par un autre prénom : Marguerite, Paulette…
- Avez-vous gardé les tenues de l'époque Dorothée?
- Non, je n'ai plus aucun vêtement. Tout a fini dans un dégât des eaux.
- Mais vous étiez restée liée avec Cabu…
- On se voyait, on dînait tous les trois avec sa femme. Il y avait deux Cabu, celui de Charlie Hebdo et celui du Grand Duduche. C'est ce dernier que j'aimais bien. Il était exceptionnel, d'une gentillesse extrême. Il m'emmenait écouter du jazz. Il avait toujours un calepin et un crayon avec lui. Il croquait les gens et là, on rigolait bien. Il m'avait fait le nez de Dorothée. Je ne sais pas comment ça lui était venu. D'autres ont essayé de me dessiner mais ce n'était pas aussi efficace. Cabu, lui, ce n'était pas méchant…
- Y a-t-il des écoles Dorothée?
- Non, mais il y a une piscine et beaucoup d'animaux. Des chats, des chiens. Une petite fille a même baptisé sa vache Dorothée. Elle me l'a écrit.
- Une vache, c'est gentil comme animal…
- Ouh, pas tant que ça. Il faut être prudent.
- Comme Dorothée?
- Oh, elle est gentille, Dorothée. Je la connais, elle ne mord pas. Il ne faut pas trop l'embêter, c'est tout.
Dorothée : "Je referais bien de la télé… Pourquoi pas !"
Retro - Octobre 2017
Dorothée chanteuse, un phénomène !
Dorothée a sorti un nouvel album studio par an pendant 15 ans, soit 212 chansons, sans compter les compilations et les albums de chansons traditionnelles. Au total, la chanteuse a
enregistré 58 singles et 39 albums entre 1980 et 1997, pour un total de près de 17
millions de copies. En 1982, le 45 tours de Hou la menteuse, certifié disque de platine, s'écoule à 1.300.000 exemplaires. Cette même année, la chanteuse a vendu plus de 3 millions de disques. En 1989, l'album -Tremblement de terre- est disque d'or (100.000 ventes) dès sa sortie ! Elle a également investi les salles, avec deux Olympia, plusieurs Zénith et surtout le gigantesque Palais omnisports de Paris Bercy à trois reprises, durant trois semaines consécutives en 1992 et plus de 500.000 spectateurs. Elle détient toujours le record absolu de longévité pour une artiste féminine dans cette salle, avec 56 représentations, un nombre qui n'a été dépassé que par Johnny Halliday et Michel Sardou.
Une polémique qui fait date
Le succès de Dorothée et les choix éditoriaux de celle qui est aussi la Directrice des programmes jeunesse de TF1 ne laissent pas indifférents. Une jeune députée socialiste part en guerre contre les dessins animés japonais très présent dans les émissions du Club Dorothée, déclarant: «Les émissions qui visaient à éveiller l'intelligence des enfants ont disparu au profit d'un magma informe qui valorise la violence crue et la niaiserie sirupeuse », Ségolène Royal, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, va même jusqu'à publier un livre sur le sujet, Le ras-le-bol des bébés zappeurs, dans lequel elle affirme: « La violence est une solution de facilité. Plus un enfant a peur, plus il est fasciné Et ça fait de l'audience. » Dorothée reste à l'antenne mais le président du CSA de l'époque, Hervé Bourges, impose une signalétique pour les dessins animés les plus problématiques. Selon Bernard Minet, le chanteur des Musclés, cette croisade a coûté cher à la candidate à la présidentielle de 2007 : Si elle a perdu, c'est en partie à cause de ce qu'elle a fait à Dorothée. « J'en suis persuadé. C'est peut-être naïf mais l'explication m'amuse. Pendant les élections, j'ai vu défiler des centaines de messages sur Internet. Beaucoup de gens disaient qu'ils ne voteraient jamais pour elle à cause de "tout ce qu'elle avait fait". Pour la majorité, elle était d'abord celle qui avait fait arrêter le « Club Dorothée » »
- Vous étiez proche de Cabu, le dessinateur de Charlie Hebdo assassiné le 7 janvier 2015 ?
- On se voyait régulièrement, on dinait tous les trois avec sa femme. Il y avait deux Cabu, celui de Charlie Hebdo et celui du Grand Duduche. C'est ce dernier que j'aimais bien. Il était exceptionnel, d'une gentillesse extrême. Il m'emmenait écouter du jazz. Il avait toujours un calepin et un crayon avec lui. Il croquait les gens et là, on rigolait bien. Il m'avait fait le nez de Dorothée. Je ne sais pas comment ça lui était venu. D'autres ont essayé de me dessiner mais ce n'était pas aussi efficace. Cabu, lui, ce n'était pas méchant...
- Pourriez-vous revenir à la télévision ?
- J'ai déjà répondu à cette question sur le plateau de Cyril Hanouna: pourquoi pas ! La télévision me manque parfois.
- Pour refaire le Club?
- Ça, on me l'a déjà demandé une tonne de fois, et j'ai toujours refusé. Les jeunes de maintenant ne sont plus les mêmes qu'autrefois. Quand j'ai commencé, en 1972, ils avaient déjà un certain style avec lequel ils évoluaient. Maintenant, je trouve qu'ils grandissent drôlement vite. Trop, peut-être. Ce ne sont plus les mêmes enfants.
- Et refaire l'émission avec une nouvelle équipe ?
- Mettre en place un tel programme reste très compliqué. On va dire que c'est d'une autre époque. Et je ne suis pas sûre qu'on arrive à trouver une équipe aussi dingue que la nôtre. C'est dommage de vouloir remettre à l'antenne de vieilles émissions, d'autant que ça ne marche pas vraiment, comme « L'Académie des Neufs » récemment. Peut-être que les dirigeants de chaînes n'ont pas d'imagination pour lancer de nouveaux concepts. Pourtant, il y a encore des choses à explorer à la télévision.
- Comment tout s'est-il arrêté ?
- Il faut demander à la direction de TF1 de l'époque. Même si on se doutait que ça s'arrêterait un jour, on est toujours surpris quand ça arrive. La coupure a été brutale. C'est loin, maintenant... Mais je me souviens qu'on avait tous la gorge serrée lors de la dernière émission. J'essayais de ne pas pleurer mais on a tous fini en larmes. Ma déception, c'est de ne pas avoir pu saluer le public, leur dire au revoir à l'antenne. Dans la dernière émission, on termine par « A demain », comme à chaque fois…
- Comment expliquez-vous le succès du « Club Dorothée » ?
- On avait une réelle folie. On ne trichait pas et notre public devait le ressentir. Ça ne peut pas marcher sinon. Les enfants ne laissent rien passer.
- Et le fait que votre popularité demeure ?
- Tous ces gens qui ont maintenant des enfants, voire des petits-enfants, n’ont pas oublié ce qu’ils ont vécu dans leur jeunesse… Je m’en aperçois dans la rue, au restaurant… On ne peut rester indifférent à ces marques d’amitié et de fidélité.
- Qu'avez-vous fait après l'arrêt de vos émissions ?
- J'ai pu m'occuper de moi, voir mes amis, ma famille. J'ai même essayé de peindre, mais, bien que Claude Monet soit dans mon arbre généalogique [elle est la petite-fille de Jean-Pierre Hoschedé, beau-fils du célèbre peintre, NDLR], j'ai dû me rendre à l'évidence : le talent n'est pas héréditaire. Professionnellement, il y a eu plusieurs projets : une sitcom aux côtés de l'équipe, un film au cinéma écrit par Jean-Luc Azoulay, un retour sur scène dans une comédie musicale pour Noël en 1998, une pièce de théâtre avec Jean Amadou au Théâtre des Deux Ânes, et même la création d'une chaîne de télévision à mon nom Dorothée Channel. Mais aucun n'a about...
- Le changement de rythme a dû être impressionnant...
- Avant, j'étais dans un tourbillon. Les 35 heures, on les faisait dans la journée ! Du matin au soir et même après, c'était du non-stop : enregistrement des émissions, puis on allait au studio et parfois il y avait encore un tournage derrière. Mais c'était bien. Après, la vie continue. Elle n'en est pas moins belle.
- N'en avez-vous pas assez qu'on vous parle de ce programme aujourd'hui ?
- Je ne peux pas vous dire oui. Quand je fais mes courses, tout le monde m'en reparle. C'est quelque chose qui a marqué une génération. Il faut dire que c'était spécial comme émission.
- Que vous évoque la télé-réalité ?
- Je déteste ça. Avant, quand on osait dire un gros mot à l'antenne, on se faisait taper sur les doigts. Maintenant, quand je vois toutes les vulgarités qu'on diffuse, je suis abasourdie !
- Un passage à Bercy à l'occasion des 30 ans de la salle en 2015, un coffret de CD en 2016. C'est reparti ?
- Un retour sur scène ? Il ne faut jamais dire non... Moi, je ne ferme pas les portes. Pourquoi pas. En tout cas, quand j'ai chanté à Bercy. C’était de la folie, une émotion énorme, j'en ai tremblé.
- Revoyez-vous les gens de l’équipe ?
- Bien entendu ! On a travaillé des années ensemble. Nous étions une famille. Les ponts ne sont pas coupés, loin de là. Ariane a créé sa société de production avec son mari, Rémy (Sarrazin), un ancien des musclés. Corbier fait toujours de la musique, Jacky de la télévision. Il n'y a que Patrick qui est parti vivre à Miami et avec qui nous n'avons plus de contact.
- Est-ce difficile de vivre avec le personnage de Dorothée ?
- Mais ce n'est pas un personnage, c'est moi !
Par Christian Charreyre
Corbier nous a quitté

1er juillet 2018
Corbier, poète et animateur jeunesse qui a bercé l'enfance de toute une génération s'est éteint le 1er juillet dernier des suites d'un cancer. Il avait 73 ans. Son corps a été inhumé le 5 juillet en présence de sa veuve Doune Roux, de son fils Wilfried Roux, mais aussi de ses anciens comparses du « Club Dorothée » Ariane, Jacky ou encore Dorothée. Le trio a eu du mal à cacher son émotion lors de la cérémonie qui s'est déroulée au cimetière du village de Serez, dans l'Eure, où Corbier vivait depuis 30 ans. Selon France Bleu Normandie, 200 personnes ont assisté au dernier hommage au chansonnier.
François Corbier (Alain Roux de son vrai nom) avait commencé sa carrière à la télé en 1982 dans « Récré A2 » sur Antenne 2 (ex-France 2) aux côtés de Dorothée avant de la suivre sur TF1 jusqu'en 1997 dans le « Club Dorothée ». Après l'annonce de son décès, son fils Wilfried Roux, avait rendu un vibrant hommage à celui qu'il appelle son « p’tit père ». « Qu’est-ce que tu m’auras fait marrer ! Aujourd’hui tu me fais sacrément pleurer... ce n’est pas la première fois mais ça sera la dernière. Même si tu ne le disais pas, ou peu, par pudeur ou par timidité, je sais que tu étais fier de moi, autant que je t’admirais. Tu m’as beaucoup appris, toi qui n’avais pas fait d’études, énormément donné, toi qui ne possédais pas grand-chose », a-t-il écrit avant de citer toutes les choses que son père lui a léguées, notamment « le goût des mots, de la langue, de la littérature, l’amour de la chanson, de la musique ». « Comment oublier ton œil qui frisait quand tu fomentais une blague, tes coups de gueule contre l’injustice et la bêtise, tes colères aussi soudaines que terrifiantes que je redoutais tant enfant, tes yeux embués et ta voix brisée quand tu étais ému et dont j’ai hérité, a-t-il ajouté. Aller papa t’avais raison c’est pas mal les Beatles, prends ta gratte qu’on chante Black Bird une dernière fois »
Nicky Larson

2019
Le public ne l'avait pas vue depuis bien longtemps, pourtant, Dorothée revient pour une brève apparition lors du dernier film de Philippe Lacheau.
On ne l'avait pas vue sur grand écran depuis « Pile ou Face », film de Robert Enrico, sorti en 1980. Des années après, Dorothée fait un sobre retour au cinéma, avec une apparition dans le prochain film de Philippe Lacheau. Le réalisateur, fan absolu du manga « Nicky Larson », a décidé d'adapter l'animé en film.
Le long-métrage, intitulé « Nicky Larson et le parfum de Cupidon », sortira mercredi 6 février 2019. Mais le tournage a eu lieu il y a quelques mois déjà, et un cliché avait fuité sur Instagram, montrant Dorothée en costume d'hôtesse de l'air. Cette apparition est un tendre clin d’œil au célèbre « Club Dorothée », qui diffusait à l'époque les premiers épisodes de « Nicky Larson ».
C'est lors de l'avant-première du film, au cinéma Le Grand Rex à Paris, que les acteurs du film ont défilé sur le tapis rouge en compagnie de Philippe Lacheau. Parmi Elodie Fontant, Tarek Boudali ou encore Didier Bourbon, c'est bel et bien Dorothée qui a attiré l'attention. Très complice avec le réalisateur, la chanteuse de 65 ans est apparue pétillante et pleine d'entrain. Physiquement, elle n'a pas pris une ride et ne semble pas avoir changé depuis l'époque du « Club Dorothée ».
Disparition de Ariane

3 septembre 2019
Ariane Carletti meurt le 3 septembre 2019 à l'âge de 61 ans des suites d'un cancer.
La nouvelle est annoncée le lendemain par son entourage
Elle est incinérée le 7 septembre 2019 au crématorium du cimetière du Père-Lachaise à Paris, en présence de nombreux proches dont Dorothée, Bernard Minet et Jacky. Elle est inhumée aux côtés de ses parents au nouveau cimetière de Boulogne-Billancourt
Dernières nouvelles d’alsace – 4 septembre 2019
La comédienne Ariane Carletti, co-animatrice du Club Dorothée, sur TF1, est morte ce mardi, annonce sa famille. Elle était âgée de 61 ans.
"Comédienne, productrice et animatrice de télévision, Ariane Carletti a consacré toute sa vie au spectacle et aux autres. Elle était devenue l'un des visages les plus populaires de la télévision française aux côtés de Dorothée", précise le communiqué de ses enfants et de son frère.
"Nous sommes tous effondrés par cette nouvelle, a réagi le producteur Jean-Luc Azoulay, qui travaillait avec elle depuis des décennies. C’était quelqu’un de formidable, toujours enjouée. Elle luttait contre la maladie depuis plusieurs années et on pensait qu’elle allait pouvoir échapper à tout ça mais hélas, elle est partie..."
Ariane Carletti, née le 4 novembre 1957, est issue d'une famille d'artiste : son père Raoul André est réalisateur, sa mère Louise Carletti actrice. A 20 ans, elle fait ses débuts de comédienne au théâtre. En 1980, elle devient la "doublure" de Dorothée dans Récré A2 sur Antenne 2.
Elle deviendra le "bras droit" de l'animatrice blonde pendant 10 ans sur TF1, devenant une figure emblématique du Club Dorothée. Elle est également l'interprète de nombreux génériques de dessins animés tels que Yakari, Charlotte aux fraises, Dragon Ball Z ou encore Les Bisounours.
Après l’arrêt du Club Dorothée dans les années 1990, elle continue à travailler à la télévision, au sein d’AB Productions, la maison de production de Jean-Luc Azoulay, où elle participe à plusieurs niveaux à de nombreuses émissions et projets, dont le feuilleton Les mystères de l’amour.
Dorothée soutient Elsa Esnoult dans "Danse avec les stars"
2019
Des étoiles plein les yeux. Elsa Esnoult réalise l’un de ses plus grands rêves : danser sur la bande annonce de son film préféré : « Titanic ». Pour ce prime spécial Céline Dion, la comédienne des Mystères de l’amour a dansé une rumba sur le titre « My heart will go » on avec Anthony Colette. Une surprise n’arrivant jamais seule, elle a eu le plaisir de recevoir la visite de Dorothée sur les répétitions.
Un mentor pour Elsa Esnoult. "C’est le premier concert auquel j’ai assisté et j’avais des étoiles plein les yeux. Pour moi, c’est la star. Maintenant, on est amies " a-t-elle affirmé. Et si Dorothée porte un regard bienveillant sur la jeune femme, elle n’hésite pas à la guider et à lui dire de se lâcher pour entrer davantage dans la peau de son personnage. "J’ai envie de la bousculer un peu ", affirme-t-elle. "J’ai encore plus la pression ", admet Elsa Esnoult.
Dorothée – Idole des jeunes
Télé 7 jours – 23 mars 2020
En 1971, vous êtes repérée par Jacqueline Joubert, qui vous rebaptise Dorothée. Pourquoi ne pas avoir gardé votre prénom ?
Dorothée : Parce que je m'appelle Frédérique et qu'elle le trouvait trop androgyne. Dorothée était originale, il y en avait très peu à l'époque. Aujourd'hui, seuls les membres de ma famille m'appellent Frédérique.
- Vous souvenez-vous de vos premiers pas à la télé ?
- C'était en 1973, dans Les Mercredis de la jeunesse, à l'ORTE. Je ne connaissais rien à la télévision. Les plateaux étaient gigantesques, les projecteurs, énormes, tout était disproportionné. J'ai suivi le pas et j'ai immédiatement accroché avec la caméra.
- En 1978, vous êtes speakerine et vous prenez les commandes de Récré 42, sur Antenne 2...
- Au début, on tournait dans un petit coin. On prenait tout ce qui traînait pour faire le décor. Je partageais l'animation avec William Leymergie, puis nous avons été rejoints par Cabu, Ariane, Jacky, Corbier... Nous sommes tous devenus amis, assez naturellement.
- C'est d'ailleurs pour Récré A2 que vous avez reçu un 7 d'Or. L'avez-vous conservé ?
- Évidemment ! Il est en deux parties, car un morceau s'est détaché, mais je l'ai encore !
- En 1985, vous découvrez le concept du Téléthon aux États-Unis et vous rapportez l'idée en France...
- J'avais trouvé ça extraordinaire et, avec Jean-Luc Azoulay, mon producteur de l'époque, nous nous étions attelés à en faire une version française. Nous avons tout développé, tout détaillé, etc. Finalement, tout était prêt et le Téléthon a été lancé... mais sans moi.
- Pourquoi ?
- Certains ont prétendu que j'étais trop jeune, mais je n'ai jamais eu de réponse précise. Cela m'a occasionné une immense tristesse, mais, l'important, c'est que l'émission ait vu le jour.
- En 1987, vous rejoignez l'unité des programmes jeunesse de TF1 et lancez Club Dorothée qui va réaliser jusqu'à 60 % de parts de marché. Aviez-vous conscience du phénomène qui se créait ?
- De l'intérieur, on ne voyait pas les choses de la même manière. Les décors et les programmes s'étoffaient et les téléspectateurs affluaient, mais cela s'est fait progressivement.
- Club Dorothée a reçu aussi bien Chuck Berry que sœur Emmanuelle et des ministres. Comment expliquez-vous un tel éventail d'invités ?
- Le programme était ouvert à tout le monde, c'était le principe. On faisait des gags, on se lançait des tartes à la crème, mais nous savions aussi être sérieux. Rapidement, nous avons développé des émissions telles que « Terre, attention, danger » ou les « Noël de l'amitié ». La solidarité et l’écologie ? Il était inconcevable, pour nous, de passer ces thèmes sous silence.
- Vous avez également fait carrière comme chanteuse, sur une idée de Jean-Luc Azoulay. Mais, au départ, vous étiez réticente...
- Je n'y avais jamais songé. Je chantais avec mon papa, mais je ne pensais pas en faire un métier.
- Et pourtant, vous avez vendu plus de 17 millions d'albums, et vous êtes la seule femme à être montée 59 fois sur la scène de Bercy, à Paris. Cela vous manque-t-il de ne plus chanter en public ?
- Oui, même si j'ai toujours été terriblement angoissée à chaque fois. Rien que d'en reparler, le trac revient. La télévision me manque aussi, et j'attends le projet qui saura me séduire. Je marche au coup de cœur.
- Comment avez-vous vécu l'arrêt brutal de Club Dorothée, le 31 août 1997 ?
- Cela a été un choc, car on nous l'a annoncé tard, sans délicatesse ni explications. Il a fallu prendre d'autres habitudes, mais ça m'a permis de me consacrer aux miens.
- Que pensez-vous des programmes pour enfants, aujourd'hui ?
- Je crois que l'on ne respecte plus les jeunes téléspectateurs. La télévision est devenue une boîte déshumanisée qui ne s'adresse plus du tout à eux. C'est pour cela qu'ils la désertent pour consommer du contenu différemment. Où est passé le temps où les enfants discutaient du dernier épisode de « Dragon Ball Z » dans la cour de récré ?
- Comment vivez-vous votre notoriété ? Avez-vous conscience de l'impact que vous avez eu ?
- Je m'en rends compte tous les jours. Quand je sors, je suis reconnue par des gens qui me sourient, me prennent dans leurs bras ou me disent simplement merci. Quel bonheur. Que voulez-vous que je demande de plus ?
Interview Adeline Quittot
Photos Darius Salimi pour Télé 7 Jours
Dorothée est l'invitée de "La chanson secrète" sur TF1
22 janvier 2022
Très discrète dans les médias, Dorothée, l'idole de plusieurs générations, s'apprête à faire son come-back, le temps d'une soirée, sur TF1, dans La Chanson secrète. Émotion et frissons garantis !
Elle a marqué de nombreuses générations, bercées par ses émissions jeunesses et ses chansons : Dorothée est de retour, ce samedi 22 janvier 2022, dans La Chanson secrète dès 21 h 10 sur TF1. Le moins qu'on puisse dire est que ce come-back est un véritable événement, tant l'ancienne animatrice de Récré A2 et du Club Dorothée se fait rare à la télévision, depuis son éviction de la Une en 1997. Depuis, elle avait animé quelques émissions sur IDF1, la chaîne de télévision francilienne, mais aussi, redonné quelques concerts remarqués en 2010, à l'Olympia et à Bercy.
La chanson secrète : quelle surprise pour Dorothée ?
On le sait, dans La Chanson secrète, Nikos Aliagas invite des personnalités à s'installer dans un fauteuil, et à se laisser surprendre par la production. Ces surprises, d'ailleurs, ont souvent pour conséquence de faire couler de nombreuses larmes. À en juger la bande-annonce dévoilée par TF1, et que vous pouvez retrouver ci-dessous, Dorothée ne fera pas exception : comme ils l'ont dévoilé sur leurs réseaux sociaux, de nombreuses personnalités vues dans le Club Dorothée, comme Jacky, le vétérinaire Michel Klein, Cyril Drevet ou encore Hélène Rollès vont lui réserver un moment magique ! Nul doute que ces retrouvailles vont soulever un vent de nostalgie chez les téléspectateurs, et notamment auprès de ceux qui se désespèrent, un jour, de revoir la star aux commandes d'une émission. Pur sûr, tous auront également une pensée pour ces figures de l'émission aujourd'hui disparues, telles qu'Ariane, Framboisier, Papy René, Carlos…
L'hommage de Nikos Aliagas à Dorothée
Nikos Aliagas a profité du passage de la vedette pour la prendre en photo. L'occasion pour lui de rendre hommage à Dorothée sur ses réseaux sociaux (voir le cliché ci-dessous) : "Une légende qui a bercé plusieurs générations à la TV ce samedi soir dans "La chanson secrète". Dorothée a accepté de se prêter au jeu de notre émission avec élégance, humilité et gentillesse. J’étais ému et fier de la rencontrer car sans le savoir elle a accompagné aussi mon enfance… une grande", a-t-il légendé son post. Bref, un grand moment d'émotion en perspective, ce samedi, sur TF1 !
Source : Télé Loisirs
Tous émus par Dorothée

Télé Star – Janvier 2022
Samedi 22 janvier, le divertissement de TF1 a réservé une belle surprise à Dorothée. L'ancienne équipe de l'animatrice mais aussi des personnalités comme Christophe Beaugrand, Dave et Cyril Féraud lui ont rendu hommage sur scène. Un grand moment qui a ému les internautes.
Dorothée
@Dorothee Off
Très touchée et émue par vos si nombreux messages, je vous remercie sincèrement et vous aime très fort. Dorothée
Nikos Aliagas
@nikosaliagas
On devient ce qu'on a rêvé dans son enfance et je vous dois tellement ma chère @DorotheeOff. Merci d'avoir été avec nous ce soir et à jamais dans nos cœurs.
Cyril Féraud
@cyrilferaud
On l'aime tant notre @DorotheeOff. Merci pour cette belle surprise !
Christophe Beaugrand-Gerin
@Tof Beaugrand
Que d'émotions pour la surprise de #Dorothée hier soir dans #LaChansonSecrète sur @TFI. Toute une époque, nos souvenirs et la joie de notre enfance ! Merci pour tout Dorothée, on était tous très touchés.
L'œil du Lynx
@Laguenille13
#LaChansonSecrète Impossible de retenir mes larmes devant les souvenirs de la belle époque avec #Dorothée. Quelle chance nous avons eue de connaître ces moments inoubliables. Je suis tellement nostalgique et si fière de notre enfance, bienveillante, positive et authentique !
Emmanuelle
@Crystalbleu96
La vérité, j'ai regardé l'émission juste pour Dorothée. Gamins, on n'avait pas Internet ni réseaux sociaux mais qu'est-ce qu'on était heureux devant le Club Dorothée.
Olivier ELISABETH
@Olivelis
Merci à @TFI d'avoir offert ce grand moment de souvenirs d'enfance, par la présence de @Dorothee Off, ainsi que tous les invités. Ce fut un réel plaisir.
PAUL Grey
@PAULGre79799294
Que d'émotions, quel bonheur de retrouver la pétillante #Dorothée toujours aussi radieuse... Notre seconde maman.
Emmanuelle nous a quitté
16 Mars 2023
La chanteuse Emmanuelle, interprète du générique de la série à succès Premiers baisers dans les années 80/90, est morte à l'âge de 59 ans, a annoncé le producteur Jean-Luc Azoulay mercredi. Selon Jean-Luc Azoulay, Emmanuelle est morte le 16 mars dans un hôpital parisien.
Emmanuelle (Emmanuelle Mottaz de son vrai nom) faisait partie à l'époque de la galaxie AB Productions, société de Jean-Luc Azoulay. Cette entreprise dominait alors le secteur des émissions pour enfants et ados, avec Le club Dorothée ou des séries comme Premiers baisers et Hélène et les garçons, toutes diffusées sur TF1.
"Elle avait une santé fragile depuis un certain temps. C'était une vraie artiste, une fille formidable. Elle était chanteuse et scénariste pour 'Hélène et les garçons' notamment. Nous sommes très tristes", a déclaré le producteur à l'AFP.
Après avoir accompagné Dorothée dans la chanson Allô allô monsieur l'ordinateur (elle faisait la voix robotisée de l'ordinateur), Emmanuelle avait connu le succès en solo en 1986 avec le titre Premier baiser, lui aussi sorti par AB Productions.
Cette bluette calquée sur les slows des années 60 s'était vendue à 700 000 exemplaires et avait atteint la deuxième place du Top 50. La chanson avait ensuite été reprise comme générique de la série Premiers baisers, diffusée de 1991 à 1995.
En 1987, Emmanuelle avait à nouveau rencontré le succès avec la chanson Rien que toi pour m'endormir. Par la suite, sa carrière de chanteuse s'était tarie et elle s'était tournée vers l'écriture de scénarios pour AB Productions puis la réalisation de courts-métrages et la photographie.
Une exposition « Dorothée et Cabu »

1er Avril 2023
L'exposition gratuite "Dorothée et Cabu" se tiendra à la Duduchothèque de Châlons-en-Champagne à partir du 1er avril 2023. Il s'agit d'une exposition de dessins réalisés par Cabu lors de l'émission dédiée à la jeunesse Récré A2 (1978-1988). Sa complicité avec Dorothée, dont il a croqué inlassablement le nez, restera dans la mémoire des enfants de cette génération. C’est une exposition unique de 143 dessins inédits – seulement montrés à la télé sur le plateau et jamais exposés – dont l’imagination débordante continue à faire rire !
Elle s’articule autour de trois grands thèmes :
- Le nez de Dorothée, source de dessins cocasses et intemporels
- Maraboud’ficelle initié par William Leymergie
- L'aventure RécréA2 avec Dorothée et toute l’équipe.
À découvrir, des dessins joyeux et légers, comme l’était le trait de Cabu !
" Je venais de Charlie Hebdo. On s'étonnait de ma présence chez Dorothée. Mais pour un dessinateur, c'est un public idéal. Tous les enfants dessinent jusqu'à 12-13 ans et ils aiment voir dessiner. "
Complice de Cabu sur le plateau de Récré A2, Dorothée est aussi devenue un personnage à part entière de ses dessins, tant il l'a croquée, elle et son nez retroussé, dont il se moquait tendrement. Après l'aventure interactive en direct de Maraboud'ficelle, initiée par William Leymergie, qui ne devait durer que quelques semaines, Cabu va rester à l'écran et passer près de dix ans à s'amuser comme un gamin dans l'émission pour enfants Récré A2, sans jamais renier ses valeurs et en s'adressant à son public avec humour et intelligence. Et surtout, Cabu donne envie de dessiner à une génération entière de jeunes téléspectateurs, toujours ravis de s'essayer à la caricature. En France, le nez de Dorothée est désormais au moins aussi célèbre que celui de Cléopâtre !
Dorothée – La voix d’une génération
Télé 7 jours – 3 juin 2023
L'idole des jeunes des années 90 s'apprête à faire un retour fracassant au cinéma, là où on ne l'attendait pas : elle prête sa voix à l'un des personnages de « Transformers : Rise of the Beasts ». Chavirée par l'expérience, Dorothée nous a confié sa joie d'y avoir participé.
- Qui a pensé à vous pour doubler le personnage d'Airazor dans ce septième volet de Transformers ?
- Dorothée C'est Thomas Pawlowski, le directeur marketing de Paramount. Il m'a appelée, s'est présenté et m'a demandé si cela m'intéresserait de prêter ma voix à l'un des héros de Transformers. Je lui ai dit : « Euh, pardon ? » Heureusement que j'étais assise ! (Rires) Vous n'imaginez pas à quel point cela m'a décontenancée... J'étais extrêmement surprise, et surtout tellement flattée ! Je me suis laissé un petit délai de réflexion de 24 heures, puis je l'ai rappelé pour dire que j'étais d'accord pour passer des essais. Je ne pouvais pas refuser de tenter de faire partie de cette folle aventure.
- Et comment ces essais se sont-ils déroulés ?
- J'étais plutôt stressée, car il fallait que ma voix soit « validée » par la production américaine. Cela avait déjà été le cas à l'époque où j'avais été choisie pour interpréter la bande originale française de L'Aventure des Ewoks (1984, ndlr) ; il avait fallu que ma chanson reçoive l'aval de George Lucas, le scénariste du film. Ici, ça a été pareil. Quand on m'a fait savoir que c'était bon, je peux vous dire que j'ai rapidement senti le poids de la responsabilité sur mes épaules !
- Qu'est-ce qui vous a autant affolée ?
- Le fait qu'Airazor soit l'un des personnages centraux de cette gigantesque production, et qu'il ait une certaine importance. C'est un faucon qui a la particularité de protéger les siens. J'aime beaucoup la symbolique... Et puis, dans la version originale, c'est l'immense actrice Michelle Yeoh, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps pour sa prestation dans Everything Everywhere All at Once, et pour laquelle elle a reçu de nombreuses récompenses, dont un Oscar, qui lui prête sa voix. J'essaie de ne pas trop y penser, pour ne pas m'ajouter davantage de pression ! (Rires)
- Au moment d'entrer en studio, avez-vous été coachée ?
- Oui, j'ai été divinement épaulée par la directrice artistique, la responsable de chez Paramount et l'ingénieur du son. Si, dans Transformers, Airazor est un faucon qui prend son équipe sous son aile, là, c'est moi qui ai été dorlotée par cette super bande. Ils m'ont aidée et guidée. Leur gentillesse et leur bienveillance ont fait les trois-quarts du boulot !
- Vous êtes plutôt rare, que ce soit à la télévision ou au cinéma...
- C'est parce que je réagis au coup de cœur et que j'en ai rarement, mais je ne ferme jamais la porte aux propositions que l'on peut me faire. Je suis entière ; soit j'aime, soit je n'aime pas. Là, j'ai senti mon cœur battre très fort, alors je lui ai fait confiance, et j'y suis allée. Jamais je n'aurais pensé participer à un tel blockbuster, qui plus est produit par Steven Spielberg, s'il vous plaît !
- Ce n'est pas la première fois que vous vous prêtez à cet exercice du doublage...
- En effet, en 2013, j'avais doublé Varicella, une sorcière diabolique dans un épisode de Garfield et Cie, pour France 3. Le personnage était très différent, mais l'exercice était tout aussi plaisant.
- Cela vous a-t-il plu de renouer avec le cinéma, même si cela s'est déroulé sous une autre forme que l'interprétation pure d'un rôle ?
- Ça m'a passionnée. En 2018, Philippe Lacheau m'avait fait l'honneur de m'inviter à faire une apparition dans son film Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, et j'avais adoré ça. Mais doubler dans Transformers, c'est une autre partie de ce métier, qui relie la technique et l'artistique ; comme sur scène, finalement ! Ça m'a comblée.
- Qu'est-ce qui vous manque le plus de vos années passées à la télévision, sur scène ou à la tête du Club Dorothée (de 1987 à 1997) ?
- Les liens humains que l'on a tissés grâce à ces programmes, et la folie qui régnait alors. On recevait des invités incroyables, comme Ray Charles (en 1993) ou Soeur Emmanuelle (en 1995). Quelle époque ! Il ne se passe pas une journée sans que l'on me parle du Club Dorothée ou que l'on m'arrête dans la rue pour me dire Merci ! Ça dure depuis des années et ça me touche toujours autant.
- Le « Club Dorothée », c'était aussi cette bande de copains avec lesquels vous animiez l'émission... Beaucoup d'entre eux ont disparu : Ariane, Corbier ou encore Framboisier et René, des Musclés. Vous arrive-t-il de recroiser les autres ?
- Oui, c'est comme si nous nous étions quittés la veille. On a vécu tellement de choses ensemble ! Celui dont j'ai des nouvelles un peu plus régulièrement, c'est le Docteur Klein, qui était le vétérinaire du Club Dorothée. Figurez-vous qu'il a fêté ses 102 ans le 19 avril dernier, et que je l'ai vu à l'occasion de cet anniversaire. Il a peut-être 102 ans sur le papier, mais il a toute sa tête ! Il a d'ailleurs écrit ses mémoires et fourmille de projets.
- « Club Dorothée » a été l'une des premières émissions à sensibiliser le public à l'environnement, aux animaux et à la protection de la planète...
- C'est vrai, et ces causes me tiennent toujours autant à cœur, voire davantage. C'est de pire en pire, surtout pour la condition animale, à laquelle j'ai toujours été sensible. J'ai toujours aimé les animaux, notamment les chiens. Souvenez-vous de Roxan, qui m'accompagnait sur les plateaux ! Aujourd'hui, et depuis le départ d'Ortie, ma dernière petite chienne, un jack russell terrier, je n'en ai plus.
- Le 14 juillet prochain, vous fêterez vos 70 ans. Organiserez-vous une grande fête ?
- Certainement pas ! Je déteste ça ! (Rires) Vous savez, je ne suis pas du genre nostalgique ou partisane du c'était mieux avant ». D'autant que, quand bien même ce serait vrai, cela ne change rien ! Le tout est de vivre le moment présent de manière intelligente et d'en profiter ! Le reste, on s'en fiche ! Et prendre une année ? C'est toujours une année de moins que l'année prochaine, va !
INTERVIEW ADELINE QUITTOT
PHOTOS PATRICK FOUQUE POUR TÉLÉ 7 JOURS
Ses 3 films coups de cœur
"WEST SIDE STORY" DE JEROME ROBBINS ET ROBERT WISE (1961)
« L'original ! J'ai toujours été fan des comédies musicales, celles de Fred Astaire ou de Gene Kelly... Ce film magnifique est resté ancré en moi. »
"LA CHUTE DE LA MAISON-BLANCHE" D'ANTOINE FUQUA (2013)
« J'adore ce type de film d'action, aux effets spéciaux totalement incroyables. On est tenu en haleine du début à la fin ! »
"NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON" DE PHILIPPE LACHEAU (2018)
« Et ce n'est pas parce que j'y fais une apparition ! J'ai beaucoup aimé ce film et j'adore l'humour de cette nouvelle génération de réalisateurs. »
Dorothée donne de la voix

Le Parisien – 6 juin 2023
« TRANSFORMERS : RISE OF THE BEASTS » À l'aube de ses 70 ans et cinquante ans de carrière, la chanteuse et actrice joue les doubleuses dans le septième opus de la saga. Rare en interview, elle sort de son silence.
SES SORTIES médiatiques sont extrêmement rares. Reine des après-midis avec « Récré A2 » de 1978 à 1987 puis de son célèbre « Club » jusqu'en 1997, détentrice du record de dates à Bercy avec 59 représentations, Dorothée sort du silence ce mercredi et donne de la voix pour « Transformers : Rise of the Beasts » septième film de la saga américaine de science-fiction. Aux côtés du vidéaste et rappeur Mister V et de la chanteuse Ophélie Winter, elle double Airazor, un personnage central de ce nouveau volet, dont l'action se déroule en 1994. Une première dans la vie de l'artiste, qui fête cette année ses 50 ans de carrière et célèbrera en juillet son 70° anniversaire.
- Comment vous êtes-vous retrouvée dans « Transformers » ?
- DOROTHÉE. Thomas Pawlowski, le directeur marketing de Paramount, la société de production du film, m'a contactée et proposé ça il y a quelques mois. Je lui ai demandé quelques instants pour réfléchir, car j'étais quand même hyper surprise. Pourquoi moi, déjà ? Et au final, mon temps de réflexion n'a pas été très, très long J'étais vraiment époustouflée mais surtout hyper touchée et heureuse que l'on ait pensé à moi
- Airazor, doublé dans la version originale par Michelle Yeoh, est un vrai soutien aux héros. Ça a joué dans votre décision ?
- Pour être tout à fait honnête avec vous, on ne m'avait pas dit quel personnage j'allais doubler. Mais j'ai fait une totale confiance aux équipes.
- Vous étiez familière de l'univers de « Transformers > ?
- J'avais vu certains des précédents films mais pas tous. En revanche, dans les années 1980, le dessin animé avait été diffusé sur Canal+ puis dans « Récré A2 ». C'est une petite boucle qui se ferme finalement. Et c'est surprenant que l'on m'ait proposé cela aujourd'hui, c'est une preuve qu'il faut être patient dans la vie ! (Elle rit).
- Le doublage, c'est nouveau pour vous ?
- J'ai eu une première expérience en 2013, sur un épisode du dessin animé « Garfield et Cie », pour France 3. Et là, c'est la toute première fois qu'on me proposait de le faire pour un film. C'est aussi pour cela que j'étais très surprise. Mais c'est un exercice passionnant. C'est un tout autre univers, un autre monde. La télévision, c'est rigoureux. La chanson aussi, mais il y a un peu plus de folie possible. Là, c'est une rigueur extrême. Tout est carré, millimétré. C'est beaucoup de boulot. J'étais estomaquée par ce travail, mais c'est vraiment fascinant.
- Cela n'a pas été difficile de prendre vos marques ?
- J'ai été très bien dirigée par les équipes de doublage, entre la directrice artistique, les responsables de Paramount et l'ingénieur du son. Nous avons fait plusieurs sessions d'enregistrement, sur plusieurs jours. Et, comme Airazor, ils m'ont prise sous leur alle et ils
m'ont bien accompagnée. On écoute, on obéit, on fait ce qu'on a à faire.
- Doubleuse, cela pourrait être une nouvelle carrière pour vous ?
- J'adorerais réitérer l'expérience, oui. Et je le ferai certainement, même si je n'ai pas encore eu de contacts. Mais je compte sur vous pour faire passer le message !
- Heureuse coïncidence : cette proposition est intervenue alors que vous fêtez vos 50 ans de carrière !
- Oh non, je vous en supplie, pas d'anniversaire ! Je déteste ça ! (Elle rit.) Je n'apprécie déjà pas de le faire dans ma vie personnelle, donc c'est pareil pour la télévision et le reste Encore plus quand c'est systématique : 30 ans, 40 ans, 50 ans. À la limite, je préférerais qu'on fête les 52 ans ! Et je n'aime pas être dans la nostalgie ou dans le « c'était mieux avant ». C'était ce que c'était et puis la vie continue, avec d'autres expériences.
- Vous vous faites discrète depuis plusieurs années. Pourquoi ce choix ?
- J'estime que lorsque l'on n'a rien à dire, on se tait. Et lorsque l'on n'a rien à montrer, on ne montre rien. Je réagis au coup de cœur. Si quelque chose me plait et que j'y crois, j'y vais. Mais bien que je reçoive souvent des invitations, je ne veux pas faire de la télévision pour faire de la télévision. Il faut vraiment que ça me plaise ou que je puisse défendre une cause. Il faut que ce soit utile.
- Recevez-vous toujours autant de courrier qu'à l'époque ?
- Tout à fait ! Et c'est assez incroyable. Mais ce qui est drôle, c'est qu'aujourd'hui ce sont les enfants et les petits- enfants des téléspectateurs de l'époque qui m'écrivent. À aucun moment, je n'aurais pu penser à l'après quand j'étais à l'antenne. Et là, avec « Transformers », je suis encore surprise du nombre de messages que je reçois.
- À l'époque du « Club Dorothée », certains vous sont tombés dessus à cause de la diffusion des mangas japonais, jugés violents. Aujourd'hui, c'est un phénomène de société en librairie, au cinéma et toujours sur le petit écran. Une réaction ?
- (Un petit sourire narquois) C'était toutefois logique à l'époque. Quand c'est nouveau, il y a toujours des réactions. Mais je ne pensais pas que ça deviendrait aussi culte, voire cultissime. Que ça fonctionne aussi fort, ça reste une surprise et une petite revanche pour ce genre.
- Vous continuez à regarder la télévision ?
- Bien sûr, un peu de tout. Mais J'avoue qu'il y a bien évidemment beaucoup de séries. Je ne peux pas y échapper ! (Elle rit.) J'adore regarder des thrillers, des policiers... C'est plutôt classique.
- Et ça ne vous donne pas envie d'y participer parfois ?
- Ah si ! Un petit clin d'œil, ça me plairait bien ! Ce serait marrant à faire en tout cas. Et si on
m'appelle à la suite de cette interview, je vous tiendrai au courant !
- Après « Transformers », avez-vous d'autres projets ?
- Je suis légèrement superstitieuse, donc je ne peux pas trop vous répondre. Mais vous serez informé en temps voulu, ne vous inquiétez pas ! (Elle sourit.)


















