Témoignages - Page 1

Olivier Martial Thieffin – Comédien

Olivier Martial Thieffin, alias « Monsieur Cadeau », raconte sa rencontre avec Dorothée, ainsi que quelques anecdotes de ses années chez AB Productions.


"Un jour, l’attaché de presse de Dorothée, Jean Bigot, m’a demandé si je pouvais accepter de recevoir Dorothée dans mon émission. J’ai accepté et elle y a participé le dimanche matin. Il fallait qu’elle arrive à neuf heures et demie. La veille, nous avions énormément travaillé les textes. Le jour J, elle est arrivée à l’heure pile. Mon meilleur ami d’enfance était amoureux fou de Dorothée, un fan comme jamais je n’en ai revu : quand un journal sortait avec sa photo, il l’achetait. Quand Dorothée a sorti son premier disque « Dorothée au pays des chansons », il a dû en acheter dix et en a offert à chacun. C’était vraiment un inconditionnel. Evidemment, Jean Luc Azoulay l’accompagnait, l’une n’allant jamais sans l’autre. C’est là que j’ai connu Dorothée en 1982. Après l’émission, on a proposé à nos invités de déjeuner, mais des obligations les en ont empêchés. Jean Luc Azoulay nous a invités, quinze jours plus tard. Déjà, à l’époque, il m’a proposé que nous travaillions ensemble, mais ça ne s’est pas fait. J’ai intégré AB bien plus tard pour écrire les sitcoms.

Je me souviens être parti en vacances un jour, après avoir écrit quelques épisodes de « Salut les musclés » et d' « Hélène et les garçons » et j’ai reçu un coup de fil… C’était Jean Luc. Quand on travaille avec lui, il vaut mieux oublier les vacances. Je me rappelle être rentré à toute vitesse et il m’a dit « J’ai une idée, on a des photos toutes faites avec les cadeaux à offrir aux gagnants de l’émission, mais ce n’est pas personnalisé Ce serait bien que tu amènes un personnage, qui s’appellera Monsieur Cadeau, un truc comme ça…

Là, à partir de la rentrée 92, je me suis retrouvé chez AB tous les jours. Le vrai délire. J’ai intégré l’équipe et tout le monde m’a regardé de travers, sauf Dorothée parce qu’on se connaissait un peu, Pat Le Guen et Corbier qui était très sympa avec moi. Mais je peux comprendre ce que l’équipe avait ressenti à mon égard. On peut tous être un peu réac. Plus tard, quand Cyril Drevet a intégré notre cercle d’animateurs, peut-être ai-je-moi-même perçu ce nouveau venu de la même façon…

Toujours est-il que j’ai toujours eu du soutien de Dorothée, qui était la bonne copine. De toute façon, elle réglait toujours les problèmes. Elle était très gentille et rassurante.

Des anecdotes ensuite j’en ai plein… Il faut savoir que, tous les premiers mercredi du mois, toutes les sirènes devaient fonctionner, pour un test général, comme dans toute la France. Or, les studios dans lesquels nous enregistrions se trouvaient juste à côté d’une sirène qui se mettait en route. Si nous étions à l’antenne, cela s’entendait sur le plateau. Donc, le premier mercredi du mois a toujours été compliqué pour réussir à ne pas être en plateau, au moment où il y avait le test de la sirène.

J’ai dû m’habituer aussi aux blagues de Jean Luc Azoulay. D’ailleurs tous les mercredi matin, il me faisait une blague dans le premier plateau. Un jour, il m’a versé de l’eau sur la tête : l’eau a ricoché sur un téléviseur qui a implosé, ce qui m’a valu une grande frayeur. J’ai également eu droit, d’autres fois, à des œufs ou encore de la farine…

Un jour, il a fait piéger, par les décorateurs, la cabine dans laquelle j’étais, avec notamment des pétards. Je ne voyais rien, donc ne m’inquiétais pas... C’était la dernière émission avant les grandes vacances, en fin d’année. Nous nous regardions mutuellement, car il faut dire que je l’aime beaucoup, et il souriait ouvertement. J’ai cru que cette fois, le gag, ce serait justement qu’il n’y en ait pas. D’un seul coup, ma cabine a explosé, j’ai eu la trouille de ma vie! Tout le monde se marrait, Dorothée y compris, parce que je le prenais bien. Mais une ou deux fois, elle a eu peur. Et puis, c’est Jean Luc… Ce qui est incroyable, c’est qu’il est capable de faire ça devant le président de TF1 ! Il ne se prend pas au sérieux. C’est complexe et il faudrait faire un livre sur lui un jour…"

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Alain Chaufour - Comédien

Alain Chaufour, animateur de « Récré A2 », évoque la popularité de Dorothée et la relation de la chanteuse avec son producteur

« Le couple Azoulay/Dorothée me faisait penser un petit peu au couple Claude Carrère/Sheila : entre le producteur dans toute sa splendeur, talentueux, omniprésent, et la vedette, talentueuse mais obéissante. En plus Azoulay arrivait de chez Vartan. Donc, il connaissait la vieille école du show-buisness, ou il y a quelqu’un qui organise tout et la vedette, à coté, qui suit. Il y avait le côté très protecteur d’Azoulay et le désir de Dorothée de se faire protéger.

Pour mes débuts à Récré A2, j’avais passé une audition au printemps 1980 et nous été quatre à être pris tout de suite, dont Zabou Breitman. Je connaissais déjà Dorothée, que j’avais vue à l’écran en tant que speakerine. Mon père adorait cette fille, parce qu’elle avait un côté pétillant qui différait des anciennes telle que Catherine Langeais. Dorothée, c’est une petite nana un peu plus marrante. Je crois que c’est pour cela que Jacqueline Joubert l’a engagée.

Je trouve qu’elle avait un talent certain. C’était une bonne pâte que quelqu’un aurait pu mieux exploiter. Elle avait la capacité de se remettre entre les mains de quelqu’un et de se laisser faire, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire d’accepter, si on savait lui parler, d’aller faire telle ou telle chose. Azoulay en a fait une jolie petite poupée de music-hall, mais je pense que, dans les mains d’un metteur en scène ou d’un producteur plus volontaire, Dorothée aurait pu faire autre chose, en tant que comédienne. En ayant « les couilles » de se faire violence, elle aurait pu casser son image. Je crois qu’elle aurait pu jouer cette carte-là.

Lors de son premier Olympia, je ne me souviens pas que Dorothée ait manifesté une émotion quelconque. Elle faisait son travail… Je me souviens aussi de Discopuce. C’était très joyeux et marrant à enregistrer. Les séances d’enregistrement avaient souvent lieu le soir, après les tournages de la journée. Certaines fois, alors que Dorothée n’avait plus besoin d’enregistrer, Jean Luc Azoulay lui disait de rentrer chez elle. Immanquablement, on la voyait revenir et, quand on lui demandait ce qu’elle faisait là au lieu de prendre du temps pour elle, elle répondait : « Oh ! Je viens voir ce qui se passe !

En 1987, Dorothée était arrivée à un stade de popularité énorme, avec de grosses ventes de disques. Pour la télévision, on ne parlait pas d’audience encore à l’époque, mais ça marchait du feu de dieu et Azoulay, comme tout producteur ambitieux, voulait encore plein de choses. Parce que Récré A2, c’était le bébé de Jacqueline Joubert. C’est elle qui a fait Dorothée, qui est allé la chercher. Petit à petit, Jean Luc a pris de l’importance dans la vie professionnelle de Dorothée et je pense que, sans le dire à Jacqueline, il a tracté avec TF1 pour préparer l’arrivée de Dorothée sur cette chaîne. Il y a eu grosse fâcherie entre Jacqueline et Dorothée.

Je suis resté sur la deux et Récré A2 s’est terminé un an après, en 1988. Jean Luc m’a appelé tous les trois mois pour rejoindre la bande de TF1 et je ne lui ai jamais dit oui… J’ai totalement perdue de vue Dorothée. J’ai juste revu Ariane. »

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Rémy Sarrazin - Musicien

Rémy Sarrazin, le célèbre bassiste des « Musclés » et mari d’Ariane, se souvient de sa rencontre avec Dorothée et de l’ambiance des concerts.


« J’avais vaguement entendu parler de Dorothée par un ami musicien qui jouait dans un groupe. Il avait juste effectué, six à huit mois avant que je la rencontre, quelques dates et m’avait dit : « C’est incroyable. J’ai fait un spectacle pour enfants. C’est au Zénith. C’est bourré, noir de monde… ». C’était le Zénith qu’elle avait fait en 1986. Avant cela, j’avais vaguement entendu parler de Jacky et Simpsons Jones mais c’est tout.

Honnêtement, Dorothée ne m’avait pas vraiment fait d’impression, jusqu’à ce qu’on se connaisse un peu mieux, ce qui s’est produit sur un bout de tournée, en décembre 1987, qui était une extension du concert au Zénith. Avant cela, on ne se voyait que pour bosser, ça allait vachement vite. Sur les plateaux télévision, les gens n’avaient pas de temps à perdre. Je crois même que je ne voyais pas qui était Jean Luc Azoulay. S’il pointait le bout de son nez, on ne me l’avait de toute façon pas présenté. Je voyais juste Gérard Salesses et les musiciens.

La tournée avait déjà commencé avant mon arrivée. Il n’y avait pas eu donc de répétitions à proprement parler Je me souviens avoir répété pour la première fois à Grenoble Ce jour-là, lors d’une balance, alors que j’essayais de m’occuper, je me suis mis au piano Et, tout à coup, avec Dorothée, on s’est mis à faire des chansons et j’ai découvert une autre Dorothée elle chantait vraiment avec une voix différente de cette voix pincée qu’on lui connaissait Ce jour-là, j’ai vraiment senti une connivence artistique très forte Ce sentiment m’à donner l’impression que personne n’avait fouillé sur cette direction artistique De retour de tournée, à notre grande surprise, on a repris les émissions de télévision et cela a commencé à se construire et ça devenait de plus en plus sympa. C’est le moment où je me suis rendu compte que Dorothée était vraiment sympathique

Si le groupe de musiciens que l’on formait a pris un nom c’est parce que la société Fruité, qui faisait du jus de fruits, était devenu sponsor de l’émission : chacun des musiciens portait un T-shirt « fruité » le slogan de la marque : « fruité, c’est plus musclé » Dorothée devait essayer de la placer, de manière déguisée, le plus possible au cours de l’émission Le deal prévoyait aussi qu’elle devait prononcer le mot « musclé » le plus souvent possible C’est ainsi que nous sommes devenus « Les Musclés »

En Chine, nous nous sommes retrouvés face à un public de plus de dix-sept mille personnes qui n’applaudissait pas entre les chansons. C’était vachement bizarre. Je me souviens que c’était l’année de la France là-bas. Nous venions dans le contexte d’un échange économique et ils avaient tout prévu, un hotêl, les repas,… tout sauf une sono ! on s’est donc retrouvés dans le hall du palais de Shangai, qui est le plus grand, qui résonnait, avec une petite installation comme pour jouer dans une salle pouvant contenir cent cinquante personnes… Mais on l’a fait et c’était de la folie furieuse ! Pendant le voyage, on avait des journalistes sur le dos, on prenait des photos. Il y avait les répétitions. Certains repartaient tourner des plateaux pour le « Club Dorothée », d’autres filaient faire des photos pour « paris Match ». J’avais l’impression de vivre dans une immense caravane.

A Maurice, on s’est dit « Il n’y a quand même pas grand monde, pas de quoi remplir un stade ». Sauf que, le soir, il y avait quand même dix-sept mille personnes qui étaient là. C’est d’ailleurs l’un des concerts dont je me souviens le mieux. C’était absolument formidable !

Dorothée a vraiment bossé sans cesse, pendant les dix ans ou j’ai travaillé avec elle et, j’imagine, pendant les années qui ont précédé cette collaboration. C’est une qualité remarquable chez elle. Quand elle terminait à trois heures du matin, s’il fallait être de retour à neuf heures, elle, elle y était. »

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Claude Pierrard - Animateur

Claude Pierrard, le célèbre animateur de « Croque-Vacances », se livre sur son départ suite à l’arrivée de Dorothée sur la première chaîne.


 « Ce n’est pas du tout Dorothée qui m’a viré comme on a pu le dire souvent. Lorsque Dorothée a été nommée, à la surprise de tout le monde, directrice de la jeunesse à TF1… encore que ça c’était pour le fun, car c’est plus Azoulay et Berda qui étaient les patrons, eh bien elle m’a appelé en me disant « Rassure toi on te garde, il n’y a aucun problème, on déjeune ensemble pour en parler », avant même que l’information soit diffusée officiellement. C’était l‘époque où il y avait un surenchérissement des salaires. On multipliait mon salaire par quatre pour ne pas que j’aille sur La Cinq, mais je me suis aperçu que l’on avait des conceptions assez différentes de la télévision. En plus, comme Dorothée occupait une grande partie de l’antenne car elle était en direct, ça m’obligeait pendant les vacances d’enregistrer la nuit pour laisser le plateau libre le plus souvent possible. On arrivait dans la période de rentabilité au maximum donc il n’était pas question de laisser un plateau vide tard ou la nuit.

De toute façon, Il n’était pas envisageable pour moi qui ai une certaine éthique de la télévision et de ce que je voulais faire de prendre des seaux d’eaux ou des tartes à la crème sur la tête. Dorothée a essayé de me retenir mais il valait mieux que je parte… ce qui m’a d’ailleurs valu une situation difficile pour retrouver du travail.

Ce qui était prévu, c’est que je garde les émissions de vacances car Dorothée aimait le fait que j’avais été le premier à sortir des studios pour faire des émissions en extérieur. Elle m’a demandé quel était le prochain extérieur que j’avais prévu. Cela faisait presque trois ans que je négociais avec les autorités égyptiennes. Elle m’a dit « Super, je serais en Néfertiti et Jacky en pharaon au pied des pyramides ». Quand on connait les difficultés déjà à tourner un reportage lambda au pied des pyramides, je me voyais mal appeler l’Egypte en leur expliquant que j’allais ramener Néfertiti et sa smala. C’est là où j’ai eu le déclic de donner ma démission. Il fallait que je le fasse tout de suite plutôt que d’arrêter deux mois après… j’aurai pu être pris par l’ambiance ou même l’argent qui sait.

Ce qu’il faut retenir c’est qu’il n’y a eu aucune embrouille avec Dorothée ou Jean Luc Azoulay. Je les ai recroisés lors de congrès alors que j’étais directeur des programmes de « Canal J » et nous avons eu des rapports amicaux et conviviaux. Il ne faut pas oublier que les quelques disques que j’ai commis ont été produit par AB productions ! »


Thierry Gali - Chanteur

Thierry Gali, chanteur pour enfants, se remémore quelques anecdotes de son passage chez AB Productions, au côté de Dorothée.


« J’ai rencontré Dorothée deux ou trois fois avant de travailler avec elle. Les contacts étaient différents à chaque fois. Avant les concerts, elle était quelqu‘un de très speed avec des interviews qui duraient dix minutes montre en main avec soit Jean Luc ou Jean Bigot qui était tout le temps derrière elle.

Quand j’ai voulu travailler dans le monde des enfants, j’ai pris rendez-vous avec Jean Luc Azoulay. Ce personnage imposait le respect et installait une certaine distance. Le rendez-vous se passait bien, et je me souviens que Dorothée a débarqué dans le bureau, se prenant la tête avec lui, en train de hurler à cause d’une interview de Paris Match, sans m’accorder un seul regard. Ils étaient tous les deux dans un état de nerfs incroyable. J’ai pris mon courage à deux mains pour les interrompre et leur proposer mes services. Dorothée, amusée, m’as dit « Ok  tu te débrouilles avec Jean Luc ! »… Cette scène a duré trois minutes, mais pour moi, c’était une éternité !

J’ai commencé en Juin 1988 et ça a été d’emblée, le rush le plus total. Par exemple, un soir Jean Luc m’appelle le soir pour venir le lendemain à l’aube pour le tournage d’un nouveau clip de Dorothée « Attention Danger ». J’y suis allé sans vraiment savoir ce que je devais faire. Finalement, j’ai appris que je tournais dans le clip. Le docteur Klein avait ramené plein d’animaux du zoo de Vincennes, c’était assez surréaliste. A un moment, un crocodile qui était censé être endormi, s’est mis à bouger pile au moment où Dorothée l’enjambait. Elle a eu une peur panique !

Je me souviens du dernier « Club Dorothée » de cette saison. C’était la fiesta sur le plateau. Dès la fin du direct, elle est allée se démaquiller et se changer. Elle est revenue en jean, baskets, les cheveux lâchés, on avait vraiment l’impression qu’il y avait deux Dorothée : comme tout artiste, elle jouait un personnage. Après que Azoulay soit monté sur une estrade pour remercier tout le monde, Dorothée, épuisée et en plein contrecoup de la pression de l’année qui s’achevait, a fini par accepter de faire un petit discours même si elle n’y tenait pas vraiment. Très froide et en râlant elle a lancé « Ecoutez ça a marché cette année, tant mieux. De toute façon, l’année prochaine, il faut que ça marche au moins aussi bien sinon on est tous virés, vous comme moi ! C’est comme ça ! Ciao ! » Dorothée m’avait glacé le sang ce jour-là.

Un jour, en bas de chez AB avenue Kléber, j’ai accompagné Dorothée dans un café où elle allait tous les jours. Je l’ai vue scruter l’horizon et me chopper par le bras en me faisant rentrer dans le café à toute vitesse. Je me demandais ce qui lui prenait, je n’avais jamais vu quelqu’un baliser de la sorte. C’est là qu’elle m’a dit « Regarde dehors ! » Et, effectivement, une centaine de gamins, une colo ou un groupe de centre aéré, passaient devant le café. Dorothée m‘as dit : « Si jamais je n’étais pas aussi vive, c’est à toi de l’être. Si jamais je m’arrête, je commence à signer un autographe, chacun des cent gamins va me demander dix autographes, pour un cousin, une cousine… Cent fois dix, ça fait dix mille autographes que je ne peux me permette de signer. Si je le fais, j’en ai pour deux heures minimum et ce n’est pas possible avec mon emploi du temps. Si je leur dis que c’est un seul autographe, les enfants ne vont pas comprendre et je vais les décevoir. Je pourrai faire un coucou collectif mais on n’est pas à l’abri d’un commentaire d’adulte qui déformerait la réalité » Elle m’a expliqué cela calmement et de manière réaliste car cela avait déjà dû lui arriver.

Pour moi, Dorothée c’est un clown à deux visages. C’est la fille sympa et chouette. Mais j’ai toujours ressenti que, derrière tout ça, il y avait une âme vraie, quelqu’un de très profond qui se protège énormément et qui va répondre, quand ça l’arrange, par une pirouette. Elle a une richesse intérieure et a préféré, quelquefois montrer un visage presque superficiel, alors qu’elle ne l’est pas absolument pas. »

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Fabien Remblier - Comédien

Fabien Remblier, le beau « Jérôme » de « Premiers Baisers », se souvient des concerts et des shows de Dorothée.


A propos de sa rencontre avec Dorothée :

"Dorothée, c'est un peu la marraine des premières séries AB. Elle était présente au premier dîner, qui avait pour but de présenter aux comédiens les décors. Et à chaque dîner de production, elle était là. La proximité du fait que l'on tournait sur le plateau qui faisait face à celui du "Club Dorothée", voire le fait qu'il nous arrivait de tourner dans le même plateau que celui-ci, faisait que, quand on tournait le mercredi et que Dorothée était là, on passait forcément dire bonjour, voire comment les choses se passaient. On a été invités de nombreuses fois.

J'avais vingt et un ans, à l'époque, et je rentrais un peu dans le rêve d'enfant. C'était ça ma première impression face à Dorothée. Je la regardais, quand j'étais petit, à la télévision. D'ailleurs, elle a détesté le jour où je lui ai dit : "Tu sais ça fait bizzare d'être assis en face de toi, je te regardais quand j'étais petit..." Elle a répondu : "Oh non, je ne suis pas si vieille que ça! Ce n'est pas possible". Et à chaque fois, je l'ai toujours vu super aimable et souriante. J'aimais bien être invité sur les directs du "Club Dorothée". En général, on faisait une petite répétition avant le début de l'émission, puis ça s'enchaînait. Le timing était vraiment super précis. Contrairement à ce qui se passe souvent, ou les programmes sont envoyés à la chaîne qui diffuse habituellement, là, toute émission "Club Dorothée" était diffusé directement depuis AB qui avait leur propre station d'émission, et c'était re-routé vers TF1. Le timing était hyper précis. Il devait l'être au dixième de seconde près pour les coupures publicitaires. C'était une grosse machine technique.

A propos des concerts de Dorothée :

"Avant le concert, on ne voyait pas Dorothée. Elle était seule dans sa loge et elle ne bougeait pas. Ses concerts, c'était énorme. Il y avait toujours des efforts de production, il n'y avait pas de temps mort. Je ne me suis jamais emmerdé à l'un de ses concerts. Voir les réactions des enfants et des parents, c'était marrant à voir. Il y avait des invités qui passaient leur temps en backstage, moi non."

A propos du « Noël de l'amitié » :

"On comptabilisait le nombre de personnes qui faisaient des promesses de dons. C’était sympa à faire. J'aimais arriver tôt, le matin, parce qu'il y avait alors peu de monde qui acceptait de venir à cette heure-là. Comme justement, c'était un peu le réveil, chacun était plus cool, détendu. J'ai le souvenir d'un Noël de l'amitié, le 24 décembre 1992 ou Dorothée était vraiment super émue, en plein direct, parce qu'on a appris la mort de Peyo. Elle le connaissait bien et a eu un peu de mal à reprendre le fil de l'émission. Il me semble que c'est Jean Luc Azoulay qui l'avait appris, et qui était descendu sur le plateau pour lui annoncer."

A propos des shows de Dorothée :

"Je me souviens que Jerry Lee Lewis était arrivé très en retard et que Dorothée attendait patiemment que ça se passe. Ensemble, ils ont enregistré plusieurs chansons, en plusieurs prises. Ça c'est très bien passé. Ils ont chanté "Great Ball of fire" en duo et on ne pouvait plus arrêter Jerry Lee Lewis, parce que, quand il est au piano, on ne l'arrête plus. C'était un grand moment et on sentait qu'elle était très émue. Autant, en général, elle était à fond sur tout ce qu'elle faisait, autant là, elle ne disait plus rien. Elle était vraiment en attente de ce qui allait se passer."

Extraits de "Les années sictom" - Mediacom - 2006


Dany - Dessinateur

Dany, le célèbre dessinateur de bandes dessinées, revient sur sa rencontre avec Dorothée et ses apparitions à la télévision.


"Quand Dorothée était au top de sa popularité, j'ai été invité une première fois dans son émission en tant que dessinateur de la série de bandes dessinées Olivier Rameau. Elle aimait beaucoup la fraîcheur, la poésie qui se dégageait de cette série. Ses invitations sur son plateau étaient toujours extrêmement ludiques parce qu'il fallait se prêter au jeu, interpréter des personnages... et ça c'est bien passé, en tout cas, je le crois, puisqu'elle m'a réinvité trois ou quatre fois. Dès notre première rencontre, Dorothée se montrait d'une gentillesse et d'une simplicité qui m'ont touché et surpris. Il n’y a jamais eu, de sa part, d'attitudes hautaines, méprisantes, distantes. C'est pourtant une attitude que beaucoup de gens de la télévision ou du cinéma se croient obliger d'affecter. Je me rappelle qu'une fois, nous étions déguisés en Indiens. Dorothée incarnait une prisonnière délivrée par je ne sais qui.... On faisait de petits films qui nous demandaient une journée de tournage! Par la suite, elle m'a fait le plaisir, lorsqu'elle venait à Bruxelles, de m'inviter. Nous sommes allés quelquefois manger ensemble, avec toute une série de copains, dont Tibet, un autre dessinateur. Quand on se retrouvait, au restaurant, à une table d'une vingtaine de personnes, elle était la patronne. C'était autour d'elle qu'on se réunissait. Malgré cela, elle se souciait que tout le monde soit bien installé, bien servi et ne manque de rien. Elle s'en occupait elle-même et donnait l'impression que chacun était son invité personnel. C'était vraiment remarquable. Cela dit, j'ai pu constater, lors de différents contacts que j'ai eu avec des gens du show-biz que les plus grands noms ont toujours les comportements les plus simples, les plus gentils et attentionnés. En tout cas, c'est presque une règle : quelquefois, un porteur de câbles de TF1 peut être plus méprisant et prétentieux qu'une énorme vedette! Pour en revenir à Dorothée, elle a toujours été très simple. Humainement, c'est vraiment quelqu'un de bien. Elle a beaucoup d'humour mais ne se moque jamais et prend son rôle envers les enfants très au premier degré. Elle aimait vraiment ce qu'elle faisait.

Elle aimait beaucoup la bande dessinée. Elle trouvait qu'on faisait un métier formidable et, si elle avait pu dessiner, elle aurait aimé faire comme nous. Elle appréciait les dessinateurs parce qu'à de rares exceptions, ils ne se prennent pas au sérieux, même s'ils font leur boulot sérieusement Ce côté grand-enfant des dessinateurs, cela lui plaisait beaucoup.

La dernière  fois que je l'ai revue, c'était l'époque où elle tournait. Elle faisait des spectacles de rock. Elle avait monté une espèce de comédie musicale, dont j'ai un peu oublié les détails. Je me souviens seulement que j'avais été approché par AB Productions pour réaliser des décors. Je ne sais plus pour quelle raison, ça ne s'était pas fait. Sans doute que mes décors étaient trop chers à réaliser. Mais cela montre que l'univers d'Olivier Rameau était très proche de ce qu'elle voulait offrir à son public.

Je prenais de ses nouvelles de temps en temps par Jacques Pessis qui était resté en contact avec elle. Ca me rendait un peu triste, car elle ne voulait plus voir personne. Je vois que, maintenant, elle refait surface mais, pendant longtemps, elle n'a voulu voir personne. Elle était déçue de ce que le showbiz lui avait fait et de la manière dont les gens l'avaient laissé tomber C'est une dure loi. Je crois que, quand on aborde ce type de projet de carrière qui est lié à l'amour du public, il faut accepter que ça ne puisse plus marcher. Et plus on monte haut, plus la chute peut être brutale. J'ai essayé de prendre contact avec elle pour la réconforter, pour lui dire qu'elle avait des amis et qu'elle pouvait compter sur nous, mais on ne m'a jamais communiqué d'adresse ni de numéro de téléphone. Elle ne se sentait pas bien. J'en étais attristé car c'est une personne que j'aime beaucoup. Je l'embrasse très affectueusement."

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Chantal Goya - Chanteuse

Chantal Goya, la chanteuse de « Bécassine » se souvient de son passage chez AB Disques.


"Dorothée était assise à côté de moi au concert de Charles Trénet en mai 1993. Quand elle m'a demandé qu'elle était ma maison de disques, je lui ai dit que je n'en avait plus et que j'allais tout arrêter, repartir dans mon potager. Elle m'a demandé comment je pouvais tenir comme ça, ce à quoi j'ai dit "Si tu m'appelles, je viens..." et elle a dit à Jean Luc : "on l'engage". Ça c'est Dorothée. J'ai ensuite sorti deux ou trois disques chez AB. Si ça n'a pas duré, ça ne venait pas d'elle, mais de la machinerie autour...."


A propos de Dorothée et son rapport aux enfants :

"Moi, je comprends que, quand on fait une émission tous les jours avec des centaines de gosses à gérer, c'est compliqué. Moi, je le fais de temps en temps. Tous les petits viennent m'embrasser et je suis ravie. Mais si c'est tous les jours, on n'en peut plus, parce qu'on est humain. On n'apprécie plus de la même façon et on est fatigué."


Après l'arrêt du club Dorothée :

"Dorothée est sans histoires, mais il ne faut pas non plus l'embêter parce qu'elle est très directe. Si elle n'a pas envie, elle n'a pas envie. Elle te dira "Je n'ai pas le temps, je vais faire comme je veux". Elle a du caractère. C'est bien d'être directe, surtout aujourd'hui. Elle est Cancer, c'est un signe que je connais bien. J'ai le téléphone de Dorothée, quand je l'appelle, elle me répond : "Voyons nous avec Jean Jacques qu'on rit!". Elle l'aime beaucoup. Elle dit aussi : ""Oui, on devait faire un duo, mais on ne l'a jamais fait". Alors je lui ai demandé à quel âge on le fera. Il faudra qu'on le fasse un  jour. Mais, en même temps, elle a sa vie et, dans son univers à elle, je comprends qu'il faille respecter son jardin secret, comme elle a respecté le mien quand j'étais avec mes enfants. Dorothée connaît très bien mes enfants, dont mon fils, Jean Paul, qu'elle a rencontré à l'île Maurice et qu'elle adore. C'est la bonne copine. J'ai toujours dit à Dorothée qu'on devrait faire une série toutes les deux. On ferait un carton. On l'a proposé à Jean Luc qui produit des séries. On pourrait faire un beau générique ensemble. Ainsi, on la reverrait en comédienne! Je trouve qu'elle a encore plus une grande classe quand elle joue au cinéma. Elle a été aiguillée vers la chanson mais je pense que le fond de son cœur, c'était de jouer au théâtre et au cinéma, sincèrement. D'après ce que je ressens, elle y aurait été formidable! Dorothée, c'est la grande sœur de tous les enfants et quelqu'un d'actuel. Moi, j'étais dans le rêve et dans un personnage de théâtre. C'est quelqu'un de très humain, qui n'a jamais raté l'un de mes spectacles, qui a toujours été fidèle en amitié... "

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Robert Réa - Producteur

Robert Réa, réalisateur et aujourd’hui producteur dans l’animation, nous raconte les débuts du « Club Dorothée ».


"Au début, j'ai commencé par faire du banc-titre. Puis j'ai été caméraman. Puis opérateur, puis réalisateur et pour finir, producteur. J'ai réalisé de grandes émissions comme Champs Elysée, avant de faire la rencontre de Jean Luc Azoulay et Dorothée. Quand ils ont décidé de passer sur TF1 lors de sa privatisation, ils m'ont proposé de venir avec eux leur donner un coup de main car personne n'avait jamais fait ça en France : mille heures d'émission par an! J'ai accepté, tout en sachant que cela allait être difficile, car nous avions un tout petit stock, nous ne possédions pas encore de studio, rien; et il fallait aller acheter les séries au Japon. C'est ainsi que j'ai découvert l'essentiel de la production japonaise. Et puis on a pris la décision de travailler avec un groupe de musiciens pour l'ambiance sur le plateau. Ayant sympathisé, j'ai commencé à tourner les clips de Dorothée, et aussi ceux de Bernard Minet qui prenait de la popularité en solo.

Je suis resté deux ans, c'était génial. J'ai vécu une grande aventure avec les débuts de la télévision privatisée. Parfois on tournait les clips en un jour, deux jours... voire la nuit dans un coin de studio car il n'y avait pas eu de place libre durant la journée. Mais l'ambiance était très détendue, très sympa. J'en garde un excellent souvenir.

Je me souviens du clip de Bioman, essentiellement, de par son succès. J'avoue avoir oublié un peu le reste. Il faut bien prendre conscience qu'à l'époque, les clips n'étaient pas aussi sophistiqués qu’aujourd’hui, et permettaient surtout de diffuser la chanson à la télévision. Je pense que si on les avait tournés aujourd'hui, on aurait pris plus de temps. Mais on avait beaucoup de travaux à accomplir en même temps.

Durant mes deux ans au Club Dorothée, j'étais dans le comité de sélection des dessins animés, pour savoir lesquels acheter. J'en ai visionné un très grand nombre. Je choisissais les séries en fonction de la programmation et de la demande. Quand le programme était trop axé sur un genre action, pour les garçons, nous visionnions des séries pour filles, afin de leur trouver une série pour qu'elles aussi puissent regarder l'émission. Si certaines séries étaient éliminées d'office car trop violentes, d'autres avaient un scénario très intéressant, mais avec des scènes violentes que nous devions couper. Que faire? Ou couper? Mais comme la demande était là, on achetait ces séries pour que le public puisse en profiter, même si nous devions les censurer, car le Club Dorothée était avant tout un émission pour la jeunesse."

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Fabienne Escazaux - Technicien audiovisuel

Fabienne Escazaux était caméraman au « Club Dorothée ». Elle raconte la personnalité de Dorothée mais aussi l’après « Club Dorothée »

A propos de Dorothée :

"Les gens pouvaient être assez surpris quand ils travaillaient avec elle. Elle pouvait paraître assez sèche et être mal perçue. En fait, il ne s'agissait que d'une exigence de travail, du professionnalisme. Comme elle faisait attention à tout, elle voulait, qu'en face, les gens soient aussi consciencieux. A force de travailler avec elle, les personnes se rendaient compte que, vu les heures qu'elle faisait, elle était de très bonne composition. Je ne l'ai jamais vue s'emporter sur le plateau, ou après quelqu'un, alors qu'on faisait un quart des heures qu'elle faisait.

Un jour, elle était sur un tournage et elle a vu que je parlais à la maquilleuse à qui je demandais de démêler les cils de Dorothée, qui étaient embrouillés. C'étaient certes des détails féminins. Dorothée a demandé à la maquilleuse de quoi il s'agissait, puis est allée vérifier mes dires en régie, ou elle a visionné l'enregistrement, avant de venir en passant à côté de moi et en disant; "Elle a toujours raison", sur le ton de la plaisanterie. Une fois, une espèce de cactus était dans le décor. Le tournage allait commencer et Pat Le Guen a lancé "Moteur!" et j'ai dit assez fort "Non". Dorothée m'a regardé en me demandant "et comment non?". Je lui ai alors suggéré de regarder à l'écran ce que je filmais et elle avait en effet, en gros plan, deux énormes cornes formées par le haut du cactus. C'étaient les débuts et je n'osais pas, mais elle a apprécié. Si j'avais fait ça pour du zèle, elle m'aurait vite démasqué, alors que là, elle voyait que, chaque fois que je bougeais, c'était justifié. Moi, c'était son image, que je soignais. J'aurais pu n'en avoir rien à faire et cadrer sans faire attention. Une fois qu'ele a compris qu'il s'agissait d'esthétique destinée à soigner son image, elle a demandé que je fasse son gros plan."

Fabienne se souvient de la période de Noël 1990 :

"On s'est vraiment éclatés. Nous étions partis tourner un Dorothée Vacances dans une station de ski. Tout ce qu'on a fait en extérieur, en équipe réduite, nous a permis de gagner en mobilité et en cordialité. On a tellement pris la tête de Jean Luc Azoulay qu'il a laissé Dorothée faire du ski avec nous. C'était exceptionnel! D'une part, il était rare qu'elle ait du temps et, d'autre part, c'était rare qu'elle soit avec nous en dehors de tout ce contexte de travail. C'était du loisir, parce qu'on avait fini de tourner. Ça ne plaisait pas trop à Jean Luc, à qui nous avions forcé la main. D'un seul coup, elle lui échappait. Je pense qu'il aimait bien séparer les techniciens de Dorothée. Elle s'était marrée. Pour une fois, elle s'est lâchée un peu. Elle était anonyme et libre. C'était l'échappée belle, pendant ces trois heures de loisirs, de détente et de rigolade"


Fabienne revient sur l'après "Club Dorothée" :

"J'ai continué à l'appeler. On s'est vues quelques fois sans être pour autant inséparables, mais il y a une amitié, une réciprocité dans les sentiments qui font qu'on n'a pas besoin de s'appeler tous les jours. On prend des nouvelles régulièrement. Elle est venue à des soirées que j'organisais. On est allées manger au restaurant ensemble, entre amis. Mais je considère toutefois que c'est quelqu'un qui m'a toujours beaucoup impressionnée par sa rigueur et son acharnement au boulot. Je la respecte énormément. Avec le recul, je trouve qu'elle n'a pas été traitée comme elle le méritait. Elle est quand même restée très seule pendant dix ans. La vie continue, les gens font autre chose et, comme elle a une certaine timidité et de la pudeur, ce n'était pas elle qui allait appeler et les relancer. J'entends certaines personnes parler d'elle en des termes inadéquats alors qu'ils ont vécu grâce à elle et à son boulot. C'est quand même sur elle que tout reposait! Quand je les entends dire du mal dans son dos, si je suis là, en général, ça chauffe et je le dis ouvertement. J'estime que la majorité d'entre eux a vécu dix ou quinze ans grâce à elle. C'est un peu facile de critiquer. Dorothée, c'était la machine à bosser. Elle faisait son boulot. Que certains l'aient laissée tomber comme une vieille chaussette sans lui prêter attention, elle a dû s'en rendre compte... Aussi bien des techniciens que des gens qui étaient très proche d'elle, dans ses co-animateurs ou dans les bureaux. Libre a chacun de ne pas travailler avec elle. Personne n'y était obligé. J'ai trouvé très triste de réaliser que, quand je l'appelais, elle était toute seule. Il y a bien eu, en effet, quelques fidèles qui sont toujours restés proche d'elle, mais j'estime que, vu le parcours, c'est juste un peu dommage..."

Extrait de "Dorothée : Merci pour la récré" - Editions de la Lagune - 2008


Les doubleurs de dessins animés

Brigitte Lecordier

Brigitte Lecordier est la voix de nombreux héros du jeune public : « Oui-Oui », Nicolas de « Bonne nuit les petits » ou encore Son Gokû de « Dragon Bal ».


A propos du doublage de Dragon Ball :

"J'ai fait des essais début 1987 et j'ai été prise. J'aimais beaucoup le côté initiation d'un petit enfant, au début de la série. Après, je dois dire que ça devient un peu n'importe quoi."


Brigitte Lecordier fût invitée au Japon :

"En fait, les japonais se demandaient pourquoi Dragon Ball marchait aussi bien en France. Ils sont donc remontés jusqu'à ma voix en pensant que le succès venait de là. Il faut savoir aussi qu'au Japon, les comédiens de doublage sont de véritables stars. Ils chantent, sortent des albums, donnent des représentations avec leurs personnages, ils ont aussi des revues... Ils se sont dit que je devais être vraiment très connue alors qu'en fait pas du tout! En tous cas, ce fût vraiment quinze jours de rêve! Quand je disais : "Il y a du kabuki en ce moment?" J'allais voir du kabuki! Si je demandais si Kyôtô était loin, le lendemain j'avais un train pour Kyôto!

J'ai participé à une émission Naruhodo The World, sur la chaîne Fuji, une émission de divertissement qui alternait reportages sur les succès des dessins animés japonais dans le monde et des jeux avec des vedettes ou ils devaient par exemple deviner de quelle série Juliette je t'aime était le titre français... C'est à cette occasion que j'ai rencontré Masako Nozawa, la voix japonaise de Son Gokû qui est aussi une femme."

Extrait de Animeland


Marc François

Marc François est un acteur français spécialisé dans le doublage.

A propos du doublage des Chevaliers du Zodiaque qu'il supervise :

"C'était toute une aventure ce dessin animé! J'en dirigeais le doublage. Je me souviens du jour où j'ai vu le premier épisode de la série, je pensais que jamais une pareille série ne serait diffusée à la télévision. On y voyait un homme donnant un coup de pied dans le ventre d'un môme avec le sang qui giclait! Je me suis vraiment dit que ce n'était pas diffusable, et pourtant, ça a fait un tabac! Nous avions même un fan club composé de deux étudiantes qui nous écrivaient régulièrement!"

Extrait de Animeland


Philippe Ogouz

Philippe Ogouz est l'une de ces voix mythiques qu'on a entendues dans bon nombre de films et séries : De « Capitaine Flam » en passant par « Les maîtres de l'univers », « Ken le survivant » jusqu'à « Sailor Moon » pour les dessins animés, il est aussi la voix française de Patrick Duffy dans « Dallas » pour ne citer qu'eux.

"J'ai été pendant vingt-cinq ans directeur de plateau ou je dirigeais les doublages. Il y avait dans les années quatre-vingt-dix toute une équipe de comédiens qui faisait énormément de dessins animés. Je travaillais alors pour un société qui doublait beaucoup pour AB Productions et c'est pourquoi j'ai dirigé beaucoup de séries pendant cette période."


A propos du doublage de Ken le survivant ou les dialogues ont complètement été détournées :

"Ce qui s'est passé avec cette série est assez exceptionnel. C'est vrai que la plupart des séries japonaises qui nous arrivaient, à quelques exceptions près, étaient achetées au poids, et nous doublions également au poids, si j'ose dire. Pour un comédien, c'était presque péjoratif de doubler du dessin animé japonais. Nous avons vu arriver Ken le survivant qui était extrêmement violent. Nous nous sommes alors réunis car nous n'étions plus d'accord pour continuer le doublage d'un tel dessin animé, dont le texte était, de plus, particulièrement mauvais. J'ai été voir le patron de la société de doublage et je lui ai exprimé notre sentiment. Nous lui avons alors proposé de faire les textes nous-même, afin de donner un nouveau sens à la série. Nous avons eu carte blanche et à partir de ce moment-là, nous avons vraiment déliré: nous nous sommes lâchés en faisant des jeux de mots et cela a donné cette chose totalement improvisée. A mon goût, je pense que c'est ce qui a fait le succès de la série. De toutes celles que j'ai pu faire, c'est la seule qui ait ce ton-là!"

Extrait de Animeland


Patrick Simpson Jones - Animateur

Patrick Simpson Jones, un des trois héros du « Club Dorothée », se confie sur ses sentiments envers Dorothée.


A propos de Dorothée :

"J'ai beaucoup aimé Dorothée, dans tous les sens du terme, on a été très proches. J'étais amoureux d'elle...

Dorothée  a sans doute été l'une des personnes les plus importantes de ma vie. Je l'ai suivie sur TF1 et je garde un grand souvenir de cette période. C'était énormément de boulot, mais c'était un privilège de travailler dans ces conditions. On était les personnalités les plus connues de la télévision française."


Une anecdote sur Ariane :

"Ariane était entrée sans frapper dans ma cabine en prétextant que Jean-Luc Azoulay la cherchait. Je sortais de ma douche en tenue d'Adam et tenais mon slip à la main. Je m'étais alors précipité pour prendre une serviette de bain quand quelqu'un d'autre avait frappé à la porte. C'était Jacky ! Sentant que je n'étais pas à l'aise, il s'était dirigé vers la salle de douche et avait découvert Ariane qui s'était planquée là, tenant mon slip à la main!

L'histoire avait évidemment fait le tour d'AB Productions et il nous avait fallu un certain temps à Ariane et moi avant de convaincre tout le monde que tout cela n'était qu'un concours de circonstances..."