Articles - 1973/1978

Complice de Blablatus

Téléscopie - 1973

Dorothée est une ravissante jeune fille de 21 ans, au visage encadré d’une chevelure auburn et éclairé par deux grands yeux marron. Complice de Blablatus, la marionnette bien connue, elle anime, chaque mercredi, à partir de 16h20, les émissions destinées à la jeunesse. Son rôle ? Faire les enchaînements des films qui sont projetés, aider le docteur Klein, vétérinaire de la SPA, à présenter les animaux à adopter, à traiter d’un problème qui leur est tout particulier.

Mais, qui est Dorothée ? Quelles sont ses aspirations ? Comment organise-t-elle son emploi du temps ? Eh bien, parallèlement à ses activités au sein de la télévision, elle prépare une licence d’anglais et se rend à l’Université tous les lundi et vendredi après-midi. Elle suit également des cours de claquettes et a la ferme intention d’apprendre à jouer la comédie.

Le mercredi matin, elle met au point son émission au Studio 108 de la Maison de l’ORTF et puis c’est le direct. Elle, qui n’a pas éprouvé le moindre trac lors de la première présentation, est maintenant anxieuse. Elle a acquis un tel souci de perfection qu’elle craint toujours de décevoir son jeune public. Et celui-ci ne cesse de lui prodiguer sa très grande satisfaction : en sont témoins les centaines de lettres qu’elle a reçues depuis septembre dernier, les merveilleux dessins et les histoires que les enfants lui ont adressés. La télévision exerce une véritable fascination sur Dorothée. Car elle implique un travail d’équipe, elle baigne dans une très agréable ambiance, faite de décontraction, de gaieté, d’amicale complicité. " Une fois que l’on a connu ce métier, m’a-t-elle dit, l’on ne peut plus s’en passer. " C’est pourquoi Dorothée ne souhait qu’y demeurer. Travailleuse acharnée, elle a acquis, en quelques mois, la très grande disponibilité d’esprit, le sang-froid nécessaires à son métier.

Lorsque l’on est doué de tant de qualités, que l’on possède une telle foi en ce que l’on fait, le succès se doit d’être au bout de la route. Alors, bonne chance, Dorothée.


La télé, c'est mon vice!

Ciné revue télé programme - Juillet 1977

La nouvelle présentatrice d'Antenne 2 (elle remplace depuis maintenant trois mois Claudie Lemeret) n'est pas une débutante puisqu'elle a animé en '74 "Les mercredis de la jeunesse", de Jacqueline Joubert, et, plus récemment, "Le Club" de Christophe Izard. En moins de trois années, Dorothée a attrapé le virus de la télévision !

"Je ne dis pas que j'irais jusqu'à balayer le plateau, mais pour moi le simple fait de travailler à la télévision est en soi quelque chose d'intéressant ; de plus, j'estime que le rôle de la speakerine n'est pas négligeable ; nous devons annoncer beaucoup de choses en très peu de temps et il faut donc être très précis, ce qui est moins facile qu'on ne pense. Personnellement, j'essaie d'expliquer aux téléspectateurs ce qu'on leur propose et j'espère leur donner envie de regarder. Cela dit, je ne pense pas qu'on puisse être speakerine pendant des années et des années, mais disons que ce n'est pas une expérience inutile, loin de là !

J'ai une grande préférence pour les émissions consacrées à la jeunesse car il y a tant à faire dans ce domaine. On peut même dire que tout est à faire ! Quand on arrêtera de prendre les gamins pour des imbéciles, il y aura déjà un grand pas de fait. L'important n'est pas de réaliser des émissions pour enfants qui plaisent aux adultes mais des émissions pour enfants qui plaisent aux enfants. Actuellement, les gamins regardent plus volontiers les journaux télévisés et les westerns que les émissions qui leur sont consacrées. Il faut dire que les enfants sont incroyablement critiques. C'est même le public le plus difficile !

La popularité ? Je m'en fiche ! D'accord, j'aime bien que les gens m'aiment, mais je n'ai aucune envie de devenir star. D'ailleurs, j'ai remarqué qu'on aborde les gens de télévisions d'une façon plus familière que les acteurs de cinéma. Avec nous, c'est plus décontracté et finalement plus gai !

Depuis que j'ai débuté à la télévision, ce métier a la priorité sur tout. J'ai pratiquement eu à choisir entre le mariage et la télévision, eh bien j'ai choisi la télévision sans hésiter ! C'est devenu un vice, mais un bon vice!"

Bernard Ales


Dorothée et ses amis

1977

Dorothée est ravie. Speakerine d'Antenne 2 depuis moins d'un an, son contrat vient d'être renouvelé. Et surtout l'émission de Gérard Calvet destinée aux jeunes téléspectateurs qu'elle anime chaque soir lui vaut un courrier de ministre et d'innombrables envois de dessins, collages, etc. Comme un bonheur ne vient jamais seul, le sort vient de la désigner comme lauréate du premier prix décerné par le jeune bijoutier Jean-Claude Gros, lors de la présentation de sa nouvelle collection. C'est ainsi que désormais Dorothée (notre photo) porte comme fétiche autour du cou le fameux diamant fleur (une fleur de jade, lapis lazzuli, nacre... au cœur de diamant). La pire chose qu'on puisse souhaiter à Dorothée pour 1978 c'est qu'Antenne 2 conçoive désormais une véritable politique des programmes pour les Jeunes téléspectateurs comme sa rivale TF 1 (avec l'excellente l’île aux enfants » de Christophe Izard).


Voici Dorothée, la nouvelle speakerine d’Antenne 2

Télé Star - 1977

C'est un bafouillage qui a sauvé Dorothée Hoschedé, la nouvelle speakerine d'Antenne 2. Elle revient de loin. Après plusieurs éliminatoires, elle restait seule en lice avec Isabelle Baechler.
Jacques-Gérard Cornu, chargé de la sélection des candidates, raconte : « Pendant l'enregistrement de son texte, Dorothée s'est trompée. Une autre se serait affolée. Dorothée, pas du tout... Elle s'en est sortie avec élégance, sang-froid et surtout en souriant. Les vingt personnes du jury ont été unanimes : « C'est elle qu'il nous faut ! Elle pose des questions intelligentes et elle n'est pas sophistiquée. »
Dorothée ne croyait pas du tout à sa victoire. Elle y croyait si peu que le lendemain de la dernière épreuve, avant de connaître le résultat, elle était allée s'inscrire comme secrétaire dans une agence d'intérimaires.
Quand Jacques-Gérard Cornu lui a téléphoné que c'était elle l'élue, elle a cru à une blague. Il faut dire que Dorothée a une bonne fée dans sa vie : Jacqueline Joubert, la première de toutes nos speakerines, et peut-être la plus célèbre.
Il y a plus de trois ans que Jacqueline Joubert avait remarqué Dorothée. C'était en septembre 1973, à un concours théâtral organisé par la municipalité de Versailles.
Jacqueline Joubert avait aimé le petit visage aigu de cette lycéenne et elle était venue la féliciter : « Avez-vous envie de faire de la télévision ? On m'a confié « Les mercredis de la jeunesse » et je cherche une présentatrice. » Dorothée a accepté. Elle avait 19 ans. C’est ainsi qu’elle a débarqué pour la première fois à la télé. « A partir de ce moment-là, dit Dorothée, la télévision est devenue ma seule raison de vivre, une véritable obcession. J’avais envie de m’y installer pour toujours, d’y faire une véritable carrière... »
Mais à l'éclatement de l'ORTF, en 1974, l'émission de Jacqueline Joubert a été remplacée. Et l'on s'est passé des services de Dorothée.
Elle est restée des mois au chômage, puis on l'a rengagée pour deux trimestres et deux fois par mois dans l'émission « Réponse à tout ». Mais elle faisait trop jeune. A nouveau le chômage. Puis elle se fait secrétaire intérimaire. Néanmoins, jamais elle ne cesse de hanter les couloirs de la télé : « Vraiment, j'avais cette maison dans la peau. Je cherchais tous les prétextes pour y aller rôder.
« Souvent, j'allais voir ma "marraine", Jacqueline Joubert. Et c'est elle, au début de février, qui m'a dit : « Renseigne-toi. Je crois qu'on cherche une speakerine sur A2. » Et voilà. Dorothée a finalement réalisé son rêve. Grâce à Jacqueline Joubert. Et grâce à une autre Jacqueline sa mère, qui l'a sans cesse encouragée.
Dorothée habite encore chez sa mère : « Je lui dois tout, dit-elle. Elle m'a donné le gîte et le coucher pendant les mois où je ne gagnais pas d'argent. Si je ne l'avais pas eue, j'aurais peut-être dû m'enfoncer dans un autre métier et j'aurais perdu de vue la télévision. »
Mais aujourd'hui, après être passée plusieurs fois à l'antenne, Dorothée n'est pas revenue de son succès. Elle se pince tous les matins pour se persuader qu'elle ne rêve pas. Et elle n'a pas encore pensé à demander quel serait son salaire. Un dernier mot sur elle : son vrai prénom, c'est Frédérique. Mais pour la télé, elle a choisi le prénom qu'elle préfère, celui qu'elle aurait aimé avoir quand elle était petite : Dorothée.


Un nouveau sourire à la télévision

Télé Magazine – 13 août 1977

Vingt-quatre ans, des yeux rieurs, un visage de jeune fille bien sage ; vous la connaissez sûrement, c'est Dorothée, l'un des nouveaux sourires d'Antenne 2 depuis le début de l'année. C'est aussi une vieille amie des jeunes téléspectateurs, puisqu'elle a présenté deux émissions pour la jeunesse sur FR3 et TF1. Dorothée Hoschède - c'est son nom de famille, "mais il est trop compliqué, alors pour les autres, je suis simplement Dorothée dit-elle" – rassemble davantage à une jeune étudiante qu'à une speakerine de T.V. Elle l'a d'ailleurs été, pas très longtemps.
"Après mon bac, j'ai préparé une licence d'anglais, mais je ne savais pas très bien que faire, une profession dans le tourisme peut-être..." Ou peut-être comédienne, ou danseuse, mais sûrement pas professionnelle du petit écran. C'est grâce au théâtre, à l'un de ces concours de comédie entre lycée qu'elle doit d'être aujourd'hui speakerine. Quel élève, un peu doué n'a pas joué en fin d'année, selon la coutume, la farce de Maître Pathelin devant ses camarades ou autre classique du même style. Dorothée jouait bien et Jacqueline Joubert, alors responsable des émissions pour la jeunesse sur la troisième chaîne, la remarqua lors du concours Inter-Lycée organisé chaque année par Mme Tassencourt, Directrice du Théâtre Montansier de Versailles. "Jacqueline cherchait une jeune fille pour présenter "Les mercredis de la jeunesse" sur la troisième chaîne dit Dorothée, c'est comme cela que je suis "rentrée" à la télé. Vraiment par hasard !"
C'était il y a quatre ans. Christophe Izard, réalisateur et producteur de cette émission lui fit faire des tests : "Il m'a mise devant une caméra et m'a dit "présenter une émission pour les enfants", évidemment explique-t-elle je n'avais aucun texte, aucun thème. Je me suis "jetée à l'eau" et voilà !"
Voilà, aujourd'hui, Dorothée est une des quatre speakerines d'Antenne 2, avec qui elle partage un minuscule studio, encombré de plantes vertes. "J'arrive au studio vers 11 heures et je reste tout l'après-midi jusqu'à la fin des émissions. Normalement j'ai des annonces toutes les heures, mais je dois toujours être en alerte, "en cas de pépin" sur la chaîne."
Un travail finalement très fatigant et lorsque Dorothée rentre chez elle, à Bourg-la-Reine, il ne lui reste que peu de temps pour les loisirs.
"J'adore le cinéma et les dessins animés, dit-elle, mais en ce moment, je n'ai vraiment pas le temps d'y penser, lorsque je suis chez moi, je regarde la télévision, une façon d'être encore sur la chaîne, pour voir si tout se passe bien !". Un réflexe très courant chez les "professionnels" du petit écran. Cependant, tout n'a pas été aussi simple, ni aussi facile. Lorsque le démantèlement de l'ORTF eut lieu, Dorothée se retrouva, comme tant d'autres au chômage.
"Comme c'était la période des vacances, j'ai attendu deux ou trois mois, puis je suis allée trouver Eliane Victor, mais elle ne pouvait rien pour moi, alors j'ai dû faire autre chose". Et durant huit mois, Dorothée travailla comme secrétaire chez des amis.
En février 77, elle se présenta au concours d'Antenne 2 qui recrutait deux nouvelles speakerines.
"Evidemment, je n'avais plus le trac devant les caméras, mais la majorité des concurrentes non plus. Elles avaient été speakerines en province, nous étions donc toutes à égalité !" Le fait d'être reconnue dans la rue, chez les commerçants de son quartier n'a pas pour autant changé la vie de Dorothée. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, elle se sent seule, très seule dans son studio de la rue Cognac-Jay; un peu perdue dans cette grande maison où elle sait bien qu'elle n'est qu'un infime rouage.
Dorothée a ses admirateurs, pour la plupart très jeunes, "je reçois des lettres d'enfants, ou de grands-pères dit-elle, je ne présente plus d'émission pour la jeunesse, mais ils s'en souviennent, ils sont gentils."
Sa jeune expérience des caméras lui a appris à ne pas faire de projets à longs termes. Aussi Dorothée attend : "le journalisme ne m'intéresse pas, j'aimerais être un jour productrice d'une émission, mais je suis encore jeune, on verra, peut-être un jour..."
Jeune, mais sage. A bientôt Dorothée, et bonne chance !

Marie LENOUVEL


Notre concours vacances

Chez nous - 25 mai 1978

Dorothée - l’amour de l’imprévu

Télé Star – Septembre 1978

Dorothée, aujourd'hui, à 24 ans, est parfaitement heureuse de faire ce métier. Elle est aussi très heureuse de travailler avec Gérard Chambre. « Il est beau, dit-elle, grand, blond, avec des yeux bleus et ce qui ne gâche rien, il a un talent fou et il est super-sympa ».
Dorothée ne calcule jamais. Elle est devenue speakerine tout à fait par hasard.
En 1973, elle faisait partie d'une troupe théâtrale de jeunes lycéens. Après une représentation donnée devant des parents d'élèves, Jacqueline Joubert, elle-même ancienne speakerine, alla à la rencontre de Dorothée, dans les coulisses. Vous devinez la suite : de 1973 à 1975, alors qu'elle n'avait que 19 ans, Dorothée animait « Les mercredis de la Jeunesse », en 1975 « Les Visiteurs du Mercredi » et « Réponse à tout » sur TF1. En 1976, A2 a besoin d'une speakerine pour remplacer Claudie Lemmeret qui se marie et Virginia Crespeau qui attend un bébé. Un concours est ouvert. Dorothée s'y présente mais elle est tellement peu satisfaite de ses bouts d'essai qu'elle s'inscrit dans une agence intérimaire, avant les résultats, pour devenir secrétaire. C'est pourtant elle qui est choisie. La direction d'A2 l'a trouvée jolie et suffisamment débrouillarde pour assurer l'antenne.

Gérard Chambre – Des projets plein la tête
Gérard a une certaine expérience en matière de comédie et dans le domaine de l'enfance. A trente ans, il a joué avec de grands acteurs comme Maria Pacôme ou Georges Wilson. A la TV, vous l'avez certainement vu dans « Les dessous du ciel » où il interprétait le rôle d'un parachutiste. Sa licence et sa maitrise de psychologie lui ont bien servi dans sa carrière Cette discipline aide beaucoup dans les rap- ports entre adultes-enfants et c'est pourquoi Gérard tout en rêvant d'être comédien, a pu également s'occuper de clubs de jeunes et de centres aérés. A la faculté, il a même exposé dans un mémoire, ses conceptions de la fête…
Il constate avec regret que notre monde d'aujourd'hui oublie les fêtes d'autrefois. Il s'est promis de faire de « Récré A2 », une véritable fête pour les jeunes. Mais vous entendrez parler plus souvent de Gérard Chambre car il a sa petite idée en matière de télévision. Il a fait la connaissance de Jacqueline Joubert en allant lui présenter deux projets d'émissions. « Je ne savais pas que le responsable des émissions jeunesse cherchait un animateur, explique-t-il. Jacqueline Joubert a gardé mes projets pour plus tard mais m'a engagé pour « Récré A2 ».



La grande aventure de Dorothée

Chez nous n°1 – 28 décembre 1978

L'année ferme ses portes et nous allons mettre au mur un calendrier tout neuf. 1979 sera l'année mondiale de l'enfance. Parce qu'elle est notre amie et celle de tous les enfants, nous avons choisi Dorothée pour vous souhaiter quatre saisons de bonne humeur et de tendresse.


Les speakerines ont un privilège : il est inutile de les présenter. Plusieurs soirs par semaine, elles s'installent chez nous, présentent les programmes et s'en vont sur la pointe des pieds. Discrètes et charmantes, leur utilité est très controversée mais si demain, on décidait de les supprimer, grand nombre d'entre nous trouveraient navrant de voir défiler sur l'écran des panneaux indicateurs qui froidement nous inviteraient à passer à l'émission suivante. Leur rôle va, pour certaines, au-delà de la simple présentation des programmes. Ainsi, Dorothée représente pour tous les enfants, la copine idéale qui sait faire le clown, inventer des jeux et recevoir leurs confidences. Depuis son entrée à la télévision, son sourire malicieux, ses yeux qui se plissent et la font ressembler à un personnage de dessin animé, lui ont attiré la sympathie et la confiance de tous, petits et grands. Il y a quelques mois, Jacqueline Joubert, responsable des grilles pour la jeunesse, lui confiait « Récré A2 » tous les jours à 18 h puis le mercredi après-midi une émission en direct avec les enfants. Dorothée remplit son rôle avec le sérieux qui la caractérise. Car son joli visage cache un fameux tempérament, difficile à soupçonner au premier contact. Et, comme elle a décidé de nous étonner, dès le mois de janvier, elle nous réserve une grande surprise : le cinéma. Elle en rêvait depuis longtemps.
« J'aimerais bien faire un film, disait-elle. Avec Truffaut. Oui. Tourner avec François Truffaut, ce doit être un vrai bonheur ». Tout arrive. Un jour du printemps dernier, Truffaut lui téléphone. « Ce cinéma vous intéresse ? » « Oui, bien sûr. » « Alors venez me voir, j'ai quelque chose pour vous. » Le temps de réaliser que, cette fois, elle ne rêvait pas et Dorothée s'est retrouvée sur le plateau de « L'amour en fuite », quatrième volet de la vie sentimentale d'Antoine Doinel. A ses côtés, Marie-France Pisier, Claude Jade, Dani et Jean-Pierre Léaud. « Tourner avec François Truffaut, c'était finalement tout à fait comme je l'imaginais. Quand il m'a proposé le rôle de Sabine, je n'étais pas sûre d'y arriver. Lui affirmait que je pouvais le faire. Pourtant il m'avait juste vue présenter « Récré A2 ». François Truffaut fait entièrement confiance aux comédiens. Il a une manière particulière de les diriger tout en leur laissant croire que ce sont eux qui mènent les rênes. Il existe un véritable dialogue parce qu'il aime vraiment les acteurs. »
Dorothée, dans le film, est Sabine, 25 ans, vendeuse dans un magasin de disques. Antoine Doinel tombera amoureux d'elle. Pour l'instant elle attend avec impatience et non sans inquiétude les premières projections du film. « Le premier soir de tournage, je suis allée voir ce que nous avions fait dans la journée. Après j'y ai renoncé, c'était la première fois que je me voyais sur un grand écran et j'étais assez mal à l'aise. Comme je n'ai encore rien vu, je vais découvrir l'histoire presqu'en même temps que le public. » Cette première apparition à l'écran aura-t-elle des suites ? Dorothée est d'accord mais surtout pas avec n'importe qui et pas n'importe quoi. Tous les espoirs sont permis quand on sait que Marie-France Pisier et Claude Jade sont elles aussi deux découvertes de François Truffaut.