Articles - 1987 - Page 1
- Questions à Dorothée
- Jacqueline Joubert : "Récré A2 appartient aux enfants"
- Vite fée, bien fée
- Pas de récré pour la bande à Dorothée
- Tous en scène
- Dorothée et Jacky - Concours de dessin
- Dorothée : « Pourquoi je rejoins la une »
- JACQUELINE, mère de Dorothée : « Do a une vie démente »
- Dorothée, Jacky et Cabu
- Elles vont remplacer Dorothée sur A2
Questions à Dorothée
Top 50 Magazine - Janvier 1987
Sa première passion la télé, sa première émission « Mercredis de la jeunesse » puis « Récré A2 ». Dorothée veut diversifier ses activités et enregistre son premier disque « Dorothée aux pays des chansons ». Sa consécration elle la trouve lors de son passage à l'Olympia. Un disque de platine pour « Rox et Rouky », tout le monde se souvient de «Hou la menteuse ». Elle vient de fêter son neuvième millionième disque vendu. Dorothée superstar de l'enfance a sa place au Top 50.
- Dorothée, tu viens de remporter pendant un mois un succès considérable avec ton spectacle « Dorothée au Zénith »...
- Le Zénith est un endroit très impressionnant, la scène est très grande, la salle bien faite, pas trop profonde et facilement modulable. C'est donc là que mon équipe et moi-même nous nous sommes installés pour un mois, mais dans un spectacle très différent de ceux que nous avions l'habitude de donner. J'avais déjà fait sept comédies musicales et cette année je voulais changer, le spectacle était donc un récital.
- Raconte-le nous...
- Eh bien, disons qu'en deux parties, et avec deux décors différents, nous avons interprété vingt et une chansons qui chacune représentait un tableau différent. En fait, nous n'avons pas tout à fait perdu l'esprit « comédie musicale », car chaque tableau pourrait en être une scène extraite. D'autre part, il y a un fil conducteur qui unit l'ensemble du spectacle. Grosso modo ce serait Dorothée qui essaye de mener à bien son show, mais le pdg du Zénith, interprété par Jacky, n'arrête pas de l'interrompre et de lui casser les pieds ! Ceci donne lieu à quelques dialogues. Sinon, en comparaison avec les spectacles précédents, au Zénith, les choristes et les musiciens ont un rôle plus important. Ils n'ont plus la fonction unique de chanter et jouer de la musique.
- Il y avait de gros effets scéniques?
- Non, le décor est resté assez simple, car le rire doit venir des gags. Mais par exemple, l'entrée sur scène est assez fracassante, en parachute. Il ne faut pas trop en parler car je ne sais pas si sur la tournée en province nous pourrons la réaliser. Les moyens du Zénith sont exceptionnels et beaucoup de salles ne possèdent pas ses ressources.
- Pourquoi prendre tant de risques physiques?
- Tout simplement parce que j'en
avais marre d'entrer sur scène toujours de la même manière, c'est-à-dire en courant. Là au moins, c'est original. Si nous n'arrivons pas à avoir le parachute en province, il faudra que je trouve autre chose.
- Quelles sont les raisons qui t'ont poussée à faire un récital plutôt qu'une autre comédie musicale?
- A la fin de chaque représentation le public réclamait d'autres chansons, les succès qui n'apparaissaient pas dans la comédie musicale et l'une, ajoutée à l'autre, nous restions parfois trois à quatre heures sur scène.
Avec un récital, tout le monde est satisfait d'entendre les chansons qu'il aime.
- Qui est ton public ?
- Je dirais, mon public est celui de Récré A2, mais je sais que c'est faux car les enfants viennent accompagnés de leurs parents ou de leurs grands frères ou grandes sœurs. Il faut donc que je pense mon spectacle en termes de famille pour que personne ne s'ennuie. J'ai déjà vu des adolescents de dix-huit-dix-neuf ans venir en groupe, et sans enfants, et même de jeunes adultes. Je suis allée voir Jeanne au Palais des Sports, et à ma grande stupeur, j'ai constaté que nous partagions une tranche de notre public.
- Curieusement tes spectacles s'adressent plus particulièrement aux enfants, mais les paroles des chansons comme « Maman » ou « Hou la menteuse » traitent de thèmes d'adolescents...
- Mais tu sais qu'aujourd'hui on va en boum à huit ans ! Alors que moi à dix-huit ans c'est tout juste si on me laissait sortir! C'est normal qu'ils demandent des paroles qui leur correspondent davantage. Nous avons tout de même été très surpris d'apprendre que le duo avec Jacky « Hou la menteuse » a été acheté par des adultes !
- Comment te situes-tu par rapport à ton public, en maman, en grande sœur, en maitresse ou en copine ?
- Certainement pas en maman ou en maîtresse d'école ! Il y a une connotation qui ne me correspond pas. Non, je suis pour les enfants une grande sœur, ou la copine. C'est assez amusant d'ailleurs, car dans le courrier que je reçois il y a beaucoup de confidences, de suggestions, des tas de témoignages d'affection. Les enfants sont adorables et j'essaye de leur rendre l'amour qu'ils me portent.
- Comment ?
- En les aimant à mon tour et en les recevant tous les soirs après mon spectacle pour signer des autographes.
Jacqueline Joubert : "Récré A2 appartient aux enfants"
Télé 7 Jours – 7 Février 1987
Le 7 d'Or de la meilleure émission enfantine 86 a récompensé cette productrice qui a tant fait pour la télévision et qui est l'amie des petits... mais aussi des grands.
Dans le bureau de Jacqueline Joubert à Antenne 2, le 7 d'Or de la meilleure émission pour la jeunesse 86. Une récompense qu'a reçue Dorothée en direct mais qui méritait bien de finir ses jours auprès de celle qui, en dirigeant « Récré A2 » (et tout le secteur jeunesse de la chaîne), a tant donné aux enfants : « Cette émission, dit-elle, appartient à tous ceux qui ont une âme d'enfant et donc aussi aux adultes qui savent l'apprécier et me le font savoir. Avant de perdre nos séquences du dimanche matin (depuis le mois de janvier, à cause des émissions religieuses), de nombreux parents nous ont mieux découverts. Dans leurs lettres, ils disent nous avoir trouvés intelligents. Nous avons donc reprogrammé pour le samedi matin « Le Tour du monde en 80 jours », un dessin animé où tous les personnages sont des animaux, et aussi « Dick le rebelle », une série de cape et d'épée très bien mise en scène et très bien jouée qui, je l'espère, plaira aussi aux parents ! »
Rendez-vous sur minitel
Jacqueline Joubert, qui a été l'une des pionnières de la télévision, a toujours su rester de son temps et se mettre au diapason des enfants. En témoigne le minitel que vous pouvez utiliser en composant le 36 15 Récré A2: « Nous posons des questions aux enfants et eux aussi nous en posent énormément. Dorothée leur répond en direct le mercredi matin, mais seulement à ce moment-là ! Cela nous renseigne bien sur les goûts des téléspectateurs. J'ai été maman et je le suis toujours. Maintenant, je suis grand-mère - de la petite Emma et même deux fois grand-mère car la femme d'Antoine de Caunes vient de mettre au monde le petit Louis -, et je sais comme les enfants aiment bien se servir du minitel. Nous affichons donc le prix de la minute pour que les enfants ne s'éternisent pas devant leur poste. Ça monte très très vite. Grâce au minitel, on peut aussi avoir une sélection de livres, de films, de B.D., participer à des jeux qui sont primés, s'in- former sur les animaux.
« Dans les nouvelles séries, les enfants ont déjà plébiscité, par minitel interposé, «Cosmocats » puis, en deuxième position, « Cobra » (une rediffusion) et enfin « Lady Oscar ». « Cosmocats » est un dessin animé de science-fiction de 26 minutes pour tout public. Ces chats de l'espace ont une intelligence supérieure à celle des hommes et une force supérieure à celles des animaux. Quant à « Lady Oscar », un dessin animé japonais de 40 épisodes de 26 mn, il se déroule au XVIIIe siècle et raconte les aventures de la sixième fille d'un général qui a décidé de l'élever comme un garçon. Elle devient capitaine de la Garde de Palais. Prétexte à apprendre sans douleur les grands moments de la Révolution française, deux ans avant la fête de son bicentenaire. Pour « Lady Oscar », le distributeur a bien voulu engager une chartiste pour vérifier l'authenticité des faits présentés dans le texte fait par les Japonais. Nous n'avons pas le droit de dire n'importe quoi aux enfants, dit Jacqueline. Là, il y avait des erreurs et pourtant il paraît que l'auteur japonais est une agrégée d'Histoire de France. Une adulte ! »
De tous les adultes de l'équipe de « Récré A2 », l'un des plus populaires, même si on n'entend que sa voix, est Georges de Caunes avec « Le Monde selon Georges » « Cette émission, qui vient de fêter son premier anniversaire et dévoile le mystère de la science et de la vie, représente un travail considérable. C'est une coproduction avec le CRC et le CNRS. A partir de kilomètres de pellicules et de sujets qui durent une ou deux heures, nous remontons des films de 13 mm pour intéresser les enfants sans les ennuyer. Avec la petite note d'humour de Georges de Caunes. C'est Antoine (de Caunes) qui a trouvé le titre d'après « Le Monde selon Garp », le roman de John Irving, comme si tout le monde avait lu ce livre ! »
Au Carnaval de Nice
Les anniversaires, c'est bien, mais les projets, c'est encore mieux: « Nous avons prévu de grands directs comme le Carnaval de Nice, La Plagne (pour suivre une course de ski pour les petits). Le 4 février débute un récit filmé de 20 épisodes « Des enfants à la mer », un périple qui mènera un groupe de jeunes de la mer Égée à la mer Rouge, et, toujours en février, un concours « Anim'A2 » où sont prévus des films conçus et réalisés par des enfants de 10 à 16 ans. Autres grands projets en cours de réalisation dessins animés de Philippe Druillet et Benjamin Le-grand « Bleu, l'enfant de la Terre », qui sera programmée avant la fin de 1988. En préparation également : « Mystère et bulles de gomme », destiné à la Communauté des télévisions francophones : « Nous allons aussi réaliser une série sur la peinture, en collaboration avec le Centre Pompidou. Le PDG d'A 2 a changé et il est devenu aussi le PDG de « Récré A2 »: « Claude Contamine s'intéresse énormément aux émissions pour la jeunesse. »
Majorité de production française
C'est très important. Jean-Marie Cavada, qui dirige l'antenne, a la même attitude. « Nous ne nous sentons pas perdus dans notre coin. Nous avons plus de 400 heures de programmes par an et pour la majorité, il s'agit de production française. »
L'audience est, en tout cas, le meilleur des arguments pour convaincre le PDG d'A2 de donner plus de moyens à l'émission : »Nous avons, dit Jacqueline, une moyenne de 11 à 13 points Audimat (un point représente 185 000 foyers). Cela prouve que « Récré A2 » est une émission qui compte... ! »
Colette de PORTEFAIX
Photos Jean-Claude Colin
Jacqueline Joubert ne compte plus les disques d'or (500 000 45 tours vendus) remportés par les chansons de « Récré A2 ». Dorothée arrive à la première place et qui sait si un jour «Le monde selon Georges» (de Caunes) devenu un disque ne connaîtra pas ce destin.
UNE JOYEUSE BANDE D'ANIMATEURS
Sur cette photo, la joyeuse bande de « Récré A2» de g. à d. : Charlotte Kadi (comédienne, elle a débuté en janvier 84); Jean Lacroix (un chansonnier qui a écrit de nombreux textes pour Thierry Le Luron); Emmanuelle Bataille (la révélation comique qui a appris la comédie au cours Simon); Bernard Marsan (engagé en octobre 1984 et qui a chanté dans « Starmania »), Alain Chauffour (qui est là depuis juin 80 et s'occupe aussi de la météo dans les journaux). Devant: François Corbier, le barbu (qui chantait au Caveau de la République, mais Jacqueline Joubert était dans la salle, en janvier 82...) et enfin Marie Dauphin (célèbre avec son « Bibi Foc). Manquent Bertrand Baucheroy, Francis Montaguet et Patricia Elig.
DOROTHEE, PRODUCTRICE
« Le mercredi matin, explique Jacqueline Joubert, nous avons une émission un peu différente. Dorothée en est la productrice pendant trois heures. Je lui fournis tous les programmes et elle a 50 minutes pour présenter ce qu'elle veut avec Cabu et leurs nombreux invités. » Parmi les nouvelles séries de «Récré A2» qui démarrent très fort « Mimi-Cracra», en association avec Bayard Presse, des aventures de deux minutes et une chanson que l'on pourrait bien retrouver au «Top 50».
Vite fée, bien fée
Le soir illustré – 26 février 1987
Dorothée, prononcez donc ce nom devant votre mioche. Aussitôt ses yeux s'illuminent, son petit nez frétille, une chanson lui vient à la bouche. Dorothée déclenche les passions juvéniles, c'est sûr. A l'instar de Chantal Goya, de Douchka, ou de Henri Dès, elle caracole parmi les stars des hit-panades! Rien que le nom déjà. Au départ, elle s'appelait Frédérique. Mais Dorothée est plus mignon, vous ne trouvez pas ? Et puis dans Dorothée, il y a dodo, roro, et «T», une lettre que les enfants en bas âge arrivent à exprimer très tôt. Elle n'y a sûrement pas pensé, mais Françoise Dolto établirait certainement un rapport évident en parlant d'identification inconsciente. D'une vocation, quoi ! Celle qui consiste à avoir un contact épatant avec les juniors. Il faut dire qu'en dix ans de carrière elle a eu le temps de vérifier ce don inné. Quel succès, mes enfants. Depuis qu'elle s'est mise à la chanson, en 1980, elle vend treize disques à la douzaine. « Dorothée et ses amis chantent », « Rox et Rouky » (merci les studios Walt Disney), « Dorothée tambour battant » et aujourd'hui « Maman », encore un fameux ticket qui pénètre dans toutes les chaumières. A la grande joie des gosses qui l'adorent et ne se lassent pas de la regarder à la télé. Ah oui, bien sûr, n'oublions pas le petit écran. L'animatrice de « Récré A 2 » tient le bon bout chaque mercredi au grand dam des chaînes concurrentes qui se rendent compte à leurs dépens qu'il n'existe qu'une seule Dorothée. Son émission enfantine marche très fort et contribue sans conteste à son énorme popularité.
Avec dix millions de disques vendus, plusieurs comédies musicales à son actif, un moment fort sur Antenne 2, Dorothée est aux enfants ce que Patrick Sabatier est aux parents : le chouchou !
Deux yeux qui ressemblent à des Treets, un visage de poupée, fluette comme une allumette, née un jour de fête nationale (le 14 juillet 1953, prédestiné, non ?), Dorothée est un peu la gentillesse vivante. Elle ne ferait pas de mal à une mouche. On dirait une petite fille modèle qui ne se serait pas rendu compte qu'elle est devenue adulte. Mais ne vous fiez pas aux apparences. Dorothée garde la tête sur les épaules. Elle maîtrise la situation et veille à ce que le conte de fées ne s'arrête pas en si bon chemin. Une carrière comme la sienne ne se gère pas au petit bonheur la chance. Même si elle résume toute cette aventure d'un trait de plume : « On s'amuse ! »
- On vous voit partout. Etes-vous une toxico du boulot ?
- Oui ! Parce que, en fin de compte, je n'ai pas l'impression de travailler. On s'amuse tout le temps. J'ai la chance de faire un métier qui me plaît, ce qui est assez rare. Je n'ai vraiment pas le droit de me plaindre. D'ailleurs, je suis toujours surprise si je n'ai rien à faire. J'ai un horaire excessivement chargé. Entre la télé et la tournée chaque week-end où on se promène un peu partout, il ne me reste pas beaucoup de temps libre.
- Que pensez-vous des rapports télé-enfants ? On dit que c'est une véritable drogue ?
- C'est sûr que les enfants abusent parfois de la télé. Je crois que si j'avais un enfant, honnêtement, je prêcherais un peu contre moi. On divertit les enfants qui n'ont pas d'occupations annexes, comme un sport ou la danse, ou de se distraire avec des p'tits copains ou d'aller à la campagne pour jouer. On s'adresse au fond souvent aux enfants seuls. Moi, je laisserais regarder, mais sans excès et uniquement les émissions qui s'adressent à eux.
- Comment voyez-vous les enfants en 1987 ?
- Ah, ça y va. Ils n'ont aucun complexe. En fait, lorsqu'on se parle, j'ai plus le trac qu'eux. Ils sont très vifs. Ça fait treize, quatorze ans que je fais des émissions pour eux, et l'évolution est assez sidérante. Auparavant, ils n'avaient pas le droit de regarder la télévision, alors qu'aujourd'hui ils dévorent, y compris ce qui ne leur est pas destiné. C'est énorme. Ils choisissent eux-mêmes. Ils savent comment fonctionne le magnétoscope. Dans la vie de tous les jours, ils me posent des questions beaucoup plus incisives. Ils participent davantage. Il n'y a plus, comme avant, deux mondes séparés, celui des enfants et celui des grands, qui moi m'exaspéraient. Cela dit, je crains un peu aujourd'hui qu'on oublie trop l'univers des enfants. Ils doivent continuer à rêver. Qu'ils gardent leur imagination. Là réside ma principale angoisse. Pour l'instant, ça va. Mais ils parlent de tout, ils sont au courant de bien des choses. Ils sont moins fermés au monde actuel et vont affronter la vie mieux armés que nous. Mais j'ai peur qu'ils perdent leur côté « sachant rigoler quand il le faut... ». J'ai même l'impression que les enfants deviennent de plus en plus sérieux... et les adultes de moins en moins ! C'est bien de prendre conscience, car ils ont un rôle dans la société actuelle. Il ne faut surtout pas les mettre de côté en les prenant pour des débiles. Qu'on les considère comme responsables mais sans dépasser certaines limites.
- Votre spectacle tient compte de l'évolution actuelle des enfants ?
- « La Fée vitamine » diffère de ce qu'on présentait avant. Il ne s'agit plus d'une comédie musicale, mais plutôt d'un récital scénarisé. Un tour de chant perturbé par un complice – en fait, c'est Jacky, mon rival et ami de T.F. 1– qui sauvegarde le côté guignol qu'on a toujours eu jusqu'à présent. Il fait très fort réagir les enfants qui, loin de souffrir de timidité, s'entraînent les uns les autres. Mais la musique, par contre, se veut résolument électronique. En fait, je porte deux casquettes : je reprends les chansons traditionnelles sans presque y toucher – « Au clair de la Lune » ne se transforme pas en un rock'n'roll comme les mamies les chantent ; et de l'autre côté, je puise dans mon répertoire, dans la variété populaire. Le plus drôle, c'est que Jacky, qui incarne le directeur de la salle où nous jouons, intervient constamment en prétendant que les gosses n'aiment que les mélodies simplettes et pas les airs actuels. Il se fait huer à tous les coups. Les enfants écoutent toute la musique et on ne leur impose rien. Et puis mon public s'élargit, faut pas l'oublier. Les adultes aussi achètent mes disques.
- Comment réussissez-vous à si bien les prendre, les enfants ?
- Bien, justement, je ne fais rien. Je leur parle normalement. Je ne les ai jamais pris pour des abrutis ni pour des super-intelligents. J'ai toujours été sincère. C'est pour cette raison qu'on s'entend bien. Ils savent que je m'amuse vraiment, sinon je leur dis. On entame la neuvième saison de « Récré A 2 » et je ne m'ennuie toujours pas. Tant que ça dure, c'est bon. Le jour où je ne m'amuserai plus ou si les enfants me disent qu'ils m'ont assez vue, je partirai. Même si j'ignore pour quoi faire. A ce point de vue-là, je suis un peu autruche, et cigale à la fois. On verra. Je n'ai jamais rien planifié.
- Faut-il avoir l'instinct maternel pour faire votre métier ?
- Je ne sais pas. Il se trouve que, moi, je suis très famille. Mais je ne suis ni mariée ni mère de famille. Ma réussite ne repose pas sur un pourquoi ou un comment. Personnellement, je crois à l'astrologie. Je suis du signe cancer, principalement femme-enfant, et pour les Chinois, je suis serpent, signe de la mère. Cette influence joue-t-elle ? En tout cas, je n'infantilise pas avec les gosses. Ils me font marrer. A une réunion, je me retrouve très vite de leur côté. Je leur plais, allez savoir pourquoi. Je me sens bien dans ma peau. Quand j'ai commencé comme speakerine, c'était pareil. Je ne compose pas de personnage, c'est trop fatigant...
- Aujourd'hui, vous gagnez beaucoup d'argent mais qu'est-ce qui accroche le plus Dorothée dans ses activités ?
- D'accord, je touche beaucoup, mais je n'en profite pas. Je ne pars pas en vacances six mois à Tahiti. Je ne mets rien de côté, je ne sais pas combien je gagne. L'important, ce sont les rapports humains. Je suis heureuse quand je croise un gamin et qu'il me dit : « Salut, j'ai bien ri dans ton émission d'hier... »
- Au fond, vous vous pliez en quatre pour leur faire plaisir. Vous leur pardonnez tout ?
- Nooon. Les enfants mal élevés m'énervent. Une bonne fessée et on est tranquille. J'ai eu une éducation très sévère. Et je ne regrette pas cette autorité parentale. J'avais le droit de rire, hein, bien sûr mais je n'ai pas pu sortir seule jusqu'à mes vingt et un ans. J'ai gardé ce goût de la famille. Et du coup je conçois mes spectacles pour elle toute entière. Pour éviter que les parents ne se sentent obligés d'emmener leurs enfants chez Dorothée. Ça me causerait de la peine si c'était ainsi. Je veux que tous tapent des mains et des pieds.
- Si votre carrière tourne rond. Par contre, au cinéma, vous n'avez pas vraiment atteint vos ambitions, non ?
- Disons que j'ai eu la chance d'être contactée par François Truffaut pour « L’Amour en fuite » puis par Robert Enrico pour « Pile ou face ». Ensuite, on m'a proposé des rôles identiques à ceux-là. Or, comme je n'ai pas besoin du cinéma pour vivre, autant choisir. Je me dis que, quand je serai vieille, je pourrai toujours interpréter les grand-mères alertes et indignes, comme Denise Grey. C'est dommage mais ce n'est pas grave.
En attendant, pas question de se laisser submerger par un quelconque vague à l'âme. Après son triomphe au Zénith fin 86, ce boute-en-train sentimental arrive bientôt dans la capitale. Changeant de grimace comme de déguisement, dansant comme un mille-pattes qui ferait des claquettes, chantant comme un p'tit rossignol posé sur un minitel, Dorothée rameute les petites foules. Plus que deux fois dormir pour les mini-bouts de chique avant de découvrir « La Fée Vitamine ». Tous les Van der Schtroumpf accompagnés de leurs aînés ne rêvent plus que de vivre cette unique représentation bruxelloise.
Bernard Meeus.
Pas de récré pour la bande à Dorothée

1987
Ils transforment des sketches courts en mini-dramatiques. Avec un clin d'œil et le sourire de Dorothée, les comédiens de « Récré A2 » ont imposé leur style enlevé et facétieux.
Samouraïs ou extraterrestres hier, espions ou pirates aujourd'hui, ils sont une dizaine à écumer le petit écran le temps d'une maxi-séquence sur A2, le mercredi après-midi vers 16h 30. Cette semaine, on les signale chez Louis XIV, du côté de Versailles, et demain, qui sait où ? Depuis deux ans, les reporters impénitents - et impertinents - de la bande à Dorothée prennent l'histoire à l'abordage. Toute l'histoire. Celle de la chevalerie ou du Transsibérien au temps des tsars comme celle du XXIIe siècle et de l'odyssée de Jean-René Hallienne (sic) à bord du Startare Steck.
Au studio 40 de l'avenue Montaigne, le parti pris de l'émission, c'est celui d'en rire. Et surtout d'en faire sourire. Le tout en mêlant vérité historique et gags visuels. A l'image de ce pauvre Christophe Colomb se faisant proprement jeter par la fenêtre par le roi du Portugal auquel il proposait l'Amérique...
Clins d'œil, jeux de mots, l'affaire est rondement menée par la petite troupe recrutée par Jacqueline Joubert, la responsable des programmes jeunesse d'A2. Avec peu de moyens « rarement plus de trois ou quatre figurants », son équipe mène la danse. Jusqu'à atteindre un honorable 10 % d'écoute. Du sérieux donc. Pourtant, derrière la caméra, les comiques de l'histoire ne sont pas tristes. Impossible, par exemple, de les faire se battre convenablement pour reconstituer les joutes des preux chevaliers.
Enthousiaste mais belliqueuse, la fine équipe vit parfois dangereusement comme lors du dernier tournage des Pirates du « Black Star », où le couvercle d'un coffre en bois tomba sur la tête de Dona Dorothès - comme si la souriante Dorothée (avec son nez en trompette) n'en voyait pas déjà de toutes les couleurs le mercredi matin avec Cabu.
Mais tant pis, le spectacle continue ! Dix jours d'écriture, une lecture de texte la veille de l'enregistrement, une autre parfois avant le maquillage, et « ça tourne ». Dans la foulée, ce sont huit heures de plateau qu'on met en boîte pour faire deux séquences de dix minutes. Chapeau, les pirates ! Tourner en une demi-journée une séquence complète, alors que pour une dramatique on enregistre à peine huit minutes en vingt-quatre heures ! Pourtant François Arrignon et Christian Mouchant, les deux auteurs des comédies de Récré A2, se passeraient bien de ce contre-là-montre perpétuel. Mais les jeux sont faits et tout va bien. Ce qui n'était, il y a quelques mois encore. qu'une série de petits sketches d'une minute destinés à présenter un dessin animé ou des chansons et des jeux est ainsi devenu un temps fort, une séquence qu'il faut réaliser tous les quinze jours.
Hier auditionnés comme présentateurs par Jacqueline Joubert, les jeunes comédiens de l'équipe brûlent maintenant les planches, passant de Léopard Joe en Afrique à Allan Le Borgne, célèbre détenu du pénitencier mexicain de Cantar Cantar... Championne dans l'art du déguisement, la petite bande vit à cent à l'heure. Ni Corbier, ex-G.O. du Club Med devenu chansonnier, ni l'espiègle Marie Dauphin, transfuge de l'Ecole du cirque et passionnée de chant, ne savent aujourd'hui dire combien d'époques ils ont traversé. Même les jeunes recrues en ont le vertige. Dans la « famille » depuis un an, Emmanuelle Bataille (le chaperon de Dona Dorothès dans Les Pirates) se souvient plus facilement des rôles qu'elle a joués au théâtre depuis le cours Simon que de ses emplois dans Récré A2. Et on n'en est encore qu'au début ! Après avoir pris Vera Cruz d'assaut, la bande à Dorothée remonte le temps vers une prochaine Véritable et palpitante histoire de la cour du Roi-Soleil. Une comédie grand siècle où il y aura toutes les folies, sauf la folie des grandeurs.
Richard De Vendeuil
Tous en scène
Fripounet – 8 avril 1987
Le matin, un jury s'est réuni pour choisir avec beaucoup de sérieux les heureux gagnants du concours. Ils ont eu du mal à vous départager... Vos dessins (plusieurs milliers !) étaient formidables ! Un grand merci à tous. Le premier prix a été attribué à Cédric Prévost, de Drancy (93). Bravo Cédric ! Tu as gagné un superbe bicross Peugeot.
Dorothée, tu connais ? « Récré A2 », et puis les chansons « Maman », « Pour faire une chanson », tout le monde connaît la musique ! Eh bien, figure-toi que Dorothée en personne est venue... Super, non ? C'est elle qui a donné le nom des gagnants.
400 enfants étaient présents ! Ils n'ont pas hésité, pour participer à des jeux, à tous envahir la scène... Une joyeuse cohue...
Dorothée a été très demandée. Toujours avec le sourire, elle a gentiment signé plein d'autographes et dédicacé des disques.
Tous les enfants ont reçu un sac bien rempli : journaux, gadgets...
Des élèves de l'École du Cirque Annie Fratellini ont présenté des numéros : jonglage, vélo, contorsion et acrobatie.
A 16 heures, tout le monde s'est précipité sur le goûter. On recommencera, c'est promis. A bientôt pour un nouveau concours !
Christian Goux, le dessinateur de « Fripounet et Marisette » a lui aussi dédicacé un grand nombre de B.D.
Dorothée et Jacky - Concours de dessin
Télé Poche - 11 Mai 1987
Dorothée : « Pourquoi je rejoins la une »

L’Yonne Républicaine – Mai 1987
Son public va de 8 mois à 99 ans.
Dorothée, la star de « Récré A2 », est morte. Vive la nouvelle Dorothée, l'animatrice, productrice et conseillère à la programmation de la Une.
Pourquoi Dorothée, qui prépare déjà sa rentrée sur TF1, a-t-elle quitté A2? Quels sont ses projets? C'est ce qui lui a été demandé, alors qu'elle revenait d'une tournée de cinq mois à travers toute la France.
- Quel bilan tirez-vous de vos années sur Antenne 2.
- Dorothée. J'ai passé de très bons moments sur Antenne 2. Je ne voulais pas, a priori, partir mais je voulais simplement avoir d'autres moyens techniques et matériels que ceux qui m'étaient réservés jusqu'à présent. TF1 m'a proposé de réaliser mes ambitions et Antenne 2 n'a pas pu s'aligner. Il faut aussi que je pense à faire progresser l'émission car les mômes sont exigeants.
- Changer de chaîne n'est pas un problème ?
- Non et j'ai pu m'en rendre compte lors de la tournée. Tous les enfants étaient ravis que je rejoigne Jacky. A la maison, ce sont les enfants qui décident des programmes télés. Le zapping et le magnétoscope, ils connaissent par cœur ! Peu importe la chaîne !
- Qu'est-ce qui va changer sur TF1 par rapport à ce que vous faisiez sur la 2?
- C'est encore tôt pour en parler, mais le fond sera le même. Des invités, des dessins animés, des jeux. Il n'y a pas de raison que je change une formule qui marche.
- Quelles tranches horaires allez-vous animer?
- Deux heures le mercredi matin, intime et décontracté, trois heures le mercredi après-midi. dans un esprit de fête et d'ouverture. Le tout en direct. Une heure le samedi pour la jeunesse en général, mais ce ne sera probablement pas moi qui l'animerait. Enfin, le dimanche matin, une émission très famille que tout le monde pourra regarder en prenant son petit déjeuner.
- La famille est-elle plus importante que les enfants pour vous?
- Ce n'est pas une question d'importance. Mon public va de 8 mois à 99 ans, c'est donc bien la famille. Je n'ai pas et je n'exploite pas un créneau, comme on dit dans le métier. Je m'adresse au maximum de monde possible.
- Il est aussi prévu dans votre contrat que vous animiez trois grandes émissions à 20hr30?
- Oui quelque chose dans le genre de ce que j'avais fait pour Noël, il y a trois ans. Très famille encore une fois!
- Comment réagissez-vous face aux protestations du public et des médias contre les sommes mirobolantes qui ont été proposées à certains animateurs pour changer de chaîne?
- Je comprends qu'ils ne comprennent pas. Mais en France, quand on n'a pas d'argent, on est considéré comme nul et quand on en a beaucoup, aussi. Ce n'est pas une honte de gagner de l'argent. Et puis ça ne regarde pas les gens. Ils nous demandent de les distraire, on le fait, je crois que cela doit s'arrêter là. Pour les gens, la télé leur appartient parce qu'on débarque chez eux à n'importe quelle heure. Mais regardez au cinéma, on ne dit rien contre les cachets fracassants offerts aux acteurs, mais là, il faut se déplacer, c'est différent de la télé.
JACQUELINE, mère de Dorothée : « Do a une vie démente »

Télé Star - Mai 1987
Qualité principale de Dorothée : « Le dynamisme. »
Son défaut: «Un mauvais caractère dû à son impulsivité.»
Ce qu'elle m'a dit d'elle: « Pour m'inviter à dîner, ma fille me lance: "Allez, Jacqueline, on va se faire une bouffe!" Lorsque nous sortons, elle s'inquiète de ma tenue : "Ah, non ! Tu ne vas pas mettre ton chandail et ton collier de perles. Ça fait vieille dame !"
Elle me dispute, pour de bon, chaque fois que je l'appelle Frédérique, son vrai prénom. "Tu dois t'habituer au nom de Dorothée", me répète-t-elle. Pour contourner la difficulté, nous sommes arrivées à ce compromis : je la surnomme "Do".
« Qu'elle reconnaisse autrefois en Jacqueline Joubert (responsable des programmes pour la jeunesse, sur Antenne 2), une seconde mère et le déclare, ne me gênait pas. (C'est moi qui présentai ma fille à Mme Joubert.) Je reconnais que la dernière année, je ressentais de l'agacement. »
« Jamais ma fille n'offre de cadeaux à dates fixes. Ou par obligation. Le week-end dernier, nous nous trouvions à Deauville. Devant le mauvais temps, elle m'a prêté sa veste en jean. Me découvrant ainsi vêtue, elle ajouta : "Mais, elle te va vachement ! Allez, je te la donne !"
« Cette année, le 29 mai, jour de la Fête des mères, se déroulera, chez nous, dans la tristesse. Maman vient de mourir, à quatre-vingt-sept ans. Cette grand-mère que "Do" adorait, animée par la même joie de vivre. Si j'aimerais avoir des petits-enfants ? Comment ma fille s'y prendrait elle pour les élever ? Elle a une vie démente, travaille sans relâche. »
« Ce qu'elle pense de moi ? Que je suis impartiale. Aussi tient elle compte de mes critiques en ce qui concerne ses émissions. »
Dorothée, Jacky et Cabu

France-Soir – 26 mai 1987
UNE autre chaîne, le privé au lieu du public, un poste à responsabilité et huit heures de direct par semaine: la situation professionnelle de Dorothée a pris une nouvelle dimension.
Depuis dix ans sur Antenne 2, elle a signé hier après-midi une protocole d'accord qui l'installe sur TF 1. Comme productrice-animatrice d'émissions pour la jeunesse, bien sûr, mais aussi comme conseillère auprès de la direction de TF 1 pour la jeunesse. Un titre honorifique qui ne vient qu'en deuxième position dans le raisonnement de la star des enfants.
«C'est dur de quitter un endroit où l'on connaît tout le monde depuis longtemps. Mais je travaillais dans des conditions techniques épouvantables sur A 2: un plateau grand comme une chambre à coucher, que je n'investissais que quelques minutes avant la prise d'antenne; pas de répétitions; un décor qui ne correspondait pas à ce que je voulais; deux caméras là où il m'en aurait fallu quatre. Et si en tant que productrice je pouvais décider du contenu des plateaux, on m'imposait les dessins animés. »
Quand TF1 se porte candidate au «rachat» de Dorothée, elle parle donc moyens techniques. Etienne Mougeotte et Christian Dutoit acceptent: elle sera maître à bord de son petit navire.
Conseillère de la direction, elle s'occupera de ses émissions (achat des dessins animés compris) et entretiendra des relations privilégiées avec Claude Pierrard, présentateur de l'autre rendez-vous des enfants sur la Une, « Croque vacances ». Antenne 2, apprenant ce départ rapidement décidé (une quinzaine de jours), réagit, mais pas comme elle le souhaiterait. « Ils m'ont demandé combien je voulais. Il ne s'agissait pas pour moi d'un problème personnel de cachet. Je voulais de meilleures conditions de travail. Ce à quoi ils ont répondu que puisque je m'en étais contentée jusqu'à présent... »
Comme Sabatier
TF1 lui fait la part belle dans sa grille de rentrée : Dorothée tiendra l'antenne presque six heures le mercredi (9h-12 h, 15 h 30-18 h) et deux heures (9 h-11 h) le dimanche matin. Quatre fois par an, elle aura les honneurs du 20 h 30 avec un grand show, entre variétés et comédie musicale, « pour laquelle elle aura autant de moyens que Sabatier en avait ».
« Je garde ma famille avec moi: Jacky et Cabu. J'aurai aussi d'autres partenaires qui ne sont pas encore choisis. Je vais essayer de viser un public jeune au sens large. Ajouter aux 3-12 ans les 15 17 ans.
« Jacky amène des adolescents avec lui et le dimanche matin je proposerai des dessins animés pour les tout-petits, mais aussi des «Tex Avery » qui ont un solide public adulte. Il y aura aussi des sketches, des séquences comiques que les parents auront le droit de regarder ! »
Un peu « traqueuse » devant tout ce qui l'attend, Dorothée noie ses angoisses dans l'enthousiasme de la nouveauté : « Je reçois beaucoup de courrier des enfants. Je vais faire de la télé à la carte. »
En lui donnant enfin les moyens de travailler comme elle le souhaite, TF1 fait le bonheur de Dorothée et aussi, d'une certaine façon, suscite un peu ses regrets. Découverte par Jacqueline Joubert, responsable de l'unité jeunesse sur A2, elle la considère comme une seconde maman. « J'ai demandé à Jacqueline de me suivre. Elle est, à elle toute seule, un gros bout de ma famille de télé. J'attends sa réponse... »
Jacky Show sur TF1
Partenaire de Dorothée toute la journée du mercredi, sur TF1, à la rentrée, Jacky présentera également le mercredi, sur la même chaîne, mais en solo et en fin d'après-midi, sa propre émission. Un rendez-vous destiné aux adolescents et Intitulé tout simplement « Jacky Show » Trente minutes décontractées sur fond musical (un orchestre jouera le générique et divers thèmes spécialement composés pour l'occasion, Les invités seront les stars du Top 50 (Lio, Daho, Goldman, Elsa...), les actuelles « Idoles des jeunes ».
Elles vont remplacer Dorothée sur A2

Le Parisien – 27 mai 1987
Dorothée partant sur TF1 croyait pouvoir entraîner avec elle Jacqueline Joubert, la patronne des émissions pour enfants d’Antenne 2. Eh bien, elle s’est trompée.
Jacqueline qu’elle considère comme sa « seconde maman » et à qui elle doit d’être devenue en moins de quinze ans une des idoles des enfants, décline sa proposition. « Je suis sur A2, je m’y sens bien, j’y reste. J’ai d’ailleurs déjà commencé à la réorganisation de Récré a2 sans Dorothée ! »
Déçue Jacqueline Joubert ? Certainement. Mais elle ne veut pas trop s’attarder sur le chagrin que lui cause le départ de sa vedette.
« Je l’ai connue enfant, elle devait avoir cinq ou six ans, nous confie-t-elle. Quand elle a voulu faire ce métier, j’ai tout fait pour qu’elle puisse arriver à devenir ce qu’elle rêvait d’être. En 1973, à sa sortie du lycée, je l’ai fait venir à la télévision et je lui ai trouvé ce prénom de Dorothée qui lui a porté bonheur. Aujourd’hui, elle décide de partir, je lui souhaite bonne chance et je lui dis qu’elle n’a plus de seconde maman. Je ne serais plus là pour l’aider à ne plus se méprendre sur elle-même. Je préfère sincèrement être à sa place qu’à la mienne. Car je ne pense pas qu’elle réalise très bien que les vrais stars ce ne sont pas celles qui présentent des émissions, fussent-elles les plus regardées ou les plus prestigieuses. »
« Nous tâcherons d’en faire d’aussi beaux mercredis qu’auparavant, répond Jacqueline Joubert. Sans l’ombre d’une inquiétude, je peux d’ores et déjà annoncer que ce seront Marie Dauphin et Charlotte Kady qui prendront le relais de Dorothée. Elles sont formidables. Et puis, elles seront entourées de tous ces jeunes bourrés de talent que sont Emmanuelle, Frank La Personne, Bertrand, François Corbier, Alain Chauffour et Bernard. Enfin, il y a Cabu, qui contrairement à ce qu’a annoncé Dorothée, reste avec nous. Je suis très touchée par sa décision de continuer à offrir son talent à A2. »
Autre surprise que Jacqueline Joubert réserve aux téléspectateurs d’A2 : l’arrivée plus que possible de Pierre Desproges. « Pierre est presque décidé. Il aime les enfants et souhaiterait faire une émission pour eux. La seule chose qui le retienne encore, c’est son emploi du temps chargé. Ce qui n’est pas un problème définitif. »
Dorothée qui n’avait qu’un contrat moral avec A2 peut donc rejoindre TF1 dès qu’elle le souhaite. La relève est assurée, prête à lui disputer cette première place dans le cœur des enfants qu’elle avait conquise grâce à Jacqueline Joubert
Bernard Soubrier


















