Articles - 1981 - Page 4

Comme une grande sœur... Dorothée

Pif Gadget - Avril 1981

Il était une petite collégienne qui faisait du théâtre amateur à Versailles. Un jour, la fée télévision l'a remarquée. La télévision..., la collégienne en rêvait mais n'osait y penser sérieusement. Et pourtant, 6 mois plus tard, Dorothée était née. C'était en 1973. Aujourd'hui, c'est la même Dorothée qui répond à mes questions.
Pif.

- Qui es-tu Dorothée?
- Pour les enfants qui me regardent, je suis la grande sœur avec laquelle on fait des bêtises, je suis celle qui fait oublier l'école. Je suis aussi la confidente, celle à qui on écrit ce qu'on n'ose pas dire aux parents. Je suis Dorothée, quoi! La Dorothée des enfants, pas celle de tout le monde (celle qui présente les pro- grammes à 20 h 30).


- C'est quoi ton métier, Dorothée?
- En fait, ce métier qui me passionne, est la réalisation d'un vieux rêve. Je fais la télévision dont je rêvais quand j'étais petite fille: une télévision qui n'est plus découpée en rondelles et où l'on surtout j'apporte aux enfants ce qu'ils demandent: le rire! Alors, quand ça devient sérieux, quand on joue aux anagrammes par exemple, je fais des grimaces, je fais le clown pour que ça passe plus facilement. Ah! ça oui, j'adore faire le clown!


- Que sais-tu faire Dorothée?
- Quand j'ai débuté avec l'émission «Dorothée et ses amis » et « Mercredi de la jeunesse », on attendait de moi spontanéité et naturel. Avec les enfants, il n'est pas besoin de composer  un personnage, ils vous prennent tel que vous êtes. Mais en plus, maintenant, je chante, je danse, je joue la comédie, je suis même sérieuse quand je présente les programmes... enfin, pas trop!


- Pourquoi aime-t-on Dorothée?
- J'aime les enfants, je sais qu'eux m'aiment bien aussi. Pourquoi? ça, je n'ai pas d'explication sérieuse à donner. Il s'établit entre nous, par le biais de l'écran, une sorte de complicité. Je sens que les enfants sont touchés par la sincérité, et lorsque je suis devant la caméra, je pense très fort à eux. Et si par hasard, je ne ressens pas ce que je dois faire, je préfère ne pas le faire, par honnêteté pour moi et pour eux.


- Est-ce difficile de faire de la télévision pour les enfants?
- Télévision pour les adultes ou pour les enfants, c'est pareil: même qualité, même travail technique, même nombre d'heures de répétition. Mais c'est peut-être plus dur avec les enfants, car ce sont des juges très sévères. Ils ne disent pas : « C'est bien mais... », ils aiment ou ils n'aiment pas!


Pascal Bacoux : son fils est fou de Dorothée

OK ! – 1er mai 1981

Pascal Bacoux, souvenez-vous, c'est l'interprète de « Maman Lilas ». Aujourd'hui, il revient en force avec un nouvel album plein de jolies chansons. La promotion de ce disque lui prend beaucoup de temps pourtant, durant les vacances de Pâques, il a tenu à consacrer une journée entière à sa femme Josyane et à son fils Thomas, âgé de six ans. Dès le matin, alors qu'en général Pascal n'est pas très matinal, les deux hommes de la famille Bacoux étaient prêts à disputer un match de foot acharné. Il n'y avait pas d'arbitre mais il semblerait que Thomas ait un meilleur dribble que son papa ! -L'après-midi fut consacré à la fête puisque toute la famille est allée applaudir Dorothée à l'Olympia. Thomas était rouge de confusion lorsque celle-ci l'a embrassé. Pour le remettre de ses émotions, ses parents l'ont emmené manger une super glace dans un salon de thé. Une journée exceptionnelle donc pour Thomas qui a rarement l'occasion de profiter ainsi de ses parents. C'était également la première fois qu'il posait pour un photographe professionnel, et il en était ravi.


Une femme orchestre : Dorothée

Télé Junior – 12 mai 1981

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette sympathique animatrice a fait un chemin fou en l'espace de deux ans et demi, depuis son arrivée au tout début de Récré A2 en juillet 1978.

Touchons du bois pour elle, Dorothée a jusqu'à maintenant réalisé un parcours sans faute en tant qu'animatrice de Récré A2, en tant que chanteuse, en tant qu'actrice et en tant que speakerine. A vingt-sept ans, ce n'est déjà pas si mal.

Eh oui, Dorothée a vingt-sept ans ! Dans la loge (deux mètres sur six) réservée aux présentatrices d'Antenne 2, je découvre une Dorothée pleine d'allant, volontaire, sérieuse et drôle à la fois. Nature en un mot. C'est certainement ce qui fait son succès auprès de vous, la comédienne en plus bien sûr, ainsi que le succès de l'équipe avec laquelle elle fait l'émission.


Pas jalouse

« Je ne pourrais pas présenter l'émission assise sur une chaise comme je l'ai
fait à mes débuts en 1974, Lorsque Jacqueline Joubert m'a choisie pour animer Récré A2, elle avait une conception beaucoup plus dynamique. C'était vraiment de l'animation. C'était plus détendu, plus délirant. L'équipe s'est étoffée et, maintenant, je ne conçois plus de travailler sans elle. »
Pas jalouse Dorothée, et tout à fait lucide, pour autant que j'ai pu en juger en l'espace de quelques heures.


« On verra bien »

« Je sais que cela s'arrêtera sans doute un jour, que je serai remplacée. Je l'ai déjà été et c'est normal. Mais je n'y pense pas. Ce ne serait d'ailleurs pas très bon. On verra bien.
« Que ferai-je après ? Je n'en sais rien du tout. Je me poserai la question à ce moment-là. ».
Elle n'a pas la grosse tête, Dorothée, ni la folie des grandeurs. Pas arriviste pour un sou.
« Tout est venu du fait que j'animais Récré A2. On m'a demandée de faire un disque « Dorothée au pays des chansons », puis un deuxième, « Dorothée et ses amis chantent », puis un troisième avec «Dorothée et Candy ».
Mais je ne pourrais pas faire quelque chose que je ne sente pas. Je suis peut-être naïve, mais je sais ce que je ne veux pas, et je ne cours pas après l'argent. Ça me plaît, c'est tout ! »


Une « fonceuse »

Du caractère, oui, mais toutes ces activités lui font un peu peur. Elle se panique et sa timidité
n'arrange rien ou plutôt si, elle la pousse en avant, à oser toujours plus.
Cependant, la petite fille angoissée revient à la surface parfois, mais pas longtemps. Un coup de téléphone qu'elle déteste – pour convenir d'une séance d'enregistrement et c'est reparti. Visage rayonnant de gamine prête à faire une farce, elle jette un coup d'œil à
celui qui la suit partout, Roxan, un yorkshire, et la voilà gonflée à bloc.


« La grande sœur »

Dorothée telle qu'en elle-même: celle qui se déguise, celle qui chante, celle qui vit, celle qui, en un mot, vous amuse tant. L'amie des jeunes, « la grande sœur ».

Dernier regard sur cette loge un peu morbide. Au-dessus de Dorothée, un dessin d'Achille Talon, disant : « Ne rêvons pas ». Oui, Dorothée, mais continuez à nous faire rêver, rire et chanter. A une prochaine fois.

J.B.

Nombre de lettres présentent Dorothée comme «la grande sœur » de Candy et lui demandent des nouvelles. Ce 33 tours est un peu une réponse à votre attente. Candy échange, en effet, une correspondance avec Dorothée. C'est une belle histoire agrémentée de deux nouvelles chansons interprétées par Dorothée.
Ce livre disque 30 cm distribué par Polydor est une production ADES Le Petit Ménestrel dont la référence est : ALB6047. Le «< 45 tours » est constitué de deux nouvelles chansons: « Candy, je suis ton amie » et « Qu'elle est loin ton
Amérique, Candy », référence 11052.
Il existe une cassette du « 30 cm » dont la référence est C3065.


Votre amie Dorothée

Télé Récré A2 n°5 - Juin 1981

UNE PETITE FILLE QUI AIME S'AMUSER
Si vous aimez voir et entendre Dorothée à la télé ou en disques, vous aimeriez certainement la vraie Dorothée, celle que j'ai rencontrée, moi, en vrai. Elle sourit tout le temps, elle est toute mince, toute jeunette (elle a pourtant 27 ans) et on a tout le temps l'impression qu'elle s'amuse. Elle a un chien minuscule qu'elle cache dans son manteau et qui vous ferait mourir de rire avec sa petite bouille poilue. Le métier de Dorothée, justement, c'est de s'amuser. Son rêve, quoi ! Cela a commencé dès sa naissance : un 14 juillet, jour de fête, et elle n'a jamais cessé, même à l'école. Oui, à l'école, elle dissipait ses petits camarades, elle faisait le clown, elle connaissait des grimaces géniales. Mais elle travaillait bien, aussi. C'est pour cela qu'elle est arrivée haut la main jusqu'au bac. Oui, on peut s'amuser et bien travailler en même temps, vous voyez. Dorothée faisait les deux. D'un côté, elle apprenait bien ses leçons et faisait ses devoirs correctement; d'un autre côté, elle montait avec ses copains et copines une petite troupe de théâtre (quatre personnes en tout), écrivait des pièces, donnait des spectacles. Un jour, en participant au concours théâtral des troupes de lycées, elle rencontre Jacqueline Joubert qui trouve son interprétation très très bonne.

- Est-ce que vous aimeriez faire de la télévision? lui demande Jacqueline Joubert, qui est la responsable des émissions pour la jeunesse.
- Pourquoi pas ? répond Dorothée.
Là-dessus, elle réussit son bac, et prépare pendant trois ans une licence d'anglais. Elle ne pense plus du tout à la télé, vous voyez.


DOROTHEE DEVIENT PRESENTATRICE A LA TELE
Mais voilà que Jacqueline Joubert la rappelle, parce qu'elle se souvient très bien de cette tête espiègle. Dorothée fait un essai et, hop! On l'engage pour présenter les mercredis de la Jeunesse. Et c'est parti pour elle. Avec des hauts et des bas, bien sûr. Tantôt, on la retrouve aux émissions pour enfants; tantôt, elle disparaît complètement du petit écran; tantôt, elle revient aux émissions pour grandes personnes. De 1973 à 1977, elle fait un peu tout, depuis la télé jusqu'au secrétariat. Et puis, en 1977, Jacqueline Joubert lui propose un emploi inattendu pour elle: speakerine (présentatrice de télé). Il y avait un concours pour engager de nouvelles têtes. Dorothée se présente. Elle est reçue et on n'arrête pas de la voir apparaître sur le petit écran, soit entre les émissions pour annoncer les programmes, soit à Récré A2, qu'elle anime maintenant régulièrement. Après avoir tourné un film avec François Truffaut, elle en tournera un autre avec Robert Enrico.


DOROTHEE CHANTE ET MONTE UN SPECTACLE
En 1979, elle enregistre un disque, celui que vous connaissez tous et qui s'appelle « Dorothée au pays des chansons »
Tout récemment, Dorothée et sa bande ont enregistré un second disque qui séduit déjà des milliers d'enfants et qui reprend tous les succès de Récré A2. La chanson d'Albator y est, celle de Goldorak aussi, celle d'Emilie, de San Ku Kai et bien d'autres encore, que vous adorez tous. Au mois d'avril, Dorothée et sa bande sont également passés à l'Olympia. Première apparition en public: c'est un triomphe. Maintenant, plus rien n'arrêtera Dorothée et elle va continuer de s'amuser et de nous amuser pendant de nombreuses années. Cela dit, il ne faut pas rêver: s'amuser, c'est quelquefois très dur quand il s'agit d'un métier. Quand il faut répéter les danses et chansons, répondre aux journalistes, apprendre des textes pour faire des films, apprendre par cœur les programmes télé qu'on présente, il est parfois dur de s'amuser. Mais Dorothée aime les enfants avec lesquels elle s'entend si bien et ne voudrait pas changer de métier pour rien au monde. Merci, Bonne fée Jacqueline Joubert. Grâce à vous, nous avons le petit lutin Dorothée pour nous distraire.


« Récré à Table » chaque dimanche

Télé Journal – 27 juin 1981

Sur A2 un changement : Dorothée ne sera présente que le dimanche, dans « Récré à table", une nouvelle émission. Autour d'elle et de Cabu : Isabelle, Zabou, Ariane, Pierre, Alain, Jacky et Willy aideront les enfants à trouver comment occuper leurs loisirs. Une vedette de la chanson enverra une carte postale de ... Paris, mais oui ! on chantera, on dessinera, et on racontera la vie d'Harold Lloyd en préface de la diffusion de ses films. Pour les amateurs de voyages : un "Tour du monde" écrit par Philippe Coderch avec des escales d'une demi-heure au cours desquelles Mister Magoo fera encore des siennes.
Chaque jeudi, dans "La grande aventure", neuf enfants venus des pays de la communauté francophone montreront les reportages qu'ils ont effectués chez eux, sous la houlette d'un réalisateur qui fut l'un des premiers globe-trotters de "La Course autour du monde", Jean-Michel Boussaguet. Et, toujours là jusqu'en septembre, Pinocchio et les autres, Casper, etc...

Bérangère Etcheveny-Vattier


Dorothée : « Que les enfants s’amusent ! »

Télé Magazine – 27 juin 1981

DOROTHEE, tout le monde la connait. Ou plutôt, croit la connaître. Car elle abrite précieusement sa vraie personnalité derrière le mur de béton de l'anonymat. Déjà, dès le début de sa carrière, elle a décidé d'abandonner son vrai nom, Frédérique Hoschédé, derrière ce pseudonyme rigolo, Dorothée. Motif officiel : son nom de famille était trop difficile à retenir et son prénom ne plaisait pas aux enfants. En vérité, Dorothée aime préserver sa vie privée. Si on lui pose directement la question, « Ça va très bien, merci » répond-elle. On sait juste qu’il s'appelle Patrice, qu'il l'écoute, la réconforte et la protège, elle qui a tant besoin d'une épaule où s'appuyer. Car, malgré son calme apparent, il lui arrive d'être angoissée.
« Je n'ai aucune sécurité dans mon métier, dit-elle. En tout, j'ai déjà connu dix-huit mois de chômage. Il faut se dire tous les jours que la gloire s'acquiert à titre précaire et révocable. Et je ne suis pas différente des autres. »
Elle qui adore tellement les enfants, envisage-t-elle d'en avoir un bientôt. « Je ne suis pas pressée, répond-elle. Mais je me suis souvent posé le problème. Comment serais-je avec mes enfants, moi qui aime tant faire rire ceux des autres ? Qui adore ceux qui savent être vrai, pleins de vie, d'audace ».
Problème... quand Dorothée ajoute qu'elle fut elle-même élevée de façon très stricte et qu'elle ne s'en plaint absolument pas.
Surtout depuis qu'elle a découvert ce public avec « Récré A2 », elle prétend qu'elle ne pourrait plus s'en passer. « Ils sont très durs, très exigeants et ils n'ont peur de rien. Mais je tourne la difficulté en leur parlant d'égal à égal, comme s'ils étaient des adultes, sans qu'ils en soient.
« Je ne cherche pas mes mots, je ne bêtifie pas non plus. Je ne veux sur- tout rien leur apprendre et je suis assez triste de voir, dans notre monde moderne, combien les enfants vieillissent vite. Ce que j'aime, c'est les faire rire, avec un esprit finalement très tarte à la crème. »
Quand elle a monté son spectacle « Dorothée au pays des chansons » à l'Olympia, certains ont daubé sur le fait qu'elle avait attendu la fin de la comédie musicale de Chantal Goya, « Le Soulier magique ». Les langues sont allées bon train. Dorothée et Chantal allaient elles se disputer le public des six-treize ans ?
Notre blonde présentatrice s'en est tirée sportivement en disant qu'elle admirait beaucoup ce que faisait Chantal. « Son spectacle, qui fait évoluer de superbes masques est plein de rêve, et elle joue avec énormément de naturel et de sincérité. »
« De toutes façons, il y a de la place pour deux dans ce domaine, à condition de ne pas considérer les enfants comme des débiles. »
L'été de Dorothée va être très chargé. Elle vient de sortir deux disques, un 33 et un 45, consacrés tous deux à « Candy raconte Dorothée ». Puis, durant toutes les vacances scolaires, elle invitera ses petits amis de « Récré A2 » à un spécial « Récré à table » diffusé chaque dimanche à midi. Elle même présentera son « Dorothée au pays des chansons » dans de nombreuses villes de France. Il est également prévu qu'elle le reprenne à l'Olympia pour les prochaines fêtes de Noël. Et le cinéma, dans tout ça ? Car Dorothée a commencé, d'abord avec François Truffaut dans « L'amour en fuite », puis avec Robert Enrico dans « Pile ou face » une carrière que certains jugent prometteuse. Elle a d'abord travaillé un peu en amateur, mais, maintenant, elle s'est piquée au jeu.
Alors, un troisième film ? « En ce moment, regrette-t-elle, on ne me propose aucun scénario intéressant. Je ne veux pas faire n'importe quoi après avec tourné avec deux grands metteurs en scène ! »
Claudine GOZARD


Dorothée – La fée de Récré A2

Télé Magazine Vidéo – 27 juin 1981

Danseuse. Chanteuse. Comédienne. Présentatrice. Elle refuse de faire un choix définitif. De se fixer dans une branche bien particulière de sa profession. Se pencher sur son passé l'ennuie. Comme n'importe quelle petite fille, elle a rêvé un jour de se faire applaudir sur une scène de théâtre. Et comme elle était du genre remuant, c'est Fred Astaire, le grand danseur de claquettes, qui était son modèle. Mais comme elle était aussi une petite fille sage, elle a passé son bac et préparé une licence d'anglais. Avec l'idée plutôt vague de se diriger vers le tourisme : « Ça permet de voyager, de voir des gens. La décoration d'intérieur m'aurait plu aussi. Mais, là, il fallait des maths et ça ne m'intéressait pas. »


Dans son lycée, elle faisait partie de la troupe de comédiens amateurs. C'est ainsi que Jacqueline Joubert la vit interpréter « Un caprice » de Musset. Jacqueline cherchait une jeune demoiselle pour présenter ses émissions pour la jeunesse : « J'ai passé un concours, se souvient-elle. Et c'est moi qui aie été choisie pour animer quatre heures d'émission en direct avec des gamins. C'était en 1973.

On croit généralement qu'alors les choses se sont succedées rapidement pour elle. Pas tout à fait. En effet, après « Les mercredis de la jeunesse », Dorothée passa aux « Visiteurs du mercredi », sous la houlette de Christophe Izard. Puis, après l'arrêt de la série, on la vit dans « Réponse à tout » ... Un an de travail, et ce fut le chômage.
« J'y suis restée huit mois. Sans indemnité, parce que je n'avais pas assez travaillé. J'ai dû faire du secrétariat pour vivre. Heureusement, j'étais chez des gens charmants, mais j'avais du mal à supporter les horaires. »

 Cette période un peu chaotique de sa vie pousse Dorothée à une certaine prudence.
« Je n'ai aucune sécurité dans mon métier. En tout, j'ai déjà connu dix-huit mois de chômage. Il faut se dire tous les jours que la gloire s'acquiert à titre précaire et révocable. Et je ne suis pas différente des autres ! »


Heureusement, en 1977, la télévision lui fit de nouveau risette. Antenne 2 cherchait une présentatrice, une « speakerine ». Comme on disait autrefois. Malgré son horreur des concours, Dorothée se présenta. Et fut de nouveau choisie, tout étonnée de ce qui lui arrivait : « Evidemment, reconnaît-elle, je n'avais plus le trac devant les caméras. Mais la majorité des autres concurrentes non plus. Elles avaient, pour la plupart, été speakerines en province. Nous étions donc bien toutes à égalité. »


De ce métier, elle a dit une bonne fois pour toutes que ce n'était pas une vocation irrésistible.
« On ne se rend pas compte du travail que cela représente. On a toujours l'impression que c'est très facile de présenter une émission, mais c'est faux. Et puis, à Antenne 2, nous écrivons nous-mêmes nos textes. Moi, j'ai une trame précise et j'improvise à partir de là. Cela demande souvent une véritable gymnastique : on n'a parfois aucune information sur les émissions. On écrit théoriquement des textes de la longueur qu'on veut, mais il y a aussi des impératifs techniques ».


Puis, il y eut aussi « Récré A2 ». Et le cinéma. Et la comédie musicale pour enfants. Avec toujours ce goût du risque qu'elle assume très bien, malgré la peur au ventre. Un nouvel hasard, un nouvel espoir...
Cet été, pour Dorothée, c'est vraiment changé. D'abord, deux disques, un 33 tours « livre-disque » et un 45 tours : « Candy raconte à Dorothée ».
Puis, toute la durée des vacances scolaires, elle invitera ses petits amis de « Récré A2 » à un spécial « Récré à table », diffusé chaque dimanche à midi. Elle-même, présentera son spectacle : « Dorothée au pays des chansons » dans de nombreuses villes de France. Il est aussi prévu qu'elle le reprenne à l'Olympia pour les prochaines fêtes de Noël.
Après ? Eh bien, il est tout simplement question que la plus malicieuse de nos présentatrices s'envole pour les Etats-Unis. Dans ce but, elle a appris le rock acrobatique. Et retrouvé un rêve : danser avec Fred Astaire.
«Ma vie privée ? Ça va très bien merci ». Dorothée n'en dira pas plus, sinon qu'il s'appelle Patrice, qu'il l'écoute, la réconforte et la protège, elle qui a tant besoin d'une épaule où s'appuyer. Car, malgré son calme apparent, il lui arrive d'être angoissée...
Mais Dorothée est de celles qui ont construit un mur de béton autour de leur vie privée. Déjà, au début de sa carrière, elle a choisi de réfugier son anonymat derrière un prénom rigolo, se justifiant en disant que les enfants trouvaient trop dur son vrai prénom, Frédérique, que son nom de famille, Hoschédé, n'était pas facile à retenir. En vérité, elle a ainsi signifié une fois pour toute la coupure entre sa vie professionnelle et sa vie de femme.


C. G.

« MANO A MANO » AVEC CHANTAL GOYA
Un duel Chantal Goya - Dorothée ? Lorsqu'on a appris que la présentatrice d'Antenne 2 avait attendu que l'épouse de Jean-Jacques Debout en ait terminé avec son « Soulier magique » au Palais des Congrès à Paris, pour lancer son propre conte musical à l'Olympia, les langues sont allées bon train. Allait-il y avoir bataille de dames pour la conquête du titre d'idole des « douze treize ans » ? Les critiques, prenant pour la plupart ouvertement parti pour le travail effectué par Dorothée jetaient à qui mieux mieux de l'huile sur le feu. Notre blonde présentatrice s'en est tirée très sportivement en disant qu'elle admirait beaucoup ce que faisait Chantal « Son spectacle, qui fait évoluer de superbes masques est plein de rêve, de féerie et elle joue avec énormément de naturel et de sincérité ! »
Point critique, l'emploi d’enfants : « J'ai très peur des enfants que l'on fait travailler sur une scène, car ils ont tendance à devenir terriblement cabots, plus insupportables que des adultes. On a une terrible responsabilité vis-à-vis d'eux. J'ai carrément opté, quant à moi, pour le gag, le comique de situation : Dorothée est un personnage qui, dès qu'elle fait quelque chose, le rate ! C'est drôle ! »
Il s'agit, bien sûr, de « Dorothée » héroïne du disque et du spectacle.

                                                
CINÉMA :
« Je ne veux pas faire n'importe quoi ! »
Dorothée a-t-elle abandonné le cinéma ou est-ce le cinéma qui a abandonné Dorothée ? La question la fait sourire. Lorsque François Truffaut, qui l'avait vue cligner des yeux à la télévision et avait été séduit par un charme qu'il disait « garçonnier », lui avait confié un rôle dans « L'amour en fuite », elle avait accepté parce qu'on ne refuse pas à Truffaut...
« Mais, franchement, je déteste me voir. Je pense toujours que j'aurais pu faire mieux. Dans « L'amour en fuite », j'étais sur un nuage. Je ne me posais pas de questions et j'étais tellement occupée à rassurer mon partenaire, Jean-Pierre Léaud, que je n'avais pas le temps de penser à moi. »
Pour son second film « Pile ou face », dirigé par Robert Enrico, elle fut un peu effrayée par Philippe Noiret, mais passionnée. « Je passais mon temps à regarder autour de moi. J'ai beaucoup appris dans ce film. Nous avons tourné durant un mois à Bordeaux, où acteurs et techniciens ne se sont pas quittés. Nous vivions dans le même hôtel. On se retrouvait le soir. C'était la vraie vie de cinéma telle que je la souhaitais. »


DOROTHÉE ET LA VIDÉO
Dorothée est une vraie « pro » du spectacle. Elle possède un magnétoscope qui est pour elle un instrument de travail désormais indispensable.
Elle ne l'a acheté qu'en 1979. Certes, elle savait que quelques-unes de ses consœurs présentatrices se servaient de cet instrument afin de voir si elles avaient été bien à l'antenne et pour corriger d'éventuels défauts de maquillage ou d'habillement. « Je ne suis pas du tout narcissique, dit Dorothée. Mon magnétoscope ne me sert pas à me regarder, je ne trouve pas ça intéressant du tout. Mes annonces, je ne les étudie pas en long, en large et en travers...» En revanche, elle a senti la nécessité impérieuse de regarder de nouveau ce qu'elle faisait quand elle s'est lancée dans la comédie musicale. Et elle repasse aussi régulièrement les bandes de ses « Récré A2 ».
« Comprenez-moi bien, ce n'est pas du tout pour me regarder, moi. C'est pour voir si les enchaînements ont été bien faits. J'étudie les réactions du public, surtout du jeune public qui est le mien. Comme je suis une passionnée du direct, je ne peux pas critiquer la tenue de l'émission sur le coup. D'où nécessité de la revoir. On s'aperçoit alors de détails qui n'ont l'air de rien, de petites choses qui ne semblaient pas importantes de prime abord mais qui, en fait, le sont. Cela dit, une fois que j'ai revue l'émission, que je l'ai critiquée, selon des critères purement techniques, j'efface tout. Je ne passe pas ma vie à me regarder ni à me montrer à mes amis. » La caméra ne l'attire pas non plus. Elle dit qu'elle se lasserait de filmer. Le magnétoscope présente un autre intérêt pour Dorothée. C'est une grande cinéphile et elle est en train de se constituer une belle vidéothèque. « Avec, bien sûr, des comédies musicales et tout un tas de bons films. Parmi les plus récents présentés à la télévision, j'ai choisi les festivals Bunuel, Hitchcock, Marx Brothers... « A ce propos, je dois dire que Vidéo Magazine a eu une excellente initiative : les fiches techniques que l'on peut coller sur les cassettes. Je m'en sers beaucoup. »
Et les films dans lesquels elle a tourné, font-ils partie de sa collection ?« Dès qu'ils passeront à la télé je les enregistrerais. On m'a dit que « L'amour en fuite » serait bientôt programmé, je vais sauter sur mon magnétoscope... »


Le septennat de Dorothée

Télé 7 jours – 11 juillet 1981

Le 14 juillet marque un double anniversaire pour Dorothée. Celui de sa naissance, d'abord (elle a vu le jour parmi les flonflons et les pétards de la fête nationale). Et celui de son septennat de télévision. Pour marquer ce réjouissant doublé, Dorothée a dégusté joyeusement le gâteau de circonstance et soufflé les sept bougies. Le surlendemain, elle part en tournée à travers la France avec toute l'équipe de « Dorothée au pays des chansons », la comédie musicale qui a fait un « tabac » à l'Olympia pendant les vacances de Pâques. Fin août, elle s'envolera aux U.S.A. pour enregistrer un disque album dans les studios Walt Disney de Hollywood ; titre (probable) : « Dorothée chez Walt Disney ». Mais elle ne quitte pas pour autant les téléspectateurs français et leur donne rendez-vous, chaque dimanche de l'été, à 12 h, pour sa nouvelle série « Récréatable ».


Dorothée et les ombres

Télé Poche – 12 Août 1981

Allo! Cognacq- Jay ?... Je voudrais parler à Dorothée. Ne quittez pas, je vous passe la cabine speakerine. Bonsoir Dorothée. C'est Télé-Poche à l'appareil... Aimeriez-vous tourner un roman-photos pour nous ? Il y eut un petit silence puis cette double exclamation: Oh, formidable! Formidable !... Je vous dis oui tout de suite parce que c'est une expérience nouvelle pour moi et j'adore tout ce qui est nouveau... Et puis, ce qui est formidable aussi c'est votre coup de téléphone à pareille heure, en cabine speakerine, qui me rappelle un coup de fil assez semblable un soir de septembre 1978. C'était François Truffaut qui me demandait à brûle-pourpoint: « Voulez-vous faire du cinéma ? »
Et c'est ainsi que démarra le roman-photos qui commence aujourd'hui dans Télé-Poche avec Dorothée pour vedette: « Dorothée et les ombres ».


« Dorothée et les ombres », c'est l'histoire d'un héritage, celle aussi d'une vieille maison qui échoit à Dorothée par une mystérieuse disposition testamentaire mais dont la possession va se révéler pleine d'embûches.
- Je n'ai jamais hérité de ma vie, précise tout de suite notre héroïne. Sauf d'une cafetière sans couvercle léguée par une vieille tante. Mince héritage pour cette arrière-petite-nièce du grand peintre Claude Monet. Mon vrai nom de famille est Hoschedé et l'épouse de l'illustre Monet s'appelait Blanche Hoschedé... Hélas, je n'ai pas la plus petite toile de mon célèbre et génial grand-oncle.
Par roman-photos interposé, voici donc Dorothée, héritière en puissance, convoquée chez le notaire. Bien sûr, elle s'est refusée à nous en dire plus « pour ne pas enlever aux lecteurs le plaisir du suspense... »
Le village où nous avons tourné s'appelle Lumières. L'arrivée de toute l'équipe a apporté une manière de petite révolution. Quand les enfants se sont aperçus que j'étais la vedette du tournage et que mon équipe habituelle de Récré A2 y participait, la fête a commencé.
D'autant plus que Mario Padovan notre réalisateur a été formidable d'invention, de drôlerie et de gentillesse. Je n'ai vraiment pas fait de différence avec le cinéma: c'était en réalité, un film qui se tournait. Tenez, je vais vous faire un aveu: j'aurais aimé être une des « Drôles de dames » dans la célèbre série américaine de la télé. Elles sont tour à tour chanteuses, danseuses, ce qui ne les empêche pas de faire du judo et du karaté. Et bien c'est un peu ce que j'ai fait avec Mario Padovan et son équipe. A un certain moment, par exemple, je dois donner un coup de poing à un personnage peu sympa de l'histoire, un costaud impressionnant. Je vous assure que, stimulée par la fougue du réalisateur, je l'ai fait avec une telle conviction que le comédien n'a pas souhaité recommencer la séquence!
Dans la vie, Dorothée est quelqu'un de très réservé mais dès qu'elle est sur scène ou devant des caméras « il faut que ça bouge, et qu'elle s'amuse». C'est peut-être parce que je suis née un 14 juillet, un jour où il y a de la joie, de la danse et des pétards, assure-t-elle... En tout cas, la bonne fée du spectacle devait participer ce soir-là à la fête générale.
Toute jeune j'aimais le spectacle, confirme Dorothée. Et c'est en me voyant interpréter une pièce que j'avais montée au lycée qu'une autre bonne fée m'a ouvert les portes de la télévision: Jacqueline Joubert. Elle vient encore de demander d'animer le jeudi à 17 h 50 à partir du 7 septembre « Discopuce » et d'y chanter des chansons  traditionnelles en même temps que j'en raconterai l'histoire. Je viens d'ailleurs d'enregistrer un premier disque de vingt-huit de ces airs du temps passé, des comptines et des rondes, avec tous mes amis de Récré A2. Nous sommes persuadés que les mamans qui n'ont plus le temps d'apprendre ces airs de toujours à leurs enfants seront ravies de les retrouver groupés sur un disque. Pour l'heure, Dorothée parcourt la France avec ses quinze musiciens et ses onze danseurs pour présenter « Dorothée au pays des chansons », la comédie musicale qui a fait un malheur à l'Olympia pendant les vacances de Pâques.
La petite fée de Récré A2, qui n'est pas à un prodige près, a franchi la lucarne du téléviseur pour venir à ses innombrables « fans ».
- Je suis submergée de courrier! Quelque 3000 lettres! L'une d'elles ne moins de fait pas soixante-huit pages... On me pose des questions de toutes sortes. Par exemple, mon disque-album «Candy raconte à Dorothée» a souvent provoqué celle-ci : « Est-ce que Candy est ta sœur ? ».
Plus important encore: mes jeunes correspondants sont persuadés que je suis la patronne de la télé et que c'est moi qui décide des programmes. Dieu merci, j'ai suffisamment d'occupations comme cela.
Il est vrai que Dorothée est présentatrice, que Dorothée est animatrice, que Dorothée est chanteuse, que Dorothée est comédienne. C'est une jeune personne très occupée.
Sans parler des aventures de tous ordres que vont lui occasionner le roman-photos « Dorothée et les ombres» dont vous allez découvrir les premières images pages 130 à 133.

Légendes des photos : 

Une vieille maison va entrer dans la vie de Dorothée avec son cortège de souvenirs... Mais il se passe des choses bien curieuses dans cette demeure du temps passé.

Le voisin de Dorothée apparait quelquefois par-dessus le mur mitoyen pour tenir d'étranges propos à la nouvelle propriétaire.

Dans le village où a été tourné le roman-photos, la présence de Dorothée a constitué un événement. Déguisée en vieille dame pour les besoins du scénario, elle a improvisé avec Mario Padovan notre réalisateur, un petit spectacle qui a fait la joie des enfants.

Toute l'équipe de « Récré A2 » a participé au tournage et Cabu en a profité pour exercer ses talents de dessinateur humoriste.

A la fin du tournage et en manière de dédicace, voici le dessin qu'a réalisé Cabu sur le livre d'or du studio: Mario Padovan, prince florentin, entouré de toute sa cour d'assistants.

Jusqu'à fin août, Dorothée présentera en tournée à travers la France « Dorothée au pays des chansons ». Elle s'envolera ensuite pour Hollywood où elle enregistrera un disque-album dans les studios Walt Disney.


Dorothée : Vacances en Principauté

Nice-matin – 21 Août 1981

Sur la plage du Beach Plaza à Monte-Carlo, les enfants fredonnent le générique de « Récré A2 », « leur » émission estivale. Certains piquent un sprint en direction de la piscine vers leur grande sœur et amie de tous les mercredi : Dorothée. De passage en Principauté, la speakerine animatrice de la seconde chaîne, devenue une véritable idole des 4-12 ans, a pu tester sa popularité.

Un visage de poupée, un rien mutin, des yeux rieurs et un sourire de petite fille devant une glace à la fraise. Dorothée, il est vrai, a d’emblée tout pour plaire à ses jeunes fans. Ceci pour les apparences qui parfois trompent les adultes mais ne dupent jamais les enfants. Aussi cette frêle jeune femme possède-t-elle une arme magique des années 80 : la sincérité. « Les enfants constituent le public le plus merveilleux et le plus difficile. Ils adoptent ou refusent sans nuance. Avec eux, seul le naturel paie. » Dorothée n’a précieusement jamais joué la bonne copine ou la sœur aînée. Elle de contente d’être elle-même mais face aux caméras retrouve aussitôt ses 10 ans. La vraie spontanéité de l’âge tendre.

Au départ, arrivée par le théâtre – un concours lui a d’ailleurs permis d’être remarquée par Jacqueline Joubert alors directrice des programmes jeunesse à l’ORTF. Dorothée donne maintenant dans le cinéma (elle a notamment tourné dans « L’amour en fuite » avec François Truffaut) et dans la chanson.

Le printemps dernier, elle a fit un « tabac » à l’Olympia des « Dorothée au pays des chansons », une comédie musicale conçue pour elle et… pour ses admirateurs… Les clins d’oeils au public ont si bien su y faire que les bambins ont cassé 57 fauteuils en dansant sur les sièges. « Pire que pour Johnny », a soupiré (a-t-on dit, en coulisse), le directeur de la salle…

Mine de rien, Dorothée prend le chemin des stars du Show Biz. Son secret : savoir se mettre à l’écoute des enfants qui sans arrêt lui écrivent et téléphonent, et les considère comme des individus à part entière. Sa faiblesse (qui est peut être une force) : les fous rires à l’antenne ou les défaillances techniques qui donnent lieu à des séances d’improvisation peu tristes. « Les moments que les jeunes téléspectateurs préfèrent ! »

Nicole Laffont