Articles - 2025/2026 - Page 2
- On s’arrache Dorothée
- Dorothée : « Je suis émue par la fidélité du public »
- Magazine spécial Dorothée - 100 pages
- Chantal Goya et Dorothée, idoles des (très) jeunes
- Dorothée en tournée !
- Dorothée bouleversée par le décès de son ami Michel Jourdan
- Dorothée de retour en Belgique après 30 ans : « On va se retrouver, chanter, passer un grand moment de folie »
- Dorothée : « La tournée sera une grande fête »
- Dorothée : « La fidélité de mes fans me touche beaucoup »
- Dorothée : « Il va y avoir beaucoup d’émotions »
- Dorothée : « Je compte sur les Lyonnais pour faire la fête avec moi »
- Dorothée, le retour !
- « Adieu, Claude » : mort de Claude Berda.
- Dorothée rouvre le bureau du bonheur
- Dorothée : « Ce sont les copains qui m’ont demandé de revenir »
On s’arrache Dorothée

Le Parisien – 16 juin 2025
Elle remontera sur scène l'an prochain. Les places pour ses deux concerts parisiens se sont vendues en quelques minutes.
UN PREMIER concert programmé le 4 avril 2026 au palais des Congrès de Paris, complet en huit minutes ; un deuxième, le 5, aussitôt annoncé et aussitôt rempli à bloc. Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas à Jul ou Beyoncé que l'on doit attribuer ces records de popularité mais à Dorothée, la star de la génération de gamins qui ont grandi dans les années 1980 et 1990 et suivaient « Récré A2 » puis le « Club Dorothée » L'annonce de son retour sur scène, après seize ans d'absence, est une surprise mais, aussi et surtout, un rêve très attendu par ses millions= de fans, après le carton de l'émission Merci Dorothée sur TF 1, qui a réuni près de 5 millions de téléspectateurs en janvier.
Figure du patrimoine télévisuel
« Cet engouement du public m'a surprise et beaucoup touchée, et je le remercie très sincèrement », nous confie Dorothée L’artiste, depuis des années, pratique pourtant plus que la discrétion. Cette figure tutélaire du patrimoine télévisuel français n'apparait que très rarement dans des événements publics Son dernier concert date de décembre 2010 à Paris, à Bercy, l’actuelle Accor Arena.
« Tout cet amour que vous m'avez témoigné depuis tant d'années m'a fait réaliser que vous retrouver sur scène devenait une évidence, commente-t-elle aujourd'hui. Se retrouver. Pour le plaisir de partager les refrains qui ont jalonné nos vies. Se retrouver... Tous ensemble, et vous entendre chanter à mes côtés. Se retrouver. Pour se dire que ce n'est jamais terminé. Je compte sur vous ! »
« Ces concerts, c'est un cadeau inespéré, abonde Julien. Quand j'ai su pour la date, j'étais hyper heureux et emballé, mais je me suis aussi dit que ça allait être l'enfer pour avoir une place » Et ça n'a pas loupé A 10 heures, à l'heure de la mise en vente, j'étais sur deux sites marchands avec mon ordinateur et un sur mon téléphone portable. Et je n'ai rien eu Ça ma déprimé témoigne-t-il Heureusement, j'ai réussi à l'ouverture de la deuxième date. Et j'avais deux autres potes qui se sont connectés en même temps, au cas où »
Comment Dorothée vit-elle cet engouement ? « Un tel témoignage d'affection et de fidélité me va droit au cœur, avoue-t-elle, ce samedi. À présent, la pression est grande, et j'essaie de ne pas penser au trac qui me vient très rapidement ! Le public mérite ce qu'il y a de mieux, et nous allons tout faire pour lui proposer un concert à la hauteur de cette attente »
« C'est la bande-son de nos vies »
Aux manettes de ce retour, Alexandre Sorin Production (derrière Alizée et Jeanne Mas) et Jean-Luc Azoulay pour JLA Prod, son producteur historique « Elle aurait pu aller à Bercy, mais elle avait sûrement envie d'être au plus proche de son public, analyse un professionnel de la musique. Ça aurait aussi pu être un Zénith, qu'elle connait par cœur. Mais ces dates au palais des Congrès de Paris sont un bon compromis. C’est nouveau pour elle, une salle mythique où tous les grands artistes se sont produits, ça doit lui parler. Et le lieu est adapté à ce qu'elle représente. C'est chaleureux, et elle pourra être proche de son public qui la vénère »
« C'est la bande-son de nos vies, elle nous a accompagnés toute notre enfance quand j'étais petit, puis je l'ai suivie aussi à l'adolescence, c'est devenu une vraie chanteuse de variétés, analyse Arthur, un autre fan, né en 1980 C'est une madeleine de Proust, un sourire qui réveille quelque chose d'intime chez tous les gens Ces concerts vont être une immense fête qui va faire du bien. »
Marie Poussel
Dorothée : « Je suis émue par la fidélité du public »
Voilà une nouvelle qui va ravir ses nombreux admirateurs ! Dorothée est de retour sur grand écran. En effet, elle prête sa voix à un personnage dans Les Schtroumpfs, le film, en salle le mercredi 16 juillet 2025. À cette occasion, la chanteuse et animatrice a accordé une interview exclusive à Télé-Loisirs afin d'évoquer cette expérience, mais aussi son grand retour sur scène en avril 2026.
"La la la Schtroumpf la la, viens schtroumpfer en coeur !" Voilà un refrain que les fans de Dorothée et de ces adorables petites créatures vont être ravis d'entendre à nouveau. En effet, l'animatrice adorée des Français est de retour avec un nouveau projet génial : elle prête sa voix à Enjouée, un personnage du long-métrage intitulé Les Schtroumpfs, Le film, en salles le mercredi 16 juillet 2025. Deux ans après avoir doublé un faucon d'acier dans Transformers : Rise of the Beast, l'ex-animatrice donne donc de la voix au cinéma avant de faire son grand retour sur scène en avril 2026. Autant d'actualités qui ont donné envie à Télé-Loisirs de s'entretenir en exclusivité avec Dorothée !
- Télé-Loisirs : Heureuse de retrouver les Schtroumpfs ?
- Dorothée : Oh oui, on a quarante ans d'amitié commune ! J'ai chanté le générique du dessin animé, mais pas seulement. À la demande de Peyo, j'étais l'ambassadrice des petits lutins bleus. Dans le cadre d'un concours, j'avais emmené des gagnants à Smurfland (Smurf est le nom anglais des Schtroumpfs, ndlr) en Floride. C'était marrant. Ça faisait un petit moment qu'on ne s'était pas vus avec les Schtroumpfs et ils n'ont pas tellement changé, eux ! (elle rit) En revanche, je suis moins contente d'avoir retrouvé Gargamel, et en plus, il a un frère. Il ne manquait plus que ça !
- Vous doublez un grimoire qui s'appelle Enjouée. C'est un nom fait pour vous ?
- Ça me va bien oui. Je ne suis pas forcément d'excellente humeur tous les matins au réveil, mais globalement, je suis plutôt d'un naturel enjoué. D'ailleurs, c'est que ça m'a dit l'équipe du film quand ils m'ont proposé de doubler ce personnage : pour eux, ça collait !
- Si vous aviez un grimoire magique, que lui demanderiez-vous ?
- Trop de choses ! C'est évident mais les guerres, les injustices, tout ce qui se passe d'affreux partout.. effacer tout ça et se retrouver au pays des Schtroumpfs. Mais sans Gargamel, ni Azraël !
- Et si vous étiez un Schtroumpf, lequel seriez-vous ?
- Petite, j'aurais pu dire Schtroumpf timide ou Schtroumpf garçon manqué. Aujourd'hui, il y a une Schtroumpfette dans le village, c'est déjà pas mal. Pas besoin d'une deuxième !
- C'est la troisième fois que vous doublez un personnage après Varicella dans Garfield en 2013 et Airazor dans Transformers : Rise of the Beasts en 2023. C'est un exercice qui vous plaît ?
- Oui ! Ça m'a toujours plu. J'aime jouer la comédie, et pour un dessin animé, je trouve que c'est encore plus sympa ! Mais ce n'est pas si évident que ça. Il faut trouver le bon ton, celui qui colle bien au personnage, tout en suivant la bande rythmo où sont écrits les dialogues.
- Pour vous qui êtes très discrète, est-ce que ce n’est pas une façon d’être présente, mais sans vous montrer ?
- Ah je n'avais pas pensé à ça (elle rit) ! En y réfléchissant, je ne crois pas, non. C'est un exercice qui est amusant et je ne pensais pas me cacher derrière un personnage.
- Avez-vous rencontré les autres artistes qui prêtent leur voix au film ?
- J'ai rencontré Sofia (Essaïdi qui double la Schtroumpfette, ndlr), adorable, et Jérôme Commandeur que je connaissais déjà un peu, et c'est tout ! Vous savez, on fait tous nos séquences séparément donc on ne se croise pas. Sofia et Jérôme, je les ai rencontrés pour faire une vidéo pour le making-of.
- Vous qui avez débuté au cinéma, vous n’avez pas envie de refaire des films, mais devant la caméra et pas juste au travers de votre voix ?
- Oui pourquoi pas ! Mais quoi ? Ça, je ne sais pas !
- Les 12 et 13 juin dernier, vous avez annoncé deux dates de concert au Palais des Congrès les 4 et 5 avril 2026 qui se sont remplies en seulement quelques minutes. Qu'avez-vous ressenti en voyant cet engouement ?
- Je ne m'y attendais absolument pas ! J'ai été aussi surprise que touchée. La rapidité avec laquelle se sont remplies ses deux dates, c'était de la folie !
- Tout de même, vous avez conscience d’avoir une place à part dans le cœur de millions de Français qui ont grandi avec vous ?
- Oui bien sûr, je suis bien obligée de le constater quand je rencontre les gens dans la rue et vu le courrier que je reçois. J'en reçois énormément, et plus le temps passe, plus les lettres sont touchantes. Des gens qui me disent : "Je n'ai jamais osé vous écrire, mais maintenant je prends le temps... et je prends la plume !" Ce qui aujourd'hui est assez rare puisque tout le monde envoie des mails. J'ai très souvent la larme à l'œil en lisant ces lettres.
- On vous aborde encore souvent dans la rue ?
- Ça arrive, mais c'est souvent plus sobre, juste un grand sourire et merci. Parfois, c'est un peu plus démonstratif. Un jour, j'ai rencontré un monsieur qui, en me voyant, s'est pétrifié et a fondu en larmes. Il n'arrivait pas à me parler. À côté de lui, il y avait sa petite fille qui devait avoir 8/10 ans qui lui disait : "Pleure pas, c'est pas grave, Papa !" Moi, j'étais entre le sourire et les larmes qui me montaient aux yeux aussi.
- Qu'est-ce qui a motivé ce retour sur scène, quinze ans après vos derniers concerts ?
- À votre avis ? Les copains me l'ont tous demandé et j'ai craqué ! J'ai pris un peu le temps de la réflexion quand même, mais là, c'est parti ! Maintenant, il faut assurer.
- Qu'est-ce que vous nous réservez pour ces concerts ?
- Ouh là, c'est un petit peu tôt pour en parler là ! J'ai des idées, des envies, mais on a encore le temps de plancher sur le sujet. Ce qui est sûr, c'est que ce sera une grande fête musicale. On va se retrouver en chansons avec les copains !
- Vous avez le trac à l'idée de remonter sur scène ?
- Depuis qu'on a annoncé ces deux dates, c'est l'enfer ! J'ai des grandes bouffées d'angoisse. Je vais même vous dire : plus j'ai fait des concerts, plus le trac a grandi. Au début, il y avait beaucoup d'insouciance, puis on prend conscience de l'importance. Et là, c'est encore beaucoup plus important, donc le trac est proportionnel.
- Pourquoi avoir choisi le Palais des Congrès, et pas Bercy où vous détenez le record de concerts donnés par une artiste féminine ?
- Justement, le record est là, c'est fait, mais moi ce que je voulais, c'est la proximité. Être près des spectateurs, les entendre, les voir. Que l'on puisse communiquer plus facilement. Pour ce retour, j'avais envie d'une salle de spectacle à taille humaine.
- Vos fans de Province peuvent-ils espérer une tournée ?
- Chaque chose en son temps mon cher ami. Je ne sais pas encore, mais comme je dis souvent, les portes ne sont jamais fermées.
- Est-ce que d’ici-là, on peut espérer un nouvel album comme pour les concerts de 2010 ?
- Ce n'est pas encore dans les tuyaux, mais les portes ne sont pas fermées. Jamais ! Un petit courant d'air et elles pourraient s'ouvrir...
- Le 24 janvier 2025, l’émission Merci Dorothée ! a fait un carton d’audience avec 4,4 millions de téléspectateurs. Ça ne vous a pas donné envie d’être plus un peu plus présente à la télé ?
- En ce moment ? Pas vraiment non ! Je fonctionne toujours au coup de cœur et actuellement, je n'en ai pas. Il n'y a pas une personne à l'antenne qui pourrait me donner envie de refaire de la télé. Mais sait-on jamais, une occasion, la bonne rencontre et je pourrais peut-être changer d'avis.
- Ça ne vous manque pas de ne plus faire de télé ?
- Je n'en suis jamais loin. Je fais des petites pastilles de temps en temps. Certes, c'était au cinéma, mais j'ai fait une apparition dans le film Nicky Larson et le Parfum de Cupidon. C'était un petit clin d'œil sympa, un petit coucou.
- Jetez-vous un oeil aux programmes jeunesse actuels ?
- Non, ça me déçoit un peu. Ce n'est pas de la faute des chaînes, mais je n'aime pas trop le choix des dessins animés. Ce n'est plus la même chose qu'à l'époque de Récré A2 et du Club Dorothée. De toute façon, à part les tous petits, les jeunes ne regardent plus la télévision.
- Aujourd’hui, la France est le plus gros consommateur de mangas après le Japon. C’est un peu à vous qu’on le doit, non ?
- Disons que je n'y suis pas pour rien ! C'est marrant quand même. Après avoir été critiquée, vilipendée, je peux m'autoriser un petit sourire de revanche.
- Elles vous ont beaucoup blessée, les critiques à l'époque ?
- Ça ne fait jamais plaisir bien sûr, mais on savait qu'on n'avait pas tort, parce qu'on avait les réponses des téléspectateurs, y compris les plus jeunes qui nous disaient : "On n'est pas idiot, on sait que ce n'est qu'un dessin animé. On sait ce qu'on regarde." On voyait bien que ça plaisait et c'était pour eux que l'on faisait nos émissions, pas pour les critiques, qui n'ont peut-être même jamais regardé les programmes en question.
- Êtes-vous nostalgique de cette période ?
- Pas nostalgique ! Ça s'est très bien passé, on a vécu des bons moments, mais quand c'est fini, c'est fini. J'essaie de ne garder que des bons souvenirs. La nostalgie, ça ne sert à rien.
- Pourtant, ceux qui vous regardaient sont nostalgiques. Vous leur manquez...
- Ah ça, ils me le disent tout le temps. Mais c'est normal, ce sont leurs souvenirs d'enfance. Je comprends que c'est important pour eux, d'autant qu'il y a beaucoup de parents qui transmettent ce qu'ils ont vécu à leurs enfants. Ils leur montrent des extraits des émissions, mais surtout, ils leur font écouter les disques. Il y a des petiots hauts comme ça qui ne m'ont jamais vue à la télé, mais qui chantent mes chansons. Depuis le temps, j'en suis à trois ou quatre générations !
- Et quand des gens comme Nolwenn Leroy, Lorie ou Julien Doré vous citent comme une référence, ça vous touche ?
- Je suis flattée, mais surtout, surprise. Ça fait plaisir, c'est sûr ! Quand Julien Doré m'a invitée à chanter avec lui Allo, allo, monsieur l'ordinateur sur la scène de Bercy, j'ai pris un grand coup dans l'estomac. Il avait déjà chanté sa reprise dans Merci Dorothée ! et ça me plaisait bien, mais de là à aller l'interpréter avec lui sur scène... Ce que je peux vous dire, c'est que c'est beaucoup plus facile d'être invitée ! (Elle éclate de rire)
- Est-ce que vous regardez la télévision ?
- Pour tout vous avouer, j'aime surtout les séries ! En ce moment, je reviens chez Hercule Poirot sur TV Breizh.
- Vous qui avez été présente sept jours sur sept, jusqu'à trente heures par semaine à l'écran, que faites-vous de vos journées aujourd'hui ?
- Tout le contraire de ce que je faisais avant. Aujourd'hui, j'ai le temps de vivre, de rencontrer la famille, les amis. Je dis : "Attention maintenant, si vous m'invitez, je viens donc faites gaffe à vos propositions". J'ai une vie tout ce qu'il y a de plus banale. Pour le reste, excusez-moi mais c'est mon jardin secret !
- Sacrée coïncidence, ce numéro de Télé-Loisirs sort le jour de votre anniversaire ! Le temps qui passe, c'est quelque chose qui vous préoccupe ?
- Par moments oui. Je ne pensais pas mais ça arrive quand il y a les genoux qui coincent par exemple (elle sourit). Mais surtout, il y a les gens qui manquent. On a récemment perdu Michel Klein (le vétérinaire du Club Dorothée, décédé le 19 octobre dernier, ndlr), ça commence à faire beaucoup. Ça, plus on avance et plus ça devient difficile...
Cédric CHOUKROUN
Magazine spécial Dorothée - 100 pages
France Collection – 30 juillet 2025
Il y a des visages qui traversent les décennies comme des madeleines de Proust. Des voix qui, en une seule note, font remonter les souvenirs en rafale. Des refrains un peu fous qu'on connaît encore par cœur, même des années plus tard. Dorothée, c'est tout ça à la fois. Une icône, une amie, une héroïne du quotidien qui a bercé les goûters, les mercredis et les vacances d'une génération entière.
Mais qui est vraiment la petite sœur des Français, derrière les génériques enjoués, les sketchs décalés et les shows démesurés ? C'est ce que nous vous invitons à découvrir dans ce numéro de France Collection.
Le portrait d'une femme à la carrière hors norme, qui a rempli Bercy comme d'autres remplissent des stades, qui a chanté, animé, fait rire, sans jamais se prendre pour ce qu'elle n'était pas : une star fabriquée.
Elle n'a jamais cherché les tapis rouges ni les scoops people. Depuis toujours, Dorothée cultive une discrétion rare. Garder son jardin secret n'a jamais été un caprice mais une nécessité. « C'était la carrière ou la vie de famille. J'ai privilégié la première. » Une phrase simple, sans fard, qui dit tout.
Cette vie, c'est celle d'une femme qui a donné sans compter à son public mais qui a toujours su poser des limites, préservant son intimité comme on protège un trésor fragile. Ici, pas de nostalgie figée ni de storytelling de conte de fées. Juste l'histoire d'une épopée pop qui appartient à tous ceux qui, un jour, ont chanté « Hou ! La menteuse » à pleins poumons ou levé les bras devant leur télé.
Dorothée n'est pas qu'un souvenir. Elle est une mémoire vivante !
Et cette histoire, c'est aussi un peu la nôtre.
Chantal Goya et Dorothée, idoles des (très) jeunes
Le Parisien Week-end – 14 août 2025
Ce mois-ci, nous revenons sur le parcours de personnalités rivales qui ont marqué leur époque. Dans les années 1980, elles se partagent le cœur des enfants. Chantal Goya révolutionne les spectacles musicaux, quand Dorothée triomphe à la télé avant de remplir les salles de concerts. Il n'en fallait pas plus pour que les médias les opposent.
PAR JOSEPHINE LEBARD.
Le musicien martèle quelques notes sur un piano et elles entrent en scène. La brune vêtue de jaune, la blonde, de rouge. Pour les deux, le même modèle de robe : celui d'une entraineuse de saloon avec un ruban noir autour du cou. Chantal Goya, 52 ans, et Dorothée, 41 ans, entonnent alors le premier couplet de la chanson « Ah ! Les p'tites femmes de Paris » : De deux choses l'une/Deux jambes ou deux yeux/C'est toujours par deux/Qu'on cherche fortune...
En ce dernier jour de l'année 1994, sur le plateau du « Réveillon Rock'n Roll Show », diffusé sur TF1, les deux artistes ont-elles voulu faire passer un message ? Celles que les médias ne cessent d'opposer, depuis une quinzaine d'années, interprètent un texte mettant en avant leur sororité.
Chacune a développé son propre univers
Trente ans plus tard, dans un café parisien du quartier des ministères, dans le 7 arrondissement, Chantal Goya s'installe. Avec tout ce que cela a d'étrange de voir arriver l'héroïne de La Forêt magique au beau milieu des costumes-cravates. D'entrée de jeu, elle confie : « Nous n'avons jamais été ennemies avec Dorothée. Bien au contraire ! C'est quelqu'un que j'aime beaucoup. J'ai été invitée à plusieurs reprises dans ses émissions. On adorait faire des duos. » Dans les années 1980, ces deux aventurières ont, à leur façon, réinventé le spectacle jeune public. Chacune en développant son univers propre, mais avec plus de points communs que de points de rupture. Chantal Goya résume l’essentiel : « Nous avons fait rêver tous les enfants de France. »
Retour en 1994, sur le plateau de TF1 : peut-être faut-il voir dans le choix du morceau « Ah ! Les p'tites femmes de Paris » un autre clin d'œil. La chanson est en effet extraite du film de Louis Malle Viva Maria. Or Chantal Goya et Dorothée, avant de devenir les stars des bambins, ont frayé avec le cinéma. Et avec des metteurs en scène qui, comme Louis Malle, ont fait partie de la Nouvelle Vague. Mieux encore, à treize ans d'intervalle, elles ont partagé le même partenaire : Jean-Pierre Léaud. En 1966, Chantal Goya fait chavirer son cœur dans Masculin féminin, de Jean-Luc Godard. Et en 1979, dans L'Amour en fuite, de François Truffaut, c'est une photo déchirée de Dorothée qui le met en ébullition. Mais, bientôt, toutes deux laissent de côté le 7 art. Chantal Goya a deux enfants dont elle veut s'occuper. Elle reprendra la chanson dans les années 1970. Dorothée, elle, poursuit sa carrière à la télévision. En 1978, Jacqueline Joubert, alors directrice des programmes jeunesse d'Antenne 2, la choisit comme animatrice de la nouvelle émission « Récré A2 ». Pour la jeune femme, la télé va l'emporter sur le cinéma.
Les années 1980 voient la concurrence s'exacerber
À la lisière des septennats de Valéry Giscard d'Estaing et de François Mitterrand, le jeune public a accès à des propositions limitées. Côté musique, il écoute Les Fabulettes, d'Anne Sylvestre. Il découvre Henri Dès, le chanteur suisse, papa de La Petite Charlotte. Côté télévision, les enfants n'ont accès qu'à trois chaînes, et se divertissent devant Bonne nuit les petits (1962-1973) ou Les Aventures de Colargol (1970-1974), avant que L'île aux enfants (1974-1982) ne tienne le haut du pavé. Les années 1980, avec la création de Canal+ (1984), l'apparition de La Cinq (1986) et la privatisation de TF1 (1987), voient la concurrence s'exacerber, et les programmes jeunesse monter en puissance. L'ascension de Dorothée en est favorisée. Dans « Récré A2», elle est entourée d'une bande de joyeux drilles, tels Jacky, Corbier ou William Leymergie, et d'intervenants inattendus, comme le dessinateur Cabu, lequel prend un malin plaisir à brocarder la longueur de son nez. Autant d'ingrédients qui apportent un souffle un brin subversif aux programmes pour enfants. À la même époque, Chantal Goya révolutionne les spectacles musicaux pour les bambins. Avec un atout de taille. « Tu ressembles aux enfants, tu chantes comme eux », lui glisse Maritie Carpentier après son passage remarqué, en 1975, dans la célèbre émission « Numéro un »>, produite par cette dernière et son mari Gilbert. Elle y interprète « Adieu les jolis foulards », qui devient un tube.
L'une vient « d'inventer le music-hall pour enfants »
Deux ans plus tard, elle sort un album composé de chansons dans lesquelles un animal dézingue des chasseurs (Un lapin) et des aïeux s'entrelacent (Voulez-vous danser grand-mère ?). Lors de son premier Olympia, en 1978, Chantal Goya ne donne pas un simple concert. Son mari, le compositeur Jean-Jacques Debout, fan de Judy Garland et des spectacles de Broadway, voit grand et imagine un conte musical à l'univers doux, onirique et rassurant. En coulisses, Bruno Coquatrix, le directeur de la mythique salle, murmure : « Elle vient d'inventer le music-hall pour enfants. » Les années suivantes, l'artiste évolue au milieu d'un soulier qui vole, d'un chêne qui parle et de petites filles en robes Belle Époque. De son côté, Dorothée, portée par sa notoriété télévisuelle et poussée par Jean-Luc Azoulay et Claude Berda, les A et B derrière AB Productions, se met aussi à la chanson. Au début des années 1980, elle conçoit des spectacles musicaux, Dorothée au pays des chansons (1980-1981), Dorothée tambour battant (1981-1982) ... puis des concerts. Elle prend les codes du show pour adultes et les adapte en taille 10 ans. Pour son premier Zénith, en 1986, à Paris, elle enchaîne 21 dates devant 145000 spectateurs au total, s'offrant une arrivée... en deltaplane ! Dès lors, les médias se plaisent à monter en épingle la prétendue rivalité entre les deux idoles des plus jeunes. A tort. Car, comme le souligne Chantal Goya, les deux artistes s'entendent bien. Mais aussi parce qu'elles ne s'adressent pas tout à fait à la même cible et ne défendent pas le même univers.
Avec Les Musclés, l'autre fait sienne la scène de Bercy
Chacune a son style. La brune virevolte dans une robe rose achetée aux puces. La blonde opte pour des combinaisons ou des blousons à franges. Aux cordes et aux cuivres des partitions de Jean-Jacques Debout répondent la batterie et les guitares électriques des Musclés, le groupe qui accompagne Dorothée sur scène. Le duo Debout-Goya déploie son monde onirique à l'intention des plus petits. Le Soulier qui vole (1980), La Planète merveilleuse (1982) et les autres spectacles de la décennie sont autant d'occasions de développer le personnage de Marie-Rose, alter ego de Chantal Goya. Et tandis qu'elle s'impose au Palais des congrès, sa salle fétiche, avec Le Mystérieux voyage de Marie-Rose (1984-1986), Dorothée fait sienne la scène du Zénith, puis de Bercy. Elle s'adresse à des enfants plus âgés, en abordant dans ses chansons la question des premières amours (Maman), et en s'emparant des personnages de la pop culture (E. T., les Ewoks). L'interprète de Pandi Panda apparaît comme une figure quasi féerique, alors que la propriétaire des chaussettes rouges et jaunes à petits pois, passée en 1987 sur TF1 avec la création du « Club Dorothée », endosse le rôle de grande sœur proche du quotidien de ses admirateurs. Sa présence grandissante à l'antenne en fait un membre à part entière de la famille.
Mue par une estime mutuelle, chacune trace son sillon, mais les deux ont un point commun majeur : l'engouement de leurs fans. Chantal Goya fait monter sur scène, lors de ses spectacles, des dizaines de petites filles déguisées en Bécassine. Dorothée crée un club dont, en 1993, 350 000 enfants sont membres. À la fin de ses shows, la star est littéralement couverte de fleurs. Mais toute rose a ses épines, et l'une comme l'autre sont égratignées. Elles essuient, lors de leur carrière, le même genre de reproches. On les accuse d'abêtir les enfants. Parce que son émission diffuse des dessins animés japonais jugés violents, Dorothée est, en 1989, dans le viseur de Ségolène Royal, alors députée PS des Deux-Sèvres. Chantal Goya, elle, est tancée à cause de la dimension trop sucrée de ses spectacles. En 1985, elle pâtit de son passage au « Jeu de la vérité », émission de Patrick Sabatier. Critiquée par une téléspectatrice, elle lui répond en imitant Jeannot Lapin, l'un de ses personnages. L'épisode mine sa carrière. Au début des années 1990, sans maison de disques, elle croise Dorothée lors d'un récital de Pavarotti à l'opéra Bastille. « Pourquoi tu ne viendrais pas chez nous ? » lui propose l'animatrice. Chantal Goya rejoint alors la même écurie musicale que sa consœur.
Les deux chanteuses n'ont pas fini de remplir des salles
Le café s'est vidé. Les costumes-cravates sont retournés travailler dans leurs ministères et Chantal Goya, 83 ans, s'apprête à partir... forte d'un emploi du temps de ministre. Après avoir rempli plusieurs fois le Palais des congrès en mai, elle sera en tournée dès novembre dans toute la France, et de retour à Paris le 29 mars 2026, avec «50 ans d'amour », célébration de son demi-siècle fusionnel avec le public. Quant à Dorothée, 72 ans, elle a annoncé son retour sur scène en avril 2026 à Paris. Les places se sont vendues en huit minutes, et une nouvelle date affiche déjà complet. Preuve que le « monsieur l’ordinateur » de l'une ne connaît pas le bug. Quand la grand-mère de l'autre est visiblement toujours partante pour danser
Dorothée en tournée !

La dernière heure - 23 septembre 2025
"Se retrouver". Tel est le nom de la tournée de celle qui a bercé l'enfance de toute une génération et qui ne devait, à la base, ne connaître que deux dates parisiennes. Seize ans après sa retraite, la célèbre présentatrice du Club Dorothée est donc bel et bien de retour, touchée par le succès de l'émission spéciale hommage -5 millions de téléspectateurs que lui a consacré TF1 en décembre dernier. Après ce programme télé "Merci Dorothée", retour à ses premiers amours : la scène. Ou quand ses tubes "Et mes chaussettes rouge et jaune à petits pois", "Hou la menteuse, elle est amoureuse" ou encore "Allô, allô, Monsieur l'ordinateur" résonnent encore chez ses fans. À commencer par le 6 avril dernier lorsqu'elle est montée sur la scène de l'Accor Arena de Paris avec Julien Doré pour l'interpréter. "Tout cet amour que vous m'avez témoigné depuis tant d'années, m'a fait comprendre que vous retrouvez sur scène devenait une évidence. Se retrouver… Pour le plaisir de partager les refrains qui ont jalonné nos vies. Se retrouver… Tous ensemble, et vous entendre chanter à mes côtés. Se retrouver… Pour se dire que ce n'est jamais terminé. Je compte sur vous", explique, par communiqué, celle qui a vendu plus de 20 millions de disques dans sa carrière. Entourée de musiciens et de danseurs pour ces performances scéniques, Dorothée annonce "un concert exceptionnel centré autour de ses plus grands tubes… mais aussi de surprises et de beaucoup d'émotions !"
La billetterie ouvrira ce mercredi 24 septembre à 10 heures. Et Dorothée se produira le vendredi 10 avril 2026 au Halle Tony Garnier de Lyon, le jeudi 16 avril à l'ING Arena de Bruxelles, le mercredi 22 avril à l'Aréna de Bordeaux, et enfin le dimanche 26 avril au Zénith de Nantes.
Dorothée bouleversée par le décès de son ami Michel Jourdan

Télé Loisirs - 2 octobre 2025
Jeudi 2 octobre 2025, Dorothée a annoncé sur les réseaux sociaux la triste nouvelle du décès d'un ami. Michel Jourdan était un parolier français, ayant collaboré avec de nombreux chanteurs durant sa carrière. Il s'est éteint à l'âge de 91 ans. "Grande tristesse. Michel, tu m'as offert de si belles chansons", a-t-elle notamment écrit.
"En écoutant pleurer le vent / C'est comme lui que je me sens / Dans la forêt je vais, je viens / Comme si je cherchais quelqu'un / Le vent soupire à nos côtés / Quand un ami nous a quitté / Essayons de sourire pourtant / En écoutant pleurer le vent". Cette chanson de Dorothée, datant de 1990, a été écrite par Michel Jourdan. L'auteur et parolier, qui a écrit pour nombre d'artistes français, s'est aujourd'hui éteint. Jeudi 2 octobre 2025, Dorothée lui rend hommage sur les réseaux sociaux en jouant la mélodie en fond d'une photo où ils apparaissent tous les deux, enlacés. "Grande tristesse. Michel, tu m'as offert de si belles chansons. Grâce à toi j'aurai toujours 7 ans et demi. Pensée émue pour Marie", écrit la chanteuse. Le parolier avait 91 ans lorsqu'il est décédé, le 29 septembre dernier.
Alexandra Ayo Barro
Dorothée de retour en Belgique après 30 ans : « On va se retrouver, chanter, passer un grand moment de folie »

RTBF actus - 4 décembre 2025
La chanteuse Dorothée avait annoncé plus tôt dans l’année entamer une nouvelle tournée intitulée "Se retrouver". Elle se produira à l’ING Arena, à Bruxelles, le 16 avril prochain. Figure inoubliable de la télévision et de la chanson, elle continue de marquer les esprits des enfants, des petits et des plus grands.
Figure inoubliable de la télévision et de la chanson, Dorothée sera en Belgique pour un concert unique le jeudi 16 avril prochain à l’ING Arena à Bruxelles. Icône de toute une génération, elle fera son grand retour sur scène avec sa tournée "Se retrouver". Une tournée qu’elle annonce riche "en surprises et en émotion".
Avec ses plus de 20 millions d’albums vendus durant sa carrière, Dorothée a marqué les esprits de nombreux enfants notamment pour avoir animé les émissions "Récré A2" entre 1978 et 1987 puis le "Club Dorothée" de 1987 à 1997, deux rendez-vous qu’elle n’hésitait pas à égayer en chansons avec des titres comme Allo, allo, monsieur l’ordinateur, Hou ! La menteuse ou encore La valise.
En parallèle, elle est aussi connue pour être à l’origine de l’avènement des mangas à la télévision française ou encore de l’importation en France du concept américain dont est inspiré le Téléthon.
En retrait de la scène musicale depuis de nombreuses années, l’ancienne présentatrice a récemment décidé de repartir en tournée, touchée par l’accueil réservé à l’émission hommage "Merci Dorothée", diffusée en décembre dernier sur TF1 et qui avait été suivie par pas moins de 5 millions de téléspectateurs.
"Cette émission a été le dernier élément déclencheur au lancement d’une tournée. J’ai reçu énormément de messages après l’émission qui étaient très émouvants", explique Dorothée, en promo à Bruxelles mercredi.
Si la chanteuse reste très énigmatique sur la conduite de cette tournée et les chansons qu’elle interprétera, elle la promet cependant riche en surprises et en émotion, avec notamment des clins d’œil à Ariane et Corbier, ses acolytes à l’écran, aujourd’hui disparus.
"On repart pour une grande aventure. Des grands moments d’émotion, je crois qu’il va y en avoir, et dans la salle et sur scène. […] Ce sera vraiment un moment unique", se réjouit l’icône de la télévision française. "Je prends cela comme un grand moment de fête. Ce sont des retrouvailles. Cela fait très longtemps, même en France, que je n’ai pas vu mon public. On va se retrouver, chanter, passer un grand moment de folie entourés des musiciens et des danseurs".
Au total, six dates ont été prévues pour ces retrouvailles, dont deux concerts déjà complets au Palais des Congrès à Paris. "J’ai été surprise de cet engouement et de cette réaction rapide. Je ne m’attendais vraiment pas à cela. Je ne pensais pas être attendue à ce point. Cela augmente encore mon stress et ma responsabilité", confie Dorothée.
"La fidélité de mon public est touchante", poursuit la chanteuse, qui détient le record du nombre de représentations au Zénith de Paris (52) et à Bercy (59). "On passe les générations. J’en suis à la 3e génération, je crois à peu près", dit-elle en esquissant un sourire. "Des familles viennent à mes concerts. Ceux qui étaient tout petits, ont grandi et ont eu des enfants. Ils leur apprennent mes chansons".
Dorothée se produira le 16 avril prochain en Belgique, pays où elle ne s’est plus produite depuis 1992.
Dorothée : « La tournée sera une grande fête »

Sud Ouest - 5 décembre 2025
L’icône de la télévision des années 1980-1990 sera en tournée en 2026, notamment à Bordeaux. Elle nous parle de son amour pour le public et nous dévoile quelques anecdotes sur sa carrière
L’animatrice des émissions « Récré A2 », du « Club Dorothée », et chanteuse, Dorothée, est restée dans le cœur des Français depuis son départ du petit écran en 1997. Elle prépare son retour sur scène l’année prochaine avec une tournée qui passera par Bordeaux. Nous l’avons rencontrée.
- L’émission « Merci Dorothée », que vous avez consacré TF1 en début d’année, a-t-elle été le déclencheur pour remonter sur scène ?
- On ne peut pas dire que ce soit vraiment le déclencheur parce que ça faisait un petit bout de temps que ça traînait dans les esprits. Mais ça a forcément joué un petit peu quand même, parce que cinq millions de copains ont adoré.
- Le public ne vous a-t-il pas manqué pendant toutes ces années ?
- Pas vraiment, puisque les gens m’écrivent énormément. Toutes les semaines, je reçois des tonnes de courriers donc on reste toujours en contact. Et puis, quand on se croise, ça fait toujours plaisir de voir que le public est toujours là.
- Répondez-vous vous-même à ce courrier ou est-ce une équipe que le fait pour vous ?
- L’équipe, c’est moi. C’est normal car il y a des lettres qu’on ne peut pas confier à quelqu’un d’autre. C’est vraiment personnel. Il y a des tas d’amis qui m’écrivent en disant : « Je prends la plume, je n’ai jamais osé le faire avant, mais maintenant ça y est, j’ai pris la décision » et ils se confient. C’est plein de moments très touchants.
- À quoi va rassembler votre tournée?
- Ce sera une grande fête. Il y aura des retrouvailles, de l'émotion, des rires et certainement des petites larmes. Et puis, on va chanter tous ensemble. Ce sera un vrai show. Et, excusez-moi, entre guillemets, ça va péter, ça va décoiffer. Ce sera un spectacle qui va se faire pour et avec le public. Il y aura toutes les chansons que les gens aiment, je ne peux pas passer à côté des tubes. Et il y aura quelques nouveautés. Ce sera le petit cadeau en plus.
- N'avez-vous pas la boule au ventre dans la perspective de cette tournée?
- J'ai plus qu'un noeud à l'estomac, c'est carrément une pelote de laine complète qui est là. Plus les jours avancent et plus le trac s'accentue. Mais c'est de la bonne inquiétude, parce que je veux que ce soit bien et que les copains s'amusent.
- Le phénomène de nostalgie est devenu central dans notre société. Comment l'expliquez-vous?
- Certaines personnes ne voient que le négatif dans la nostalgie, mais il faut la prendre du côté positif, on se souvient des bons moments. Ce sont des repères pour les gens.
- Justement, on a vu ressurgir à la télévision des émissions cultes des années 1990 et 2000 comme La Roue de la fortune, Le Juste Prix, Le Bigdil et bientôt Le Maillon faible et Stars à domicile. Pensez-vous qu'il y a une sorte d'essoufflement de la créativité?
- Dans ce cas, je ne sais pas si c'est de la nostalgie ou parce que les gens n'osent pas faire d'autres choses. On est un peu bloqué de nos jours. Je pense que les gens reviennent en arrière parce qu'au moins ça a été fait, ça a prouvé que cela fonctionnait.
- Sept disques d'or, six de platine, trois de diamant...le succès ne vous est-il jamais monté à la tête?
- Non, parce que moi, ce qui m'intéressait, c'était les relations avec le public. Les gens étaient contents, s'amusaient, venaient en famille ou avec des amis et il y avait plein de bons sentiments. C'est ça qui est important, ce n'est pas le succès, qui, lui, est éphémère.
- Vous ne vous prénommez pas Dorothée, mais Frédérique. C'est Jacqueline Joubert qui vous a obligée à changer de nom?
- Elle trouvait que Frédérique était un prénom androgyne, que c'était négatif. Alors, on a pris tous les prénoms qui existaient, jusqu'à ce que l'on tombe sur Dorothée.
- Le Téléthon fait partie du paysage audiovisuel français depuis de nombreuses années et c'est vous qui en êtes à l'origine. Comment cela s'est-il passé?
- J'étais aux États-Unis et la télévision tournait en boucle, même la nuit. Et tout d'un coup, je tombe donc sur le Téléthon animé par le comédien et humoriste Jerry Lewis. C'était une émission extraordinaire. J'en ai parlé à Jacqueline Joubert : Il faut vraiment qu'on fasse en France, c'est vraiment trop beau comme émission. Elle a accepté et on a tout préparé.
- Et quand le programme arrive sur le petit écran, c'est sans vous...
- Ils ont trouvé quelqu'un d'autre pour l'animer. Bon, ça fait mal au cœur, mais l'important, c'est que l'émission ait eu lieu et qu'elle perdure...
Dorothée se produira à Bordeaux le mercredi 22 avril 2006.
Jean-Michel Selva
Dorothée : « La fidélité de mes fans me touche beaucoup »

DH – 6 décembre 2025
Après 33 ans d'absence, Dorothée revient sur la scène belge. L'icône du PAF, ancienne animatrice de Récré A2 et du Club Dorothée sera en concert en avril à l'ING Arena.
En janvier dernier, TF1 démarrait l'année avec une bouffée de nostalgie. Après des années d'absence, Dorothée faisait son retour sous les projecteurs dans une émission qui lui rendait hommage : « Merci Dorothée ». Anciens du Club Do, comédiens de sitcom (Hélène et les Garçons, Premiers Baisers, Le Miel et les Abeilles, etc.) ou encore artistes, fans de la chanteuse, ont participé à ces retrouvailles avec le public. Une soirée haute en émotions et aux bons souvenirs.
Quelques mois plus tard, une annonce enchante les fans belges de la génération 70-80-90 : Dorothée, de son vrai nom Frédérique Hoschedé, va se produire en concert le 16 avril prochain dans le cadre de sa tournée intitulée « Se retrouver ». Pour l'occasion, la chanteuse, désormais âgée de 72 ans, est venue faire de la promotion en Belgique...
« On repart pour une grande aventure »
Il est environ midi lorsque Dorothée arrive dans une des salles de réunion de RTL. Au seul son de sa voix, qui reste inchangé, et à la vue de son sourire, la chanteuse replonge directement les journalistes dans leur enfance. « Ce sont mes copains qui m'ont demandé de revenir sur scène et de les retrouver. On repart pour une grande aventure et de grands moments d'émotions », lance-t-elle lorsqu'on lui demande ce qui l'a motivée à remonter sur scène après tant d'années d'absence. « Puis, j’ai reçu énormément de messages après l'émission « Merci Dorothée », ils étaient très émouvants, très forts. Peut-être que ça a été le dernier déclencheur, je ne sais pas. En tout cas, ça m'avait manqué ». Impossible toutefois de savoir ce que l'icône du PAF réserve à ses fans lors de son concert. « C'est une surprise. Ce sont des retrouvailles, un grand moment de fête. On va chanter ensemble, principalement des anciennes chansons. Le but, c'est de se retrouver et de passer un grand moment de folie avec musiciens, danseurs et décors. On va y aller à fond ! »
Le choix des chansons à interpréter sur scène n'a pas été simple. « Ce n'est pas moi qui ai fait les choix. Mais, il faut en faire, sinon, on est parti pour huit heures de concert ! », explique Dorothée qui avoue ne pas avoir de coup de cœur pour une chanson en particulier : « Je ne sais pas faire de choix parce que chaque chanson me rappelle quelque chose. »
Trois générations de fans
En se produisant en 2016, Dorothée est consciente de toucher trois générations différentes. « Y’a ceux qui étaient tout petits, qui ont grandi, qui ont eu des enfants et qui leur ont appris les chansons. Et voilà, on passe les générations. C'est la famille qui vient au complet. »
Le public belge, l’ancienne animatrice de Club Do et de Récré A2 le connait bien. C'est d'ailleurs avec tendresse qu'elle partage quelques souvenirs : « Avant, je venais beaucoup plus souvent en Belgique parce qu'on faisait des tournages pour le Club Dorothée, je venais aussi pour mes spectacles. J’ai toujours été bien reçue. On s'était fait des amis, surtout dans la famille de la bande dessinée. Je pense à Peyo, par exemple »
Malgré sa longue carrière, et ses nombreux concerts, Dorothée l’avoue : elle a toujours « le trac » avant de monter sur scène. « Je veux que tout soit bien donc j’angoisse toujours un peu. C'est une pression positive on va dire. La fidélité de mes fans me touche beaucoup. »
Elle poursuit : « Les gens ont toujours été très corrects, respectueux et gentils avec moi, je peux faire mes courses sans problème. Je fais la photo, bien évidemment, et je papote avec eux mais il y a toujours de la bienveillance. Ils me disent souvent que j’ai bercé leur enfance ou encore merci pour les émissions. »
Le Club Do' : la Madeleine de Proust
Rendez-vous incontournable de plusieurs générations, le Club Dorothée proposait les premiers mangas accessibles en France (Dragon Ball, Les Chevaliers du Zodiaque ou encore Goldorak) et rassemblait Dorothée, Ariane Carletti, François Corbier, Jacky et Patrick Simpson Jones. Un casting bien loin de ce que les jeunes peuvent aujourd'hui retrouver dans les émissions qui leur sont destinées. D'ailleurs, force est de constater que ces dernières sont de moins en moins incarnées. « Ce n'est plus du tout la même chose. Je pense qu'on est tombé au bon moment, explique-t-elle. Il y avait des psychologues qui regardaient les mangas avant qu'on les diffuse. Et pour mot, c'était très important qu’il y ait de l’humain entre deux dessins animés pour relativiser et recontextualiser les choses. J’espère que les parents aujourd’hui surveillent ce que leurs enfants regardent à la télévision. Il faut que les parents jouent vraiment leur rôle de parents et que les grands frères et grandes sœurs suivent un peu tout ça aussi. Il ne faut pas laisser les enfants seuls devant l’écran, c'est triste et ça peut être dangereux »
Si ce n'est pas la seule raison, le contenu jugé trop violent des mangas Japonais a été l’une des raisons qui ont précipité l'arrêt du Club Dorothée. « Je savais qu'un jour ou l’autre, ça s'arrêterai. C'est certain. Mais, ça a peut-être été un peu plus rapide que prévu. On n'a pas eu le choix. Petit à petit, une autre vie reprend », dit-elle avant d'ajouter voir « comme une petite revanche » l'engouement que suscitent depuis quelques années les mangas et la culture japonaise dans son ensemble.
Un retour à la télé ?
Après l’arrêt du Club Dorothée, l’animatrice et chanteuse s'est faite plutôt rare dans les médias. « Quand on n'a rien à dire, on ne dit rien.... Je réagis par coup de cœur et il n'y en a pas eu beaucoup » dit l’ancienne animatrice qui a récemment prêté sa voix au film « Les Schtroumpfs », 40 ans après avoir enregistrer l’hymne des petits bons hommes bleus. Un retour en télé est-il possible ? « Ce n'est jamais fini, les portes ne sont jamais fermées. Si quelque chose de passionnant arrive et m'est proposé, pourquoi pas ! Mais, je ne veux pas faire de la télé pour faire de la télé. Une chose est sure : Je ne veux pas faire de jeux »
N'espérez toutefois pas la retrouver sur les réseaux sociaux : « J’ai un Facebook officiel, c'est tout. Je ne vois pas ce que je pourrais dire sur des réseaux sociaux personnels. Qu'aujourd’hui, j’ai mangé des spaghettis ?, plaisante-t-elle. Je ne vois pas l’intérêt. »
A.P.
Dorothée : « Il va y avoir beaucoup d’émotions »

Ciné Télé Revue – 11 décembre 2025
Elle n'est plus venue chanter en Belgique depuis 1994 ! Le 16 avril, l'ex-animatrice se produira à l'ING Arena, à Bruxelles. Elle est revenue avec nous sur son incroyable parcours.
Plus de vingt ans de télé, des émissions-cultes, des tubes à la pelle (« Allo, allo, Monsieur l'ordinateur », « Qu'il est bête ! », « Tremblement de terre »), des millions de spectateurs pour ses concerts (dont 52 Zénith de Paris et 59 Bercy : un record !), et surtout un public qui a grandi avec elle et ne l'a jamais oubliée. A 72 ans, Dorothée effectue son come-back, quinze ans après ses derniers concerts en France, plus de trente ans après son dernier show en Belgique. Et c'est en pleine forme, boosté par l'amour de ses fans qui répondent toujours présent, qu'elle s'apprête à remonter sur scène.
- Dès l'annonce de votre come-back, en juin dernier, les premiers concerts en France ont été sold out en quelques minutes. Vous vous attendiez à un tel engouement ?
- Ah non ! Un tel rush, j'étais la première surprise. Je ne pensais vraiment pas que ça irait si vite.
- Comment expliquez-vous ce phénomène ? C'est la nostalgie des adultes d'aujourd'hui pour leur enfance ?
- Oui, c'est sûr. Tout ce qu'on a connu étant enfant, ça marque beaucoup. On a été ensemble très, très, très longtemps, avec de grands moments de folie.
- Ce qui est particulier, c'est que vous avez marqué deux générations d’enfants : la génération « Récré A2 » à la fin des années 70, début 80, et la génération « Club Dorothée » de 87 à 97...
- C'est vrai qu'il y avait deux clans, ou disons plutôt deux familles. Et elles se retrouvent aujourd'hui, elles se re- joignent. Surtout que maintenant, il y a une troisième génération, car ceux qui étaient petits à l'époque vont venir me voir avec leurs propres enfants.
- A quoi doit-on s'attendre sur scène ?
- Avec ce spectacle, je compte surtout sur les émotions. Ça va être un échange d'émotions entre la salle et la scène. On se retrouve, donc il va y avoir beaucoup de moments fantastiques. J'espère qu'on ne va pas trop pleurer. On va surtout chanter ensemble, s'amuser. Il y aura des danseurs et une ambiance de folie.
- Dans votre répertoire, vous avez une chanson préférée ?
- C'est difficile de choisir. Mais ce qui est intéressant, c'est que des instituteurs et institutrices m'écrivent en disant qu'ils apprennent certaines de mes chansons à leurs élèves. Et ça, c'est assez surprenant. La chanson qui revient le plus souvent, celle qui est apprise, c'est « Pour faire une chanson ». C'est un morceau que j'aime bien parce que quand on l'a sorti, c'était tout à fait différent de ce qu'on faisait à ce moment-là.
- Ce qui a fait votre touche, dès « Récré A2 », c'est que pour la première fois, on ne s'adressait pas aux enfants comme s'ils étaient des mômes. Il y avait un autre ton, un humour...
- Oui. C'était important de ne pas les traiter comme des sous-êtres humains. Ça a toujours été ma règle : leur parler normalement. C'était très important.
- Il parait que lorsque vos producteurs, Jean-Luc Azoulay et Claude Berda, vous ont proposé de chanter, au début des années 80, vous avez d'abord refusé...
- C'est vrai, Peut-être que je ne me sentais pas capable. C'était un blocage. Mais j'ai vite cédé
- A cette époque, les médias vous opposaient à Chantal Goya...
- Il n'y a jamais eu de rivalité. On ne faisait pas la même chose. Chantal est venue très souvent à « Récré A2 ». On a fait un duo ensemble. Il n'y a jamais eu une seule querelle. Ça faisait même rire Chantal qu'on dise « elle te copie » ou toi tu copies.
- Vous avez rempli les plus grandes salles. En 1992, vous faisiez plus d'entrées que Michael Jackson ou Michel Sardou !
- Ça me donne le vertige. Heureusement, je ne savais pas à l'époque. Je crois que ça m'aurait bloquée si on me l'avait dit.
- Lorsque le « Club Dorothée » s'arrête brusquement en 1997, comment le vivez-vous ?
- Il n'y a pas vraiment eu de vide, parce que les téléspectateurs ont continué à me tenir au courant de leur vie. Je recevais encore un maximum de courriers. Ils ne m'ont jamais oubliée. Donc j'étais toujours en contact avec eux. Mais je savais que ça s'arrêterait un jour. Bon, ça a été un peu brutal, mais la vie reprend son cours. Il ne faut pas avoir de rancune ni de rancœur. Ça ne sert à rien.
- On vous a beaucoup reproché à l'époque la diffusion des dessins animés japonais. Avec le recul, quand on voit le succès des mangas aujourd'hui, vous vous dites que vous étiez en avance ?
- Oui. C'est une petite revanche. Dès qu'il y a des nouveautés, tout le monde réagit différemment. Ceux qui n'ont pas apprécié... tant pis. Moi, je suis assez contente que ça plaise autant désormais.
- Quand vous entendez Lorie dire que c'est grâce à vous qu'elle a voulu devenir chanteuse, ou que Julien Doré vous invite à chanter avec lui, ça vous fait quoi ?
- C'est touchant. Je suis la première surprise. Si ça leur a permis de trouver leur vole, tant mieux. J'ai marqué l'enfance de plein de personnes. Beaucoup m'écrivent et me disent qu'ils se sont mis à la photo, à la vidéo, à la musique grâce à mes émissions.
- A quoi ressemble votre vie loin des caméras ou de la scène ?
- Je fais tout ce que je n'avais pas le temps de faire avant : prendre le temps de lire un livre jusqu'au bout, de marcher sur la plage ou en forêt... Des détails simples mais importants. De vivre comme les autres, avec un rythme plus régulier.
- Vous serez alors contente de retrouver un peu de calme après la tournée ?
- Ah, mais je compte quand même sur mon équipe pour me trouver une petite occupation. Je fonctionne au coup de cœur. Si quelque chose me plait vraiment, je peux dire oui. Je ne ferme jamais les portes.
FREDERIC SERONT
C'EST À ELLE QU'ON DOIT LE TÉLÉTHON !
Il n'y a pas eu que Récré A2 et le Club Dorothée dans la carrière de Frédérique Hoschedé (son vrai nom). De 1973 à 1974, à tout juste 20 ans, elle anime déjà une première émission pour enfants, « Les mercredis de la jeunesse », avec la marionnette Blablatus ! Pourtant, elle ne se destinait pas du tout à ça. « Je voulais être archéologue. » C'est Jacqueline Joubert (la maman d'Antoine de Caunes) qui la repère. « Au collège, on avait monté une pièce et participé à un concours. Dans le jury. Il y avait Jacqueline Joubert. A la fin, elle est venue me voir et m'a dit : "Vous, vous avez une gueule de télé. Elle a pris mes coordonnées. Deux ans après, elle m'a recontactée pour passer un test. » C'est encore Jacqueline Joubert qui lui proposera Récré A2 en 1978. La suite, on la connaît. Dorothée a aussi eu une courte carrière d'actrice, notamment dans « Pile ou face », en 1980, face à Noiret et Serrault. Mais ça s'est arrêté là. « J'aurais dû tourner en 1984 dans le dernier film de Truffaut. Il m'a dit : "Je suis en train d'écrire un film avec vous et Jeanne Moreau." Mais il est décédé. Michel Audiard avait un film pour moi aussi. Et il est décédé aussi. » Plus surprenant, c'est elle qui a proposé l'idée du Téléthon en 1985 à Antenne2, après avoir vu aux Etats-Unis la version américaine créée par Jerry Lewis. « Je trouvais que c'était génial et qu'il fallait absolument faire ça en France. J'en ai parlé à Jean-Luc Azoulay. On a monté le projet. Ils n'ont pas voulu que je le présente, mais l'émission a été faite. Et c'est le plus important. »
Dorothée : « Je compte sur les Lyonnais pour faire la fête avec moi »

Le Progrès - 14 décembre 2025
La chanteuse préférée des enfants des années 80-90, aujourd’hui devenus grands, repart en tournée. Après une grande émission hommage en janvier 2025, près de 30 ans après la fin du Club Dorothée, qui a rassemblé des millions de téléspectateurs, elle a annoncé son retour sur scène avec le spectacle Se retrouver. Les dates parisiennes, au printemps 2026 au Palais des Congrès, se sont remplies en quelques minutes. Et ô surprise, il y a quelques semaines, elle a annoncé une (petite) tournée dans trois autres villes, dont Lyon. Ça sera le 10 avril à la Halle Tony-Garnier.
Elle a été l’idole des jeunes des années 80, 90 voire 2000. On la « retrouvait » à la télévision en rentrant de l’école, on passait le réveillon avec elle et on courait s’acheter ses albums, en vinyles ou, encore mieux, en cassettes (prêtes à être glissées dans notre walkman) chez le disquaire du coin. Dorothée a bercé notre enfance, nous a emmenés avec elle sur les routes du monde, fait découvrir des espèces animales et tous les styles de musique ou presque, avec la joyeuse bande du Club Dorothée et son groupe, les Musclés.
À la fin dudit Club Dorothée sur TF1, elle a quasiment disparu des radars, jusqu'en 2010, puis de nouveau. Jusqu'à un retour tonitruant en janvier 2025 en prime-time, toujours sur TF1, avec une émission-hommage (Merci Dorothée !) qui a rassemblé plus de 4 millions de téléspectateurs. Dans la foulée, l'animatrice-chanteuse a annoncé son retour sur scène pour une poignée de dates seulement, y compris à Lyon.
- À quel spectacle s’attendre ?
- Le même que celui que je vais proposer à Paris. S'il y aura des invités ? Je ne vais pas tout vous dire, il faut qu'il vous reste des surprises, sinon ce n'est pas drôle ! L'important, mais vraiment, ce seront nos retrouvailles, avec des émotions dans tous les sens, pour moi comme le public. Il y a le show, de la musique, des images, des danseurs, mais on va surtout danser tous ensemble.
- Vous avez été une animatrice Jeunesse marquante pour des générations, mais aussi une chanteuse de tous les styles... alors que vous ne vouliez, au départ, surtout pas chanter ?
- C’est vrai, comme quoi, il ne faut jamais dire jamais ! J'ai chanté de tout, ballades, rock... Chacun prend ce qu'il veut dans une chanson... Vous savez, mes chansons continuent leur "vie" : beaucoup d'institutrices et d'instituteurs m'écrivent pour me dire qu'ils les apprennent à leurs élèves, c'est trop mignon.
- Votre « vrai » prénom est Frédérique. Comment et pourquoi avez-vous choisi Dorothée ?
- C’est Jacqueline (Joubert, ancienne speakerine et grande productrice de télévision qui l'a découverte) qui n'aimait pas trop Frédérique, un prénom mixte, qu'elle trouvait trop androgyne... On a fait des recherches, des essais... Je crois que le choix s'est fait grâce à une chanteuse américaine qui s'appelait Dorothy Lamour (une actrice et chanteuse du XXe s, ex-Miss Nouvelle-Orléans, dont ce n'était pas le vrai prénom). Mais dans ma famille, je reste Frédérique.
- Avez-vous une chanson préférée, de votre répertoire et/ou celui des autres ?
- Non, c'est par moments celle-ci, ou celle-là, à telle époque... Mais je sais que ma plus connue doit être Tremblement de terre, qui rend un max sur scène !
- Avec le recul, on se rend compte de l'avant-gardisme qui a été le vôtre en matière d'écologie, d'interaction avec vos fans via le Club Dorothée, le Téléthon... On a aussi le sentiment qu'il vous a fallu beaucoup vous battre. Vous vous en rendiez compte à l’époque ?
- Oui et non ! C'est vrai qu'à l'époque, on ne parlait pas d'écologie et je proposais des émissions sur le sujet. Ça, le Téléthon, le respect des animaux... Quand je fais quelque chose, je le fais à fond et donc sincèrement. Je n'ai pas changé le monde, non, mais si j'ai pu ouvrir des portes, apporter ma pierre, ça me fait un grand plaisir.
- Avez-vous d'autres projets de spectacles, d’émissions ?
- On verra le moment venu, je n'ai aucun autre projet que ces concerts, je m'y consacre à 100%, c'est tellement important.
- Avez-vous une histoire particulière avec Lyon, et un message pour le public lyonnais ?
- Ça fait un bout de temps que je ne suis pas venue à Lyon, et pas d'histoire particulière, à part un souvenir : après un concert, on avait cherché un bouchon pour manger, en vain : ils étaient tous fermés (rires). Et je compte sur les gens, les Lyonnais, pour faire la fête avec moi.
Propos recueillis par Delphine Givord
Dorothée en tournée. Vendredi 10 avril 2026, à 20h, à la Halle Tony Garnier, Lyon.
Il reste des places. Tarifs : de 39 à 79 € (carré or).
Le saviez-vous ?
- La recordwoman du Zénith et de Bercy. À l'heure des records de dates complètes et de giga tournées de stars internationales, on en oublierait presque que c'est Dorothée qui détient le record de représentations au Zénith de Paris (52) et à Bercy (59). Son spectacle de 1992 a rassemblé plus de 500 000 spectateurs entre Bercy et une tournée. Un record en France devant Michael Jackson.
- Une étoile en Chine. En 1990 et 1991, elle se produit en Chine et participe à une émission vue par plus de 500 millions de spectateurs. Elle est surnommée « Dorothée Yao Gwen » (Dorothée rock'n'roll).
- Record d'antenne à la télévision. Elle est la femme ayant animé le plus d'heures d'antenne à la télévision française : plus de 1000 heures par an. Et a enregistré des records d’audiences : des émissions à plus de 7 millions de téléspectateurs, le Club Dorothée qui rassemblait de 60 à 75% du public jeune...
- Mangas et Téléthon. C'est elle qui est à l'origine des mangas en France mais aussi du... Téléthon ! L'ayant repéré aux États-Unis, avec l'humoriste Jerry Lewis, elle voulait l'importer depuis des années et a participé aux travaux d'adaptation.
Dorothée, le retour !

Soir Mag - 17 décembre 2025
L'idole de plusieurs générations remonte sur scène pour une série de concerts inédits, avec une escale à Bruxelles !
- Qu'est-ce qui vous a donné envie de remonter sur scène ?
- On me l'a proposé et j'ai dit: OK, on repart pour une grande aventure. De grands moments d'émotion. Je crois qu'il va y en avoir beaucoup, dans la salle et sur scène. Ça m'avait manqué...
- Votre public, ce sont plutôt des gens des années 80, 90, hyper nostalgiques, ou est-ce devenu très mélangé, avec des enfants, petits-enfants ?
- Il y a ceux qui étaient petits à l'époque, qui ont grandi, qui ont eu des enfants, à qui ils ont appris les chansons, ont montré des extraits des émissions... Aujourd'hui, c'est toute la famille qui vient. Ça met une pression, mais elle est positive. Je prends tout ça comme un grand moment de fête. Ce sont des retrouvailles, où on va chanter tous ensemble, passer un grand moment de folie...
- Ça demande une préparation physique particulière ?
- Pour l'instant, plutôt que de prendre l'ascenseur, je prends l'escalier (rires).
- Comment choisissez-vous votre set-list ?
- Le choix est très difficile (elle sourit). Pour tout mettre, il faudrait un spectacle de 8 heures, au moins. En plus, je ne sais pas faire de choix parce qu'à chaque fois, l'un ou l'autre morceau me rappelle toujours quelque chose.
- On vous a vue monter sur scène pour rejoindre Julien Doré pour l'accompagner sur "Allô, allô monsieur l'ordinateur". Comment avez-vous réagi ?
- J'étais d'abord très flattée qu'il reprenne la chanson. Très touchée ensuite qu'il m'ait invitée sur scène. C'est un homme extraordinaire. Il est d'une gentillesse, d'un professionnalisme!
- Vous aussi, vous nous réservez des invités surprises ?
- Justement, c'est une surprise (rires).
- Beaucoup l'ignorent, mais une de vos chansons, "Chagrin d'amitié", a été coécrite par Charles Aznavour. Comment est née cette collaboration ?
- Michel Jourdan (son principal parolier, NDLR) et lui se connaissaient. C'est comme cela qu'ils ont écrit ce titre ensemble. J'ai été très touchée que Charles Aznavour ait pensé à moi et ait eu envie d'écrire pour moi. C'est venu très naturellement. Par la suite, il m'a dit qu'il était devenu le roi de ses enfants parce qu'à l'école, les autres enfants disaient aux siens: "Waouh, ton papa connait Dorothée !" (Rires)
- Votre notoriété a-t-elle parfois été difficile à gérer ?
- Non, les gens ont toujours été très corrects, très respectueux et très gentils. Il n'y a pas de problème, je peux faire mes courses tranquillement. Ou alors on fait une photo, on popote... Ce sont surtout des gens qui me disent que j'ai bercé leur enfance, qui me remercient pour les émissions... Les rapports sont toujours très sympathiques, très gentils... Ce sont beaucoup de compliments, je ne m'en lasse jamais!
- Qu'est-ce que vous diriez à la jeune femme que vous étiez, qui bossait comme une acharnée: de prendre plus de temps pour elle ?
- Non, je lui dirais de ne rien changer, de continuer comme ça. Parce que tout ce que je faisais, je le faisais sincèrement, et je n'aurais pas pu faire plus. J'ai fait de mon mieux à chaque fois. Donc, je lui dirais : "Continue !"
Sigrid Descamps
Le 16 avril à ING Arena, Bruxelles.
« Adieu, Claude » : mort de Claude Berda.
Libération - 19 décembre 2025
Son nom est peu connu, mais ses sitcoms ont été des programmes phares dans les années 80. Claude Berda, le «B» d’AB production est mort ce vendredi à l’âge de 78 ans. Ses enfants et petits-enfants ont annoncé sa disparition à l’AFP, saluant un homme «qui, par son intuition, a offert aux Français les programmes qui ont bercé leur jeunesse». Il avait cofondé en 1977 AB Productions, dont son collègue Jean-Luc Azoulay était le «A».
Dans un message à l’AFP, Dorothée, qui a présenté Le Club Dorothée de 1987 à 1997 sur TF1, a dit sa «peine tellement immense». «Mon Claude, ta “petite sœur” de cœur, comme tu aimais m’appeler, ne pourra jamais t’oublier», a-t-elle écrit. «Je perds comme un frère», a réagi de son côté Jean-Luc Azoulay auprès de l’AFP. «On s’est connus quand on était étudiants tous les deux» et «on s’est séparés en 2000, j’ai gardé la production et lui est passé sur d’autres aventures». Mais «on était restés amis», a ajouté l’ancien homme-orchestre, à la fois scénariste, producteur et même auteur de tubes pour Dorothée (Hou, la menteuse) et Hélène Rollès (Je m’appelle Hélène).
Claude Berda était surtout un entrepreneur. AB Productions, d’abord spécialisée dans le disco, est devenue le producteur de Dorothée et s’est diversifiée avec succès dans les «sitcoms» (comédies de situation) destinées aux jeunes. Certaines sont devenues cultes : outre Hélène et les garçons, sont restés au patrimoine télévisuel Salut les Musclés, Le Miel et les Abeilles, Les Filles d’à côté ou Premiers baisers.
AB Productions a aussi été pionnière en intégrant la production discographique, l’organisation de concerts et le merchandising autour de ses productions. Claude Berda, «visionnaire», a en outre «rapporté» la série «Friends» des États-Unis et accompagné «les débuts des dessins animés japonais avec Goldorak, Bioman, posant les prémices de l’arrivée des mangas», a souligné sa famille.
Vendredi lors du JT de 13 h 00 de TF1, la présentatrice Anne-Sophie Lacarrau a évoqué «un grand homme» qui «aura contribué aux belles heures» de la chaîne.
Devenu un des leaders de la production audiovisuelle, fournissant quantité de programmes, le groupe AB avait été introduit en 1996 à la Bourse de New York, ce qui avait permis de financer le lancement du bouquet satellite AB Sat, visant une clientèle populaire.
AB avait été rachetée par Mediawan en 2017. Le géant de la production a rendu hommage vendredi sur X à Claude Berda, «figure emblématique du paysage audiovisuel français». Sur le même réseau social, Pierre Lescure, autre personnalité du PAF, a dit «Adieu, Claude».
Franco-Suisse né le 3 février 1947, diplômé en droit et gestion, Claude Berda avait commencé sa carrière en vendant des jeans à l’université, puis avait ouvert une chaîne de boutiques sur la Côte d’Azur. Depuis les années 2000, Claude Berda s’était tourné vers l’immobilier, en Suisse et au Portugal. «Nous garderons le souvenir d’un homme hors du commun, chaleureux et charismatique», lui a rendu hommage sa famille.
Dorothée rouvre le bureau du bonheur

Le populaire du Centre - 25 décembre 2025
Les premières dates se sont arrachées en quelques minutes. Dorothée signe son grand retour sur scène. Figure de la télé mais aussi de la chanson populaire, recordwoman des grandes salles, elle repart à la rencontre d'un public devenu adulte qui ne l'a jamais oubliée.
PROPOS RECUEILLIS PAR ROLAND SEGUY
Saviez-vous que Dorothée détient le record féminin de représentations à Bercy, avec 59 concerts et plus de 700.000 spectateurs ? Seize ans après s'être éloignée de la scène, âgée aujourd'hui de 72 ans, elle revient sur son parcours hors norme et les raisons de son grand retour.
- Pourquoi revenir aujourd'hui sur scène ? Quel a été le déclic ?
- Après de longues années de demandes et de supplications de mes copains, des fans, j'ai craqué ! Je reçois encore énormément de courriers, toujours les mêmes messages: "Tu nous manques", "Reviens sur scène"... Le vrai déclic, ça a été l'émission "Merci Dorothée" : Cinq millions de copains qui vous regardent et qui vous réclament, c'est difficile de résister.
- Pour vos premières dates annoncées, à Paris, les places se sont vendues en quelques minutes…
- C'est parti très vite, oui, en huit minutes! Ça a été une première surprise. C'est bluffant. Franchement, je n'ai toujours pas atterri. C'est un vrai coup dans l'estomac. Ils m'attendent, ils sont prêts, ils sont là. C'est vraiment très touchant.
- Quand vous repensez aux années Club Dorothée et Récré A2, quelle émotion domine?
- L'émotion, je l'ai tout le temps. Dans la rue, dans les commerces, quand on se rencontre, il y a souvent un arrêt sur image, les larmes qui montent aux yeux. "Je suis trop contente de vous voir. Merci, vous avez bercé ma jeunesse". C'est comme de grandes retrouvailles. Je leur dis "Ne vous mettez pas à pleurer, sinon j'y vais aussi !" Et puis, il y a les courriers. De véritables déclarations. Ils racontent leur enfance, tout ce qu'ils ont vécu avec les chansons, spectacles, émissions... L'émotion est là: dans la rue, dans les courriers.
- Que représente la scène pour vous, par rapport à la télévision?
- Sur scène, je les vois en vrai. On est face à face. J'espère que mes jambes vont me tenir, d'ailleurs, parce que l'émotion sera très forte... J'ai toujours eu le trac ! Avant, je les entendais quand ils étaient enfants. Aujourd'hui, ils sont adultes. Ça va être très particulier. Je sais aussi qu'ils viendront en famille. Il y aura un mélange de générations très fort.
- À quoi faut-il s'attendre sur scène ?
- Ce sera un grand show. Je ne peux pas tout dire. Mais ce sera unique. Bien sûr, on se demande toujours si tout va bien se passer. On ne veut surtout pas décevoir ceux qui viennent. C'est ma première angoisse. Mais dans les courriers, on me dit: "Ne t'inquiète pas, on est avec toi". Ça fait très chaud au cœur.
- Vous avez des regrets, concernant votre carrière télé ?
- Je n'ai pas de regrets. Ça ne sert à rien. Il y a des choses qu'on n'a pas faites, tant pis. On fait autrement. Le regret a un côté négatif qui ne me plait pas. Je ne garde que les bons moments.
- Justement, c'est quoi, particulièrement, ces bons moments?
Les moments de folie, bien sûr. Et puis les émissions importantes: Terre Attention Danger, Les Noëls de l'amitié, Des Millions de copains, On pense à toi... On n'a pas été inutiles. On a sauvé des vies. On a aidé des jeunes et des moins jeunes, à tenir le coup. Je ne dirais pas que je suis fière. Mais je suis contente.
- Comment vous expliquez ce rapport si particulier avec votre public?
Je pense que c'est parce que tout ce que je faisais, je le faisais sincèrement, du fond du cœur. C'était vrai, il n'y avait pas de tricherie. La sensibilité passait, le message aussi.
- Quand la télé s'arrête, vous ressentez quoi ?
L'arrêt a été brutal et soudain. Il fallait redescendre vers une vie plus quotidienne. Il faut laisser le temps au temps. Je ne voulais pas faire de la télé pour faire de la télé. Si quelque chose ne me tenait pas à cœur, je ne pouvais pas le faire. Ils me connaissent trop bien, ils auraient vu si ce n'était pas sincère.
Dorothée : « Ce sont les copains qui m’ont demandé de revenir »

TéléPro - 30 décembre 2025
Avant son spectacle à Bruxelles en 2026, TMC rediffuse l’émission « Merci Dorothée ! », ce mardi à 21h10.
Si Dorothée repart en tournée, c’est grâce à l’émission « Merci Dorothée ! », diffusée en janvier dernier sur TF1. « Le dernier déclencheur… peut-être, oui », sourit-elle. « Parce que j’ai reçu énormément de messages après l’émission, en plus, et qui étaient très émouvants et très, très forts. »
Le succès du programme et « l’amour » toujours intact que l’animatrice a reçu durant l’hommage à sa carrière, et juste après, l’ont convaincue que « son » public ne l’a pas oubliée. Et pourquoi ne pas venir à sa rencontre à travers une tournée qui passera le jeudi 16 avril à l’ING Arena. Mode émotions activé !
Rencontre avec la star des enfants et des adolescents des années 90 qui va plus que probablement réveiller l’âme d’enfants des quadras et des quinquas.
- Qu’est-ce qui vous a donné envie de remonter sur scène ?
- Ce sont les copains qui m’ont demandé de revenir, et de les retrouver. J’ai dit « OK »… On repart pour une grande aventure. Des grands moments d’émotion, et je crois qu’il va y en avoir ! Et dans la salle, et sur scène. Surtout que ça faisait longtemps que je n’étais pas venue chez vous, à Bruxelles. Et là, c’est vraiment un moment unique…
- Ça vous avait manqué ?
- Oui, je le reconnais.
- Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
- Allez savoir ! Je ne sais pas…
- Votre public, aujourd’hui, ce sont plutôt des personnes des générations des années 80 et 90…
- Il y a ceux qui étaient tout petits, qui ont grandi, qui ont eu des enfants, et ils leur apprennent mes chansons, ils leur montrent des extraits des émissions… J’en suis à la troisième génération, je crois ! C’est toute la famille qui va venir au spectacle. C’est une pression positive. C’est touchant, toute cette fidélité.
- Comment appréhendez-vous ces concerts ?
- Je le prends comme un grand moment de fête. Ce seront des retrouvailles. Ça fait très longtemps, même en France, que je ne les avais pas vus. On va chanter tous ensemble. Le but c’est ça, c’est de se retrouver, de chanter et de passer un grand moment de folie.
- Avec des hommages à Ariane, Corbier et Framboisier ?
- Bien sûr ! Il y aura un clin d’œil. Je ne pourrais pas faire autrement.
- Vous allez devoir faire un choix de playlist ?
- Avec les producteurs, on a fait la liste et le choix est en effet très difficile. Pour tout faire, il faudrait quoi ? Un spectacle de 8 heures, c’est trop ! (rires) Et comme je ne sais pas faire de choix…
- En réalité, vous avez déjà fait un retour sur scène, avec Julien Doré, en avril…
- J’étais d’abord très flattée qu’il reprenne la chanson (« Allô allô, Monsieur l’ordinateur », NDLR). Très touchée qu’il m’ait invitée parce qu’en plus c’est un homme extraordinaire. Il est d’une gentillesse, d’un professionnalisme et aussi extraordinaire. J’étais très touchée et très inquiète. Et ça s’est hyper bien passé. Pourtant, moi, j’ai le trac tout le temps parce que je veux que tout soit bien et donc j’angoissais un peu.
- Comment avez-vous vécu l’après « Club Dorothée » ?
- Je savais qu’un jour ou l’autre, ça s’arrêterait, c’était certain… C’était peut-être arrivé un peu plus rapide que prévu. On n’a pas le choix. Ça s’est arrêté, une autre vie reprend, et petit à petit, on reprend une vie normale, ou plutôt une autre vie.
- Qu’est-ce que vous diriez à la jeune femme que vous étiez juste avant que ça s’arrête ?
- Je lui dirais « ne change rien, continue comme ça ». Parce que tout ce que je faisais, je le faisais sincèrement et je n’aurais pas pu faire plus. Donc j’ai fait de mon mieux à chaque fois et j’aurais dit « Et bien on continue ! ».
- Il y aussi eu « Récré A2 »…
- Jacqueline Joubert dirigeait cette tranche horaire, et c’est elle qui a décidé de choisir ces personnes (Cabu, William Leymergie, Zabou,…) et on s’est rencontrés, on s’est connus, on s’est appréciés. Ce qui était intéressant, c’est que justement il n’y avait pas deux personnalités pareilles. La diversité faisait l’intérêt justement de ces rendez-vous, parce qu’on était vraiment tous opposés les uns et les autres.
- Tout était improvisé ?
- Non, il y a eu de l’improvisation, mais sur une base bien écrite quand même. Parce que l’impro ne vient que lorsqu’il y a une base. Quand on fait de la télé en direct, même enregistré, il y a forcément de l’improvisation. Toujours un petit problème à droite ou à gauche, donc il faut réagir. D’où justement l’intérêt d’être tous différents, pour que chacun réagissait différemment, on s’entraidait, on se suivait, on se protégeait.
- Cette fraîcheur manque à la télévision, aujourd’hui ?
- Tout à fait. Ce n’est plus du tout la même chose, mais on est tombé au bon moment, si vous voulez. Toute l’équipe a eu cette idée au bon moment. J’ai eu des producteurs fous qui ont accepté de nous laisser jouer cette aventure. Nous étions 5 animateurs ! On a tous créé quelque chose ensemble. Honnêtement, je ne sais pas si on pourrait refaire la même chose maintenant ! La télé a bien changé. Et c’est marrant, on revient un petit peu à tout ce qui a été fait avant dans certains programmes.
- Est-ce que les enfants sont encore autant attachés à leurs dessins animés quand il n’y a pas d’incarnation ?
- C’est bien que vous en parliez, parce que pour moi, c’est ce qui était très important : entre deux dessins animés, il fallait qu’il y ait de l’humain pour relativiser, remettre les choses à leur place.
- Est-ce que maintenant les jeunes regardent des dessins animés ?
- Je ne sais pas, peut-être pas tant que ça. Ou alors, les tout-petits. C’est maintenant le rôle des parents. Ils suivent et ils surveillent. C’est mon souhait. Parce que les laisser seuls, c’est pas très drôle. On voit qu’il y a quelques petits problèmes avec certains jeunes, donc il faut que les parents jouent vraiment leur rôle, et les grands frères ou les grandes sœurs suivent un petit peu tout ça. Faut pas les laisser tout seuls. C’est triste.
- Vous avez été précurseure avec les mangas qui sont un succès aujourd’hui…
- C’est une petite revanche entre guillemets. Ce qui est marrant, c’est que moi, j’ai toujours adoré la bande dessinée qui à l’époque était considérée comme un art encore « inférieur ». Et là aujourd’hui, il y a eu un boum et la bande dessinée a été reconnue. En plus, quand on connaît les dessinateurs, ils sont tous magnifiques et ce sont des gens extraordinaires. C’est pour tout ça que je les adore. Et ça a été pareil pour les mangas, on ne connaissait pas, c’est nouveau, est-ce que c’est bien ou c’est pas bien ? Et c’est un deuxième boum !
- Vous étiez directrice des programmes jeunesses de TF1. Comment choisir, pour le public français, quelque chose qui est fait pour des Japonais?
- Alors, on est beaucoup plus proches des Japonais qu’on ne le pense. On est plus proches d’eux que des Américains, par exemple. « Goldorak » a eu un énorme succès. Il paraît même qu’il a eu plus de succès en France qu’au Japon ! Pour « Dragon Ball » et « Les Chevaliers du Zodiaque », on s’est rendu compte que c’était la même logique aussi. On avait des psys qui surveillaient tout, qui revisionnaient après et qui coupaient si jamais il y avait problème et on avait leur aval, ou pas, pour diffuser. Tout était fait dans les règles de l’art.
- Est-ce que faire une voix du film « Les Schtroumpfs » vous a fait plaisir ?
- Ça c’est drôle, 40 ans après, c’est ça m’a fait tout drôle de participer. Et là où j’étais contente, c’est que Gérard Hernandez a gardé son rôle de Grand schtroumpf. À chaque fois que je le croisais, je l’ai appelé Grand schtroumpf, C’était encore plus touchant.
- La télé, c’est fini, vous n’en ferez plus ?
- Ce n’est jamais fini, les portes ne sont jamais fermées ! Je fonctionne beaucoup au coup de cœur. Si quelque chose de passionnant arrive et m’est proposé, pourquoi pas ? Mais je ne veux pas faire de la télé pour faire de la télé. Ce qui est sûr, c’est que je ne ferai pas un jeu.
- Est-ce que vous venez souvent en Belgique?
- Avant, je venais beaucoup plus souvent parce qu’on faisait des tournages du « Club Dorothée ». Je venais pour les spectacles et puis on s’était fait des amis avec la famille de Peyo, Tibet ou Dany… Toute la famille de la bande dessinée, en fait. J’étais toujours bien reçue, on s’entendait très bien. Mais ça fait longtemps que je suis pas venue, c’est vrai…
Entretien : Pierre Bertinchamps



















