Articles - 1988 - Chantal Goya
- Chantal Goya : "Je reviens sur la pointe des pieds"
- Chantal Goya - L'atout enfant d'Antenne 2
- DOROTHÉE ET CHANTAL GOYA veulent se mettre KO! (extraits)
- MERCREDIS MAGIQUES SUR A2 AVEC LA FEE GOYA
- La télé dont le prince est un enfant
- Chantal Goya monte sur la Butte pour détrôner Dorothée
- La deux joue Chantal contre Dorothée
- DOROTHÉE ET CHANTAL GOYA
- Les enfants d'abord...
- Chantal Goya : « C'est stupide et méchant »
- PAS DE QUERELLE ENFANTINE ENTRE DOROTHÉE ET CHANTAL GOYA
- Le duel – Dorothée devance Chantal Goya dans les sondages
- Brèves (5 articles)
Chantal Goya : "Je reviens sur la pointe des pieds"

Télé poche – 1988
Dans la troupe de Chantal Goya deux nouveaux personnages : l'oiseau et le renard, spécialement créés pour l'émission.
Une demi-heure chaque semaine sur A2 pour distraire les enfants. Vous n'êtes pas étonné qu'on l'ait confiée à Chantal Goya. Elle, si.
- Guillaume Durand vous avait invitée à « Face à France » le 14 janvier. Il vous attend tou-
jours. Pourquoi lui avoir fait faux bond ?
- A aucun moment, je n'ai dit à Guillaume Durand que je viendrai. Il m'a sans doute annoncée pour émoustiller le public. C'est la mode et je suis la cible rêvée.
- Qui vous a contactée pour A2 ?
- Louis Bériot a appelé Jean-Jacques (Debout), le concepteur de tous mes spectacles. Nous étions à cent lieues de penser à la télévision. Je n'en revenais pas. Il nous a dit : « Les moyens sont ce qu'ils sont, mais venez avec vos personnages et vos décors ». Nous nous sommes dit que c'était le moment de foncer.
- N'avez-vous pas eu le sentiment que l'on vous proposait de faire du réchauffé ?
- Non, au contraire. C'est une chance de faire revivre les costumes et décors qui étaient en train de mourir dans un hangar. C'est une prolongation de mes spectacles avec, en plus, les trucages qui permettent d'aller plus loin.
- « Le monde magique de Chantal Goya », c'est en fait un conte écrit par Jean-Jacques Debout. Prévoyez-vous autre chose ?
- Oui. Nous avons récupéré auprès de TF1 « La poupée de sucre » qui n'a été programmée qu'une seule fois. Nous diffuserons chaque semaine une séquence de dix minutes. Pour chaque conte, Jean-Jacques écrit cinq chansons nouvelles. Mon vœu serait de pou- voir inviter un chanteur ou un comédien.
- Une émission pour enfants sans jeu, sans concours ni récompenses n'en est pas vraiment une.
- Justement, nous demanderons aux enfants de nous envoyer des dessins. Une fois par mois, nous en tirerons dix au sort. Le gagnant verra débarquer chez lui ou chez elle, quelle que soit sa ville, un petit lapin, les bras chargés de cadeaux.
- La guerre Dorothée-Chantal n'aura pas lieu, bien sûr.
- Il n'y a aucune raison à cela. Nous sommes différentes. Et j'espère bien qu'il y aura encore plein d'artistes et d'animateurs qui se consacreront aux enfants. Dorothée a une expérience du petit écran que je n'ai pas. Moi, j'arrive sur la pointe des pieds. Mais la télévision, c'est pour moi un monde fantastique.
Propos recueillis par Isabelle GAUDON
Chantal Goya - L'atout enfant d'Antenne 2

Goya sur Antenne 2, le mercredi, à 14 h 40, face à Dorothée sur TF1 ; de quoi exciter la médisance proverbiale des journalistes. Un beau combat en perspective, par audience interposée, entre les deux stars du monde enfantin, déjà concurrentes dans les spectacles. Une insinuation balayée par Chantal Goya d'une réplique : « Avec Dorothée, nous sommes très, très amies, dit-elle. Dès que nous avons accepté, avec Jean-Jacques Debout, la proposition d'Antenne 2 en décembre, j'ai aussitôt téléphoné à Dorothée pour la prévenir. En lui disant bien, qu'entre nous, il ne serait jamais question de guerre ! Elle était tout à fait d'accord avec moi. Nous nous connaissons depuis dix ans, nous travaillons pour les enfants. Ils ont besoin de détente, de rêves. Plus les chaînes programmeront ce genre d'émissions, mieux ce sera... ».
Après son Jeu de Vérité tristement célèbre de 1985, et malgré quelques apparitions cathodiques depuis, ce rendez-vous du mercredi constitue bien pour Chantal Goya un grand retour. « Je suis ravie de retrouvailles, poursuit-elle, grâce à cette série de contes merveilleux écrits spécialement par Jean-Jacques Debout pour le petit écran. L'important pour moi, c'est de revenir sur la pointe des pieds. Et je suis en train de découvrir un nouveau monde fantastique qui me passionne. Grâce à tous les trucages, nous pouvons imaginer d'étonnants prolongements de mes spectacles. »
Pour ce Monde magique, Chantal Goya compte transporter les téléspectateurs en culottes courtes dans un « univers fantastique gai ». « Avec un adorable petit Poil de carotte, nous partons de Montmartre, pour, après une série de péripéties imaginées par Jean-Jacques, nous envoler dans un autre monde. On y retrouve les personnages et certains décors de mes précédents spectacles comme Monsieur le Chêne. Et d'autres créatures, comme Télé Chêne, un nouveau tronc d'arbre avec, incrusté dans l'écorce, un écran qui nous permet de diffuser d'anciens spectacles télévisés et un nouveau feuilleton sur lequel travaille Jean-Jacques. Sans parler d'un mainate, vedette de la Radio libre de la Forêt, et du Renard... »
Pour Chantal Goya, pas question pourtant d'oublier les spectacles. Son nouvel album, Le monde tourne à l'envers servira de support à son prochain spectacle en novembre, au Palais des Congrès... Pour elle, tout à l'air de tourner rond...
François Cardinali
DOROTHÉE ET CHANTAL GOYA veulent se mettre KO! (extraits)

C'est la guerre des barboteuses. En février, Chantal Goya et Dorothée, idoles des enfants, vont se livrer un duel sans merci afin d'obtenir le meilleur taux d'écoute. Chantal Goya et Dorothée veulent se mettre K.O. !
Une fois de plus, une belle bataille d’annonce au sein de mère télévision. Puisque concurrence oblige, TF1 et Antenne 2 viennent de se déclarer la « guerre des barboteuses » ! Par mômes interposés, Dorothée qui officie sur la une depuis septembre dernier et Chantal Goya, prête à démarrer sur antenne 2 ; vont se battre sans merci pour déséquilibrer réciproquement leur audience. Le duel commence dès le 3 février.
Pendant dix ans, Dorothée a travaillé sur Antenne 2 avec sa marraine Jacqueline Joubert. Avec son départ, cette dernière s’est sentie trahie :
POUR UN PEU, SI DOROTHEE AVAIT ETE UN GARCON, ELLE AURAIT REPRIS A SON COMPTE LA CELEBRE PHRASE DE L'EMPEREUR ROMAIN JULES CESAR A SON FILS BRUTUS QUI L'ASSASSINAIT : « TOI AUSSI, MON FILS »
NOUS ALLONS PROPOSER AUX ENFANTS UN VERITABLE CONTE DE FEES, EXPLIQUE T'ON A ANTENNE 2. DES DECORS SOMPTUEUX ET MAGIQUES. NOUS MISONS BEAUCOUP SUR CHANTAL GOYA QUE L'ON A ENTERREE UN PEU TROP VITE...
Barnard MONCEL
MERCREDIS MAGIQUES SUR A2 AVEC LA FEE GOYA
Quand Jean-Jacques Debout l'a rencontrée, elle était jeune fille au pair et rêvait de devenir journaliste. Instantanément épris de son visage angélique, il lui dit : « Épousez-moi, nous aurons deux enfants et vous serez célèbre à trente ans ! »
Chantal, qui allait devenir Goya, eut la sagesse d'accepter ce pari de fou. Dix-sept millions de disques plus tard, la télévision réclame cette fée qui sait sur qui compter.
PAR YVES COUPRIE
En décembre 1987, Claude Contamine, P.-D.G. d'A2, propose à Chantal Goya d'animer chaque mercredi après-midi une émission pour les enfants. Il la veut à tout prix, eu égard à l'indice de popularité de celle qui fut la première à ouvrir la voie royale de la chanson pour tout-petits. Chacun croit savoir, à priori, qui est Chantal Goya : de la gentille fillette à la fée Carabosse, de la poupée « gnangnan » à la reine des enfants, tout le monde s'est fait son opinion – plus souvent à tort qu'à raison. - On connaît la chanson : chaque star a une épée de Damoclès au-dessus de sa couronne d'épines pour les martyrs, de roses pour les lauréats. Comment Goya vit-elle cela ? « On peut me critiquer en tant que chanteuse, si on veut. Mais je me considère comme un personnage, pas comme une chanteuse. Quelqu'un qui fait plus du spectacle musical que de la variété. Chantal est lucide : elle est avant tout une « image ». Mais qu'y a-t-il derrière ? « Je pense être insaisissable mais vraie ; complètement entière et sincère, et parfois presque une écorchée vive. Cette sensibilité me permet d'être comme irréelle pour le monde des enfants. Je ne sais pas jouer la comédie. C'est pour cela que je ne pouvais pas être autre chose que moi-même au cinéma. »
Quand Jean-Luc Godard l'a fait tourner, en 1965, dans « Masculin féminin »>, il ne s'y est pas trompé. Avant de l'engager, il l'a observée pendant une demi-heure à la terrasse d'un café, et son naturel l'a emballé ! « Je n'ai jamais voulu être une star, dit aujourd'hui Mme Debout. Ce qui est fantastique, pour moi, c'est de penser à ces enfants qui, quand ils me voient à la sortie d'un spectacle, n'arrivent pas à réaliser que c'est moi. C'est le plus beau des cadeaux ! »
Sur scène... dans un grand ciel étoilé
Elle ajoute : « C'est grâce aux rêves qu'inspirent mes spectacles qu'on se rencontre avec les enfants. Cela ne peut pas s'inventer, on ne peut pas le fabriquer ! Si on me de- mandait de fabriquer une Chantal Goya, je ne pourrais pas le faire. C'est au moment où je suis sur scène que ça se passe. Dans la vie, je suis normale, je peux assumer mes responsabilités. Sur scène, je suis moi aussi dans le rêve, dans un grand ciel étoilé. Ce qui est en moi en sort à ce moment. Ailleurs, je ne pourrais pas le faire. Sauf, peut-être, en écrivant. Mais sûrement pas en peignant : j'ai beau m'appeler Goya, je ne sais pas peindre ! » Et la fée Goya de sourire de ses petites quenottes d'enfant. C'est ce sourire qui fascine tant chez elle : il enjôle...
A quarante-deux ans, Chantal Goya a largement de quoi sourire : Jean-Jacques Debout a tenu sa promesse. Il lui a donné deux enfants (une Clarisse très jolie et un Jean-Paul musicien), désormais majeurs, et la célébrité. Chacun de ses albums se vend en moyenne à quatre cent mille exemplaires, et le courrier de ses petits fans s'empile sur le secrétaire de son appartement de l'île Saint-Louis. Avant sa mort, Coluche était au nombre de ses amis. Il lui avait dit un jour, avant une émission de télévision : « Je ne me permettrais jamais de te critiquer, je n'ai pas envie de me retrouver avec tous les enfants sur le dos ! »
En tout cas, si Chantal doit son succès aux enfants, elle ne les oublie pas... « Ce qui me touche le plus, quand je vois les actualités, c'est la misère des enfants. Avec Jean-Jacques, on a toujours fait tout ce qu'on pouvait pour les aider. On ne fait pas une carrière pendant dix ans avec les enfants si on ne les aime pas. J'adore leur façon de rêver, leur façon d'être. Si je peux leur apporter du merveilleux et de l'imaginaire, je continuerai à le faire longtemps. » A l'entendre parler, on sent son amour pour les enfants.
En plus de son émission de télévision, Chantal travaille actuellement à la création de la Fondation Goya pour les enfants. Elle vient d'acheter avec son mari une magnifique propriété dans les Deux- Sèvres le château de Saint- Loup, qu'elle compte offrir aux enfants. « Ce n'est pas pour y habiter qu'on l'a acheté, mais pour y inviter tous les enfants qui en ont besoin, des boat people aux enfants déshérités. Pour qu'ils puissent y passer des vacances. Ce château, c'est le plus beau cadeau que je pouvais leur faire. »
Le Soleil levant de Chantal
Comme pour prouver à quel point le hasard fait bien les choses, Chantal Goya nous a raconté cette anecdote : * A l'époque où je venais d'enregistrer mon second quarante-cinq tours, "Une écharpe, une rose", un titre plutôt anachronique en plein "boum" du rock et de la pop music, un Japonais m'a abordée près des Champs-Élysées. Il voulait savoir où se trouvaient les bureaux de RCA. Justement, je sortais de chez eux avec mon nouveau disque sous le bras. Je lui en ai fait cadeau après lui avoir indiqué le chemin…
Six mois après, les gens de ma maison de disques m'apprennent que je suis numéro trois au Japon, derrière Elvis Presley et les Rolling Stones ! Et cela grâce au Japonais que j'avais croisé dans la rue ! Il avait adoré mon disque et était propriétaire de trente radios japonaises... »
Si Chantal m'était contée
Son émission pour enfants aura lieu chaque mercredi, de 14 h 40 à 15 h 10, à partir du 3 février. Chantal Goya nous en a dit un peu plus sur la forme qu'elle compte lui donner : « Ce sera chaque semaine une petite histoire différente, sous forme de conte. J'y serai mise en scène au milieu de mes personnages et de mes décors. Jean-Jacques va essayer d'écrire de nouvelles chansons pour cette occasion. Mais comme on doit aller très vite pour préparer les premières émissions, on va reprendre certains de mes derniers titres. »
La télé dont le prince est un enfant

Salut les zappeurs !
Un mercredi après- midi au chevet des programmes pour enfants. Une expérience révélatrice que devraient effectuer, au moins une fois, les parents désireux d'en savoir plus sur les
goûts télévisuels de leurs enfants.
J'ai demandé à Nicolas, mon fils tendrement aimé, de me mettre sur papier le « hit-parade » des émissions enfantines du mercredi après-midi qu'il préfère. Du haut de ses huit ans - «et demi », précise-t-il ; « voyons, papa ! » - voici la liste qu'il a établie et que je vous livre, « fôt dorto graff » comprises: 1) mask; 2) bijomane; 3) jiaydjo; 4) l'enpir des 5; 5) cobra; 6) goldaraque; 7) capiten flame.
Dorothée, la préférée ?
J'apprendrai plus tard que Dorothée, la rivale de Chantal, est mieux appréciée par Nicolas. Dorothée d'Antenne 2, me dira-t-il. Sûr ? Ah ! Non, de TF 1. Ce sont les amis de Dorothée qui sont sur Antenne 2... Le caractère aigu de la concurrence entre les chaînes de télévision, spécialement françaises, échappe manifestement à mon petit Nicolas. D'ailleurs, le nom de la chaine sur laquelle ils sont à un moment précis, lui et Dominique n'en ont rien à cirer...
Mini-dialogue saisi à 14.47. Dominique : Mon meilleur ami a dit que Dorothée a dit que les Belges sont c... ! Nicolas : c'est même pas vrai, parce qu'elle téléphone parfois à des enfants belges.
Re-feuilleton de FR3. Moment d'attention passionnée. Vous connaissez l'histoire ? « Non !>> En tout cas, ils paraissent avoir compris le scénario plus vite que moi... Dorothée annonce qu'il y aura deux épisodes, cet après-midi-là, de « Bioman ». Dont un après cinq heures. Zut ! On va au sport, dit Dominique. J'enregistre, décide Nicolas qui fonce sur le magnétoscope. Pourquoi maintenant, se demande le père ? Difficile d'obtenir une réponse. Prière de ne pas déranger, est-il opposé à ses questions, mais en termes moins respectueux. Comment, en effet, peut-on poser des questions (simplistes ? idiotes ?) pendant l'épisode de « G.I. Joe ». Dur, le métier de journaliste. Mais je finis par apprendre que l'objectif de l'enregistrement n'est pas seulement de conserver le second épisode de « Bioman » promis par Dorothée. Car, comme ça j'ai quelque chose à regarder quand je n'ai pas d'autre cassette à voir.
Cela, le paternel l'avait déjà compris antérieurement. Les gosses, son gosse en tout cas, passent des heures à re-re-voir indéfiniment des cassettes déjà vues et particulièrement des morceaux choisis des dits enregistrements (des séquences d'action palpitantes, de préférence). Qui a dit qu'une fois vu, un film n'avait plus d'intérêt ? Certainement pas la génération des adultes du XXIème siècle !
Zapping
Tête du papa s'allongeant démesurément... Non, pas à cause des fautes d'orthographe. Le journaliste, de papa à Nicolas, sait d'expérience qu'une écriture parfaite (!) ne s'acquiert pas tôt dans la vie. Quand elle s'acquiert... Tête du papa parce que : petit a) c'est tout des machins américains ; petit b) tous diffusés par TF 1. Prenant son courage à deux mains, le père propose donc d'accompagner en vision un mercredi après-mdi sa progéniture devant le poste, en la présence d'un camarade, Dominique, même âge, même école. Règle du jeu : le papa n'intervient pas, sauf pour poser des questions.
On est devant le poste à 14.41 précises. Le récepteur à peine allumé, le « zapping » commence.
« Zapper » ? Au moyen de la télécommande, passer d'une chaîne à l'autre (au Canada français, on dit " pitonner » ...). Nicolas s'est octroyé la maîtrise des manœuvres. Dominique devra se contenter jusqu'au bout de « suggestions ».
Goldorak un succès qui se ne dément pas Le premier tour d'horizon « pour voir ce qu'il y a » aboutit à un arrêt sur Antenne 2 au moment d'un écran publicitaire. Manifestement, ils connaissent et apprécient certains spots. Ah ! Ça c'est une bonne, s'exclame Dominique à propos du produit « Smacks » de chez Kellog's. Puis re- « zap ». Je ne trouve rien pour les enfants, constate Nicolas. On s'arrête trente secondes sur le feuilleton de FR 3 (« L’ile du bout du monde », est-il précisé dans « Télépro »).
Tiens ! Voilà Chantal Goya (A2) ... Je ne l'aime pas, celle-là ! dit Dominique. Mini-interview de Nicolas, prise après la vision : Oui, je connais, mais je n'aime pas. Pourquoi ? J'sais pas. Il y a beaucoup d'enfants qui n'aiment pas et beaucoup qui aiment bien. Ce sont surtout les filles qui aiment bien. Moi, je regarde ça quand je m'em..., c'est-à-dire quand il ne trouve rien de mieux.
Bagarre devant le poste !
Je vous fais grâce de la suite des événements. Sinon pour relever cette habitude systématique s'il y a une conversation en studio, on cherche des images sur une autre chaîne. Sauf quand sur le plateau, il y a des enfants. Mais sur une autre chaîne, on n'y reste que le temps d'attendre le début d'un autre feuilleton sur TF 1. On vérifie toutes les dix secondes à coups de télécommande pour ne pas manquer les débuts successifs. Notées aussi d'autres activités pendant les séquences de « talk-show » d'entre deux feuilletons.
S'ils regardent la télé dans toutes les positions imaginables, les entractes bavards servent au défoulement on bouge, on se remue. Et on se bat ! Pas pour du vrai, pour jouer. Soudain, miracle, une voix d'enfant et la bagarre s'arrête. « Joyeux anniversaire », entend-on dans le poste. Puis le combat reprend...
Instructif, de regarder la télé, non ? Salut les parents ! Faites-en autant, ça vaut un après-midi de congé. Mais il reste important de préciser que mes compères Dominique et Nicolas ne constituent pas à eux seuls un sondage scientifique. Qu'ils avaient, en outre, l'obligation de décrocher à 17.00 pour se rendre ensemble à une activité sportive. Qu'ils ne pouvaient donc pas voir « Nouba, nouba » (RTBF 1, 17.15) ni, pratiquement, « La lucarne d'Amilcar » (RTL, 16.55).
Où sont les Belges ?
Nicolas me dira plus tard qu’« Amilcar», oui, il connaît. Qu'il regrette de ne pas pouvoir regarder « Nouba » « à cause du sport. Que, toutefois, il aimait mieux avec l'autre présentateur parce qu'il y avait des animaux. Des dessins animés, des enfants et des animaux seraient donc, si l'on peut extrapoler à partir d'un cas particulier, les ingrédients attendus d'une bonne émission enfantine de télévision. TF 1 mise, quant au premier point, sur les produits d'importation. Avec succès, semble-t-il. Le temps est loin où le mercredi après-midi, à la télévision française, on relevait une bonne moitié du temps d'antenne occupée par des dessins animés de fabrication belge, une spécialité de notre petit pays comme le chocolat...
Jean COUCHARD
Chantal Goya
Recrutée par Antenne 2 pour doubler Dorothée partie sur TF1, Chantal Goya est de service chaque mercredi après-midi dans un monde qu'elle veut magique. Nous lui consacrons cette semaine une double page (article et photo poster) en fin de numéro (voir pages 76 et 77).
Chantal Goya monte sur la Butte pour détrôner Dorothée

France-Soir – 19 janvier 1988
Le mercredi 3 février elles seront face à face sur A2 et TF1
Par Joseph-J. JONAS
Sa vie est un conte de fée. Elle-même est une fée. Une petite fée de quarante-deux ans qui ne grandit plus, ne vieillit plus. Qui chausse du 36 ; qui a deux grands enfants qui eux chaussent nettement plus grand. L'aîné, Jean-Paul, vingt ans, chausse du 45 ; Clarisse, dix-neuf ans, se botte en 38.
Générique sur la Butte
La maman, c'est Chantal Goya, le papa, cet ours barbu de Jean-Jacques Debout. Il avait commencé tout seul par astiquer les boutons. Dorés. (L'un de ses meilleurs titres). Avec sa femme donc il a écrit les textes de chansons, il gagne la guerre des boutons. Argentés. Quel effet ça fait d'avoir quarante-deux ans et de se promener sur la scène du Palais des Congrès, en « Soulier qui vole », dans « La Forêt magique », sur « Une planète merveilleuse » en partant pour « Le Mystérieux Voyage de Marie-Rose », en attendant à la fin de cette année « L'Histoire du château hanté ? » Elle en pleurerait. Mais elle y est habituée, Chantal Goya : « On ne fait pas dix ans de carrière si on n'aime pas les enfants. C'est impossible. » C'est fini d'embêter Chantal ? C'est une petite fille en redingote de velours brun dont je suis devenu le cousin ; le cousin de la cousine Bécassine. Enfin, me voilà presque breton. La chose s'est faite tout simplement sur la Butte Montmartre, là où elle tournait le générique de la prochaine arme de guerre d'Antenne 2 : une émission de Chantal Goya sur une idée de Jean-Jacques Debout, tous les mercredis, rien que pour contrer la Une qui triomphe avec Dorothée.
Sur la Une, ils peuvent crâner jusqu'au 3 février. Après, la chaine n'est pas responsable des gags qui n'ont pas été déposés à la caisse. Jean-Jacques Lorenzi, fils de Stello, illustrissime figure de l'école des Buttes-Chaumont, met en boîte, générique et histoire. On grelotte tous car il ne fait pas chaud. Chantal est dans son élément : la Butte, c'est aussi une histoire de lapin (agile). Il y a un petit garçon, Benoît Robert, huit ans, venu d'Allones (Sarthe) avec son papa tourneur chez Renault et sa maman, mère de graine de star, poil de carotte, taches de rousseur. Benoît a une frimousse qui mérite qu'on allume la télé rien que pour avoir envie de le croquer à la croque au sel. Six agents en pèlerine se jettent sur lui. Il s'échappe, vagabonde sur la Butte, est perdu. Affolé. De la rue Saint-Vincent à la rue des Saules. Jusqu'au moment où une belle dame ou une petite fille (nous nous sommes compris) dont les tout petits petits pieds sont emprisonnés surgit, le prend dans ses bras pour l'emmener dans son univers magique, où les souliers... où les planètes... où les lapins...
La deux joue Chantal contre Dorothée

Minute – 20 janvier 1988
Guerre des petites filles modèles… et la « fée Carabosse » espère redorer son blason.
On ne peut pas dire que, pour Chantal Goya, c'est la joie. La copine de Bécassine passe mal le cap de la quarantaine. La vente de ses disques est en chute libre, on lui annule de nombreux galas, sa tournée en Chine est compromise. Même le show prévu fin 1988 au Palais des Congrès a du plomb dans l'aile : ses producteurs habituels hésitent à miser le budget énorme qu'il nécessite.
Teigne
Les raisons de cette série noire ? Elles trouvent leur origine dans la désastreuse émission de Chantal chez Patrick Sabatier. Quand elle se révéla telle que l'on prétend qu'elle est véritablement : une mauvaise teigne. Attaquée en direct par des téléspectateurs, elle répondit avec méchanceté, hargne, avec des rictus de haine correspondant peu à l'image de petite fille modèle qu'elle donne.
Et peu à peu, on s'est aperçu qu'il ne s'agissait pas d'un accident, d'un dérapage mal contrôlé. Diverses petites histoires se colportant dans le show-business montraient qu'avec l'âge, elle devenait de plus en plus chipie. Jusqu'à cet article destructeur paru l'autre semaine dans Le Figaro Magazine qui la traite de « Fée Carabosse », en montrant son attitude méprisante envers les enfants pendant un tournage. Bref, ce n'est plus la gentille petite Chantal, amie des enfants, des animaux, des petits lutins de la forêt, idole des petits et des grands...
Elle est peut-être telle qu'on la dépeint maintenant, mais reconnaissons-lui une qualité : elle n'est pas sotte. Chantal Goya a tout de suite réagi et proposé à Antenne 2 de partir en guerre contre sa rivale Dorothée. Laquelle, justement, a quitté la Deux pour la Une et emmené avec elle sa clientèle. Proposition acceptée. A partir du 2 février, Chantal Goya prend en main les émissions jeunesse d'A2. Elle matraquera avec sa panoplie habituelle, Popeye, Panda, Bambi, le gros Babar.
Autrement dit, celle que l'on n'appelle plus maintenant que la « Fée Carabosse » tente de se refaire une beauté grâce à la télé, de faire oublier toutes ces désagréables affaires, de démontrer, en faisant assaut de minauderies, qu'elle est toujours l'éternelle petite fille modèle. Pour réussir cette opération résurrection (on n'ose pas dire cette affaire de lifting), elle va avoir intérêt à se surveiller.
DOROTHÉE ET CHANTAL GOYA

Télé star – 30 janvier 1988
CLUB DOROTHEE (14.45 TF1)
LE MONDE MAGIQUE DE CHANTAL GOYA (14.40 A2)
« La guerre des chaînes, ce sont les médias qui la font, pas les animateurs », affirme Dorothée en septembre 1986, après le départ pour TF1 de son compère Jacky. Un an plus tard, elle même abandonne « Récré A2 ». Jacqueline Joubert, responsable sur A2 des programmes pour la jeunesse propose, dès ce mercredi 3 février, « Le monde magique de Chantal Goya », une demi-heure dorénavant hebdomadaire à 14 h 40. En parallèle sur TF1, à 14 h 45, Dorothée mène la danse du « Club Dorothée » ...
La trajectoire de ces deux stars des enfants est contraire. Chantal Goya, après vingt ans de chansons et de spectacles pour les petits, attendait impatiemment qu'une chaîne de télévision lui propose d'animer une émission pour la jeunesse. A l'inverse, c'est la télévision qui a fait connaître Dorothée et lui a permis de monter sur scène avant d'atteindre aujourd'hui les dix millions de disques vendus.
« Il n'y a aucune rivalité entre Dorothée et moi », affirme Chantal Goya. Quant à Jacqueline Joubert, elle s'insurge quand on évoque un match d'audience entre les deux idoles des très jeunes, éventualité pourtant suggérée par la troublante coïncidence d'une programmation simultanée sur chacune les deux chaînes...
LAURENCE BUFFARD
Les enfants d'abord...

3 février 1988
Sur TF 1 et Antenne 2, Dorothée et Chantal Goya vont s'affronter pour un combat pacifique. L'une chante, l'autre aussi. L'une se veut entre rêve et réalité, l'autre, l'amie des six-huit ans. Mais les deux ont une passion et un public en commun : les enfants. La devinette est facile et la solution tient en deux petits bouts de femme sans âge, la poupée ingénue Chantal Goya et l'adolescente délurée Dorothée. Les deux madones élues des divertissements enfantins qui chacune représente une solide organisation et une indiscutable réussite dans un genre réputé difficile.
Mais à partir de cet après-midi, elles seront face à face. La première entre en lice à la télévision pour présenter, sur Antenne 2, « Le Monde magique de Chantal Goya », tandis qu'à la même heure, la seconde continue d'ouvrir son club sur TF1. Alors est-ce la guerre des chaînes version mini ? Ou au moins un match entre les deux maîtresses des récréations du mercredi ?
A les entendre pas du tout. Chantal Goya affirme aussitôt « Dorothée est une amie que je connais bien. Elle est très fair-play. Elle admire mes spectacles et le travail que je fais avec Jean-Jacques Debout et je trouve que ce qu'elle réalise à la TV est très difficile. » Même son de cloche du côté de Dorothée qui sait faire la part des choses et redistribuer les rôles : « Il n'y a aucune compétition. Au contraire, nous sommes complémentaires. Chantal fait des spectacles avec décors, costumes et mise en scène. Moi, je divertis sans décors, sans orchestre en faisant participer les enfants. Elle est, disons, romantique et moi, rock and roll. »
Les jeux sont faits, ou presque. Le merveilleux, version grand spectacle, d'une part, et, de l'autre, le divertissement réaliste, gentillet et parfois vaguement éducatif. Sans perdre de vue que chacune est championne dans sa catégorie. Chantal Goya qui a débuté comme chanteuse en 1977 à l'Olympia après avoir été comédienne a senti naître sa vocation grâce à Bruno Coquatrix qui lui a dit : « Tu as inventé le music-hall pour enfant. »
Résultat : douze albums et quatre spectacles (« La Forêt magique », « Le soulier qui vole », « La Planète merveilleuse » et « Le Mystérieux Voyage de Marie-Rose ») en dix ans, des salles de cinq cent mille spectateurs, un budget de 25 millions de francs pour sa dernière mise en scène et une équipe de 140 personnes dont vingt-quatre danseurs et quatre équipes de douze enfants. « C'est très lourd, dit-elle, en mêlant, danse, décors et chansons, j'ai voulu présenter une sorte de film vivant. Je ne suis pas qu'une chanteuse. Mais un spectacle complet et j'ai la responsabilité de toute une équipe. »
Neuf heures d'antenne
Quant à Dorothée, elle n'a rien à lui envier. Arrivée un peu plus récemment sous le chapiteau des moins de vingt ans, elle fait de la télévision depuis 1973, chante depuis huit ans, a sorti huit albums, fait plusieurs tournées dans toute la France et un spectacle au Zénith. Depuis la rentrée, elle a même des responsabilités administratives puisqu'elle a été nommée à la tête de l'unité jeunesse de TF1 et de la direction artistique des émissions. Chaque semaine, elle n'a pas moins de neuf heures d'antenne à assumer entourée d'une équipe de cent personnes qui s'agite au milieu des sept cents mètres carrés de plateau des Studios de France à la Plaine Saint-Denis. Là, elle travaille avec la société AB Productions, prestataire de service qui fournit à TF1 des émissions sur mesure.
« J'ai appris à connaître les enfants par la télévision. C'est un public critique mais qui participe d'une façon constructive en écrivant (elle reçoit 5 000 lettres par jour), raconte Dorothée qui se défend d'avoir trouvé un << bon créneau commercial >> : « C'est un mot affreux. Ce qui compte c'est le goût des enfants... Je ne fais pas un travail, je m'amuse. Le jour où je ne m'amuserai plus j'arrêterai ! >>
Et si on essaie de parler chiffres, elle vous arrête d'un sourire candide : « Je ne m'occupe pas des affaires. Les chiffres ne m'intéressent pas. » Quant à son travail qui rime avec plaisir, il mêle rigueur et imprévu : << Nous avons des rubriques fixes mais on peut tout bousculer au dernier moment. Toutes mes émissions sont pour la famille mais je ne veux remplacer personne. Ni les parents ni les professeurs. Je suis simplement une amie qui joue avec les enfants sans tricher », souligne encore Dorothée qui se vante d'être très traditionaliste.
Un qualificatif rassurant que ne renierait pas Chantal Goya qui avoue timidement arriver « sur la pointe des pieds à la télévision » pour donner une demi-heure de rêve tous les mercredis. "A chaque fois, dit-elle, je raconterai un conte différent émaillé de chansons. Nous utiliserons les décors de mes comédies musicales puis, au fur et à mesure, nous innoverons.
L'émission est enregistrée deux ou trois semaines avant. Et toute l'histoire sera découpée comme un scénario de film avec une partie réelle et une autre, réalisée en incrustations électroniques. C'est la première fois que j'aurai de tels moyens techniques pour faire un spectacle."
Attendons cet après-midi pour juger sur pièces cette nouvelle Goya au pays des merveilles télévisuelles ou saluer les mimiques complices de la dernière Dorothée. Entre frange brune, et robes à volants ; ou mèches blondes et jean décontracté, les enfants auront l'embarras du choix. Mais si la douce Chantal et la pétillante Dorothée refusent, dans un pudique accord, de parler chiffres et marketing ou d'envisager une reconversion imposée par la limite d'âge (elles en appellent toutes deux à leur délicieuse grand-mère). Ne nous y trompons pas, l'une et l'autre sont aussi deux femmes d'affaires avisées qui peuvent crier à l’unisson : "Les enfants d'abord." C'est pour elles le plus sûr moyen d'éviter les naufrages.
Dominique BORDE.
Chantal Goya : « C'est stupide et méchant »

France-soir – 11 février 1988
Polémique
Après la décision de TF1 de l'interdire d'antenne
PARCE QUE Chantal Goya a en- voûté les petits téléspectateurs d'A2, la Une lui fait un procès en sorcellerie. Goya, sorcière de l'Audimat avec ses 8,5 points d'écoute le mercredi après-midi, est bannie de TF1. Une décision assumée par le directeur général, Etienne Mougeotte, que Goya découvre : « Je ne connais pas la direction de TF1. Je pensais que M. Mougeotte était un journaliste ou un écrivain et qu'il exerçait un tout autre métier que celui de la télévision... »
Cette réflexion, en passant, c'est son côté innocente chipie. « Il va de soi, ajoute-t-elle, que cette décision ne peut pas venir de M. Bouygues. Dans cette affaire, je suis reconnaissante à Dominique Cantien (directrice des variétés de TF1) de s'être battue pour moi. Elle m'a soutenue jusqu'au bout. »
Une idée à creuser
Un contrat avec A2 mérite-t-il l'exclusion d'une artiste dont le public dépasse évidemment les querelles de clocher de l’audiovisuel ? Dans quelques semaines le 16 mars, chez Jean-Pierre Foucault -, Chantal Goya devait offrir à la « Une » la primeur de son nouveau duo avec Jean Jacques Debout. L'exclusivité est donc perdue pour le cher Jean-Pierre que toute cette affaire attriste : « A moins, dit Chantal, très pince-sans-rire, que Jean-Jacques commence la chanson sur TF1 et que je la finisse sur A2. En zappant, on ne perdrait rien. »
Si Chantal Goya prend son exil de la première chaîne avec un brin d'ironie, elle accuse tout de même le coup, en profondeur : « C'est stupide et méchant, c'est une atteinte aussi bien à la liberté de l'artiste qu'à celle de l'être humain. Ces blocages n'ont aucun sens. J'ai du mal à comprendre les adultes qui en sont la cause. J'ai bien l'intention, quant à moi, de jouer la cohabitation. Dorothée sera un jour prochain mon invitée. Quand j'ai appris la décision de la « Une », j'avoue que je suis restée... interdite ! » Il n'y a qu'un argument que Chantal Goya se défend d’utiliser : l'attitude de TF1 n'est-elle pas une atteinte aux droits de l'enfant ? Saluons donc la modestie de leur fée préférée.
D.S.
PAS DE QUERELLE ENFANTINE ENTRE DOROTHÉE ET CHANTAL GOYA

Le Parisien – 24 février 1988
Chantal Goya et son "Monde magique" sur A 2, Dorothée sur TF 1. Le mercredi après-midi, la concurrence bat son plein au royaume des émissions enfantines, même si les deux animatrices n'en sont pas encore à se faire la guerre... Prudence oblige !
«Je suis prête à inviter Dorothée tout de suite dans mon émission », lance Chantal Goya. Réponse de Dorothée : « Elle est déjà venue dans la mienne »
Dialogue de sourds ou querelle inavouée ?
Difficile de le savoir, mais en tout cas tout n'a pas l'air rose au royaume des émissions enfantines. Encore choquée par sa récente interdiction de se produire sur la Une en tant que chanteuse dans l'émission Sacrée Soirée du 16 mars, Chantal Goya n'est pas tendre avec la direction de TF 1. « C'est ridicule, triste et nul. Je ne vois pas en quoi ma présence sur TF 1 peut faire du tort à Dorothée. On ne fait pas le même métier, on se complète : je prolonge à la télévision ce que je fais sur scène, je suis une chanteuse et une conteuse. Elle, c'est une animatrice qui raconte des histoires. »
Rectification de la blonde amie des enfants : « Je suis une chanteuse mais pas essentiellement pour les enfants. Disons simplement qu'ils se reconnaissent dans ce que je fais. »
Quant à la question - très épineuse – de l'audience de leurs émissions concurrentes, chacune tire un peu la couverture à sol, mais sans vraiment se mouiller. « On est légèrement en tête avec un score de 7,5 à 8,5 pour la demi-heure d'émission », déclare Chantal Goya.
Quant à Dorothée, elle avoue ne pas vraiment se soucier d'une telle question : « Les chiffres ne m'intéressent pas. Je sais simplement que l'émission marche bien ! »
Visiblement les deux stars des programmes pour enfants n'ont pas du tout l'intention de se lancer sur le sentier de la guerre. Une façon comme une autre de mieux surnager dans les eaux troubles du P.A.F. et de prouver qu'elles appartiennent avant tout au monde du spectacle. Solidarité ou concurrence ? Elles feront ensemble leur rentrée sur scène fin 1988 : au Zénith pour Dorothée et au palais des Congrès pour Chantal Goya.
Laure JOANIN
Le duel – Dorothée devance Chantal Goya dans les sondages

9 mars 1988
La guerre des dames et des émissions pour la jeunesse, du mercredi après-midi, paraît tourner à l'avantage de TF1 et de Dorothée, et au détriment de Chantal Goya sur A2. La moyenne hebdomadaire d'audience du « Club Dorothée » avoisine 10 % tandis que celle du « Monde magique de Chantal Goya » dépasse rarement 5,7 %. Dorothée devance également par ailleurs « Récré A2 » (5,1 % d'écoute) présenté par Charlotte et Marie à 15 h après l'émission de Chantal Goya. Décidée à chasser sur tous les terrains à la fois, TF1 a même avancé d'une demi-heure depuis la semaine dernière « Club Dorothée », auparavant diffusé vers 15 h, pour le placer en concurrence directe avec Chantal Goya à 14 h 30. L'opération semble avoir été bénéfique pour la première chaîne, puisque le résultat de Dorothée, 9,1 % d'écoute entre 14 h 30 et 15 h contre 5,3 % pour Chantal Goya, montre la suprématie de TF1. Les deux divas des émissions enfantines refusent pourtant de polémiquer en public, en dépit de l'interdiction d'antenne réciproque de Chantal Goya sur TF1 et de Dorothée sur A2, prononcée par les directions respectives des deux chaînes. Toutes deux s'accordent pour déclarer que leurs émissions, aux formules si dissemblables, ne peuvent être comparées.
«Nos styles sont différents, commente Dorothée. Chantal Goya utilise de superbes décors et des trucages vidéo, moi je fais mon émission en direct. Elle s'adresse plutôt aux tout-petits et moi à un public plus large. »
Chantal Goya essaie aussi de souligner les divergences : Pour « Le monde magique, je m'inspire de l'univers enchanté qui est celui de mes spectacles. Je conte une histoire féerique. C'est une émission de création et de qualité, enregistrée en studio à A2. Comment placer sur un pied d'égalité « Club Dorothée », qui garde trois heures l'antenne, et « Le monde magique » qui ne dure qu'une demi-heure ? On ne peut mettre en rapport deux produits aussi différents. »
Derrière les compliments un peu confits (et hypocrites) que s'adressent à tour de bras Dorothée et Chantal Goya, chacune assurant l'autre qu'elle est « vraiment formidable », on sent parfois poindre un brin de condescendance. A en croire Dorothée, « il vaudrait mieux programmer « Le monde magique » hors de mon créneau horaire. A2 a présenté Chantal Goya comme son arme secrète contre TF1 et la chaîne a mal calculé son coup. Les jeunes doivent se partager et par conséquent manquer l'une des deux émissions. Si « Le monde magique » passait à une autre heure, plus étudiée pour toucher son public, chacun serait gagnant. C'est, en termes plus policés, une façon de signifier qu'A2 n'a plus désormais qu'à s'incliner devant le succès de TF1 et de Dorothée et enregistrer sa défaite.
Ph. C.
Brèves (5 articles)

Pour lutter contre Dorothée, partie avec armes et bagages sur TF 1 où elle a retrouvé son complice Jacky, il fallait à Antenne 2 une star. Elle est trouvée : c'est Chantal Goya. Elle animera, chaque mercredi en début d'après-midi à partir du 27 janvier, une émission pour les enfants. Le duel s'annonce sans pitié.
A2. 14 h 40. « Le Monde magique de Chantal Goya »
Les jeunes téléspectateurs pourront regarder à partir d'aujourd'hui « le Monde magique de Chantal Goya », une émission proposée par celle qui, toutefois, n'entend pas « partir en guerre contre Dorothée », l'autre égérie des moins de 10 ans. « Nos émissions ne sont pas comparables : la mienne dure une demi-heure, celle de Dorothée se déroule sur tout un après-midi », fait remarquer Chantal Goya. « C'est sur la pointe des pieds que je viens à la télévision », déclare Chantal Goya que la guerre des sondages laisse dit-elle complètement froide.
«L'écoute? ça ne me préoccupe pas, ce qui compte c'est que je fasse du mieux possible. » Contrat a été signé pour une série d'émissions jusqu'en juin. Son émission est, en fait, celle de son mari Jean-Jacques Debout, l'homme qui compose et écrit ses disques et spectacles. D'ailleurs, autour d'elle, on retrouve une équipe qui a fait ses preuves depuis 1979, dont Arthur Plaschaert pour la chorégraphie. L'idée de l'émission lui a été proposée le 22 décembre et c'est donc dans la plus grande fébrilité que Jean-Jacques Debout s'est attelé à la tâche d'adapter au petit écran les personnages fétiches de Chantal Goya : le chêne qui parle, le lapin, le loup, avec un nouveau venu, le facteur de la forêt, « Monsieur sac à dos ».
Dorothée - Goya (TF1 - FR3)
Passionnant combat de dames hier après-midi. Celui des deux pédégères des industries infantiles. Dorothée sur TF1 est, dit-on, la garde montante. Goya, elle, sur FR3, s'est réfugiée dans un vieux château avec ses animaux en peluche. Serait-elle la Bardot des vieux marmots ? Entre les deux, qui choisir ? Sabine Paturel sur Antenne 2. Avec ses "Pralines", elle rend les autres "Marrons et chocolats".
CHANTAL GOYA N'A PAS LA PÊCHE
L'étoile de Chantal Goya a tendance à se ternir. Déjà, il y a deux ans, elle avait fait scandale à l'émission de Patrick Sabatier en se révélant comme un personnage très agressif, voire même méchant, ce qui est tout le contraire du « look » qu'elle donne dans ses chansons. L'autre semaine, autre mauvais coup du sort : elle invite un journaliste d'un grand hebdomadaire pour faire une belle photo, avec une nuée d'enfants, dans un château de rêve. Et l'affaire se passe mal. Il faut l'attendre toute une journée dans des pièces glacées, une petite fille s'évanouit de froid, elle la fait évacuer sans ménagement, se montre désagréable. Et le journaliste fait l'article qu'elle n'attendait pas : il raconte tout ce qu'il a vu et entendu. Ces bévues n'arrangent pas les affaires de Chantal : des galas ont été annulés, et les producteurs de son prochain show, en 1988, au Palais des Congrès, ne sont plus aussi enthousiastes pour le commanditer.
Chantal Goya interdite à TF1
A la Une on ne plaisante pas avec la concurrence. Surtout pas avec la rivale directe, A 2. Chantal Goya ayant le mercredi, avec son « Monde magique », fait un joli score sur A 2, face à sa rivale Dorothée, reine des enfants de TF 1, a été interdite par Etienne Mougeotte, patron de la Une, de passage sur sa chaîne. Contrairement à ce que nous vous avions annoncé vous ne verrez donc pas Chantal Goya partager une « Sacrée Soirée > avec Jean-Pierre Foucault. De quoi rester... interdit !


