Articles - 1980 - Page 3
Coucou, la revoilà

Chez nous télé – 16 août 1980
Qui donc a prétendu que les speakerines étaient tout juste capables d'ânonner leurs annonces quotidiennes. C'était bien mal connaître Dorothée que de penser qu'elle pourrait s'en contenter. Avec Récré A2 tous les mercredis, elle a commencé par se mettre dans la poche un jeune public de 7 à 77 ans qui aime ses manières délicieuses d'animer la récréation.
François Truffaut en la voyant un jour se dit que pour être aussi à l'aise avec les enfants il doit falloir posséder une sacrée dose de talent. Il lui propose « L'amour en fuite » aux côtés de Jean-Pierre Léaud. 20 sur 20 pour Dorothée qui s'en tire à merveille. On en oublie même les beaux yeux de Marie-France Pisier.
Les défis, Dorothée la timide adore ça et quand on lui propose de chanter, elle hésite juste une seconde. Le temps de placer sa voix elle enregistre « Dorothée au pays des chansons ». La télévision, le cinéma, la chanson, Dorothée n'en a pas pour autant la « grosse tête ». On ne sait jamais, tout peut s'arrêter si vite. Le 13 août sort son second film réalisé par Robert Enrico avec Michel Serrault et Philippe Noiret « Pile ou face ». Un policier dont elle est la vedette féminine. Elle est dans « Pile ou face » Laurence Berul, speakerine de FR3 Aquitaine, témoin d'un crime. Inutile d'en révéler davantage. Dorothée la coquine est muette comme une carpe quand on lui demande la fin du film...
E.D.
La fée du pays des chansons
Nous Deux -27 Août 1980
Dorothée rime avec « récré »... Tous les enfants qui regardent Antenne 2, le mercredi après-midi, en savent long sur cette identité ; et depuis longtemps. Cette année, « Récré A2 » continue, même pendant l'été. Avec deux 45 tours et un album 33 tours que Dorothée a enregistrés fin mai, et qui permettent de retrouver cette atmosphère de complicité dans laquelle se déroulent les émissions qu'elle anime, pour la plus grande joie des jeunes téléspectateurs. Une douzaine de titres de chansons composent les courts chapitres d'un conte musical aux couleurs joyeuses. Avec une escouade de personnages pittoresques et amusants, qui vous invitent à entrer dans la ronde ou le quadrille de l'insouciance, ou à faire quelques pas sur un rythme plus moderne, histoire de montrer qu'à l'instar des grands on n'ignore rien du rock ni de la mode reggae.
Dorothée au pays des chansons (selon le titre de son album , 33 tours, distribué par CBS.) c'est, pour la petite speakerine d'Antenne 2, une nouvelle étape dans une carrière artistique qui a déjà connu d'autres horizons que ceux des studios vitrés de la télévision.
À l'époque où Jacqueline Joubert (responsable des Émissions pour la Jeunesse) la découvrit, il y a six ans, Dorothée faisait du théâtre en amateur, tout en poursuivant ses études. Elle prenait également des cours de piano classique. C'est donc sans trop de difficultés qu'elle s'est initiée aux techniques de l'enregistrement des chansons qu'ont écrites pour elle M. Jourdan, J.-P. Bourtayre, J.-P. Stora et J. Mercury.
On se souvient aussi de ses débuts au cinéma dans L'amour en fuite, le film de François Truffaut, où elle incarnait la jeune fille, au côté de qui Jean-Pierre Léaud trouvait l'équilibre après une quête sentimentale capricieuse. Deux ans après cet essai réussi devant les caméras du grand écran, Dorothée est de nouveau à l'affiche (avec Philippe Noiret et Michel Serrault, cette fois) dans un film policier de Robert Enrico, Pile ou face. À la ville, elle habite un quartier au nom poétique, appelé port de la lune : « Un nom en forme de titre, qui pourrait inspirer un parolier et un musicien » dit-elle. Et qu'elle pourrait enregistrer.
Dorothée refuse le pile ou face
Télé poche – 3 Septembre 1980
On aime ses grimaces, ses mimiques, ses regards en coin. Tout le monde aime Dorothée. Les petits, les grands, les papas, les mamans, tout le monde l'aime et Dorothée aime tout le monde. Comme c'est bien, comme c'est formidable!
Pourtant quand on connait un peu Dorothée et même si seulement on la devine, on voit bien qu'elle est le contraire de ce sourire béat et passe-partout, image de marque - image de masque - de la speakerine-plante verte, motif de décoration avant de devenir sujet de plaisanterie.
D'ailleurs ce sourire dont nous parlions à l'instant existe-t-il autre part que dans l'esprit des détracteurs de nos présentatrices? Elles ont toutes quelque talent plus ou moins caché, quelque don qui sommeille, quelque ambition qui attend légitimement son heure.
Le petit écran est une vitrine idéale. Réussir à y passer sa jolie tête, est-ce un but ou un moyen?
La meilleure façon, en tout cas la plus élégante, d'obtenir ce que l'on désire, ce n'est pas de le prendre d'assaut, c'est de faire en sorte qu'on vous l'offre. Question de caractère sans doute. C'est celui de Dorothée.
Un jour, Jacqueline Joubert lui offre d'animer « Récré A2 ». Réussi. Et puis elle présente le concours de speakerine à Antenne 2. Réussi. On lui propose de faire un disque « Dorothée au pays des chansons ». Réussi. François Truffaut, qui l'a vue plisser malicieusement ses yeux à sa fenêtre, a envie de lui donner un rôle, son premier au cinéma, dans « L'amour en fuite ». Réussi. Enfin Robert Enrico l'a choisie pour incarner entre les monstres Noiret et Serrault le seul personnage féminin de « Pile ou face » - presque le seul avec Antoinette Moya qui fait une brève mais saisissante composition au début du film. Tout laisse à penser que c'est réussi.
Alors est-ce que Dorothée n'a qu'à ouvrir sa jolie bouche et montrer ses blanches quenottes de jeune louve pour que les grives se présentent à elle bien dodues et rôties à point? C'est une impression que Dorothée ne déteste peut-être pas donner d'elle-même. Mais elle est fausse. Dorothée est une fille qui travaille beaucoup. Ses annonces d'abord. Elle veut en savoir plus sur un sujet que ce qu'elle a à en dire et elle a bien raison. Elle veut savoir comment doivent se prononcer les mots étrangers qu'elle a à dire, ce qui semblerait aller sans dire - si l'on ose dire - mais n'est pas évident, c'est le moins qu'on puisse dire...
Elle continue à prendre des leçons de danse, de chant, de comédie. En un mot elle veut être prête.
- Oui mais alors, Dorothée, nous allons une fois de plus vous avancer une question que l'on vous a posée cent fois. Peut-être y répondrez-vous la cent-unième : Que préférez-vous ? Dans quelle voie avez-vous l'intention de poursuivre ?
Dorothée penche la tête, rit de son petit rire aigrelet pour dire :
- Je n'ai rien à répondre à cela. Je ne veux pas, je ne peux pas choisir. Tout m'intéresse. Les événements décideront pour moi. Pourtant ce n'est pas une attitude passive. Je suis réceptive. Et si j'exerce un choix c'est par élimination.
- Au fond c'est votre côté naturel et disponible qui, en plus de votre charme, sans doute incité Robert Enrico à vous demander d'interpréter Laurence Bourdil, personnage sympathique, ouvert, mais qui n'est pas dessiné avec une grande précision.
- C'est-à-dire que beaucoup de scènes ont été coupées, c'est peut-être pour cela que vous avez eu cette impression.
- On ne voit pas très bien pourquoi Laurence dans le film est une speakerine en dehors du fait que vous l'êtes.
- Je crois qu'on a gardé une scène où Laurence se regarde à l'écran tout en observant, au-delà du poste, la fenêtre d'en face. Cela a un intérêt pour le scénario.
- En effet. Et d'après la mimique que vous faites on dirait que vous n'aimez pas vous regarder à l'écran. Est-ce le cas en réalité ?
- Exactement. Je déteste. Mais heureusement je suis pratiquement toujours en direct, alors cette épreuve m'est épargnée.
Dorothée : Amoureuse du cinéma, fidèle à la TV
Télé 7 Jours – 13 Septembre 1980
Non, je ne peux pas dire que « j'aie été une enfant martyr » reconnaît Dorothée. « Nous avons toujours été très unis dans la famille. Je n'étais pas vraiment gâtée, mais, disons, bien aimée. »
Lorsqu'elle a débuté à la télévision, en 1973, pour les émissions enfantines avec Jacqueline Joubert, puis en 1977 comme speakerine, son père, aujourd'hui décédé, sa mère, son frère aîné, tout le monde fut, non pas surpris (« quand j'étais enfant, je me déguisais tout le temps »), mais étonné. Dorothée en était alors à sa troisième année de licence d'anglais : elle envisageait une carrière dans le tourisme.
Son premier contact avec la télévision, grâce à Jacqueline Joubert, qui l'avait vu jouer dans une pièce d'amateurs, devait bouleverser ces projets. Celle qui n'avait pas de jeunes, avant, autour d'elle, ni petite sœur ni neveu, se voyait confier la tâche d'animer une émission destinée aux petits de trois à dix ans ; de chanter, de danser. « D'accord, dit- elle, j'ai toujours eu un petit côté clown. Mais la télévision, cela ne s'improvise pas. »
Une certaine complicité
Le cinéma aussi vint à sa rencontre, d'un seul coup, sans prévenir, par un coup de téléphone de François Truffaut : « Il faut dire qu'il travaille souvent en regardant la télévision ». C'est ainsi que, il y a trois ans, elle tourna pour lui « L'Amour en fuite ».
Peu après, sur ses conseils, Robert Enrico l'engageait pour « Pile ou face » - sorti cet été sur les écrans. Elle y incarne une speakerine de la télévision régionale. Mais ce n'est pas le fond de son personnage. « Je suis surtout la voisine de H.L.M. de Michel Serrault, soupçonné d'avoir tué sa femme - une mégère. A ses yeux, je représente tout ce qu'il ne trouvait pas chez elle : je sors beaucoup, je suis gaie, j'exerce un métier moderne. De mon côté, je ne puis m'empêcher de le prendre en pitié. Une certaine complicité s'établit entre nous. »
Tout est donc bien parti pour elle ? Elle n'en est pas si sûre. « Je n'ai rien d'autre en vue au cinéma. Bien sûr, j'aimerais. Mais... »
Elle est réaliste : « De toute manière, je ne veux pas me disperser. On m'a fait des offres à la radio. J'ai refusé, au moins pour cette année. « Récré A 2 », c'est un très gros travail. »
Son métier de speakerine aussi, qu'elle conçoit sous un jour nouveau - dont la télévision avait bien besoin, « Finies les femmes-troncs immobiles. Avec le réalisateur, nous cherchons constamment des idées nouvelles, on nous laisse, du reste, une grande initiative. »
Or, elle est perfectionniste, fonceuse aussi. Par peur, peut-être, de n'être pas contente d'elle. « Et, ajoute-t-elle, je suis très timide, encore maintenant. »
Elle est franche aussi : « Et, si je n'ai pas vraiment mauvais caractère, je suis certainement susceptible et je supporte très mal l'échec, la critique. Je peux recevoir quinze lettres gentilles si la seizième me prend à partie, je reste tracassée. Je ne pense qu'à ça. »
Les critiques de sa famille, elles ne sont pas méchantes, parfois dures, mais toujours constructives: « Ma mère regarde toujours mes émissions; c'est elle qui me dit : Ça, c'est drôle... Mais là, tu parlais trop vite, fais attention ». Sa grand-mère, elle aussi, suit tout ce qu'elle fait tout à l'heure, elle l'a appelée dans le petit studio où elle venait de faire son annonce.
Le succès de son disque, une sorte d'histoire merveilleuse, semée de chansons, fraîches, jolies, qu'elle a fait en équipe sous la direction de Michel Jourdan, lui a fait visiblement plaisir. « Nous allons en faire une émission pour Noël. »
Car c'est son succès auprès des enfants qui, finalement, semble l'encourager le plus. « Ils sont gentils, ils me reconnaissent, ils m'écrivent : Dorothée, s'il te plaît chante-nous encore une chanson »
Rémy LE POITTEVIN
Dorothée : une nouvelle partenaire pour Alain Delon ?
OK ! – 10 octobre 1980
Décidément, la petite speakerine tourne la tête à plus d’un homme !
En effet, après avoir séduit Philippe Noiret et Michel Serrault, ses partenaires dans « Pile ou face », elle a littéralement enchanté Alain Delon venu assisté à la première de ce film au cinéma « Le Normandie ». Lorsque l’on connaît le goût d’Alain Delon pour faire d’un jeune talent une grande vedette (Souvenez-vous de Véronique Jeannot et de Dalida di Lazzaro), il n’y a pas loin avant de voir réunis, sur la même affiche, les noms de Dorothée et d’Alain Delon. Ce dernier, que l’on voit généralement nulle part, a assisté dernièrement à plusieurs grandes soirées (…)
L'amour en fuite
L'avant scène - 15 octobre 1980
L’œil sur eux

Télé 7 jours - 1980
François Truffaut l'avait changée d'écran : le grand contre le petit, dans « L'Amour en fui-
te ». On avait ainsi découvert que Dorothée, la speakerine, savait jouer la comédie. Mais Dorothée n'a pas rompu avec la TV. « J'aime la télévision, je m'y sens bien, heureuse auprès des enfants, dans Récré A2 ou à Disney Dimanche », la nouvelle émission qu'elle
anime en gags et sourires. Pitre, clown, franchement gaie, Dorothée va exprimer sa vraie na-
ture dans une comédie musicale tournée pour Antenne 2, « Dorothée au pays des chansons », où elle dansera et chantera « l'histoire des gentilles chansons, en guerre contre les méchantes dissonances ».
François PRASTEAU
Nos lecteurs et Dorothée fascinés par « Le trou noir »

France-Soir Télé – 16 octobre 1980
« C’EST un très bon film, qui m'a fait passer un excellent moment », a estimé Dorothée, après avoir assisté à l'avant-première « France-Soir » du « Trou noir », au cinéma Grand Rex. L'odyssée de ces cinq Américains qu'un capitaine Nemo de l'espace veut entraîner dans la
mystérieuse spirale du « Trou noir », a passionné l'animatrice de « Récré A2 ».
« Les effets spéciaux de Peter Ellenshaw sont remarquables. J'ai vraiment eu l'impression de me trouver à l'intérieur du vaisseau, de participer à l'action, d'autant plus que la musique est très prenante, s'y intégrant parfaitement. Elle sait aussi provoquer chez les spectateurs un climat d'angoisse. »
Dorothée a été sensible également à la beauté des images. Deux scènes sont particulièrement réussies: celle où la station Cygnus s'éclaire dans la nuit et celle où le climat change dans le jardin du Dr Reinhardt ».
La qualité des décors et l'humour des scénaristes constituent d'autres raisons de la bonne opinion émise par Dorothée : « Les bagarres de robots m'ont fait rire comme une enfant », dit-elle en souriant, alors qu'à ses côtés, Michel Chevalet (le chroniqueur scientifique de TF1 venu avec son épouse et ses enfants) parle de western de l'espace ..
Mais d'un western original : «Le thème est nouveau, précise-t-il. En avance sur la science-fiction et certaines idées comme l'utilisation de l'hologramme ou la création d'une station Baltard de l'espace méritent tous nos éloges. Certes, la vérité scientifique n'est pas toujours respectée - ne serait-ce que par l'absence de scaphandres - mais le film a le mérite de donner une envie de connaître un phénomène d'astronomie resté jusqu'ici peu connu du grand public »
Spécialiste des rayons laser
Dorothée émet à son tour des réserves : Les personnages sont un peu trop mis à l'écart et le docteur Reinhardt aurait dû être un peu plus fou. Je regrette aussi la fin du film. J'aurais terminé par un point d'interrogation, en laissant planer tout le mystère... »
Patrice Warrener a regardé quant à lui le film en technicien. Spécialiste des spectacles de rayons laser, il souligne « le réalisme des combats et la vérité des truquages ». C'est grâce à lui que durant toute la soirée, se dessinait au laser la forme d'un trou noir sur la façade du Grand Rex.
« C'était la première fois en France que nous réalisions une telle opération sur un cinéma », fait-il remarquer, tandis que Dorothée nous annonce la présentation d'extraits de films inédits de Walt Disney dans l'émission. Disney Dimanche prévue le dimanche 30 novembre.
Dorothée au pays des robots

Le Parisien – 10 octobre 1980
Dorothée au pays des merveilles de la science-fiction, c'est le tout dernier rôle de la charmante animatrice des émissions pour la jeunesse d'Antenne 2. La scène se passait hier devant de nombreux banlieusards, dans la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare, où Dorothée était venue en compagnie de William Leymergie, qui préparait le Disney Dimanche du 12 octobre sur A 2, souhaiter la bienvenue aux robots vedettes du film de Walt Disney, le Trou noir, l'événement cinématographique de fin d'année pour les jeunes. Ces impressionnants robots, arrivés tout droit des studios américains, ont élu là domicile jusqu'au 10 novembre pour une exposition audio-visuelle.
(Photo P.L. Dany GRANDEMANGE).















